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Écrire la guerre, témoigner : la littérature des guerres mondiales

Agir dans la cité : Barbusse, Genevoix, Remarque, Apollinaire, Vercors, Levi, Wiesel, Delbo, Semprun ; engagement, résistance & témoignage

À propos de cette page
Ce devoir surveillé sur « Écrire la guerre, témoigner : la littérature des guerres mondiales » en troisième permet de faire le point sur ses connaissances en français, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de troisième et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Agir dans la cité : pourquoi écrire la guerre ?, 1914-1918 : les écrivains des tranchées, Apollinaire : un poète dans la guerre, 1940-1945 : résister par les mots. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième en français.

Sujet et corrigé prêts à imprimer.

Devoir surveillé · Niveau difficile · Durée 55 min · Noté sur 20
55:00
benprofparticulier.frFrançais · 3ᵉ

Devoir surveillé – Écrire la guerre, témoigner : la littérature des guerres mondiales

Agir dans la cité : Barbusse, Genevoix, Remarque, Apollinaire, Vercors, Levi, Wiesel, Delbo, Semprun ; engagement, résistance & témoignage

Durée : 55 min – Sans document – Sur 20 points · Français 3ᵉ

Nom : Date : Note : / 20

Les réponses doivent être rédigées et justifiées. Soigne l'orthographe et la présentation.

Exercice 1 – Comprendre le texte

(4 pts)

Texte : Henri Barbusse, Le Feu. Journal d'une escouade (1916), chapitre XIII, « Les Gros Mots » (extrait). Le narrateur est un soldat de l'escouade ; Barque est l'un de ses camarades.
Barque me voit écrire. Il vient vers moi à quatre pattes à travers la paille, et me présente sa figure éveillée ponctuée par son toupet roussâtre de Paillasse, ses petits yeux vifs au-dessus desquels se plissent et se déplissent des accents circonflexes. Il a la bouche qui tourne dans tous les sens à cause d’une tablette de chocolat qu’il croque et mâche, et dont il tient dans son poing l’humide moignon.
Il bafouille, la bouche pleine, en me soufflant une odeur de boutique de confiserie.
— Dis donc, toi qui écris, tu écriras plus tard sur les soldats, tu parleras de nous, pas ?
— Mais oui, fils, je parlerai de toi, des copains, et de notre existence.
[…]
— Dis donc, sans t’commander… Y a quéqu’chose que j’voudrais te d’mander. Voilà la chose : si tu fais parler les troufions dans ton livre, est-ce que tu les f’ras parler comme ils parlent, ou bien est-ce que tu arrangerais ça, en lousdoc ? C’est rapport aux gros mots qu’on dit. Car enfin, pas, on a beau être très camarades et sans qu’on s’engueule pour ça, tu n’entendras jamais deux poilus l’ouvrir pendant une minute sans qu’i’s disent et qu’i’s répètent des choses que les imprimeurs n’aiment pas besef imprimer. Alors, quoi ? Si tu ne le dis pas, ton portrait ne sera pas r’ssemblant : c’est comme qui dirait que tu voudrais les peindre et que tu n’mettes pas une des couleurs les plus voyantes partout où elle est. Mais pourtant ça s’fait pas.
— Je mettrai les gros mots à leur place, mon petit père, parce que c’est la vérité.

Paillasse : personnage de bouffon. troufions : simples soldats (populaire). en lousdoc : en douce (argot). besef : beaucoup (argot).

  1. a)Que fait le narrateur au début du chapitre, et comment Barque vient-il vers lui ? Justifie avec deux éléments du texte.
  2. b)Quelle question précise Barque pose-t-il au narrateur ? Reformule-la avec tes mots.
  3. c)Que répond le narrateur, et quelle raison donne-t-il ? Cite la phrase.
  4. d)Relève, dans le premier paragraphe, deux détails qui rendent Barque vivant et un peu comique. Quel est l'effet de ce portrait ?

Exercice 2 – Interpréter : témoigner, c'est dire vrai

(4 pts)

Toujours à partir du texte de Barbusse.

  1. a)« Si tu ne le dis pas, ton portrait ne sera pas r'ssemblant » : explique l'image que Barque emploie pour parler du livre.
  2. b)Relève trois marques de la langue orale ou populaire dans les répliques de Barque. Pourquoi Barbusse les écrit-il ainsi ?
  3. c)Ce chapitre parle du livre que le narrateur écrira plus tard. Quel est l'effet de ce procédé pour le lecteur du Feu ?
  4. d)En quoi ce chapitre éclaire-t-il ce que Barbusse veut faire avec Le Feu ? Réponds en trois ou quatre phrases.

