Collège · 3ᵉ · Histoire
La Deuxième Guerre mondiale (1939-1945)
Guerre totale, génocide des Juifs et des Tsiganes
À propos de cette page
1939 : pourquoi la guerre éclate
Depuis 1933, Hitler viole le traité de Versailles pas à pas : réarmement (1935), remilitarisation de la Rhénanie (1936), Anschluss de l'Autriche (mars 1938), Sudètes cédées à Munich (septembre 1938), puis occupation du reste de la Tchécoslovaquie (mars 1939). Les démocraties, traumatisées par 1914-1918, ont choisi l'apaisement ; après Prague, elles garantissent la Pologne.
Le 23 août 1939, le pacte germano-soviétique stupéfie le monde : Hitler et Staline s'engagent à ne pas s'attaquer et se partagent secrètement la Pologne. Le 1er septembre 1939, la Wehrmacht envahit la Pologne ; le 3 septembre, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne. Le 17 septembre, l'URSS occupe l'est de la Pologne.
1939-1942 : les victoires de l'Axe et la mondialisation du conflit
La Pologne est écrasée en un mois par la guerre éclair (Blitzkrieg) : chars et aviation percent le front, l'infanterie encercle. Après la « drôle de guerre » (hiver 1939-1940), l'Allemagne envahit le Danemark, la Norvège, puis le 10 mai 1940 les Pays-Bas, la Belgique et la France. L'armée française s'effondre : huit millions de civils fuient sur les routes (l'exode), Pétain demande l'armistice, signé le 22 juin 1940. Seul le Royaume-Uni de Churchill résiste : la bataille d'Angleterre (été-automne 1940) est le premier échec d'Hitler.
La guerre s'étend : Balkans, Afrique du Nord (l'Afrikakorps de Rommel), Atlantique (sous-marins). Le 22 juin 1941, l'opération Barbarossa lance 3 millions de soldats contre l'URSS ; en décembre, la Wehrmacht est arrêtée devant Moscou. Le 7 décembre 1941, le Japon attaque la flotte américaine à Pearl Harbor : les États-Unis entrent en guerre et le Japon conquiert en six mois l'Asie du Sud-Est. À l'été 1942, l'Axe est à son apogée : de l'Atlantique à la Volga, de la Birmanie aux îles Salomon.
Une guerre d'anéantissement
Sur le front de l'Est, Hitler veut conquérir un « espace vital » et exterminer le « judéo-bolchevisme » : sur 5,7 millions de prisonniers soviétiques, plus de 3 millions meurent de faim ou sont exécutés ; le siège de Leningrad (1941-1944) affame un million de civils ; les villages sont brûlés en représailles contre les partisans. L'Armée rouge répond par une violence égale lors de la reconquête.
En Asie, l'armée japonaise massacre les civils chinois (Nankin, 1937-1938 : plus de 200 000 morts) et maltraite ses prisonniers. Partout, la population civile est prise pour cible : bombardements de Varsovie, Rotterdam, Coventry et Londres par l'Allemagne ; bombardements massifs des villes allemandes (Dresde, février 1945, 25 000 morts) et japonaises par les Alliés ; massacres de villages entiers (Oradour-sur-Glane, 10 juin 1944 : 642 morts).
L'aboutissement de cette logique est le génocide des Juifs et des Tsiganes (voir section 5 et le chapitre suivant), et, en août 1945, l'emploi de l'arme atomique.
Une guerre totale : économies, sciences, civils
Mobiliser toute l'économie. Les États-Unis deviennent « l'arsenal de la démocratie » : 300 000 avions, 90 000 chars et des milliers de navires (les cargos Liberty ships) sortent de leurs usines entre 1940 et 1945 ; la loi prêt-bail (1941) équipe les Alliés. L'URSS déménage ses usines à l'est de l'Oural. L'Allemagne fait travailler 8 millions de travailleurs forcés et de prisonniers. Les femmes remplacent les hommes partout (« Rosie the Riveter » aux États-Unis).
Mobiliser la science. Radar, décodage des messages allemands (Enigma), pénicilline, fusées V2 allemandes, et le projet Manhattan qui aboutit à la bombe atomique.
Mobiliser les esprits. Propagande par la radio (la BBC, Radio Paris), le cinéma, l'affiche ; rationnement et marché noir ; travail obligatoire (STO en France, 1943).
