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Tensions, mutations et crispations de la société d'ordres

Trois ordres, privilèges, essor de la bourgeoisie, économie atlantique, révoltes, crispations nobiliaires avant 1789 (programme d'histoire de 2nde)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Tensions, mutations et crispations de la société d'ordres » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Une société d'ordres : naissance, fonction et privilèges, Un royaume rural : paysans, seigneurs et prélèvements, Mutations économiques : l'essor de l'économie atlantique, La bourgeoisie : richesse, sociabilité et quête de reconnaissance. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.

Société d'ordres

Organisation sociale où les individus appartiennent à des groupes hiérarchisés (ordres) selon la dignité de leur fonction, reconnue par le droit, et non selon leur richesse.

À ne pas confondre

  • Société de classes — Une classe se définit par la place dans la production et par la fortune ; elle n'a pas de statut juridique. Un ordre est inscrit dans le droit.

Selon l'époque et le point de vue — Les juristes la décrivent dès le XVIIe siècle (Loyseau, 1610) ; l'historien Roland Mousnier en a fait une catégorie d'analyse dans les années 1960-1970, contre une lecture en classes.

Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale de tout sujet sur la France d'Ancien Régime. Faute à éviter : dire que la société d'ordres classe les gens selon leur argent.

Privilège

Droit particulier (« loi privée ») accordé à un ordre, à un corps, à une ville ou à une province : exemption fiscale, préséance, juridiction propre.

À ne pas confondre

  • Droit (au sens moderne) — Un droit moderne est égal pour tous ; un privilège est par définition réservé à certains.

Selon l'époque et le point de vue — Mot hérité du latin privata lex ; les privilèges sont confirmés par le roi et défendus par les parlements jusqu'en 1788.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour expliquer les crispations. Faute à éviter : croire que seuls les nobles ont des privilèges ; villes, provinces et corporations en ont aussi.

Clergé

Premier ordre, formé des hommes et femmes consacrés à Dieu ; environ 0,5 % de la population. Il perçoit la dîme et verse au roi un don gratuit.

À ne pas confondre

  • Haut clergé / bas clergé — Le haut clergé (évêques, abbés) est presque entièrement noble et riche ; le bas clergé (curés, vicaires) est issu du tiers état et souvent pauvre.
  • Clergé séculier / régulier — Le séculier vit parmi les fidèles (curés), le régulier suit une règle dans un monastère ou un couvent.

Selon l'époque et le point de vue — Ordre le plus prestigieux dans la théorie de Loyseau ; il se réunit en Assemblée du clergé pour voter le don gratuit.

Ce que le mot permet d'écrire — Nécessaire pour montrer les inégalités internes aux ordres. Faute à éviter : traiter le clergé comme un bloc homogène.

Noblesse

Deuxième ordre (1 à 1,5 % de la population), qui se transmet par la naissance ou s'acquiert par anoblissement ; elle a pour fonction de servir le roi par les armes et le conseil.

À ne pas confondre

  • Noblesse d'épée / noblesse de robe — L'épée est d'origine militaire et ancienne ; la robe tient sa noblesse d'offices de justice ou de finances, souvent achetés par des familles roturières.

Selon l'époque et le point de vue — Au XVIIIe siècle, elle se divise entre noblesse de cour, à Versailles, et noblesse provinciale ; elle se crispe sur l'ancienneté à la fin du siècle (règlement de Ségur, 1781).

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour nuancer l'opposition noblesse/bourgeoisie. Faute à éviter : dire que tous les nobles sont riches et oisifs.

Tiers état

Troisième ordre, regroupant tous ceux qui ne sont ni clercs ni nobles : plus de 97 % de la population, des paysans aux banquiers.

À ne pas confondre

  • Peuple — Le peuple désigne les catégories populaires ; le tiers état comprend aussi la riche bourgeoisie.

Selon l'époque et le point de vue — Nom tiré de la représentation aux États généraux, où il est le troisième « état » ; ceux-ci ne sont pas réunis de 1614 à 1789.

Ce que le mot permet d'écrire — À manier avec des exemples précis pour montrer sa diversité. Faute à éviter : l'assimiler aux seuls paysans.

