À propos de cette page
Ce cours de ses (2nde) en seconde sur « Comment fonctionne un marché ? » suit le programme officiel de ses (2nde) de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce qu'un marché ?, La demande : qu'est-ce qui pousse les acheteurs ?, L'offre : qu'est-ce qui pousse les vendeurs ?, La rencontre de l'offre et de la demande : l'équilibre de marché. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en ses (2nde).
Au programme
1 · Qu'est-ce qu'un marché ?
2 · La demande : qu'est-ce qui pousse les acheteurs ?
3 · L'offre : qu'est-ce qui pousse les vendeurs ?
4 · La rencontre de l'offre et de la demande : l'équilibre de marché
5 · Les déplacements des courbes et les chocs de marché
6 · La concurrence, moteur du marché
7 · Les différents types de marchés
8 · Les limites et défaillances du marché
1Qu'est-ce qu'un marché ?
Un marché est un dispositif qui permet à des offreurs (vendeurs) et des demandeurs (acheteurs) de se rencontrer pour échanger des biens, des services ou des actifs contre de l'argent.
Définition. Un marché est un lieu, réel ou virtuel, où s'effectuent des échanges volontaires entre vendeurs et acheteurs. Le résultat de ces échanges est un prix et une quantité échangée.
Les marchés peuvent être très divers :
- Marché de biens et services : fruits et légumes, voitures, coupes de cheveux…
- Marché du travail : les entreprises demandent du travail, les ménages l'offrent.
- Marché financier : actions, obligations, devises.
- Marché immobilier : logements à louer ou à vendre.
Exemple. Le marché des smartphones : des constructeurs (Apple, Samsung…) offrent leurs produits ; des millions de consommateurs les demandent. Le prix résulte de cette confrontation.
Schéma : les acteurs du marché et leur interaction
Astuce. Le marché n'est pas forcément un lieu physique : Amazon, Airbnb, Leboncoin sont des marchés 100 % numériques appelés plateformes.
2La demande : qu'est-ce qui pousse les acheteurs ?
La demande est la quantité d'un bien ou service que les acheteurs sont prêts à acquérir à un prix donné.
Loi de la demande. Toutes choses égales par ailleurs, quand le prix d'un bien augmente, la quantité demandée diminue. La courbe de demande est décroissante.
Pourquoi ? Parce que :
- Le bien devient moins accessible (contrainte de budget).
- Les consommateurs se tournent vers des substituts moins chers (effet de substitution).
- Le pouvoir d'achat réel des ménages baisse (effet revenu).
D'autres facteurs influencent la demande (sans modifier le prix) :
| Facteur | Effet sur la demande |
|---|
| Revenu des ménages ↑ | Demande ↑ (biens normaux) |
| Prix d'un substitut ↑ | Demande du bien ↑ |
| Prix d'un complément ↑ | Demande du bien ↓ |
| Mode / préférences ↑ | Demande ↑ |
| Anticipation de hausse de prix | Demande ↑ (achats anticipés) |
Exemple. Quand le prix de l'essence augmente, la demande de voitures électriques (substitut) augmente ; la demande de SUV (complément énergétiquement lié) diminue.
Attention ! Une variation du prix du bien provoque un mouvement le long de la courbe de demande. Un changement d'un autre facteur déplace toute la courbe vers la droite (hausse) ou la gauche (baisse).
3L'offre : qu'est-ce qui pousse les vendeurs ?
L'offre est la quantité d'un bien ou service que les producteurs sont prêts à vendre à un prix donné.
Loi de l'offre. Toutes choses égales par ailleurs, quand le prix d'un bien augmente, la quantité offerte augmente. La courbe d'offre est croissante.
Pourquoi ? Un prix plus élevé rend la production plus rentable : les entreprises sont incitées à produire davantage.
D'autres facteurs déplacent la courbe d'offre :
| Facteur | Effet sur l'offre |
|---|
| Coût des matières premières ↑ | Offre ↓ (moins rentable) |
| Progrès technologique | Offre ↑ (production moins coûteuse) |
| Nombre de producteurs ↑ | Offre ↑ |
| Subventions publiques | Offre ↑ |
| Taxe ou réglementation ↑ | Offre ↓ |
Exemple. Une mauvaise récolte (sécheresse) réduit l'offre de blé : la courbe d'offre se déplace vers la gauche, toutes choses égales par ailleurs.
Astuce. Le profit motive l'offre : si un producteur reçoit un prix supérieur à son coût de production, il réalise un bénéfice et a intérêt à produire plus.
4La rencontre de l'offre et de la demande : l'équilibre de marché
Sur un marché concurrentiel, le prix se fixe là où les quantités offertes et demandées sont égales. C'est le prix d'équilibre $P^*$ et la quantité d'équilibre $Q^*$.
Équilibre de marché. L'équilibre est atteint quand $Q_d(P^*) = Q_o(P^*)$. À ce prix, il n'y a ni surplus (excès d'offre) ni pénurie (excès de demande).
Si le prix est au-dessus de $P^*$ : l'offre dépasse la demande → excès d'offre (invendus). Les vendeurs baissent leur prix → retour vers $P^*$.
Si le prix est en dessous de $P^*$ : la demande dépasse l'offre → pénurie. Les acheteurs se disputent le bien → les prix montent → retour vers $P^*$.
Graphique : les courbes d'offre (croissante) et de demande (décroissante) se croisent au prix d'équilibre P* = 6 € pour Q* = 3 unités.
Exemple. Sur le marché des billets de concert, si le prix est trop bas, tous les billets s'arrachent en quelques minutes (pénurie). Si le prix est trop élevé, des sièges restent vides (excès d'offre).
Astuce. Le mécanisme de marché est auto-régulateur : sans intervention extérieure, les prix tendent spontanément vers l'équilibre. Adam Smith appelait cela la « main invisible ».