Exercice 3 – Grammaire et compétences linguistiques

(4 pts)

Les questions portent sur des phrases du texte.

  1. a)« ses petits yeux vifs » : donne la classe grammaticale (nature) et la fonction des mots « petits » et « vifs ».
  2. b)« si tu fais parler les troufions dans ton livre, est-ce que tu les f'ras parler comme ils parlent » : donne la nature et la valeur (le sens) des propositions « si tu fais parler les troufions dans ton livre » et « comme ils parlent ».
  3. c)« Je mettrai les gros mots à leur place, mon petit père, parce que c'est la vérité. » Donne le temps et le mode de « mettrai », la fonction de « mon petit père » et la valeur de la proposition « parce que c'est la vérité ».
  4. d)« tu parleras de nous, pas ? » Quel est le type de cette phrase ? Quel mot familier le signale, et par quelle expression courante pourrait-on le remplacer ?

Exercice 4 – Réécriture

(4 pts)

Réécris ce passage au passé : mets au passé simple les verbes « voit », « vient », « présente » et « bafouille », et mets tous les autres verbes conjugués à l'imparfait. Effectue toutes les modifications nécessaires.
« Barque me voit écrire. Il vient vers moi à quatre pattes à travers la paille, et me présente sa figure éveillée ponctuée par son toupet roussâtre de Paillasse, ses petits yeux vifs au-dessus desquels se plissent et se déplissent des accents circonflexes. Il a la bouche qui tourne dans tous les sens à cause d’une tablette de chocolat qu’il croque et mâche, et dont il tient dans son poing l’humide moignon. Il bafouille, la bouche pleine, en me soufflant une odeur de boutique de confiserie. »

  1. a)Réécris la première phrase et la deuxième phrase (jusqu'à « accents circonflexes »).
  2. b)Réécris la troisième phrase (« Il a la bouche… »).
  3. c)Réécris la dernière phrase (« Il bafouille… »). Pourquoi « en me soufflant » ne change-t-il pas ?
  4. d)Combien de verbes conjugués as-tu transformés au total ? Explique pourquoi certains passent au passé simple et d'autres à l'imparfait.

Exercice 5 – Rédaction : sujet de réflexion

(4 pts)

Sujet de réflexion. « Selon vous, un roman ou un récit de témoignage peut-il faire mieux comprendre une guerre qu'un livre d'histoire ? » Vous répondrez dans un développement organisé d'au moins 300 mots, en vous appuyant sur le texte de Barbusse, sur les œuvres étudiées en classe et sur vos lectures. La copie est évaluée selon les quatre critères ci-dessous (1 point chacun).

  1. a)L'introduction part d'un exemple ou d'une situation concrète, reformule la question et annonce une réponse nuancée.
  2. b)Le développement présente au moins deux arguments en faveur du récit (faire éprouver, faire entendre les voix, interpeller le lecteur), chacun illustré par un exemple précis (auteur, titre, date, procédé).
  3. c)Le développement reconnaît ce que fait mieux le livre d'histoire (vue d'ensemble, chiffres, causes, vérification) et montre que les deux se complètent.
  4. d)La conclusion répond clairement à la question et ouvre la réflexion ; la langue est correcte (connecteurs logiques, accords, ponctuation).

Bon courage !

Ce document est la propriété intellectuelle de Ben, professeur particulier (benprofparticulier.fr), protégée par le Code de la propriété intellectuelle (art. L. 111-1 et L. 122-4). Il est mis à disposition pour un usage personnel de révision. Toute reproduction, diffusion, mise en ligne ou revente, totale ou partielle, sans autorisation écrite est interdite et constitue une contrefaçon (art. L. 335-2).

