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Histoire-Géographie Terminale

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La République française

Institutions de la Ve République, cohabitations, quinquennat, décentralisation, parité, laïcité (programme d'histoire de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « La République française » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une Constitution souple : le cadre de 1958 et ses révisions, Les cohabitations : la Constitution lue à la lettre, Le quinquennat et l'inversion du calendrier (2000-2002), Rééquilibrer les pouvoirs, puis gouverner sans majorité (2008-2024). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — La Constitution de 1958 dans sa rédaction actuelle

Facile

Texte juridique · extraits de la Constitution · Constitution du 4 octobre 1958, articles 1er, 5, 6, 8, 12 et 20, dans leur rédaction issue des lois constitutionnelles du 2 octobre 2000, du 28 mars 2003 et du 23 juillet 2008 (texte en vigueur en 2026).

Ces articles sont ceux du texte de 1958, mais plusieurs phrases ont été ajoutées ou modifiées par des révisions successives. Ils s'adressent à tous les pouvoirs publics et fixent le partage des rôles au sein de l'exécutif.

Article 1er. La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales.

Article 5. Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État.
Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.

Article 6. Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.
Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. […]

Article 8. Le Président de la République nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement. […]

Article 12. Le Président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des Présidents des assemblées, prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale. […]

Article 20. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation.
Il dispose de l'administration et de la force armée.
Il est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50.

Après avoir présenté le document, montrez comment la Constitution organise le pouvoir exécutif et comment ce texte a été adapté depuis la fin des années 1990.

  1. Présentez le document : nature, date, portée. Quelles phrases résultent de révisions postérieures à 1995 ?
  2. Quels pouvoirs les articles 5, 8 et 12 donnent-ils au président ? Quel rôle l'article 20 confie-t-il au Gouvernement ?
  3. Expliquez pourquoi ces articles rendent possible la cohabitation, en vous appuyant sur les exemples de 1993 et de 1997.
  4. Montrez que ce texte a été adapté aux évolutions de la vie politique et de la société.
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'extraits de la Constitution du 4 octobre 1958, texte fondamental de la Ve République, placé au sommet de la hiérarchie des normes. Le texte n'est pas celui de 1958 : plusieurs phrases viennent de révisions récentes. À l'article 6, « cinq ans » remplace « sept ans » depuis la loi constitutionnelle du 2 octobre 2000, et la limite de « deux mandats consécutifs » date de la révision du 23 juillet 2008. À l'article 1er, la phrase « Son organisation est décentralisée » vient de la révision du 28 mars 2003, et l'alinéa sur « l'égal accès des femmes et des hommes » reprend la révision du 8 juillet 1999, placée à l'article 1er et étendue aux responsabilités professionnelles en 2008.

2. Le président est d'abord un arbitre et un garant : il « veille au respect de la Constitution », assure « par son arbitrage » le fonctionnement des pouvoirs publics et garantit « l'indépendance nationale » (art. 5). Il dispose de pouvoirs importants : il « nomme le Premier ministre » (art. 8) et peut « prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale » (art. 12). Mais l'article 8 ne lui permet de mettre fin aux fonctions du Premier ministre que « sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement ». Surtout, c'est le Gouvernement qui « détermine et conduit la politique de la nation » et qui est « responsable devant le Parlement » (art. 20).

3. Puisque le Gouvernement est responsable devant l'Assemblée, le président doit nommer un Premier ministre qui ne sera pas renversé par une motion de censure. Si les électeurs donnent la majorité à ses adversaires, il doit choisir un Premier ministre dans leurs rangs : c'est la cohabitation. En mars 1993, après la victoire de la droite aux législatives, François Mitterrand nomme Édouard Balladur ; en juin 1997, après la dissolution manquée du 21 avril, Jacques Chirac nomme Lionel Jospin. Le Premier ministre applique alors l'article 20 à la lettre et conduit la politique de la nation ; le président se replie sur l'arbitrage de l'article 5 et sur la défense et la diplomatie.

