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Tensions, mutations et crispations de la société d'ordres

Trois ordres, privilèges, essor de la bourgeoisie, économie atlantique, révoltes, crispations nobiliaires avant 1789 (programme d'histoire de 2nde)

À propos de cette page
Ce QCM sur « Tensions, mutations et crispations de la société d'ordres » en seconde teste tes connaissances en de manière interactive. Les questions, classées par niveau (facile, moyen, difficile), respectent le programme officiel de seconde. Au programme : Une société d'ordres : naissance, fonction et privilèges, Un royaume rural : paysans, seigneurs et prélèvements, Mutations économiques : l'essor de l'économie atlantique, La bourgeoisie : richesse, sociabilité et quête de reconnaissance. À chaque réponse, une explication détaillée t'aide à comprendre tes erreurs et à mémoriser l'essentiel. Idéal pour s'auto-évaluer rapidement, réviser avant un contrôle ou consolider ses acquis. Quiz gratuit conçu par un professeur particulier à Marseille pour progresser en en seconde.

Choisis ton niveau. Questions et réponses mélangées à chaque partie. Bonne chance !

Les 24 questions du QCM en version texte

Pour réviser sans écran ou imprimer : chaque question avec ses propositions ; la bonne réponse et son explication se déplient.

Niveau facile — 8 questions
  1. Qui formule en 1610 la théorie des trois ordres dans un traité célèbre ?

    • A. Jean-Baptiste Colbert
    • B. Charles Loyseau
    • C. Anne Robert Jacques Turgot
    • D. Charles-Alexandre de Calonne
    Réponse

    B. Charles Loyseau — Charles Loyseau, avocat au Parlement de Paris, publie en 1610 le Traité des ordres et simples dignités, qui reste une référence au XVIIIe siècle.

  2. Quel impôt direct royal le clergé et la noblesse ne paient-ils pas ?

    • A. la capitation
    • B. le vingtième
    • C. la gabelle
    • D. la taille
    Réponse

    D. la taille — La taille est l'impôt des roturiers. La capitation (1695) et le vingtième (1749) doivent toucher tous les sujets ; la gabelle, impôt sur le sel, est indirecte.

  3. Qu'est-ce que la dîme ?

    • A. une part de la récolte versée à l'Église
    • B. un impôt royal sur le sel
    • C. un droit payé au seigneur pour le moulin
    • D. une taxe sur les marchandises coloniales
    Réponse

    A. une part de la récolte versée à l'Église — La dîme est une part de la récolte prélevée par l'Église. L'impôt sur le sel est la gabelle ; le droit de moulin est une banalité seigneuriale.

  4. Quel port arme le plus grand nombre d'expéditions négrières françaises ?

    • A. Marseille
    • B. Bordeaux
    • C. Nantes
    • D. Le Havre
    Réponse

    C. Nantes — Nantes arme à elle seule plus de 40 % des expéditions négrières françaises. Bordeaux est d'abord le premier port colonial pour le sucre et le café.

  5. En quelle année Louis XIV promulgue-t-il le Code noir ?

    • A. 1598
    • B. 1661
    • C. 1685
    • D. 1715
    Réponse

    C. 1685 — Le Code noir est promulgué en mars 1685 ; il encadre l'esclavage dans les colonies et fait des esclaves des biens meubles.

  6. Qui, contrôleur général des finances à partir de 1774, veut supprimer la corvée royale ?

    • A. Turgot
    • B. Necker
    • C. Calonne
    • D. Maupeou
    Réponse

    A. Turgot — Turgot fait adopter en 1776 des édits supprimant la corvée royale ; il est renvoyé le 12 mai 1776.

  7. Quelle vague d'émeutes provoque la hausse du prix du pain en avril-mai 1775 ?

    • A. la journée des Tuiles
    • B. la révolte des Nu-pieds
    • C. la révolte des Bonnets rouges
    • D. la guerre des Farines
    Réponse

    D. la guerre des Farines — La guerre des Farines suit la libération du commerce des grains (1774). Les Nu-pieds (1639) et les Bonnets rouges (1675) datent du XVIIe siècle ; la journée des Tuiles, de 1788.

  8. Quelle part de la population appartient au tiers état à la fin du XVIIIe siècle ?

    • A. environ 50 %
    • B. plus de 97 %
    • C. environ 75 %
    • D. environ 90 %
    Réponse

    B. plus de 97 % — Clergé (environ 0,5 %) et noblesse (1 à 1,5 %) réunis ne dépassent pas 2 % : le tiers état regroupe plus de 97 % des Français.

