À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « La République française » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une Constitution souple : le cadre de 1958 et ses révisions, Les cohabitations : la Constitution lue à la lettre, Le quinquennat et l'inversion du calendrier (2000-2002), Rééquilibrer les pouvoirs, puis gouverner sans majorité (2008-2024). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Les institutions de la Ve République à l'épreuve, de la deuxième cohabitation à l'Assemblée sans majorité (1993-2024)
Analyse des termes — Les « institutions » désignent les pouvoirs définis par la Constitution de 1958 (président, gouvernement, Parlement, Conseil constitutionnel) ; « à l'épreuve » invite à étudier les situations qui ont forcé leur adaptation. Les bornes vont de la deuxième cohabitation (mars 1993) à la censure du gouvernement Barnier (4 décembre 2024) ; la fondation de 1958-1962 n'est qu'un rappel.
Problématique — Comment un même texte constitutionnel, révisé mais jamais remplacé, a-t-il pu produire entre 1993 et 2024 des équilibres de pouvoir aussi différents, et que révèlent ces épreuves de la solidité du régime ?
Introduction rédigéeLe 4 décembre 2024, pour la première fois depuis 1962, une motion de censure renverse un gouvernement de la Ve République, celui de Michel Barnier. L'événement rappelle que les institutions fondées en 1958 n'ont jamais fonctionné d'une seule manière. On entend par institutions les pouvoirs définis par la Constitution — président de la République, gouvernement, Parlement, Conseil constitutionnel — et par leur pratique la manière dont les acteurs s'en servent selon les majorités que donnent les électeurs. Entre la deuxième cohabitation, ouverte en mars 1993, et l'Assemblée sans majorité issue de la dissolution de 2024, ces institutions ont été soumises à plusieurs épreuves : partage de l'exécutif, réforme du mandat présidentiel, crise de la représentation. Comment un même texte, révisé mais jamais remplacé, a-t-il pu produire des équilibres de pouvoir aussi différents, et que révèlent ces épreuves de la solidité du régime ? Nous verrons d'abord que les cohabitations font apparaître un exécutif partagé (1993-2002), puis que le quinquennat accentue la présidentialisation du régime (2000-2017), enfin que la disparition des majorités stables remet les institutions à l'épreuve (2017-2024).
I. Un exécutif partagé : le temps des cohabitations (1993-2002)
- La deuxième cohabitation confirme que le Premier ministre gouverne dès qu'il dispose de sa propre majorité.Législatives de mars 1993 ; Édouard Balladur Premier ministre le 29 mars 1993, jusqu'en mai 1995.
- La dissolution manquée de 1997 ouvre la plus longue des cohabitations.Dissolution du 21 avril 1997 ; victoire de la gauche plurielle les 25 mai et 1er juin ; Lionel Jospin gouverne jusqu'en mai 2002.
- Le partage des rôles révèle la lettre du texte : le gouvernement conduit la politique, le président arbitre et garde le domaine réservé.Article 20 ; lois Aubry sur les 35 heures (1998 et 2000) ; président et Premier ministre côte à côte aux Conseils européens.
II. Le quinquennat, moteur de la présidentialisation (2000-2017)
- Le quinquennat est adopté pour éviter les cohabitations, mais dans l'indifférence d'une grande partie des électeurs.Référendum du 24 septembre 2000 : 73,2 % de oui, 69,8 % d'abstention ; loi constitutionnelle du 2 octobre 2000.
- L'inversion du calendrier fait des législatives une confirmation de la présidentielle.Loi organique du 15 mai 2001 ; majorités absolues pour le président en 2002, 2007, 2012 et 2017.
- La présidentialisation appelle un rééquilibrage au profit du Parlement et des citoyens.Révision du 23 juillet 2008, adoptée à une voix près : deux mandats au plus, 49.3 limité, QPC en vigueur le 1er mars 2010.
III. Des institutions de nouveau mises à l'épreuve (2017-2024)
- L'élection de 2017 bouscule le système partisan qui structurait le régime.Emmanuel Macron élu le 7 mai 2017 face à Marine Le Pen ; recul des partis de gouvernement traditionnels aux législatives de juin.
- La majorité relative de 2022 redonne du poids au Parlement et multiplie le recours au 49.3.Première majorité relative depuis 1988 ; réforme des retraites adoptée par le 49.3 en mars 2023.
- La dissolution de 2024 produit une Assemblée sans majorité et la première censure depuis 1962.Dissolution du 9 juin 2024 ; législatives des 30 juin et 7 juillet ; gouvernement Barnier renversé le 4 décembre 2024.
Conclusion rédigéeDe 1993 à 2024, la Ve République a donc connu trois équilibres successifs : un exécutif partagé pendant les cohabitations, où le Premier ministre gouverne en s'appuyant sur l'article 20 ; une présidentialisation renforcée par le quinquennat et l'inversion du calendrier, que la révision de 2008 tente de tempérer ; enfin, depuis 2022, un retour du Parlement au cœur du jeu, faute de majorité absolue. Ces épreuves montrent la souplesse d'un texte qui a permis de gouverner dans des configurations que ses auteurs n'avaient pas envisagées, sans changement de régime. Elles montrent aussi ses fragilités : faible participation au référendum de 2000, usage répété du 49.3, instabilité gouvernementale après 2024. Le débat reste ouvert entre ceux qui réclament une VIe République plus parlementaire ou le scrutin proportionnel, et ceux qui jugent que la Constitution de 1958 a une fois de plus prouvé sa capacité d'adaptation.