4. Le texte a été révisé pour répondre à de nouvelles attentes. Le quinquennat (2000) aligne la durée du mandat présidentiel sur celle des députés et rend la cohabitation moins probable ; la limite de deux mandats (2008) encadre le pouvoir présidentiel. L'article 1er traduit aussi des transformations de la République : une organisation « décentralisée » (2003), qui reconnaît le rôle des collectivités, et la parité (1999), qui répond à la faible place des femmes dans les assemblées. Le document montre ainsi une Constitution à la fois stable, puisqu'elle garde ses principes (« indivisible, laïque, démocratique et sociale »), et souple, puisqu'elle a été révisée vingt-cinq fois entre 1958 et 2024.

Ce que cette analyse apprend — Lire un texte constitutionnel en distinguant la rédaction d'origine et les ajouts des révisions, puis relier chaque article à une pratique datée.

Document 2 — Les femmes à l'Assemblée nationale, de 1945 à 2024

Moyen

Tableau statistique · Tableau construit pour l'exercice d'après les résultats des élections législatives publiés par l'Assemblée nationale (élections de 1945 à 2024).

Les femmes votent et sont éligibles depuis l'ordonnance du 21 avril 1944. Le tableau permet de mesurer l'effet de la révision constitutionnelle du 8 juillet 1999 et de la loi du 6 juin 2000 sur l'élection la plus visible de la vie politique nationale.

ÉlectionFemmes éluesPart des siègesRègle de parité en vigueur
Octobre 1945 (Assemblée constituante)335,6 %Aucune (premières législatives ouvertes aux femmes)
1993356,1 %Aucune
19976310,9 %Aucune
20027112,3 %Loi du 6 juin 2000 : aide publique réduite pour les partis qui ne présentent pas autant de candidates que de candidats
200710718,5 %Loi du 6 juin 2000
201215526,9 %Loi du 6 juin 2000
201722438,8 %Pénalités financières renforcées (loi du 4 août 2014)
202221537,3 %Loi du 4 août 2014
202420836,0 %Loi du 4 août 2014

Nombre total de sièges : 586 en 1945, 577 depuis 1986. Les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans des circonscriptions, sauf en 1945 et en 1986 (scrutin proportionnel).

En vous appuyant sur le document et sur vos connaissances, montrez que la parité progresse à l'Assemblée nationale depuis la fin des années 1990 mais reste inachevée.

  1. Présentez le document et décrivez l'évolution de la part des femmes à l'Assemblée nationale de 1945 à 2024.
  2. Quelles réformes expliquent la progression observée à partir de 2002 ? Pourquoi a-t-il fallu réviser la Constitution ?
  3. Pourquoi la loi du 6 juin 2000 a-t-elle moins d'effet aux législatives qu'aux élections municipales ou régionales ?
  4. Quelles limites de la parité le tableau révèle-t-il ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce tableau statistique, établi d'après les résultats publiés par l'Assemblée nationale, donne le nombre et la part des femmes élues députées de 1945 à 2024, ainsi que les règles de parité en vigueur. Trois phases apparaissent. D'abord une longue stagnation : 5,6 % des sièges en 1945, 6,1 % seulement en 1993, un demi-siècle plus tard. Puis un net décollage : 10,9 % en 1997, 18,5 % en 2007, 26,9 % en 2012 et un maximum de 38,8 % en 2017 (224 élues sur 577). Enfin un léger recul : 37,3 % en 2022 et 36,0 % en 2024.

2. La progression suit les réformes de la parité. En 1982, le Conseil constitutionnel avait censuré un quota de femmes sur les listes municipales, au nom de l'égalité des citoyens devant le suffrage : toute règle favorisant un sexe était donc jugée contraire à la Constitution. La révision du 8 juillet 1999 lève cet obstacle en disposant que « la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux ». La loi du 6 juin 2000 réduit l'aide publique des partis qui ne présentent pas autant de candidates que de candidats, d'où la progression de 2002 à 2012. La loi du 4 août 2014 renforce ces pénalités, et le tableau montre le bond de 2017, année où le renouvellement massif des députés s'accompagne de candidatures plus paritaires.

