Renaissance, Humanisme et réformes religieuses : les mutations de l'Europe
Imprimerie, humanisme (Érasme), Renaissance artistique, Luther et Calvin, Réforme catholique, guerres de religion (programme d'histoire de 2nde)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Renaissance, Humanisme et réformes religieuses : les mutations de l'Europe » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : L'imprimerie, une révolution du livre (vers 1450-1500), L'humanisme : revenir aux textes pour former l'homme, La Renaissance artistique, de Florence à l'Europe, 1517 : Luther ouvre le temps des réformes. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Renaissance
Renouveau artistique et culturel né en Italie au XVe siècle, diffusé en Europe au XVIe, qui prend l'Antiquité pour modèle et place l'homme au centre de la création.
À ne pas confondre
Humanisme — L'humanisme est un mouvement intellectuel (textes, langues, éducation) ; la Renaissance désigne plus largement une époque et son renouveau, surtout artistique.
Selon l'époque et le point de vue — Vasari parle de rinascita des arts dans ses Vies (1550) ; le mot devient le nom d'une période avec Jules Michelet (1855) et Jacob Burckhardt (1860).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les mutations culturelles des XVe-XVIe siècles. Faute à éviter : l'opposer à un Moyen Âge « obscur », jugement repris sans recul des humanistes eux-mêmes.
Humanisme
Mouvement intellectuel qui, par l'étude des textes antiques et bibliques dans leur langue d'origine (latin, grec, hébreu), veut former un homme plus savant, plus libre et meilleur chrétien.
À ne pas confondre
Le sens actuel d'« humaniste » — Aujourd'hui, être humaniste, c'est défendre la dignité humaine ; au XVIe siècle, un humaniste est d'abord un lettré qui travaille sur les textes.
Selon l'époque et le point de vue — Les Italiens du XVe siècle appellent umanista le maître des studia humanitatis (grammaire, rhétorique, poésie, histoire, morale) ; le mot « humanisme » est forgé en Allemagne au début du XIXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur Érasme, l'imprimerie, l'éducation. Faute à éviter : confondre humanisme et rejet de la religion.
Imprimerie à caractères mobiles
Procédé mis au point par Gutenberg à Mayence vers 1450 : des lettres métalliques fondues en série, assemblées en lignes et en pages, encrées, pressées sur le papier, puis réutilisées.
À ne pas confondre
Xylographie — La xylographie grave une page entière dans un bloc de bois, inutilisable pour un autre texte ; les caractères mobiles se recomposent à l'infini.
Selon l'époque et le point de vue — Des caractères mobiles existaient en Chine dès le XIe siècle et en Corée, en métal, aux XIIIe-XIVe siècles ; l'apport de Gutenberg est d'associer fonte en série, presse et encre grasse.
Ce que le mot permet d'écrire — Toute question sur la diffusion des idées, humanistes puis protestantes. Faute : écrire que Gutenberg invente le papier ou le livre.
Incunable
Livre imprimé en Europe avant le 1er janvier 1501, dans les premières décennies de l'imprimerie.
À ne pas confondre
Manuscrit — Le manuscrit est copié à la main, chaque exemplaire est unique ; l'incunable, qui imite souvent le manuscrit (lettrines peintes), est produit en série.
Selon l'époque et le point de vue — Du latin incunabula, « langes, berceau » : les bibliographes emploient le mot depuis le XVIIe siècle pour désigner le « berceau » de l'imprimerie.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour mesurer la diffusion du livre (de l'ordre de 30 000 éditions connues). Faute : l'appliquer à un livre imprimé au XVIe siècle.
Mécénat
Protection et financement accordés par un puissant (banquier, prince, pape) à des artistes ou à des savants, en échange de prestige.
À ne pas confondre
Commanditaire — Le commanditaire paie une œuvre précise ; le mécène protège durablement un artiste. Jules II est l'un et l'autre pour Michel-Ange.
Selon l'époque et le point de vue — Du nom de Mécène, conseiller de l'empereur Auguste qui protégea Virgile et Horace ; à la Renaissance, les Médicis de Florence en deviennent le modèle.
Ce que le mot permet d'écrire — Analyse d'œuvre d'art : identifier toujours qui paie et pourquoi. Faute : présenter l'art de la Renaissance comme désintéressé.
Perspective
Technique qui représente la profondeur sur une surface plane, grâce à des lignes qui convergent vers un point de fuite.
À ne pas confondre
Sfumato — Le sfumato de Léonard de Vinci estompe les contours pour suggérer l'air et la distance ; la perspective linéaire est une construction géométrique.
Selon l'époque et le point de vue — Expérimentée à Florence par Brunelleschi au début du XVe siècle, théorisée par Alberti dans De la peinture (1435).
Ce que le mot permet d'écrire — Décrire une œuvre de la Renaissance. Faute : croire qu'elle naît avec les grandes fresques romaines du XVIe siècle.