Voir le corrigé et le barème
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Corrigé et barème – Écrire la guerre, témoigner : la littérature des guerres mondiales

Agir dans la cité : Barbusse, Genevoix, Remarque, Apollinaire, Vercors, Levi, Wiesel, Delbo, Semprun ; engagement, résistance & témoignage

Durée : 55 min – Sans document – Sur 20 points · Français 3ᵉ

Exercice 1 – Comprendre le texte

(4 pts)
  1. a)Le narrateur écrit (« Barque me voit écrire ») ; Barque s'approche « à quatre pattes à travers la paille », en croquant une tablette de chocolat. (1)
  2. b)Barque demande si, dans son futur livre sur les soldats, le narrateur les fera parler comme ils parlent vraiment, avec leurs gros mots, ou s'il arrangera leur langage. (1)
  3. c)Il gardera les gros mots : « Je mettrai les gros mots à leur place, mon petit père, parce que c'est la vérité. » (1)
  4. d)Exemples : le « toupet roussâtre de Paillasse », les sourcils qui « se plissent et se déplissent » comme des « accents circonflexes », la bouche qui « tourne dans tous les sens » à cause du chocolat. Ce portrait familier et tendre rend le soldat proche et humain, loin de l'image du héros. (1)

Repère — Dans un dialogue, distingue toujours qui parle à chaque réplique : les tirets et les verbes de parole (« Il bafouille ») sont tes repères.

Exercice 2 – Interpréter : témoigner, c'est dire vrai

(4 pts)
  1. a)Barque compare le livre à un portrait peint : supprimer les gros mots, ce serait oublier « une des couleurs les plus voyantes ». Le témoignage doit être ressemblant, donc complet. (1)
  2. b)Exemples : élisions (« j'voudrais », « te d'mander », « quéqu'chose », « i's disent »), mots populaires ou d'argot (« troufions », « en lousdoc », « besef »), tour « pas ? » en fin de question. Barbusse fait entendre la vraie voix des soldats, ce qui applique la promesse du narrateur. (1)
  3. c)Le livre parle de sa propre écriture : le lecteur comprend que le texte qu'il tient est ce livre promis, et que les mots crus qu'il lit sont un choix de vérité, pas de la grossièreté. (1)
  4. d)Barbusse veut montrer la guerre telle que la vivent les simples soldats, avec leur langue et leur humour, contre les récits embellis de l'arrière. Le témoin refuse d'« arranger » la réalité, même au risque de choquer ; c'est ce qui donne au livre sa force et dépasse le simple document. (1)

Le point clé — Quand un texte parle de sa propre écriture, demande-toi quelle conception de la vérité ou du témoignage l'auteur défend à travers ses personnages.

Exercice 3 – Grammaire et compétences linguistiques

(4 pts)
  1. a)« petits » et « vifs » sont des adjectifs qualificatifs, épithètes du nom « yeux » (l'un placé avant, l'autre après le nom). (1)
  2. b)« si tu fais parler… » : proposition subordonnée circonstancielle de condition (hypothèse). « comme ils parlent » : proposition subordonnée circonstancielle de comparaison. (1)
  3. c)« mettrai » : futur simple de l'indicatif (promesse, action à venir). « mon petit père » : apostrophe. « parce que c'est la vérité » : proposition subordonnée circonstancielle de cause. (1)
  4. d)Phrase de type interrogatif (interrogation totale, réponse attendue : oui). Le mot « pas ? » placé à la fin la signale ; on dirait « n'est-ce pas ? ». (1)

Attention — Pour nommer une subordonnée circonstancielle, interroge son sens (condition, cause, comparaison…) plutôt que de te fier au seul mot qui l'introduit.

Exercice 4 – Réécriture

(4 pts)
  1. a)« Barque me vit écrire. Il vint vers moi à quatre pattes à travers la paille, et me présenta sa figure éveillée ponctuée par son toupet roussâtre de Paillasse, ses petits yeux vifs au-dessus desquels se plissaient et se déplissaient des accents circonflexes. » (1)
  2. b)« Il avait la bouche qui tournait dans tous les sens à cause d'une tablette de chocolat qu'il croquait et mâchait, et dont il tenait dans son poing l'humide moignon. » (1)
  3. c)« Il bafouilla, la bouche pleine, en me soufflant une odeur de boutique de confiserie. » « en me soufflant » est un gérondif (mode non personnel) : il n'est pas conjugué et ne change pas. (1)
  4. d)Onze verbes : quatre au passé simple (vit, vint, présenta, bafouilla), actions de premier plan qui font avancer le récit ; sept à l'imparfait (se plissaient, se déplissaient, avait, tournait, croquait, mâchait, tenait), description et actions d'arrière-plan. (1)

Astuce — Avant de réécrire, souligne tous les verbes conjugués et compte-les : ni « ponctuée » (participe passé employé comme adjectif) ni « en me soufflant » (gérondif) ne se conjuguent.