3. Aux scrutins de liste (municipales, régionales, européennes), la loi de 2000 impose des listes alternant femmes et hommes : la parité des élus en découle presque mécaniquement. Aux législatives, le scrutin est uninominal : chaque parti choisit un candidat par circonscription, et la loi ne peut qu'inciter financièrement. Un parti peut préférer payer la pénalité, ou présenter des femmes dans des circonscriptions difficiles à gagner. C'est pourquoi la part des élues reste inférieure à celle des candidates.

4. Le tableau montre d'abord que la parité n'est jamais atteinte à l'Assemblée : même en 2017, les femmes n'occupent pas 40 % des sièges. Il montre ensuite que le progrès n'est pas irréversible, puisque la part des élues recule légèrement en 2022 et 2024. Par contraste, les conseils départementaux, élus depuis 2015 en binômes femme-homme (loi du 17 mai 2013), sont strictement paritaires. La parité apparaît ainsi comme une conquête réelle mais inachevée, qui dépend du mode de scrutin et de la volonté des partis ; elle ne dit rien, en outre, de la répartition des fonctions de pouvoir, comme les présidences d'exécutifs locaux, encore majoritairement masculines.

Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau en périodes, relier chaque inflexion à une loi datée, puis expliquer par un mécanisme (le mode de scrutin) ce que les chiffres ne disent pas seuls.

Document 3 — La carte des régions françaises depuis le 1er janvier 2016

Moyen

Carte administrative · Carte construite pour l'exercice d'après la loi n° 2015-29 du 16 janvier 2015 relative à la délimitation des régions (découpage en vigueur au 1er janvier 2016).

La loi du 16 janvier 2015, adoptée sous la présidence de François Hollande et le gouvernement de Manuel Valls, s'inscrit dans l'acte III de la décentralisation, entre la loi MAPTAM (27 janvier 2014) et la loi NOTRe (7 août 2015). Elle s'adresse aux collectivités et aux citoyens, appelés à élire les nouveaux conseils régionaux en décembre 2015.

Description de la carte. La France métropolitaine est divisée en 13 régions, représentées en aplats de couleur avec leur chef-lieu : Hauts-de-France (Lille), Normandie (Rouen), Île-de-France (Paris), Grand Est (Strasbourg), Bretagne (Rennes), Pays de la Loire (Nantes), Centre-Val de Loire (Orléans), Bourgogne-Franche-Comté (Dijon), Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux), Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon), Occitanie (Toulouse), Provence-Alpes-Côte d'Azur (Marseille), Corse (Ajaccio).

Un trait fin en pointillés indique les limites des 22 anciennes régions (1982-2015). Une trame hachurée signale les sept régions issues d'une fusion : Grand Est (Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine), Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes), Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France (Nord-Pas-de-Calais, Picardie), Normandie (Basse et Haute-Normandie), Occitanie (Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées). Les six autres gardent leur périmètre : Bretagne, Centre-Val de Loire, Corse, Île-de-France, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Cinq encarts, à la même échelle entre eux mais non à celle de la métropole, présentent les régions d'outre-mer : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte. Une note précise que la Guyane et la Martinique sont, depuis décembre 2015, des collectivités territoriales uniques exerçant à la fois les compétences d'une région et d'un département.

Après avoir présenté le document, expliquez les objectifs de la réforme territoriale de 2015 et discutez ses limites.