Humanisme chrétien (évangélisme)
Courant humaniste qui veut revenir à l'Évangile, lu dans le texte, et réformer l'Église de l'intérieur, sans rompre avec Rome.
À ne pas confondre
Protestantisme — Érasme ou Lefèvre d'Étaples critiquent les abus mais restent dans l'Église romaine ; les protestants rompent avec le pape.
Selon l'époque et le point de vue — Érasme parle de « philosophie du Christ » (philosophia Christi) ; en France, le « groupe de Meaux », autour de l'évêque Briçonnet dans les années 1520, en est un foyer.
Ce que le mot permet d'écrire — Montrer le lien entre humanisme et Réforme. Faute : faire d'Érasme un protestant.
Indulgence
Remise, accordée par l'Église, de tout ou partie de la peine due pour des péchés déjà pardonnés, notamment au purgatoire, en échange d'une prière, d'un pèlerinage ou d'une aumône.
À ne pas confondre
Absolution — L'absolution, donnée par le prêtre en confession, pardonne le péché ; l'indulgence ne porte que sur la peine qui reste à expier.
Selon l'époque et le point de vue — Pratiquée depuis les croisades (1095) ; au début du XVIe siècle, la prédication de Tetzel pour financer Saint-Pierre de Rome provoque la protestation de Luther (1517).
Ce que le mot permet d'écrire — Point de départ de la Réforme. Faute : écrire sans nuance qu'on « achetait le pardon des péchés » : c'est ce que beaucoup comprenaient, non la doctrine.
Salut par la foi
Doctrine de Luther : l'homme, pécheur, ne peut mériter son salut par ses œuvres ; Dieu l'accorde gratuitement à celui qui croit (sola fide, « par la foi seule »).
À ne pas confondre
Salut par les œuvres — Pour le concile de Trente, la grâce est première, mais la foi s'accompagne d'œuvres qui ont une valeur ; Luther nie ce mérite.
Selon l'époque et le point de vue — Luther la formule en méditant l'Épître aux Romains de saint Paul, dans les années 1510, et la développe dans ses traités de 1520.
Ce que le mot permet d'écrire — Cœur de toute copie sur Luther. Faute : dire que les protestants rejettent les bonnes actions ; ils en font une conséquence du salut, non sa cause.
Protestant
Chrétien d'une Église issue des réformes du XVIe siècle, qui rejette l'autorité du pape et tient l'Écriture pour seule autorité.
À ne pas confondre
Luthérien, réformé, huguenot — « Protestant » est générique ; « luthérien » vise les disciples de Luther, « réformé » ceux de Calvin, « huguenot » les protestants français.
Selon l'époque et le point de vue — En 1529, à la diète de Spire, des princes et des villes luthériens « protestent » contre la décision de faire appliquer l'édit de Worms qui condamnait Luther.
Ce que le mot permet d'écrire — Tout sujet sur les réformes. Anachronisme à éviter : parler de « protestants » dès 1517.
Prédestination
Doctrine selon laquelle Dieu a choisi de toute éternité ceux qui seront sauvés, sans que leurs actes puissent changer ce choix.
À ne pas confondre
Salut par la foi — Luther et Calvin partagent le salut par la foi ; Calvin insiste bien davantage sur la prédestination, qui devient un trait du calvinisme.
Selon l'époque et le point de vue — Idée héritée de saint Augustin (Ve siècle), que Calvin développe dans l'Institution de la religion chrétienne (1536, éditions augmentées jusqu'en 1559).
Ce que le mot permet d'écrire — Distinguer calvinisme et luthéranisme. Faute : croire qu'elle rend la morale inutile ; pour les calvinistes, une vie réglée est un signe d'élection.
Hérésie
Doctrine jugée contraire aux vérités de foi fixées par l'Église ; l'hérétique est celui qui la soutient obstinément.
À ne pas confondre
Schisme — Le schisme est une séparation d'avec l'autorité de l'Église (l'Église d'Angleterre en 1534) ; l'hérésie porte sur la doctrine. Les deux se combinent souvent.
Selon l'époque et le point de vue — Du grec hairesis, « choix » ; au XVIe siècle, chaque camp accuse l'autre d'hérésie, et l'hérétique peut finir sur le bûcher, à Paris comme à Genève (Servet, 1553).
Ce que le mot permet d'écrire — Comprendre la violence religieuse. Faute : employer le mot comme un jugement personnel, sans dire qui accuse qui.
Concile
Assemblée des évêques de l'Église catholique, convoquée par le pape, qui fixe la doctrine et la discipline.
À ne pas confondre
Diète — La diète est une assemblée politique du Saint-Empire (princes, villes), présidée par l'empereur : Luther comparaît à la diète de Worms (1521), non devant un concile.
Selon l'époque et le point de vue — Le concile de Trente (1545-1563), tenu dans une ville d'Empire aux portes de l'Italie, est le XIXe concile œcuménique selon le décompte catholique.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur la Réforme catholique. Faute : confondre concile et conclave, qui est l'élection du pape.
