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Histoire-Géographie Terminale

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L'Union européenne dans la mondialisation : des dynamiques complexes

Politiques de compétitivité et de cohésion, fonds structurels, façade maritime, frontières, espace ouvert ou fermé (programme de géographie de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en terminale sur « L'Union européenne dans la mondialisation : des dynamiques complexes » suit le programme officiel d'histoire-géographie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Un territoire intégré mais profondément inégal, Les politiques de compétitivité : un marché, des réseaux, l'innovation, La politique de cohésion : réduire les écarts entre régions, Compétitivité et cohésion : des résultats contrastés, un débat ouvert. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en histoire-géographie.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — La carte de la politique de cohésion 2021-2027

Facile

Carte thématique (description précise) · Commission européenne, DG Politique régionale et urbaine, carte d'éligibilité au FEDER et au FSE+ pour 2021-2027, établie d'après la décision d'exécution (UE) 2021/1130 de la Commission du 5 juillet 2021.

La carte accompagne le lancement de la période 2021-2027 de la politique de cohésion, adoptée en 2021 au sortir de la crise du Covid-19. Elle s'adresse aux États, aux régions et aux porteurs de projets, qui y lisent le niveau d'aide européenne auquel ils peuvent prétendre.

Description de la carte. La carte représente l'Union européenne à 27 découpée en régions statistiques de niveau NUTS 2 (environ 240 régions). Trois couleurs classent les régions selon leur PIB par habitant en standard de pouvoir d'achat, comparé à la moyenne de l'UE (moyenne des années 2015-2017) :

  • couleur foncée : régions « moins développées » (moins de 75 % de la moyenne) ;
  • couleur intermédiaire : régions « en transition » (de 75 à 100 %) ;
  • couleur claire : régions « plus développées » (plus de 100 %).

Des encarts placent les régions ultrapériphériques : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte, Açores, Madère, Canaries.

Ce que l'on voit. Le foncé couvre presque toute l'Europe centrale et orientale (Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, la plus grande partie de la Croatie, Lettonie), la plupart des régions grecques, le Sud de l'Italie (Campanie, Pouilles, Basilicate, Calabre, Sicile), le Sud de l'Espagne (Andalousie, Estrémadure), le Nord, le Centre et l'Alentejo au Portugal, ainsi que des régions ultrapériphériques comme Mayotte, la Guyane et La Réunion. Mais les régions capitales de l'Est (Varsovie, Prague, Budapest, Bratislava, Bucarest) apparaissent en clair. La couleur intermédiaire domine dans une grande partie de la France de province, dans l'Est de l'Allemagne et dans le centre de l'Italie. Le clair couvre l'Europe du Nord, le Benelux, l'Autriche, l'Ouest et le Sud de l'Allemagne, l'Italie du Nord et l'Île-de-France.

Mention complémentaire. Les États dont le revenu national brut par habitant est inférieur à 90 % de la moyenne européenne (quinze États, surtout à l'Est et au Sud) sont en outre éligibles au Fonds de cohésion.

Après avoir présenté le document, montrez qu'il révèle de fortes inégalités de développement dans l'Union européenne et expliquez comment la politique de cohésion cherche à les réduire.

  1. Présentez le document : nature, auteur, date, objet.
  2. Quel critère sert à classer les régions ? Pourquoi raisonner à l'échelle régionale plutôt que nationale ?
  3. Décrivez la répartition des régions « moins développées ».
  4. Pourquoi les régions capitales d'Europe centrale apparaissent-elles en clair ? Qu'en déduire sur les effets de la politique de cohésion ?
Voir la réponse rédigée

1. Le document est une carte thématique de la Commission européenne (direction générale de la politique régionale et urbaine), établie pour la période 2021-2027 d'après la décision d'exécution du 5 juillet 2021, qui fixe la liste des régions éligibles au FEDER et au FSE+. Elle classe les quelque 240 régions de l'Union en trois catégories : c'est un outil de répartition des fonds de la politique de cohésion.