Bourgeoisie

Au XVIIIe siècle, groupe du tiers état défini par la fortune et un mode de vie urbain : négociants, financiers, manufacturiers, rentiers, hommes de loi, médecins.

À ne pas confondre

  • Bourgeois (droit de bourgeoisie) — Au sens ancien, le bourgeois est l'habitant d'une ville qui jouit de ses privilèges ; au sens social, il est un roturier aisé.

Selon l'époque et le point de vue — Au centre de la lecture sociale de Jaurès et Lefebvre ; les historiens des années 1960-1970 soulignent sa proximité avec la noblesse.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les sujets sur les mutations. Faute à éviter : en faire un ordre ou une classe révolutionnaire unie dès 1750.

Seigneurie

Cadre d'exploitation de la terre et d'autorité sur les hommes : le seigneur possède un domaine propre et perçoit des droits (cens, champart, banalités, lods et ventes) sur les terres de ses tenanciers ; il rend souvent la justice.

À ne pas confondre

  • Fief — Le fief est une terre tenue d'un seigneur supérieur contre un hommage ; la seigneurie désigne les droits exercés sur les hommes et les terres d'un lieu.

Selon l'époque et le point de vue — Héritée du Moyen Âge, elle subsiste jusqu'en 1789 ; elle peut appartenir à un noble, à une abbaye ou à un roturier qui l'a achetée.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer les tensions rurales et la réaction seigneuriale. Faute à éviter : croire qu'un seigneur est forcément noble.

Dîme

Part de la récolte prélevée par l'Église pour l'entretien du culte, des curés et des pauvres ; son taux varie selon les régions et reste le plus souvent inférieur à un dixième.

À ne pas confondre

  • Don gratuit — La dîme est payée par les fidèles à l'Église ; le don gratuit est versé par le clergé au roi.

Selon l'époque et le point de vue — Généralisée à l'époque carolingienne ; au XVIIIe siècle, elle profite souvent à de gros décimateurs (évêques, abbayes) plus qu'aux curés.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour décrire les prélèvements sur le paysan. Faute à éviter : la confondre avec un impôt royal.

Taille

Principal impôt direct royal, payé par les roturiers ; les nobles et le clergé en sont exemptés.

À ne pas confondre

  • Capitation et vingtième — Créés en 1695 et 1749, ils doivent toucher tous les sujets, nobles compris ; la taille reste l'impôt des roturiers.
  • Taille personnelle / réelle — Personnelle, elle dépend du statut de la personne ; réelle (Languedoc, Provence), elle pèse sur les terres roturières, même possédées par un noble.

Selon l'époque et le point de vue — Devenue permanente au XVe siècle, elle est l'impôt le plus détesté car elle marque la roture.

Ce que le mot permet d'écrire — Clé pour parler des privilèges fiscaux. Faute à éviter : dire que les privilégiés ne paient aucun impôt.

Office (vénalité des offices)

Charge publique (justice, finances) achetée au roi, transmissible par héritage ; certaines anoblissent leur titulaire.

À ne pas confondre

  • Commission — La commission est confiée et révocable par le roi (un intendant) ; l'office appartient à son titulaire.

Selon l'époque et le point de vue — Développée aux XVIe et XVIIe siècles pour remplir le Trésor ; la charge de secrétaire du roi, surnommée « savonnette à vilain », anoblit au XVIIIe siècle.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour montrer la mobilité sociale et la naissance de la noblesse de robe. Faute à éviter : présenter l'office comme un emploi salarié de fonctionnaire.

Dérogeance

Perte de la noblesse pour un noble qui exerce une activité jugée vile : travail manuel, commerce de détail.

À ne pas confondre

  • Anoblissement — L'anoblissement fait entrer dans la noblesse ; la dérogeance en fait sortir.

Selon l'époque et le point de vue — La monarchie l'assouplit : un édit de 1669 autorise le commerce maritime aux nobles, un autre de 1701 le commerce en gros.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour nuancer l'image d'une noblesse coupée de l'économie. Faute à éviter : croire qu'un noble ne peut jamais investir.

Traite atlantique

Commerce d'êtres humains : achat de captifs sur les côtes d'Afrique et déportation vers les colonies d'Amérique pour y être réduits en esclavage.

