À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « La France : une puissance maritime ? » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Un espace maritime immense : la deuxième ZEE du monde, Des façades et des ports insérés dans la mondialisation, Des ressources à valoriser… et à protéger, Une puissance navale, stratégique et diplomatique. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — La France : une puissance maritime ?
Analyse des termes — Une puissance maritime est un État capable de tirer de la mer des richesses, d'y faire circuler ses marchandises, d'y projeter sa force et d'y faire respecter ses droits et ses normes ; le sujet porte sur la France métropolitaine et ultramarine, depuis la création de sa ZEE (1976) jusqu'à aujourd'hui. Le point d'interrogation impose une réponse nuancée : il faut mesurer l'écart entre un potentiel exceptionnel et une puissance effective.
Problématique — Dans quelle mesure la France parvient-elle à transformer le potentiel exceptionnel de son espace maritime en une puissance réelle ?
Introduction rédigéeEn juin 2025, Nice accueille la troisième Conférence des Nations unies sur l'océan, coorganisée par la France et le Costa Rica : la France s'y présente comme une nation maritime de premier plan. Elle dispose en effet, avec environ 10,2 millions de km², de la deuxième zone économique exclusive du monde, derrière les États-Unis. Mais une puissance maritime ne se mesure pas à la seule étendue de ses eaux : c'est la capacité d'un État à tirer de la mer des richesses, à y faire circuler ses marchandises, à y projeter sa force et à y faire respecter ses droits. Or la France n'a que des ports moyens à l'échelle européenne, une flotte de commerce modeste et un espace maritime dispersé, pour l'essentiel, autour de territoires ultramarins lointains. Dans quelle mesure la France parvient-elle à transformer le potentiel exceptionnel de son espace maritime en une puissance réelle ? Nous verrons d'abord que ce potentiel repose sur le droit de la mer et sur l'outre-mer, puis que la France le valorise par des outils militaires, économiques et diplomatiques de premier rang, avant de montrer que cette puissance reste incomplète et fragile.
I. Un potentiel maritime exceptionnel, fondé sur le droit et sur l'outre-mer
- La deuxième ZEE du monde, un espace construit par le droitEnviron 10,2 millions de km² ; loi du 16 juillet 1976 ; convention de Montego Bay (1982) ratifiée en 1996.
- Un espace ultramarin présent dans tous les grands océansPrès de 97 % de la ZEE outre-mer, dont 4,8 millions de km² autour de la Polynésie ; plus de 90 % dans l'Indo-Pacifique.
- Un espace encore en expansionProgramme EXTRAPLAC (2002) ; décrets de 2015 : plus de 500 000 km² de plateau continental étendu.
II. Une puissance réelle mais sélective : militaire, économique et diplomatique
- Une marine de premier rang, au cœur de la dissuasionPermanence des SNLE depuis janvier 1972 (Île Longue) ; Charles-de-Gaulle (2001) ; opérations Atalante (2008) et Aspides (2024).
- Des ports, des entreprises et des ressources valorisésMarseille-Fos, premier port en tonnage ; HAROPA Port (2021) ; CMA CGM parmi les trois premiers armateurs mondiaux ; parc éolien de Saint-Nazaire (2022).
- Une influence diplomatique sur les océansOne Ocean Summit à Brest (2022) ; conférence des Nations unies sur l'océan à Nice (2025) ; plus de 30 % des eaux en aire marine protégée.
III. Une puissance incomplète et fragile
- Des ports distancés à l'échelle européenneRotterdam : plus de 400 Mt et plus de 13 millions d'EVP ; Le Havre : environ 3 millions d'EVP ; canal Seine-Nord Europe encore en travaux.
- Un espace difficile à surveiller et parfois contestéPêche illégale en Guyane ; Tromelin revendiquée par Maurice, les îles Éparses par Madagascar ; Clipperton et l'article 121 de Montego Bay.
- Des vulnérabilités industrielles, politiques et environnementalesRupture du contrat de sous-marins australien (AUKUS, 2021) ; référendums calédoniens (2018, 2020, 2021) ; marées noires (Amoco Cadiz 1978, Erika 1999) ; érosion (Le Signal, démoli en 2023).
Conclusion rédigéeLa France est donc bien une puissance maritime, mais une puissance d'un type particulier. Immense par l'espace, grâce à l'outre-mer et au droit de la mer, elle est réelle par sa marine, qui porte la dissuasion depuis 1972, par quelques grands groupes et par son influence diplomatique sur les océans. Elle reste cependant en deçà de son potentiel par ses ports, distancés par le range nord-européen, et par sa difficulté à surveiller et à mettre en valeur des eaux lointaines, parfois contestées. Le point d'interrogation du sujet est ainsi justifié : la France est une puissance maritime plus forte par sa présence et son influence que par ses moyens économiques. Reste à savoir comment elle arbitrera, dans les années 2030, entre l'exploitation des nouvelles frontières de la mer, grands fonds et énergies marines, et la protection des océans qu'elle défend dans les enceintes internationales.