2. Le critère est le PIB par habitant exprimé en standard de pouvoir d'achat, comparé à la moyenne de l'Union sur 2015-2017 : moins de 75 %, de 75 à 100 %, plus de 100 %. Le standard de pouvoir d'achat corrige les différences de prix : un euro achète davantage à Sofia qu'à Paris. L'échelle régionale est retenue parce que la moyenne nationale masque des écarts considérables : l'Île-de-France, en clair, et la Guyane, en foncé, appartiennent au même État mais pas à la même catégorie.

3. Les régions « moins développées » forment deux grands ensembles périphériques. À l'Est, elles couvrent presque toute l'Europe centrale et orientale entrée dans l'Union en 2004, 2007 et 2013 : Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, Croatie, Lettonie. Au Sud, elles occupent le Mezzogiorno italien (Campanie, Calabre, Sicile), le Sud de l'Espagne (Andalousie, Estrémadure), l'essentiel du Portugal et de la Grèce. S'y ajoutent des régions ultrapériphériques comme Mayotte, la Guyane ou La Réunion, dont les encarts rappellent l'éloignement. La carte oppose donc un centre riche (Benelux, Allemagne de l'Ouest et du Sud, Italie du Nord, Europe du Nord), qui correspond à la mégalopole et à ses marges, à des périphéries méridionales, orientales et ultramarines.

4. Varsovie, Prague, Budapest, Bratislava et Bucarest sont classées « plus développées » alors que les régions qui les entourent restent en foncé. Le rattrapage des États entrés en 2004 et 2007 est donc réel, mais il se concentre dans les capitales, qui captent sièges sociaux, investissements étrangers et emplois qualifiés : c'est la métropolisation. La politique de cohésion y répond en concentrant l'effort sur les régions foncées, où l'Union peut financer jusqu'à 85 % d'un projet, contre 40 à 50 % dans les régions claires. La carte révèle ainsi à la fois une convergence entre États et des écarts persistants, voire croissants, au sein des États : la cohésion atténue les inégalités sans les effacer.

Ce que cette analyse apprend — Lire une carte, c'est d'abord identifier son critère et son échelle, puis décrire une répartition avant de l'expliquer et d'en tirer une conclusion nuancée.

Document 2 — Ouvrir à l'intérieur, contrôler à l'extérieur : ce que disent les traités

Moyen

Extraits de traités (texte juridique) · Traité sur l'Union européenne (article 3, paragraphes 2 et 5) et traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (article 77, paragraphe 1), versions consolidées issues du traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007 et entré en vigueur le 1er décembre 2009.

Le traité de Lisbonne a réorganisé le droit de l'Union en deux textes, le TUE et le TFUE. Ces articles fixent le cadre juridique de l'espace Schengen, intégré au droit de l'Union depuis le traité d'Amsterdam (1999), et les principes des relations de l'Union avec le reste du monde.

Traité sur l'Union européenne, article 3

« 2. L'Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, au sein duquel est assurée la libre circulation des personnes, en liaison avec des mesures appropriées en ce qui concerne les contrôles aux frontières extérieures, l'asile, l'immigration ainsi que la prévention de la criminalité et la lutte contre ce phénomène. […]

5. Dans ses relations avec le reste du monde, l'Union affirme et promeut ses valeurs et ses intérêts et contribue à la protection de ses citoyens. Elle contribue à la paix, à la sécurité, au développement durable de la planète, à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable […]. »

Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, article 77

« 1. L'Union développe une politique visant :
a) à assurer l'absence de tout contrôle des personnes, quelle que soit leur nationalité, lorsqu'elles franchissent les frontières intérieures ;
b) à assurer le contrôle des personnes et la surveillance efficace du franchissement des frontières extérieures ;
c) à mettre en place progressivement un système intégré de gestion des frontières extérieures. »

Montrez que ce document présente l'Union européenne comme un espace à la fois ouvert et protégé, puis, à l'aide de vos connaissances, discutez les limites de ce modèle.