Le piège — Raconter la naissance de la Ve République (1958-1962) ou le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, hors des bornes, puis dérouler une chronologie des présidents sans jamais montrer comment l'équilibre entre président, gouvernement et Parlement change.
Sujet 2 — La République française face aux transformations de la société depuis la fin des années 1980 : décentralisation, parité, laïcité
Analyse des termes — La « République française » désigne à la fois un régime et un ensemble de principes inscrits à l'article 1er de la Constitution (indivisible, laïque, démocratique et sociale) ; le sujet demande comment ces principes s'adaptent à des attentes nouvelles. La borne de départ est 1989 (affaire de Creil, premiers débats sur la parité) ; la borne d'arrivée est le présent (loi de 2021, révision de 2024).
Problématique — Comment la République a-t-elle adapté ses principes aux transformations de la société depuis la fin des années 1980, sans renoncer à son unité ni à son idéal d'égalité ?
Introduction rédigéeÀ la rentrée 1989, à Creil, trois collégiennes refusent de retirer leur foulard en classe : l'affaire ouvre un débat national sur la laïcité à l'école. Au même moment, les femmes n'occupent qu'environ 6 % des sièges de députés, et la France reste un État très centralisé malgré les lois de décentralisation de 1982. La République française se définit, à l'article 1er de sa Constitution, comme une République « indivisible, laïque, démocratique et sociale » : des principes stables, mais dont l'application est sans cesse rediscutée. Depuis la fin des années 1980, la société se transforme : exigence d'égalité entre les femmes et les hommes, diversité croissante des croyances, attente d'une décision publique plus proche des citoyens. Comment la République a-t-elle adapté ses principes à ces transformations, sans renoncer à son unité ni à son idéal d'égalité ? Nous verrons qu'elle partage davantage le pouvoir avec ses territoires, qu'elle cherche à rendre l'égalité réelle, enfin qu'elle réaffirme la laïcité tout en débattant de sa portée.
I. Une République qui partage le pouvoir avec ses territoires
- La décentralisation devient un principe constitutionnel.Révision du 28 mars 2003 : « Son organisation est décentralisée » ; loi du 13 août 2004 sur les transferts de compétences.
- La carte territoriale est recomposée pour créer des ensembles plus puissants.Loi MAPTAM du 27 janvier 2014 (métropoles) ; 13 régions métropolitaines au 1er janvier 2016 ; loi NOTRe du 7 août 2015.
- L'unité de la République s'accommode de statuts différenciés.Mayotte département en 2011 ; collectivité de Corse en 2018 ; trois référendums en Nouvelle-Calédonie (2018, 2020, 2021).
II. Une République qui cherche l'égalité réelle
- La parité exige une révision constitutionnelle, car l'égalité abstraite interdisait toute règle favorisant un sexe.Censure d'un quota par le Conseil constitutionnel en 1982 ; révision du 8 juillet 1999 ; loi du 6 juin 2000.
- La parité progresse surtout là où la loi peut l'imposer.Binôme départemental (loi du 17 mai 2013, conseils paritaires en 2015) ; Assemblée : 38,8 % de femmes en 2017, 36 % en 2024.
- Les droits civils s'élargissent, au prix de vifs débats.PACS (15 novembre 1999) ; mariage pour les couples de même sexe (17 mai 2013) ; liberté de recourir à l'IVG inscrite dans la Constitution (8 mars 2024).
III. Une République qui réaffirme et redéfinit la laïcité
- L'affaire de Creil révèle les incertitudes d'une laïcité jugée au cas par cas.Avis du Conseil d'État du 27 novembre 1989.
- La loi de 2004 fixe une règle nationale pour l'école publique.Rapport de la commission Stasi (décembre 2003) ; loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux ostensibles.
- Le champ de la neutralité s'élargit, et deux conceptions de la laïcité s'opposent.Loi du 11 octobre 2010 (ordre public) ; loi du 24 août 2021 étendant la neutralité aux organismes privés chargés d'un service public.
Conclusion rédigéeDepuis la fin des années 1980, la République française a profondément transformé la manière d'appliquer ses principes : son organisation est devenue « décentralisée » en 2003, l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats est inscrit dans la Constitution depuis 1999, et la laïcité, fixée par la loi de 1905, a été précisée par les lois de 2004, 2010 et 2021. Ces adaptations se sont faites dans le cadre de la Constitution de 1958, par révisions et par lois, ce qui montre la capacité de la République à évoluer sans rupture. Elles laissent pourtant des questions ouvertes : la parité reste inachevée à l'Assemblée nationale, la décentralisation est critiquée pour sa complexité, et la laïcité oppose toujours ceux qui y voient d'abord la neutralité de l'État et ceux qui en attendent une discrétion plus large dans l'espace commun. Ces débats rejoignent celui de la place de l'immigration dans la société française, étudié dans un autre chapitre.
Le piège — Juxtaposer trois exposés séparés (décentralisation, parité, laïcité) sans fil directeur, ou prendre parti sur la laïcité au lieu d'exposer les conceptions en présence.