La Méditerranée médiévale : espace d'échanges et de conflits à la croisée de trois civilisations
Byzance, Islam et Occident chrétien, croisades, Venise et Gênes, échanges commerciaux et culturels (XIe-XIIIe s.) (programme d'histoire de 2nde)
À propos de cette page
Ce lexique sur « La Méditerranée médiévale : espace d'échanges et de conflits à la croisée de trois civilisations » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Une mer, trois civilisations (vers 1050), Des ensembles divisés : Rome et Byzance, sunnites et chiites, Les croisades en Orient : deux siècles de conflits (1095-1291), Point de passage : Bernard de Clairvaux et la deuxième croisade (1146-1149). Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Empire byzantin
Nom donné par les historiens à l'Empire romain d'Orient, chrétien de langue grecque, dont la capitale est Constantinople jusqu'en 1453.
À ne pas confondre
Empire romain d'Occident — Disparu en 476 ; Byzance, elle, se considère comme l'Empire romain tout court et ses habitants se disent « Romains ».
Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient de Byzance, ancien nom grec de Constantinople ; il est employé par les érudits occidentaux à partir du XVIe siècle. Au Moyen Âge, les Latins disent plutôt « les Grecs ».
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable dans les sujets sur les relations entre chrétiens (1054, 1204). Faute à éviter : ranger Byzance dans le même camp que l'Occident latin sans nuance.
Chrétienté
Ensemble des fidèles et des territoires chrétiens ; au Moyen Âge occidental, désigne surtout la communauté latine placée sous l'autorité religieuse du pape.
À ne pas confondre
christianisme — Le christianisme est la religion ; la Chrétienté est une communauté à la fois religieuse et politique.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme latin christianitas s'impose au XIe siècle, quand la papauté réformatrice, de Grégoire VII à Urbain II, entend guider toute la société chrétienne.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour opposer Chrétienté et Islam dans un sujet sur les croisades. Faute : oublier que les chrétiens d'Orient (Byzantins, Arméniens, Syriaques) n'obéissent pas au pape.
Islam / islam
Avec une minuscule, la religion révélée à Mahomet ; avec une majuscule, la civilisation des pays où cette religion domine.
À ne pas confondre
monde arabe — L'Islam médiéval compte aussi des Perses, des Turcs, des Berbères et des Kurdes ; tous les Arabes ne sont pas musulmans.
Selon l'époque et le point de vue — La distinction typographique est française et récente ; les auteurs médiévaux parlent du dar al-islam, le « domaine de l'islam ».
Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tous les sujets du chapitre. Faute : écrire « l'islam » pour parler d'un espace ou d'un pouvoir politique.
Califat
Pouvoir du calife (khalifa, « successeur » du Prophète), chef de la communauté des croyants ; par extension, l'État qu'il gouverne.
À ne pas confondre
sultanat — Le sultan (« détenteur du pouvoir ») exerce l'autorité politique et militaire, comme les Seldjoukides à Bagdad à partir de 1055, tandis que le calife garde l'autorité religieuse.
Selon l'époque et le point de vue — Né à la mort de Mahomet en 632. Se succèdent les Omeyyades de Damas (661-750) puis les Abbassides de Bagdad (750-1258) ; des califes rivaux s'imposent au Caire (Fatimides, 909-1171) et à Cordoue (929-1031).
Ce que le mot permet d'écrire — Clé pour montrer les divisions du monde musulman. Faute : croire qu'il n'y a qu'un seul calife à la fois.
Sunnites et chiites
Les deux grandes branches de l'islam. Les sunnites suivent la tradition (sunna) et acceptent les califes successifs ; les chiites réservent la direction de la communauté aux descendants d'Ali.
À ne pas confondre
schisme chrétien de 1054 — La séparation entre sunnites et chiites date du VIIe siècle et porte sur la succession du Prophète, pas sur une rupture entre deux Églises.