  1. Présentez le document : nature, auteurs, date, portée.
  2. Relevez les passages qui présentent l'Union comme un espace ouvert et expliquez-les.
  3. Relevez les passages qui relèvent du contrôle et de la protection. Quels outils concrets l'Union a-t-elle créés pour les appliquer ?
  4. Montrez, à l'aide de vos connaissances, que ce modèle d'ouverture intérieure et de contrôle extérieur est mis à l'épreuve.
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'extraits des deux traités qui fondent l'Union européenne dans leur version issue du traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007 par les États membres et entré en vigueur le 1er décembre 2009. Ce sont des textes juridiques : ils s'imposent aux institutions et aux États. L'article 3 du TUE fixe les objectifs généraux de l'Union ; l'article 77 du TFUE organise la politique des frontières, donc l'espace Schengen.

2. L'ouverture est d'abord intérieure : l'Union offre un espace « sans frontières intérieures » où « est assurée la libre circulation des personnes », et l'article 77 vise « l'absence de tout contrôle des personnes, quelle que soit leur nationalité ». Concrètement, un voyageur, européen ou non, circule sans contrôle de Vienne à Bratislava ou de Lisbonne à Helsinki, dans les 29 États de l'espace Schengen. L'ouverture est aussi tournée vers le monde : l'Union contribue « au commerce libre et équitable », ce qui justifie sa politique commerciale, ses accords de libre-échange (Canada en 2017, Japon en 2019) et ses façades maritimes largement ouvertes.

3. La libre circulation est liée, « en liaison avec », à des « mesures appropriées » sur « les contrôles aux frontières extérieures, l'asile, l'immigration ». L'article 77 prévoit « la surveillance efficace » de la frontière extérieure et « un système intégré de gestion ». L'Union doit aussi contribuer « à la protection de ses citoyens ». Pour appliquer ces principes, elle a créé Frontex en 2004, devenue en 2016 l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, une politique commune des visas et des fichiers partagés. Le texte présente donc un contrat : l'ouverture intérieure a pour contrepartie le contrôle commun de l'extérieur.

4. Ce modèle est fragile. D'abord, ses limites ne coïncident pas avec celles de l'Union : l'Irlande et Chypre sont hors de Schengen, la Suisse et la Norvège y sont sans être membres. Ensuite, la crise de 2015 (environ 1,3 million de demandes d'asile) a montré le déséquilibre entre États de première entrée, comme la Grèce ou l'Italie, et les autres : la France contrôle à nouveau ses frontières intérieures depuis novembre 2015, l'Allemagne toutes ses frontières terrestres depuis septembre 2024, et le pacte sur la migration et l'asile de 2024 cherche un compromis sur la solidarité. Le coût humain fait débat : plus de 30 000 morts ou disparus en Méditerranée depuis 2014 selon l'Organisation internationale pour les migrations. Enfin, le « commerce libre et équitable » est discuté, comme le montre le rejet de la ratification du CETA par le Sénat français en mars 2024. L'Union est donc un espace plus ou moins ouvert, dont l'équilibre est sans cesse renégocié.

Ce que cette analyse apprend — Face à un texte juridique, citer les mots exacts qui fondent un principe, puis confronter ce principe à la réalité avec des faits datés.

Document 3 — Les grands ports européens face aux géants asiatiques

Moyen

Tableau statistique · D'après les bilans annuels 2023 des autorités portuaires et le classement « One Hundred Ports 2024 » de Lloyd's List (données de l'année 2023) ; valeurs arrondies.

Le conteneur est l'outil de base de la mondialisation des marchandises : les ports qui en traitent le plus sont les grandes portes d'entrée des produits manufacturés, venus surtout d'Asie. Le tableau compare les premiers ports européens aux deux premiers ports mondiaux.

PortPaysFaçadeConteneurs traités en 2023 (millions d'EVP, ordre de grandeur)
ShanghaiChinemer de Chine orientale≈ 49
SingapourSingapourdétroit de Malacca≈ 39
RotterdamPays-Basmer du Nord (Northern Range)≈ 13,4
Anvers-BrugesBelgiquemer du Nord (Northern Range)≈ 12,5
HambourgAllemagnemer du Nord (Northern Range)≈ 7,7
ValenceEspagneMéditerranée≈ 5
Le PiréeGrèceMéditerranée≈ 5
Le Havre (HAROPA)FranceManche (Northern Range)≈ 3

Note : un EVP (équivalent vingt pieds) correspond à un conteneur standard d'environ 6 mètres. Tous trafics confondus, Rotterdam est le premier port européen, avec environ 440 millions de tonnes en 2023.