À ne pas confondre

  • Esclavage — La traite est le transport et la vente des captifs ; l'esclavage est la condition juridique et le travail forcé qu'ils subissent dans les colonies.

Selon l'époque et le point de vue — Plus d'un million d'Africains déportés par des navires français du XVIIe au XIXe siècle ; la loi Taubira (21 mai 2001) la reconnaît comme crime contre l'humanité.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour expliquer la richesse des ports. Faute à éviter : la réduire à un « commerce » neutre.

Exclusif colonial

Règle qui réserve à la métropole le commerce de ses colonies : celles-ci n'achètent et ne vendent qu'à elle.

À ne pas confondre

  • Mercantilisme — Le mercantilisme est la doctrine économique générale qui cherche à enrichir l'État par le commerce ; l'exclusif en est une application aux colonies.

Selon l'époque et le point de vue — Organisé sous Colbert au XVIIe siècle, assoupli à partir de 1784 pour certains échanges avec l'étranger.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer le rôle des ports de réexportation. Faute à éviter : croire que les colonies commercent librement.

Réaction nobiliaire

Durcissement de la noblesse à la fin du XVIIIe siècle pour réserver aux nobles anciens les charges les plus prestigieuses.

À ne pas confondre

  • Réaction seigneuriale — La réaction nobiliaire porte sur les carrières (armée, épiscopat) ; la réaction seigneuriale sur les droits perçus sur les paysans.

Selon l'époque et le point de vue — Son symbole est le règlement de Ségur (22 mai 1781), qui exige quatre degrés de noblesse pour devenir officier.

Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur du mot « crispations » du programme. Faute à éviter : la dater du début du siècle.

Émotion populaire

Soulèvement bref et local, souvent contre la cherté ou la circulation du grain, où l'on impose un « juste prix ».

À ne pas confondre

  • Révolution — L'émotion vise un abus précis et en appelle souvent au roi ; une révolution veut changer l'ordre politique.

Selon l'époque et le point de vue — Terme de l'époque ; la guerre des Farines (avril-mai 1775) en est la forme la plus vaste.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les tensions du siècle. Faute à éviter : y voir une contestation consciente de la société d'ordres.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Ordre / classe

Le droit classe les sujets en ordres ; la fortune les répartit en groupes sociaux qui ne coïncident pas avec les ordres.

Ce qu'il débloque — Pour montrer le décalage entre la théorie et la réalité sociale.

Exemple — Sur le sujet « La société d'ordres au XVIIIe siècle », il permet d'opposer le banquier roturier et le hobereau noble ruiné.

Permanence / mutation

Ce qui dure (ordres, privilèges, seigneurie) face à ce qui change (population, commerce, bourgeoisie).

Ce qu'il débloque — Structure naturelle d'un plan en deux premiers temps.

Exemple — Sur le sujet « Tensions, mutations et crispations », il permet de bâtir les parties I et II avant la crispation.

Tension / crispation

La tension vient d'en bas (émeutes, procès) ; la crispation vient d'en haut (privilégiés qui se raidissent).

Ce qu'il débloque — Pour distinguer les acteurs dans une partie sur la fin du siècle.

Exemple — Sur la période 1774-1776, il permet d'opposer la guerre des Farines aux remontrances du Parlement contre Turgot.

Richesse / dignité

L'argent et le rang reconnu par le droit ne vont plus ensemble.

Ce qu'il débloque — Pour expliquer la frustration de la bourgeoisie.

Exemple — Sur le sujet « La bourgeoisie au XVIIIe siècle », il permet d'expliquer l'achat d'offices anoblissants et le choc du règlement de Ségur.

Métropole / colonies

La prospérité du royaume dépend de colonies fondées sur l'esclavage.

Ce qu'il débloque — Pour intégrer l'espace atlantique au sujet.

Exemple — Sur le sujet « Le commerce atlantique et la société française », il permet de lier Bordeaux et Saint-Domingue.

Villes / campagnes

Deux mondes aux rythmes différents : la ville concentre richesse et misère, la campagne porte l'essentiel des prélèvements.

Ce qu'il débloque — Pour organiser une partie sur les tensions.

Exemple — Sur les tensions sociales, il permet de distinguer les procès contre les seigneurs et la pauvreté des faubourgs parisiens.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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