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Ce cours de SES (2nde) en seconde sur « Comment crée-t-on des richesses et comment les mesure-t-on ? » suit le programme officiel de SES (2nde) de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qui crée des richesses ? Une grande diversité d'organisations, Production marchande et production non marchande, Produire, c'est combiner des facteurs de production, Mesurer la richesse créée : valeur ajoutée et PIB. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en SES (2nde).
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Dissertation — Le PIB permet-il de mesurer la création de richesses ?
Analyse des termes — Le PIB est la somme des valeurs ajoutées produites sur le territoire en un an (plus les impôts sur les produits, moins les subventions) ; la « création de richesses » désigne la production de biens et de services, marchande ou non, et, au sens large, tout ce qui améliore le bien-être. Le sujet porte sur la France et les pays développés d'aujourd'hui, en s'appuyant sur l'histoire de l'indicateur depuis 1934.
Problématique — Le PIB, conçu pour mesurer la production, suffit-il à rendre compte de toutes les richesses qu'une société crée et de ce qu'elle détruit en les créant ?
Introduction rédigéeChaque trimestre, l'annonce de la croissance du PIB par l'INSEE fait la une de l'actualité, comme si ce chiffre résumait à lui seul la santé d'un pays. Pourtant, dès 1934, l'économiste Simon Kuznets, qui venait de présenter au Sénat américain la première mesure moderne du revenu national, avertissait qu'on ne pouvait guère en déduire le bien-être d'une nation. Le produit intérieur brut est la somme des valeurs ajoutées créées par les producteurs résidant sur un territoire pendant un an, augmentée des impôts et diminuée des subventions sur les produits. La création de richesses désigne la production de biens et de services qui satisfont des besoins, qu'ils soient vendus ou non. La question est donc de savoir si le PIB, conçu pour mesurer la production, suffit à rendre compte de toutes les richesses qu'une société crée et de ce qu'elle détruit en les créant. Nous verrons d'abord que le PIB est un outil rigoureux pour mesurer la production, puis qu'il laisse de côté une partie des richesses créées, avant de montrer qu'il ignore aussi certaines destructions de richesse, ce qui appelle des indicateurs complémentaires.
I. Le PIB, un outil rigoureux pour mesurer la production
- Il additionne des valeurs ajoutées et évite ainsi les doubles comptes.Filière du tee-shirt : 160 € de productions cumulées, mais 90 € de valeur ajoutée, égale à la valeur du produit final.
- Il intègre la production non marchande des administrations, évaluée à son coût.Les services des lycées et hôpitaux publics sont comptés selon leurs coûts (salaires, consommations intermédiaires, usure du capital).
- Ses règles communes permettent de suivre la croissance et de comparer les pays.Kuznets mesure l'effondrement de 1929-1932 dans son rapport de 1934 ; SCN de l'ONU en 1953 ; recul d'environ 7,5 % du PIB français en volume en 2020.
II. Une mesure qui laisse de côté une partie des richesses créées
- Le travail domestique et le bénévolat ne sont pas comptés.INSEE (2012) : environ 60 milliards d'heures de travail domestique en 2010, contre environ 38 milliards d'heures de travail rémunéré.
- L'économie souterraine n'est qu'estimée.Depuis 2018, l'INSEE intègre le trafic de stupéfiants selon les règles européennes : le PIB mesure une production, pas son utilité sociale.
- Le PIB est une moyenne qui ne dit rien de la répartition.Le rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi (2009) recommande de donner plus d'importance à la répartition des revenus.
III. Un indicateur qui ignore les destructions de richesse et appelle des compléments
- Les dépenses de réparation augmentent le PIB alors que le bien-être baisse.Un accident de la route ou la reconstruction après une inondation accroissent la production mesurée.
- Les externalités négatives et l'épuisement des ressources ne sont pas retranchés.Pigou (1920) ; rapport Meadows (1972) ; définition du développement durable par le rapport Brundtland (1987).
- D'autres indicateurs complètent le PIB sans le remplacer.IDH du PNUD (1990) ; loi Sas du 13 avril 2015 imposant de nouveaux indicateurs de richesse, dont l'empreinte carbone.
Conclusion rédigéeLe PIB mesure avec rigueur la production marchande et non marchande d'un territoire et permet de suivre la croissance d'une année sur l'autre. Mais il laisse de côté des richesses réelles, comme le travail domestique et le bénévolat, ne dit rien de leur répartition et compte positivement la réparation de dommages sans retrancher les atteintes à l'environnement. Il mesure donc bien une partie de la création de richesses, pas l'ensemble de ce qui fait la prospérité d'une société. C'est pourquoi l'IDH, le rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi et la loi Sas proposent de le compléter. Reste une question que ces indicateurs posent sans la résoudre : faut-il poursuivre la croissance du PIB en la rendant plus sobre, ou changer d'objectif pour préserver les ressources des générations futures ?