  1. Présentez la carte : de quelle réforme est-elle issue, et que change-t-elle ?
  2. Situez cette réforme dans l'histoire de la décentralisation depuis 1982.
  3. Quels objectifs ont été avancés pour justifier ces fusions ?
  4. Quelles critiques et quelles limites la carte permet-elle de mettre en évidence ?
Voir la réponse rédigée

1. Cette carte administrative, construite d'après la loi du 16 janvier 2015, représente les régions françaises telles qu'elles existent depuis le 1er janvier 2016. En métropole, le nombre de régions passe de 22 à 13 : sept nouvelles régions naissent de fusions, comme le Grand Est, qui réunit l'Alsace, la Champagne-Ardenne et la Lorraine, ou la Nouvelle-Aquitaine, qui réunit l'Aquitaine, le Limousin et le Poitou-Charentes ; six régions gardent leur périmètre, comme la Bretagne ou l'Île-de-France. Avec les cinq régions d'outre-mer, la France compte donc 18 régions.

2. Les régions sont devenues des collectivités territoriales avec la loi Defferre du 2 mars 1982, et leurs conseils sont élus au suffrage universel depuis 1986. La révision du 28 mars 2003 (acte II) les inscrit dans la Constitution et ajoute à l'article 1er que l'organisation de la République « est décentralisée ». La réforme de 2015 appartient à l'acte III : la loi MAPTAM de janvier 2014 crée les grandes métropoles, la loi de janvier 2015 redessine les régions, et la loi NOTRe du 7 août 2015 leur confie le développement économique en supprimant la clause de compétence générale des départements et des régions.

3. Le gouvernement présentait la réforme comme un moyen de créer des régions plus peuplées et plus vastes, comparables aux Länder allemands ou aux régions italiennes et espagnoles, capables de porter des politiques économiques, de transport et de formation à la bonne échelle. Il mettait aussi en avant la rationalisation de l'action publique et des économies de fonctionnement grâce à la mutualisation des services. La carte montre bien des ensembles très étendus : la Nouvelle-Aquitaine couvre toute la façade atlantique du Sud-Ouest jusqu'au Massif central.

4. La carte révèle aussi les limites. Certaines régions fusionnées sont si vastes que les centres de décision s'éloignent des habitants, et le choix des chefs-lieux a suscité des rivalités, comme en Normandie ou en Bourgogne-Franche-Comté. Des identités régionales ont protesté : en Alsace, cette contestation a conduit à la création de la Collectivité européenne d'Alsace au 1er janvier 2021, au sein du Grand Est. Les économies attendues sont discutées. Enfin, les encarts ultramarins rappellent que la République n'a pas une organisation uniforme : Guyane et Martinique sont des collectivités uniques, Mayotte est un département depuis 2011. La carte illustre ainsi une République unitaire qui recompose sans cesse ses territoires.

Ce que cette analyse apprend — Décrire une carte à partir de sa légende, puis la replacer dans une chronologie de réformes et confronter ses objectifs à ce qu'elle laisse voir.

Document 4 — La laïcité dans les textes, de 1905 à 2021

Difficile

Corpus de textes législatifs d'époque · Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État, articles 1er et 2 ; Constitution du 4 octobre 1958, article 1er ; loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 (article L. 141-5-1 du Code de l'éducation) ; loi n° 2010-1192 du 11 octobre 2010, articles 1er et 2 ; loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 (résumé).

Ces textes sont votés à plus d'un siècle de distance : la loi de 1905 clôt le conflit entre la République et l'Église catholique ; les lois de 2004, 2010 et 2021 répondent à des débats nés à partir de l'affaire de Creil (1989). Ils s'adressent tantôt à l'État, tantôt aux usagers.

a) Loi du 9 décembre 1905. « Article 1er. La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.
Article 2. La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. […] »

b) Constitution de 1958, article 1er. « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. […] Elle respecte toutes les croyances. »

c) Loi du 15 mars 2004. « Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en œuvre d'une procédure disciplinaire est précédée d'un dialogue avec l'élève. »

d) Loi du 11 octobre 2010. « Article 1er. Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.
Article 2. I. Pour l'application de l'article 1er, l'espace public est constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public. […] »

e) Loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République (résumé). Les organismes, publics ou privés, auxquels la loi confie l'exécution d'un service public doivent veiller à ce que leurs salariés respectent les principes de laïcité et de neutralité. Les associations qui sollicitent une subvention publique s'engagent, par un « contrat d'engagement républicain », à respecter les principes de la République.

