La nature désigne ce qui est produit sans intervention humaine, l'art ce qui résulte d'un faire intentionnel. Le sujet demande si cette opposition classique tient, alors que l'artiste imite la nature et qu'on juge belle une montagne.
L'art se définit-il par opposition à la nature, ou faut-il penser l'un et l'autre comme deux modes d'une même production de formes ?
Le plan en trois parties
L'art commence là où la nature s'arrête
- L'œuvre est un objet fabriqué, destiné à durer, qui constitue un monde proprement humain.Arendt, Condition de l'homme moderne
- L'art est l'esprit se donnant une figure sensible : la nature n'a pas d'intention, l'art en a une.Hegel, Esthétique
- Contre la nécessité naturelle, l'œuvre est l'affirmation d'une liberté : elle est un anti-destin.Malraux, Les Voix du silence
Mais l'art ne cesse de se régler sur la nature
- L'art imite la nature : il en prolonge les formes et en achève les virtualités.Aristote, Poétique
- La beauté naturelle est le modèle du beau : le chant de l'oiseau plaît comme s'il était fait pour nous.Kant, Critique de la faculté de juger
- Le peintre ne copie pas un spectacle : il prête son corps au monde, c'est-à-dire qu'il appartient à ce qu'il peint.Merleau-Ponty, L'Œil et l'Esprit
Le génie est le lieu où la nature travaille dans l'homme
- C'est la nature, dans le sujet, qui donne sa règle à l'art : l'opposition se résout dans le génie.Kant, Critique de la faculté de juger, § 46
- L'œuvre fait apparaître la terre en tant que terre : elle révèle la nature au lieu de la nier.Heidegger, L'Origine de l'œuvre d'art
- L'expérience esthétique prolonge l'échange vital de l'organisme avec son milieu, elle ne l'interrompt pas.Dewey, L'Art comme expérience
Si la nature produit de la beauté sans le vouloir, le jugement esthétique est-il encore le privilège de l'homme ?