Réforme catholique
Ensemble des réformes menées par l'Église romaine au XVIe siècle : réaffirmation de la doctrine, formation du clergé, encadrement et reconquête des fidèles.
À ne pas confondre
Contre-Réforme — « Contre-Réforme » insiste sur la lutte contre les protestants ; « Réforme catholique » sur un renouveau commencé avant Luther. Les deux aspects coexistent.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme « Contre-Réforme » est employé par les historiens allemands du XIXe siècle ; Hubert Jedin propose en 1946 de parler de « Réforme catholique et Contre-Réforme ».
Ce que le mot permet d'écrire — Question sur les réponses de l'Église. Faute : réduire le mouvement à une simple réaction à Luther.
Compagnie de Jésus
Ordre religieux fondé par Ignace de Loyola, approuvé par le pape en 1540, dont les membres, les jésuites, prononcent un vœu spécial d'obéissance au pape.
À ne pas confondre
Ordres monastiques — Les moines vivent retirés au monastère ; les jésuites vivent dans le monde : collèges, prédication, missions.
Selon l'époque et le point de vue — Né à Paris d'un groupe d'étudiants réunis autour d'Ignace (vœux de Montmartre, 1534), l'ordre ouvre des collèges dans l'Europe catholique et envoie des missionnaires en Asie (François Xavier) et en Amérique.
Ce que le mot permet d'écrire — Acteur central de la Réforme catholique. Faute : croire que les jésuites sont créés par le concile de Trente, qui s'ouvre en 1545.
Guerres de religion
Suite de huit guerres civiles qui opposent en France catholiques et protestants de 1562 à 1598, mêlant enjeux religieux et luttes politiques.
À ne pas confondre
Croisade — La croisade est une expédition contre un ennemi extérieur, appelée par le pape ; les guerres de religion opposent les sujets d'un même roi.
Selon l'époque et le point de vue — Les contemporains parlent de « troubles » ; l'expression s'impose ensuite pour la France, puis s'étend à d'autres conflits européens (Empire, Pays-Bas).
Ce que le mot permet d'écrire — Faute : en faire des guerres purement religieuses, en oubliant les grandes familles (Guise, Bourbon) et la faiblesse du pouvoir royal.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Rupture / continuité
Mesurer ce qui change vraiment par rapport au Moyen Âge et ce qui demeure.
Ce qu'il débloque — Construire une partie qui nuance les nouveautés en montrant les héritages.
Exemple — Sur le sujet « Humanisme et Renaissance : un nouveau regard sur l'homme », il permet de montrer que la redécouverte des Anciens prolonge des renaissances médiévales, tout en changeant d'échelle grâce à l'imprimerie.
Foyer / diffusion
Localiser le lieu de naissance d'un mouvement, puis les vecteurs et les étapes de sa diffusion.
Ce qu'il débloque — Organiser une partie de façon spatiale : d'où part le mouvement, par où il passe, jusqu'où il va.
Exemple — Sur le sujet « La Renaissance, un mouvement européen ? », il permet d'aller de Florence et Rome à Nuremberg, Amboise et Fontainebleau, en passant par les guerres d'Italie et la gravure.
Unité / division
Opposer l'unité de la chrétienté occidentale autour du pape à la pluralité des confessions après 1517.
Ce qu'il débloque — Structurer un sujet sur les réformes en montrant comment une Église unique éclate.
Exemple — Sur le sujet « Les réformes religieuses au XVIe siècle », il permet de passer de la critique des indulgences (1517) à la coexistence forcée de la paix d'Augsbourg (1555).
Élites / peuple
Distinguer ce qui touche une minorité lettrée et ce qui atteint la masse des fidèles.
Ce qu'il débloque — Nuancer la portée d'un phénomène culturel dans une troisième partie.
Exemple — Sur le sujet « L'imprimerie change-t-elle l'Europe ? », il permet de montrer que le livre savant reste celui des élites, mais que pamphlets, gravures et Bibles en langue vulgaire touchent un public plus large.
Religion / politique
Montrer que les choix religieux engagent le pouvoir des princes et des rois.
Ce qu'il débloque — Expliquer la diffusion ou la violence des réformes par des causes politiques.
Exemple — Sur le sujet « La France dans les guerres de religion », il permet de relier la foi des huguenots à la rivalité des Guise et des Bourbon et à la faiblesse des rois après 1559.
Réforme / Contre-Réforme
Distinguer le renouveau interne de l'Église romaine et sa lutte contre les protestants.
Ce qu'il débloque — Construire une partie sur la réponse catholique sans la réduire à une réaction.
Exemple — Sur le sujet « L'Église catholique face aux réformes », il permet d'opposer séminaires et collèges jésuites (renouveau) à l'Inquisition et à l'Index (combat).
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