Le piège — Réciter la liste des limites du PIB dès la première partie, sans avoir montré ce qu'il mesure bien, et confondre « le PIB ne mesure pas le bien-être » avec « le PIB ne sert à rien ».
Sujet 2 — Épreuve composée, raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire — À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que la production de richesses résulte de la combinaison de plusieurs facteurs de production.
Analyse des termes — Les facteurs de production sont le travail, le capital (fixe et consommations intermédiaires) et les ressources naturelles, combinés grâce à une technologie ; la production de richesses désigne la création de biens et de services, mesurée par la valeur ajoutée. Le verbe « montrez » appelle une démonstration en étapes, sans discussion critique, appuyée sur des exemples précis.
Problématique — En quoi la création de richesses dépend-elle à la fois des quantités de facteurs mobilisées et de la manière de les combiner ?
Introduction rédigéeEn 1913, dans son usine de Highland Park, Henry Ford installe une chaîne de montage mobile : sans embaucher davantage, il assemble une Ford T en une heure et demie environ, contre une douzaine d'heures auparavant. Cet exemple montre que la richesse produite ne dépend pas seulement de la quantité de travail fournie. La production de richesses désigne la création de biens et de services destinés à satisfaire des besoins ; elle suppose de mobiliser des facteurs de production, c'est-à-dire du travail, du capital et des ressources naturelles, combinés grâce à une technologie. Il s'agit donc de comprendre en quoi la création de richesses dépend à la fois des quantités de facteurs mobilisées et de la manière de les combiner. Nous montrerons d'abord que produire exige du travail, en quantité et en qualité, puis que ce travail ne produit rien sans capital ni ressources naturelles, avant de voir que la richesse créée dépend de la combinaison de ces facteurs et de la technologie.
I. Produire exige du travail, en quantité et en qualité
- La quantité de travail : nombre de travailleurs et d'heures.La production agricole d'une exploitation dépend du nombre d'heures consacrées aux récoltes ; un recul de l'emploi réduit la production, comme lors des confinements de 2020.
- La qualité du travail : formation et expérience.Smith (1776) : l'ouvrier « non formé » fait à peine une épingle par jour.
- L'organisation du travail accroît la productivité.Manufacture d'épingles : 4 800 épingles par ouvrier et par jour grâce à la division du travail, contre moins de 20.
II. Le travail ne produit rien sans capital ni ressources naturelles
- Le capital fixe multiplie l'efficacité du travail.Machines, bâtiments, logiciels : le four du boulanger, utilisé plusieurs années.
- Les consommations intermédiaires sont transformées au cours de la production.La farine et l'énergie du boulanger : 540 € de consommations intermédiaires pour 900 € de pain dans l'exemple de filière.
- Les ressources naturelles sont un facteur à part entière, parfois épuisable.Terres agricoles, eau, pétrole ; rapport Meadows (1972) sur l'épuisement des ressources non renouvelables.
III. La richesse créée dépend de la combinaison et de la technologie
- Les facteurs sont complémentaires.Une moissonneuse sans conducteur ne produit rien ; un conducteur sans moissonneuse récolte beaucoup moins.
- Ils sont en partie substituables : l'organisation choisit sa combinaison.Caisses automatiques dans la grande distribution : du capital remplace une partie du travail.
- Le progrès technique améliore l'efficacité de la combinaison.Usine Ford de Highland Park, 1913 : la chaîne mobile fait passer l'assemblage d'une Ford T d'une douzaine d'heures à environ une heure et demie.
Conclusion rédigéeLa production de richesses résulte bien d'une combinaison : le travail, dont la quantité, la qualification et l'organisation comptent, ne produit qu'associé à du capital fixe, à des consommations intermédiaires et à des ressources naturelles. Ces facteurs sont complémentaires mais en partie substituables, et le progrès technique permet de produire davantage avec les mêmes quantités, c'est-à-dire d'accroître la productivité. Cette analyse ouvre une question : si certaines ressources naturelles sont épuisables, le progrès technique suffira-t-il à les remplacer pour que la production continue de croître ?
Le piège — Oublier les ressources naturelles et la technologie, ou confondre capital fixe et capital financier (l'argent placé en Bourse n'est pas un facteur de production au sens de ce sujet).