5Les déplacements des courbes et les chocs de marché
Lorsqu'un facteur autre que le prix du bien change, toute la courbe se déplace. Le nouvel équilibre est différent.
| Choc | Courbe déplacée | Effet sur P* | Effet sur Q* |
|---|
| Revenu des ménages ↑ | Demande → droite | ↑ | ↑ |
| Coût de production ↑ | Offre → gauche | ↑ | ↓ |
| Progrès technologique | Offre → droite | ↓ | ↑ |
| Mode / préférence ↑ | Demande → droite | ↑ | ↑ |
Exemple : le marché du pétrole brut. En 2020, la pandémie réduit brutalement la demande mondiale de pétrole (confinements, moins de transports). La courbe de demande se déplace vers la gauche → le prix du baril s'effondre.
Évolution du prix du baril de pétrole Brent entre 2019 et 2023 : chute en 2020 (pandémie Covid), rebond en 2021-2022 (reprise + guerre en Ukraine).
Attention ! Il ne faut pas confondre un déplacement le long de la courbe (changement de prix) et un déplacement de la courbe (changement d'un autre facteur).
6La concurrence, moteur du marché
Le bon fonctionnement du marché repose sur la concurrence entre offreurs : chaque vendeur cherche à attirer les acheteurs, ce qui tire les prix vers le bas et stimule l'innovation.
Concurrence pure et parfaite (CPP). Modèle théorique où : (1) de nombreux offreurs et demandeurs coexistent ; (2) les produits sont homogènes (identiques) ; (3) l'information est parfaite ; (4) les acteurs sont price-takers (preneurs de prix) ; (5) la mobilité des facteurs est libre.
Dans ce modèle, aucun acteur seul ne peut influencer le prix. La CPP est un idéal de référence, rarement atteint dans la réalité.
Effets bénéfiques attendus de la concurrence :
- Baisse des prix pour les consommateurs.
- Amélioration de la qualité des produits.
- Innovation et gains de productivité.
- Allocation efficace des ressources.
Exemple. La multiplication des opérateurs téléphoniques (Free en 2012) a fait chuter le prix des forfaits mobiles en France de plus de 30 % en deux ans.
Astuce. L'Autorité de la Concurrence (en France) et la Direction Générale de la Concurrence (à l'UE) veillent à préserver la concurrence en interdisant les ententes et les abus de position dominante.
7Les différents types de marchés
En réalité, tous les marchés ne sont pas identiques. On distingue plusieurs structures selon le nombre d'offreurs et de demandeurs.
| Structure | Offreurs | Demandeurs | Exemple |
|---|
| Concurrence pure et parfaite | Nombreux | Nombreux | Marché agricole (blé) |
| Monopole | Un seul | Nombreux | SNCF (réseau ferré) |
| Oligopole | Quelques-uns | Nombreux | Téléphonie mobile (4 opérateurs) |
| Monopsone | Nombreux | Un seul | Ministère de la Défense (armes) |
Parts de marché des moteurs de recherche en France en 2023 : Google détient une position quasi-monopolistique.
Exemple d'oligopole. Le marché des moteurs de recherche est dominé par Google (~91 % de part de marché en France), suivi de Bing (~5 %). C'est une situation proche du monopole.
Attention ! En situation de monopole, l'entreprise est price-maker (elle fixe le prix). Elle peut pratiquer des prix plus élevés qu'en concurrence, au détriment des consommateurs.
8Les limites et défaillances du marché
Le marché ne produit pas toujours des résultats souhaitables. On parle de défaillances de marché dans plusieurs situations :
- Externalités : un échange produit des effets sur des tiers non impliqués. La pollution est une externalité négative (le coût environnemental n'est pas payé par le pollueur). La vaccination est une externalité positive (les non-vaccinés bénéficient de l'immunité collective).
- Biens collectifs : certains biens (défense nationale, éclairage public) sont non rivaux et non excluables. Le marché ne les fournit pas spontanément car il est impossible de faire payer les « passagers clandestins ».
- Asymétries d'information : quand un acteur dispose de plus d'informations que l'autre, le marché fonctionne mal (ex. : marché des voitures d'occasion — le vendeur connaît les défauts, l'acheteur non).
- Inégalités : le marché récompense ceux qui possèdent des ressources productives, mais peut accentuer les inégalités de revenus et de richesse.
Rôle de l'État. Pour corriger ces défaillances, l'État peut : taxer les externalités négatives (taxe carbone), subventionner les externalités positives (vaccins gratuits), réglementer (normes), produire directement des biens collectifs, ou redistribuer les revenus.
Exemple. La taxe sur le tabac est une façon d'internaliser l'externalité négative : le fumeur intègre dans son choix le coût sanitaire qu'il impose à la société.
Astuce. La question « marché ou État ? » est au cœur des débats en SES. En réalité, toutes les économies modernes sont des économies mixtes : elles combinent mécanisme de marché et intervention publique.
★À retenir
En bref :
• Un marché met en relation des offreurs et des demandeurs pour fixer un prix et une quantité échangée.
• La courbe de demande est décroissante (prix ↑ → $Q_d$ ↓) ; la courbe d'offre est croissante (prix ↑ → $Q_o$ ↑).
• L'équilibre ($P^*, Q^*$) est atteint quand $Q_d = Q_o$ ; il se rétablit spontanément par la « main invisible ».
• Un choc (revenu, coût, technologie…) déplace une courbe et modifie l'équilibre.
• La concurrence tire les prix vers le bas et stimule l'innovation ; le monopole peut fixer des prix excessifs.
• Les défaillances du marché (externalités, biens collectifs, asymétries d'info, inégalités) justifient l'intervention de l'État.