Selon l'époque et le point de vue — La division naît des conflits de succession après 632, notamment la mort d'Husayn, fils d'Ali, à Karbala en 680. Les Fatimides sont chiites ismaéliens ; Saladin rétablit le sunnisme en Égypte en 1171.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de nuancer l'idée d'un Islam uni face aux croisés. Faute : présenter tous les adversaires des croisés comme un bloc.
Schisme
Séparation au sein d'une Église, sans désaccord total sur le fond de la foi.
À ne pas confondre
hérésie — L'hérésie est une doctrine jugée contraire à la foi par l'Église ; le schisme est d'abord une rupture d'obéissance et de communion.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot grec signifie « déchirure ». On date de 1054 le schisme entre Rome et Constantinople ; les excommunications réciproques ont été levées en 1965.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur Byzance et l'Occident. Faute : faire de 1054 une coupure immédiate et totale, alors que 1204 pèse davantage.
Croisade
Pèlerinage armé lancé par le pape pour prendre ou défendre Jérusalem, puis contre d'autres ennemis de l'Église ; les participants font un vœu et reçoivent une indulgence.
À ne pas confondre
pèlerinage — Le pèlerin voyage désarmé vers un lieu saint ; le croisé est un pèlerin qui porte les armes.
djihad — Le djihad n'est pas un pèlerinage vers un lieu saint et n'est pas lancé par une autorité équivalente au pape.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot ne s'impose que tardivement ; les contemporains parlent d'iter, de « pèlerinage » ou de « passage ». Les historiens numérotent les croisades depuis l'époque moderne.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les conflits. Faute : réduire le chapitre aux croisades numérotées, ou leur prêter des buts uniquement économiques.
Indulgence
Remise, par l'Église, de la peine due pour les péchés déjà pardonnés, accordée en échange d'une action pieuse.
À ne pas confondre
absolution — L'absolution, donnée par le prêtre lors de la confession, pardonne le péché ; l'indulgence efface la pénitence qui reste à accomplir.
Selon l'époque et le point de vue — Urbain II promet en 1095 la rémission des péchés aux croisés ; Bernard de Clairvaux en fait un argument central en 1146.
Ce que le mot permet d'écrire — Explique les motivations religieuses des croisés. Faute : confondre avec la vente des indulgences, critiquée bien plus tard par Luther.
Djihad
Littéralement « effort » dans la voie de Dieu : effort spirituel, mais aussi guerre menée pour défendre ou étendre le territoire de l'islam.
À ne pas confondre
croisade — Le djihad n'implique ni vœu, ni pèlerinage, ni indulgence ; il est proclamé par des princes musulmans.
Selon l'époque et le point de vue — Au XIIe siècle, Zengi, Nur ad-Din puis Saladin relancent l'idée de djihad contre les Francs ; la reprise de Jérusalem (1187) en est le sommet.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à décrire la riposte musulmane aux croisades. Faute : employer le mot hors de son contexte historique ou le réduire au seul sens guerrier.
États latins d'Orient
Les quatre principautés fondées par les croisés : comté d'Édesse (1098), principauté d'Antioche (1098), royaume de Jérusalem (1099), comté de Tripoli (1109).
À ne pas confondre
colonies — Le mot « colonie » au sens du XIXe siècle est anachronique : il n'y a pas de métropole qui les gouverne.
Selon l'époque et le point de vue — Édesse tombe en 1144, Jérusalem en 1187 ; le royaume survit autour d'Acre jusqu'au 18 mai 1291. Les Latins y sont appelés « Francs » par les musulmans.
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les croisades et les contacts. Faute : oublier qu'une population musulmane, juive et chrétienne orientale y vit sous domination latine.
Ordre militaire
Ordre religieux dont les membres, moines et chevaliers à la fois, prononcent des vœux et combattent pour défendre les chrétiens.
À ne pas confondre
chevalerie — Le chevalier est un guerrier laïc ; le Templier ou l'Hospitalier est un religieux soumis à une règle.