En confrontant ces textes, montrez comment la laïcité est réaffirmée et redéfinie depuis la fin des années 1980, et présentez les débats qu'elle suscite.

  1. À partir des textes a et b, définissez la laïcité telle que la loi de 1905 et la Constitution la conçoivent.
  2. Comparez les textes a, c et e : à qui s'impose l'obligation de neutralité dans chacun d'eux ?
  3. Replacez la loi de 2004 dans son contexte et précisez sa portée exacte.
  4. Le texte d est-il une loi sur la laïcité ? Justifiez, puis présentez les deux grandes conceptions de la laïcité qui s'opposent dans le débat public.
Voir la réponse rédigée

1. Les textes a et b définissent la laïcité par trois éléments. La liberté : la République « assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes » (art. 1er de 1905), sous la seule réserve de l'ordre public. La séparation : elle « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (art. 2), ce qui met fin au régime concordataire de 1801. L'égalité : la Constitution de 1958 fait de la France une République « laïque » qui « respecte toutes les croyances ». Le mot « laïcité » ne figure pas dans la loi de 1905 ; il entre dans les Constitutions de 1946 et 1958.

2. En 1905, l'obligation pèse sur l'État : c'est « la République » qui ne reconnaît aucun culte, et les citoyens restent libres de manifester leur religion. En 2004, l'obligation vise des usagers du service public, les « élèves », dans un espace précis, « les écoles, les collèges et les lycées publics » : l'école accueille des mineurs et forme de futurs citoyens, ce qui justifie selon le législateur une protection particulière. En 2021, la neutralité, jusque-là réservée aux agents publics, s'étend aux salariés d'organismes privés chargés d'un service public, et les associations subventionnées s'engagent à respecter les principes républicains. Le corpus montre donc un élargissement progressif des personnes concernées.

3. En 1989, l'exclusion de trois collégiennes voilées à Creil ouvre le débat ; le Conseil d'État, le 27 novembre 1989, juge que le port d'un signe religieux n'est pas en soi contraire à la laïcité, sauf pression, prosélytisme ou trouble. Les chefs d'établissement tranchent au cas par cas, et les conflits se multiplient dans les années 1990. Après le rapport de la commission Stasi (décembre 2003), la loi du 15 mars 2004 fixe une règle nationale. Sa portée est limitée : elle vise les signes portés « ostensiblement », les signes discrets restant permis ; elle ne concerne ni l'enseignement privé, ni les universités, ni les parents ; elle impose un « dialogue avec l'élève » avant toute sanction.

4. Le texte d n'est pas, juridiquement, une loi sur la laïcité : il ne vise aucun culte et s'applique à « l'espace public » tout entier, pour toute tenue « destinée à dissimuler son visage ». Il se fonde sur l'ordre public et sur les exigences minimales de la vie en société ; le Conseil constitutionnel l'a validé le 7 octobre 2010 et la Cour européenne des droits de l'homme l'a jugé conforme à la Convention le 1er juillet 2014. Dans le débat public, deux conceptions s'opposent. Pour les uns, la laïcité est d'abord une neutralité de l'État qui protège la liberté religieuse des personnes : toute extension aux usagers risquerait de viser une religion en particulier. Pour les autres, elle suppose aussi une certaine discrétion dans des espaces communs, pour garantir l'égalité, notamment entre femmes et hommes, et l'unité de la République. Le corpus montre que le législateur a élargi le champ de la neutralité depuis 2004, sans jamais revenir sur la liberté de conscience proclamée en 1905.

Ce que cette analyse apprend — Confronter des textes d'époques différentes en repérant, pour chacun, le destinataire de l'obligation, puis exposer un débat vif sans trancher.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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