Le piège — Réciter une liste d'atouts puis une liste de faiblesses sans jamais répondre à la question, ou confondre la taille de la ZEE avec la puissance : la conclusion doit trancher de façon nuancée.
Sujet 2 — Les outre-mer, fondement et défi de la puissance maritime française
Analyse des termes — Les outre-mer regroupent les DROM, les COM, la Nouvelle-Calédonie, les Terres australes et antarctiques françaises et Clipperton ; ils sont à la fois ce qui donne à la France l'essentiel de son espace maritime (fondement) et ce qui en rend la maîtrise difficile (défi). Le sujet invite à croiser l'échelle mondiale (présence dans les océans) et l'échelle locale (territoires, habitants, statuts).
Problématique — En quoi les outre-mer, qui donnent à la France l'essentiel de son espace maritime et de son rayonnement océanique, sont-ils aussi ce qui en rend la maîtrise difficile ?
Introduction rédigéeKerguelen, Clipperton, Tromelin : ces noms, inconnus de la plupart des Français, pèsent davantage dans l'espace maritime national que toutes les côtes de la métropole. Les outre-mer désignent l'ensemble des territoires français situés hors du continent européen : départements et régions d'outre-mer, collectivités d'outre-mer, Nouvelle-Calédonie, Terres australes et antarctiques françaises et Clipperton. Ils fournissent près de 97 % des quelque 10,2 millions de km² de la ZEE française, deuxième du monde. Ils sont donc le fondement de la puissance maritime française ; mais cet espace immense, éloigné, parfois inhabité, parfois revendiqué, est aussi difficile à surveiller et à mettre en valeur, et les sociétés ultramarines ont leurs propres attentes. En quoi les outre-mer, qui donnent à la France l'essentiel de son espace maritime et de son rayonnement océanique, sont-ils aussi ce qui en rend la maîtrise difficile ? Nous montrerons d'abord que les outre-mer constituent le socle de l'espace maritime français, puis qu'ils offrent des points d'appui à la puissance et à l'influence, avant d'étudier les défis qu'ils posent à l'État.
I. Les outre-mer, socle de l'espace maritime français
- L'essentiel de la ZEE vient des îles ultramarinesPrès de 97 % des 10,2 millions de km² ; Polynésie ≈ 4,8 millions de km², près de la moitié ; Clipperton ≈ 430 000 km² à elle seule.
- Une présence dans tous les grands océansPlus de 90 % de la ZEE et environ 1,6 million d'habitants dans l'Indo-Pacifique ; Antilles et Guyane dans l'Atlantique ; Saint-Pierre-et-Miquelon dans l'Atlantique Nord.
- Des richesses surtout biologiques, et des potentiels minérauxEnviron 10 % des récifs coralliens du monde (IFRECOR) ; pêche de la légine aux Kerguelen ; campagnes d'exploration des fonds de Wallis-et-Futuna (2010-2012).
II. Des points d'appui pour la puissance et l'influence
- Des bases et des forces de souverainetéForces armées aux Antilles, en Guyane, dans le sud de l'océan Indien, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie ; patrouilleurs outre-mer livrés depuis 2023.
- Une vitrine scientifique et environnementaleRéserve naturelle des Terres australes ; parc naturel de la mer de Corail (2014, ≈ 1,3 million de km²).
- Une intégration régionale qui porte l'influence françaisePolynésie et Nouvelle-Calédonie membres de plein droit du Forum des îles du Pacifique depuis 2016 ; France membre de la Commission de l'océan Indien au titre de La Réunion (1986).
III. Un défi : surveiller, développer, maintenir la souveraineté
- Un espace immense pour des moyens limités4,8 millions de km² autour de la Polynésie pour quelques bâtiments ; pêche illégale en Guyane ; pêche illicite de la légine dans les Terres australes.
- Des souverainetés contestéesTromelin (Maurice), îles Éparses (Madagascar), Matthew et Hunter (Vanuatu), Mayotte (Comores) ; Clipperton et l'article 121.
- Des sociétés et des milieux fragilesRéférendums calédoniens (2018, 2020, 2021) et violences de mai 2024 ; cyclone Chido à Mayotte (décembre 2024) ; montée des eaux dans les atolls polynésiens.
Conclusion rédigéeLes outre-mer sont bien le fondement de la puissance maritime française : sans eux, la France n'aurait qu'une ZEE comparable à celle d'un État européen moyen, et ne serait présente ni dans l'Indo-Pacifique ni dans l'océan Austral. Ils lui apportent des ressources, des bases, une vitrine environnementale et une place dans les organisations régionales. Mais ils sont aussi un défi permanent : surveiller des millions de km² avec des moyens limités, défendre des souverainetés contestées et répondre aux attentes de sociétés éloignées de la métropole, exposées à la vie chère et aux effets du changement climatique. La puissance maritime française dépend donc moins de l'étendue de ses eaux que de sa capacité à associer les territoires ultramarins et leurs habitants à un projet commun. L'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, encore débattu, en est aujourd'hui le test le plus visible.
Le piège — Réduire les outre-mer à un réservoir de kilomètres carrés, sans parler de leurs habitants, de leurs statuts et de leurs attentes, ou confondre DROM et COM.