Montrez que ce document révèle l'ouverture de l'Union européenne sur le monde par ses façades maritimes, et la place relative de ces façades dans la mondialisation.

  1. Présentez le document et définissez « EVP » et « Northern Range ».
  2. Quelle façade européenne domine ? Justifiez avec des chiffres du document.
  3. Expliquez, à l'aide de vos connaissances, les raisons de cette domination.
  4. Nuancez : que montrent la comparaison avec Shanghai et Singapour, et la place des ports méditerranéens ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce tableau statistique rassemble, en ordres de grandeur arrondis, le nombre de conteneurs traités en 2023 par huit ports, d'après les bilans des autorités portuaires et le classement annuel de Lloyd's List publié en 2024. L'EVP (équivalent vingt pieds) est l'unité de mesure du trafic conteneurisé : un conteneur standard d'environ 6 mètres. La Northern Range est la façade maritime de la mer du Nord et de la Manche, qui s'étend du Havre à Hambourg.

2. La Northern Range domine nettement. Ses trois premiers ports occupent les trois premières places européennes du tableau : Rotterdam (≈ 13,4 millions d'EVP), Anvers-Bruges (≈ 12,5) et Hambourg (≈ 7,7), soit plus de 33 millions d'EVP, et environ 37 millions avec Le Havre. Les deux ports méditerranéens du tableau, Valence et Le Pirée, n'en traitent qu'environ 10 millions à eux deux. La note ajoute que Rotterdam est aussi le premier port européen tous trafics confondus, avec environ 440 millions de tonnes.

3. Cette domination tient d'abord à l'arrière-pays : ces ports desservent la mégalopole européenne, l'espace le plus peuplé et le plus riche de l'Union, et la Ruhr industrielle. Le Rhin, premier axe fluvial d'Europe, relie Rotterdam au cœur du continent, complété par les canaux, le rail et les autoroutes. Les ports investissent aussi massivement : Rotterdam a gagné sur la mer les terminaux de Maasvlakte 2, inaugurés en 2013, et Anvers a fusionné avec Zeebrugge en 2022. La faiblesse relative du Havre (≈ 3 millions d'EVP) s'explique en partie par des liaisons fluviales et ferroviaires moins performantes, ce qui a motivé la création de HAROPA en 2021, qui unit Le Havre, Rouen et Paris.

4. Le tableau nuance pourtant la puissance européenne. Shanghai traite à lui seul près de quatre fois plus de conteneurs que Rotterdam, et Singapour environ trois fois plus : le centre de gravité du commerce maritime mondial est en Asie, et les ports européens sont d'abord les portes d'entrée des produits manufacturés asiatiques, signe d'une ouverture qui est aussi une dépendance. En Méditerranée, Le Pirée et Valence, placés sur la route de Suez, progressent : le Pirée doit son essor à l'armateur public chinois COSCO, qui en a pris le contrôle en 2016. Cette ouverture aux capitaux étrangers explique que l'Union filtre, depuis 2020, les investissements dans les infrastructures sensibles. Les façades européennes sont donc des interfaces majeures, mais dans une mondialisation dont l'Europe n'est plus le centre.

Ce que cette analyse apprend — Un tableau se lit en comparant : calculer des rapports simples, classer, puis confronter les chiffres aux connaissances pour expliquer et nuancer.

Document 4 — La stratégie de Lisbonne : devenir l'économie la plus compétitive du monde

Difficile

Conclusions d'un sommet européen (document d'époque) · Conseil européen de Lisbonne, 23 et 24 mars 2000, Conclusions de la présidence : point 5 (citation courte) et points suivants (résumé).

En mars 2000, les chefs d'État et de gouvernement des Quinze se réunissent à Lisbonne, sous présidence portugaise, en pleine euphorie de la « nouvelle économie » d'internet, alors que les États-Unis creusent l'écart de productivité avec l'Europe. Le texte s'adresse aux gouvernements, aux partenaires sociaux et à l'opinion européenne.