Niveau moyen — 8 questions
  1. Pourquoi un riche négociant achète-t-il une charge de secrétaire du roi ?

    • A. pour diriger la flotte royale
    • B. pour siéger aux États généraux
    • C. pour entrer dans la noblesse
    • D. pour échapper à l'exclusif colonial
    Réponse

    C. pour entrer dans la noblesse — Cette charge anoblit son titulaire et sa descendance : on la surnomme la « savonnette à vilain ». Beaumarchais l'achète en 1761.

  2. Quel lien unit le traité de Paris (1763) et la prospérité de Bordeaux ?

    • A. la France perd le Canada mais garde ses îles à sucre
    • B. la France obtient de l'Espagne la partie orientale de Saint-Domingue
    • C. la France obtient le monopole de la traite sur les côtes d'Afrique
    • D. la France abolit l'exclusif colonial dans toutes ses colonies
    Réponse

    A. la France perd le Canada mais garde ses îles à sucre — En 1763, la France sacrifie le Canada mais conserve Saint-Domingue, la Martinique et la Guadeloupe, dont le sucre et le café font la fortune de Bordeaux.

  3. Pourquoi le Parlement de Paris s'oppose-t-il aux édits de Turgot en 1776 ?

    • A. parce qu'ils rétablissent la torture judiciaire
    • B. parce qu'ils augmentent la taille des paysans
    • C. parce qu'ils interdisent le commerce des grains
    • D. parce qu'ils remettent en cause les privilèges
    Réponse

    D. parce qu'ils remettent en cause les privilèges — En remplaçant la corvée par un impôt payé par tous les propriétaires, les édits touchent aux exemptions : le Parlement défend les « distinctions nécessaires ».

  4. Quel lien entre les édits de clôture et de partage des communaux et les tensions rurales ?

    • A. ils donnent à chaque journalier une terre en pleine propriété
    • B. ils privent les plus pauvres de ressources collectives
    • C. ils suppriment l'ensemble des droits seigneuriaux sur les champs
    • D. ils abolissent la dîme dans les provinces concernées
    Réponse

    B. ils privent les plus pauvres de ressources collectives — Pris à partir de 1767, ces édits réduisent la vaine pâture et les communaux dont vivaient les plus pauvres : ils alimentent la colère des campagnes.

  5. Pourquoi le vingtième créé en 1749 illustre-t-il les limites de la monarchie ?

    • A. le clergé obtient en 1751 d'en être dispensé
    • B. il est aboli dès sa création par le roi lui-même
    • C. il ne touche que les paysans du Bassin parisien
    • D. il est remplacé par la taille dès l'année 1750
    Réponse

    A. le clergé obtient en 1751 d'en être dispensé — Machault voulait un impôt sur tous les revenus ; le clergé résiste et le roi cède en 1751. C'est le premier grand échec d'une réforme fiscale.

  6. Qu'ont en commun la guerre des Farines (1775) et les émotions populaires du siècle ?

    • A. elles réclament la fin des trois ordres
    • B. elles sont conduites par des nobles de province
    • C. elles portent sur le prix du grain
    • D. elles sont organisées par les parlements
    Réponse

    C. elles portent sur le prix du grain — Les émotions populaires visent la cherté et la circulation du grain ; elles ne réclament pas l'abolition de la société d'ordres.

  7. Pourquoi le règlement de Ségur (1781) mécontente-t-il la bourgeoisie enrichie ?

    • A. il interdit aux roturiers d'acheter des terres nobles et des seigneuries
    • B. il ferme l'accès au grade d'officier aux roturiers
    • C. il double le montant de la taille dans les villes
    • D. il supprime la vénalité de tous les offices
    Réponse

    B. il ferme l'accès au grade d'officier aux roturiers — Le règlement exige quatre degrés de noblesse pour devenir officier : roturiers et anoblis récents sont écartés. C'est un symbole de la réaction nobiliaire.

  8. Pourquoi un noble peut-il armer des navires de commerce sans perdre sa noblesse ?

    • A. parce que le Code noir le lui impose
    • B. parce que la dérogeance a été abolie en 1715
    • C. parce que Turgot l'y oblige en 1776
    • D. parce qu'un édit de 1669 l'y autorise
    Réponse

    D. parce qu'un édit de 1669 l'y autorise — L'édit de 1669 déclare que le commerce maritime ne fait pas déroger ; un édit de 1701 étend cette tolérance au commerce en gros.