L'Europe sous domination nazie et la persécution des Juifs
De 1940 à 1944, l'Allemagne domine le continent : territoires annexés (Alsace-Moselle, ouest de la Pologne), pays occupés (France du Nord, Belgique, Pays-Bas, Norvège, Grèce…), États satellites (Hongrie, Roumanie, Slovaquie) ou collaborateurs (Vichy). L'Europe est pillée : réquisitions, main-d'œuvre forcée, frais d'occupation. La Gestapo et la SS répriment, les résistances s'organisent partout (partisans soviétiques et yougoslaves, France libre de de Gaulle).
Les Juifs d'Europe sont d'abord recensés, spoliés, marqués (étoile jaune) et enfermés dans des ghettos en Pologne (Varsovie, 1940). À partir de l'invasion de l'URSS (juin 1941), les Einsatzgruppen fusillent 1,5 million de Juifs (Babi Yar, près de Kiev, 29-30 septembre 1941 : 33 000 morts). La conférence de Wannsee (20 janvier 1942) coordonne la « solution finale » : déportation de tous les Juifs d'Europe vers les centres de mise à mort (Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor…), où ils sont gazés. Bilan : près de 6 millions de Juifs et plus de 200 000 Tsiganes assassinés.
1942-1945 : les tournants et la victoire des Alliés
Entre juin 1942 et février 1943, la guerre bascule sur tous les fronts : Midway (juin 1942) arrête le Japon dans le Pacifique ; El-Alamein (octobre-novembre 1942) chasse l'Axe d'Égypte ; à Stalingrad, la VIe armée allemande, encerclée, capitule le 2 février 1943 — 90 000 prisonniers, un tournant militaire et moral. En juillet 1943, la bataille de chars de Koursk donne définitivement l'initiative à l'Armée rouge.
Les Alliés, coordonnés par Roosevelt, Churchill et Staline (conférences de Téhéran, 1943, et de Yalta, février 1945), attaquent l'Europe : débarquements en Afrique du Nord (novembre 1942), en Sicile (juillet 1943 ; Mussolini est renversé), en Normandie le 6 juin 1944 (opération Overlord, commandée par Eisenhower) et en Provence (15 août 1944). Paris est libéré le 25 août 1944. L'Armée rouge libère l'Europe de l'Est et prend Berlin ; Hitler se suicide le 30 avril 1945 ; l'Allemagne capitule sans condition le 8 mai 1945.
Dans le Pacifique, les Américains reconquièrent île après île (Guadalcanal, Iwo Jima, Okinawa) et bombardent le Japon. Pour éviter un débarquement jugé très coûteux, le président Truman fait lancer deux bombes atomiques sur Hiroshima (6 août 1945, environ 140 000 morts à la fin de l'année) et Nagasaki (9 août). Le Japon capitule le 2 septembre 1945.
Le bilan : un monde bouleversé
Le conflit le plus meurtrier de l'histoire : plus de 55 millions de morts, dont une majorité de civils — bombardements, famines, massacres, génocides. L'URSS perd environ 26 millions d'habitants, la Pologne près d'un sixième de sa population ; la France compte environ 600 000 morts. Des dizaines de millions de personnes sont déplacées.
Un monde nouveau. L'Europe, ruinée, perd sa domination ; deux superpuissances émergent, les États-Unis et l'URSS, bientôt rivales (guerre froide). L'ONU est fondée en juin 1945 à San Francisco pour garantir la paix. Les colonies, qui ont combattu, réclament l'indépendance.
Juger les crimes. Au procès de Nuremberg (novembre 1945 - octobre 1946), 24 dirigeants nazis sont jugés pour crimes de guerre et, notion nouvelle, crimes contre l'humanité ; 12 sont condamnés à mort. Le procès de Tokyo (1946-1948) juge les dirigeants japonais. Pour la première fois, des chefs d'État répondent de leurs crimes devant un tribunal international.
- 1939 : après Munich et le pacte germano-soviétique, l'invasion de la Pologne (1er septembre) déclenche la guerre.
- 1939-1942 : victoires de l'Axe (France vaincue en juin 1940), puis mondialisation (Barbarossa, juin 1941 ; Pearl Harbor, décembre 1941).
- Une guerre d'anéantissement : prisonniers soviétiques, civils bombardés et massacrés, génocide des Juifs et des Tsiganes (Wannsee, janvier 1942).
- Une guerre totale : économies mobilisées (arsenal américain), science, propagande, travail forcé.
- Tournants : Midway, El-Alamein, Stalingrad (février 1943) ; Normandie (6 juin 1944) ; capitulations du 8 mai et du 2 septembre 1945 après Hiroshima.
- Bilan : plus de 55 millions de morts, surtout civils ; ONU ; procès de Nuremberg et crime contre l'humanité ; deux superpuissances.
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