Citation (point 5). L'Union se fixe un nouvel objectif stratégique pour la décennie : « devenir l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d'une croissance économique durable ». Le texte ajoute que cette croissance doit s'accompagner d'une amélioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus grande cohésion sociale.

Résumé des points suivants. Pour atteindre cet objectif, les chefs d'État et de gouvernement retiennent trois volets : 1) préparer le passage à une économie fondée sur la connaissance, par la diffusion d'internet et des technologies de l'information, la création d'un espace européen de la recherche et l'achèvement du marché intérieur ; 2) moderniser le modèle social européen en investissant dans l'éducation et la formation et en luttant contre l'exclusion sociale ; 3) conduire des politiques macroéconomiques favorables à la croissance. Ils fixent pour 2010 un taux d'emploi aussi proche que possible de 70 %, et supérieur à 60 % pour les femmes. Ils adoptent une « méthode ouverte de coordination » : des objectifs communs, des indicateurs et des comparaisons entre États, sans sanction en cas d'échec.

Analysez ce document pour montrer comment l'Union européenne a tenté de concilier compétitivité et cohésion, et portez un regard critique sur cette ambition.

  1. Présentez le document et son contexte.
  2. En quoi la stratégie définie relève-t-elle d'une politique de compétitivité ?
  3. Quelle place le texte accorde-t-il à la cohésion ? De quelle cohésion s'agit-il ?
  4. À l'aide de vos connaissances, dressez un bilan critique de cette stratégie, y compris dans ses effets territoriaux.
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est formé d'une citation courte et d'un résumé des conclusions de la présidence du Conseil européen de Lisbonne, réuni les 23 et 24 mars 2000 : les chefs d'État et de gouvernement des quinze États membres y fixent la stratégie économique de l'Union pour la décennie. Le contexte est celui de la « nouvelle économie » : la croissance américaine, portée par internet, contraste avec un chômage élevé en Europe, qui prépare en outre l'élargissement de 2004 à des pays beaucoup moins riches.

2. Le vocabulaire est celui de la compétition mondiale : l'Union veut devenir l'économie « la plus compétitive et la plus dynamique du monde », superlatifs qui visent implicitement les États-Unis. Les moyens relèvent de la compétitivité : « économie de la connaissance », diffusion d'internet, espace européen de la recherche, achèvement du marché intérieur. Deux ans plus tard, le Conseil européen de Barcelone (2002) ajoute l'objectif de consacrer 3 % du PIB à la recherche.

3. Le texte associe la compétitivité à une « plus grande cohésion sociale » et à l'emploi : taux d'emploi proche de 70 % en 2010, plus de 60 % pour les femmes, lutte contre l'exclusion. Mais il s'agit de cohésion sociale, pas territoriale : les régions n'apparaissent pas dans ces objectifs. Or une économie de la connaissance se concentre dans les métropoles dotées d'universités et de centres de recherche. Le lien avec la politique de cohésion sera fait plus tard : pour 2007-2013, une large part des fonds structurels doit servir les objectifs de Lisbonne.

4. Le bilan est décevant. La méthode ouverte de coordination, sans sanction, pèse peu sur les politiques nationales ; la crise de 2008 ruine les progrès de l'emploi, et le taux d'emploi des 15-64 ans reste autour de 64 % en 2010, loin des 70 %. La stratégie Europe 2020, adoptée en juin 2010, reprend l'objectif de 3 % pour la recherche, qui n'est toujours pas atteint : l'effort de l'Union reste autour de 2,2 à 2,3 % du PIB dans les années 2020, contre plus de 3 % aux États-Unis. Sur le plan territorial, l'économie de la connaissance a surtout profité aux pôles déjà puissants (Munich, Eindhoven, Paris-Saclay, pays nordiques), renforçant les écarts avec les périphéries. Il faut toutefois nuancer : la stratégie a diffusé une culture de l'évaluation et des comparaisons, et certains États, surtout au Nord, ont atteint ses objectifs. Le document montre ainsi la difficulté de concilier compétitivité et cohésion quand la première tend à concentrer les richesses.

Ce que cette analyse apprend — Face à un document d'époque, confronter l'ambition affichée à ce qui s'est réellement passé ensuite, en s'appuyant sur des chiffres datés.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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