Niveau difficile — 8 questions
  1. Laquelle de ces affirmations sur l'impôt des privilégiés est exacte ?

    • A. la noblesse ne paie aucun impôt jusqu'en 1789
    • B. le clergé paie la taille dans les pays d'états
    • C. les nobles sont exemptés de la capitation
    • D. les nobles paient capitation et vingtièmes
    Réponse

    D. les nobles paient capitation et vingtièmes — Les nobles acquittent la capitation (1695) et les vingtièmes (1749), souvent sous-évalués. Le clergé, lui, s'est racheté de la capitation en 1710 et ne paie pas la taille.

  2. Dans les pays de taille « réelle » (Languedoc, Provence), qui paie la taille sur une terre roturière ?

    • A. seulement le fermier qui la cultive
    • B. son propriétaire, même noble
    • C. le seigneur justicier du village
    • D. personne : ces terres en sont exemptes
    Réponse

    B. son propriétaire, même noble — La taille réelle pèse sur la terre et non sur la personne : un noble qui possède une terre roturière paie la taille pour elle.

  3. Quelle nuance faut-il apporter à l'expression « commerce triangulaire » ?

    • A. elle ne concerne que les navires partis de Marseille vers l'Asie
    • B. elle désigne le commerce des grains entre provinces du royaume
    • C. bien des navires vont aux îles en droiture
    • D. elle exclut toute escale sur les côtes d'Afrique
    Réponse

    C. bien des navires vont aux îles en droiture — Beaucoup de navires font l'aller-retour direct entre la France et les Antilles (« en droiture ») ; le triangle décrit surtout les expéditions négrières.

  4. Quelle lecture correspond aux travaux de Guy Chaussinand-Nogaret (1976) ?

    • A. nobles et riches roturiers se rejoignent en une élite
    • B. la noblesse est une classe féodale sans rôle économique
    • C. la bourgeoisie est tout entière hostile à la noblesse
    • D. le tiers état possède la quasi-totalité des terres
    Réponse

    A. nobles et riches roturiers se rejoignent en une élite — Dans La Noblesse au XVIIIe siècle (1976), il montre que nobles et riches roturiers partagent fortune, placements et culture, contre la lecture d'un affrontement de classes.

  5. Pourquoi le Parlement de Paris, qui s'oppose au roi, n'est-il pas un défenseur de l'égalité ?

    • A. parce qu'il est composé d'élus du tiers état
    • B. parce qu'il protège les privilèges
    • C. parce qu'il réclame l'abolition de la noblesse
    • D. parce qu'il soutient les édits de Turgot
    Réponse

    B. parce qu'il protège les privilèges — Ses magistrats sont des nobles de robe : ils combattent le « despotisme » ministériel mais défendent les exemptions, comme en mars 1776.

  6. Quelle affirmation sur la bourgeoisie au XVIIIe siècle est un contresens ?

    • A. elle investit massivement dans la terre
    • B. elle achète des offices et des seigneuries
    • C. elle fréquente académies et loges avec des nobles
    • D. elle constitue un ordre à part entière
    Réponse

    D. elle constitue un ordre à part entière — La bourgeoisie appartient au tiers état : c'est un groupe social défini par la fortune, pas un ordre reconnu par le droit.

  7. Quelle date marque la convocation des États généraux par Brienne ?

    • A. le 8 août 1788
    • B. le 7 juin 1788
    • C. le 22 février 1787
    • D. le 12 mai 1776
    Réponse

    A. le 8 août 1788 — Le 8 août 1788, les États généraux sont convoqués pour le 1er mai 1789. Le 7 juin 1788 est la journée des Tuiles, le 22 février 1787 l'ouverture des notables, le 12 mai 1776 le renvoi de Turgot.

  8. Pourquoi la noblesse de robe complique-t-elle l'opposition « noblesse contre bourgeoisie » ?

    • A. elle descend des chevaliers des premières croisades
    • B. il lui est interdit de posséder des seigneuries
    • C. elle vient souvent de roturiers anoblis par un office
    • D. elle n'exerce plus aucun rôle politique au XVIIIe siècle
    Réponse

    C. elle vient souvent de roturiers anoblis par un office — La robe est issue de familles roturières anoblies par l'achat d'offices de justice ou de finances : la frontière entre bourgeoisie et noblesse est poreuse.

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