Exercice 5 – Rédaction : sujet de réflexion

(4 pts)
  1. a)Exemple : « En 1916, Barbusse fait dire à un soldat qu'il veut qu'on le fasse parler “comme il parle”. Un récit peut-il mieux que l'histoire faire comprendre une guerre ? Il ne la remplace pas, mais il en donne une connaissance que les chiffres ne donnent pas. » (1)
  2. b)Arguments : le récit fait éprouver (la boue et l'attente dans Le Feu, 1916) ; il fait entendre des voix (l'argot des poilus) ; il interpelle (Levi, Si c'est un homme, 1947 : « Considérez si c'est un homme ») ; il montre l'ennemi comme un semblable (Remarque, 1929). (1)
  3. c)Concession : l'historien donne la vue d'ensemble, les causes, les chiffres, et vérifie les témoignages (Norton Cru, Témoins, 1929) ; un témoin ne voit qu'une partie des faits. Le récit fait comprendre « de l'intérieur », l'histoire explique « d'en haut ». (1)
  4. d)Exemple de conclusion : « Le récit ne remplace pas l'histoire, il lui donne un visage. Lire Wiesel ou Barbusse, c'est accepter de porter un peu de leur mémoire. Le cinéma et la bande dessinée peuvent-ils jouer le même rôle aujourd'hui ? » (1)

À retenir — Un exemple précis (auteur, titre, date, procédé et effet) vaut mieux que trois exemples vagues : c'est lui qui rend un argument convaincant.

Ce document est la propriété intellectuelle de Ben, professeur particulier (benprofparticulier.fr), protégée par le Code de la propriété intellectuelle (art. L. 111-1 et L. 122-4). Il est mis à disposition pour un usage personnel de révision. Toute reproduction, diffusion, mise en ligne ou revente, totale ou partielle, sans autorisation écrite est interdite et constitue une contrefaçon (art. L. 335-2).

Ce contrôle de français 3ᵉ en bref

Un devoir surveillé type contrôle en classe sur « Écrire la guerre, témoigner : la littérature des guerres mondiales » : 5 exercices, 55 minutes, noté sur 20. Le sujet et le corrigé sont téléchargeables en PDF, prêts à imprimer, pour travailler comme en classe.

  • Exercice 1 — Comprendre le texte/ 4 pts
  • Exercice 2 — Interpréter : témoigner, c'est dire vrai/ 4 pts
  • Exercice 3 — Grammaire et compétences linguistiques/ 4 pts
  • Exercice 4 — Réécriture/ 4 pts
  • Exercice 5 — Rédaction : sujet de réflexion/ 4 pts

Notions évaluées

Agir dans la cité : pourquoi écrire la guerre ?, 1914-1918 : les écrivains des tranchées, Apollinaire : un poète dans la guerre, 1940-1945 : résister par les mots, Dire l'indicible : les récits de la déportation, Comment la littérature dépasse le document.

Pour préparer ce contrôle

  1. Relire le cours et la fiche de révision.
  2. Refaire les exercices corrigés et les compréhension.
  3. Se tester avec le QCM (36 questions).
  4. Faire ce sujet en conditions réelles — 55 min, sans le cours — puis se corriger et noter les points à revoir.

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Questions fréquentes sur ce sujet
Combien de temps dure ce contrôle sur « Écrire la guerre, témoigner : la littérature des guerres mondiales » ?
55 minutes pour 5 exercices notés sur 20. Prévois le double si tu enchaînes avec la correction.
Le corrigé est-il fourni ?
Oui : le corrigé complet est fourni en PDF (bouton « Télécharger le corrigé »), avec le barème exercice par exercice.
Ce sujet peut-il servir de DS, de contrôle ou d'interrogation ?
Oui : c'est un devoir surveillé complet de 55 minutes. Pour une interrogation courte, garde un ou deux exercices ; pour un DS ou un contrôle de fin de chapitre, fais le sujet entier en temps limité.
Ce sujet suit-il le programme de français de troisième ?
Oui : il évalue uniquement les notions du chapitre « Écrire la guerre, témoigner : la littérature des guerres mondiales » du programme officiel de français en troisième, soit Agir dans la cité : pourquoi écrire la guerre ?, 1914-1918 : les écrivains des tranchées, Apollinaire : un poète dans la guerre, 1940-1945 : résister par les mots.
Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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