Selon l'époque et le point de vue — Les Hospitaliers sont reconnus par le pape en 1113, les Templiers au concile de Troyes en 1129, avec le soutien de Bernard de Clairvaux.
Ce que le mot permet d'écrire — Montre la fusion de la guerre et de la religion. Faute : croire qu'ils ne font que la guerre : ils gèrent aussi des domaines, des hôpitaux et des flux d'argent.
Reconquista
Conquête progressive par les royaumes chrétiens de la péninsule Ibérique des territoires musulmans d'al-Andalus.
À ne pas confondre
croisade en Orient — La Reconquista est une conquête de voisins, étalée sur des siècles, que les papes assimilent à une croisade en accordant les mêmes indulgences.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot espagnol, qui suppose de « reprendre » un territoire perdu, est une construction des historiens modernes. Étapes : Tolède (1085), Las Navas de Tolosa (1212), Cordoue (1236), Séville (1248).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur les conflits en Méditerranée occidentale. Faute : la présenter comme une guerre continue ; trêves, alliances et tributs sont fréquents.
Dhimmi
En terre d'islam, juif ou chrétien « protégé » par un pacte (dhimma) : il conserve sa religion en échange d'un impôt spécial et de restrictions.
À ne pas confondre
égalité — Le dhimmi est protégé mais subordonné : il ne jouit pas des mêmes droits que le musulman.
Selon l'époque et le point de vue — Statut fixé dans les premiers siècles de l'islam ; son application varie selon les régimes, plus rigoureuse par exemple sous les Almohades au XIIe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour nuancer l'image d'une tolérance parfaite. Faute : en faire soit une persécution, soit une égalité.
Thalassocratie
Puissance fondée sur la maîtrise de la mer, des routes maritimes et d'escales, plus que sur un vaste territoire.
À ne pas confondre
empire territorial — Venise ne gouverne pas de grands espaces continentaux mais un chapelet d'îles et de ports (le Stato da Mar).
Selon l'époque et le point de vue — Mot grec (« pouvoir par la mer ») ; les historiens l'appliquent à Venise et à Gênes, ainsi qu'à des puissances de l'Antiquité.
Ce que le mot permet d'écrire — Clé du point de passage sur Venise. Faute : oublier la dimension militaire (galères, Arsenal, 1204).
Fondouk
Dans les ports du monde musulman, bâtiment qui sert à la fois d'entrepôt, de marché et d'hôtellerie pour les marchands étrangers, sous le contrôle du souverain.
À ne pas confondre
comptoir — Le comptoir est un établissement commercial installé à l'étranger, parfois fortifié (Caffa) ; le fondouk est un bâtiment accordé par le prince local.
Selon l'époque et le point de vue — De l'arabe funduq, lui-même issu du grec ; les Italiens disent fondaco. Venise crée à son tour le Fondaco dei Tedeschi pour les marchands allemands (1228).
Ce que le mot permet d'écrire — Montre l'organisation des échanges entre chrétiens et musulmans. Faute : y voir un lieu de libre circulation, alors que les marchands y sont surveillés et taxés.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Échanges / conflits
La guerre et le commerce coexistent, souvent au même endroit et au même moment.
Ce qu'il débloque — C'est le couple qui porte l'intitulé du chapitre : on l'utilise pour montrer l'imbrication des deux, pas leur succession.
Exemple — Sur le sujet « La Méditerranée médiévale, espace d'échanges et de conflits », il permet de montrer que les caravanes traversent le pays des Francs pendant que Saladin assiège Kérak (1184).
Unité / divisions
Chaque civilisation partage une foi et une langue de culture, mais se divise politiquement et religieusement.
Ce qu'il débloque — Sert à nuancer l'idée de trois blocs.
Exemple — Sur le sujet « Byzance, l'Islam et l'Occident chrétien vers 1100 », il permet de montrer que les fractures internes (1054, califes abbasside et fatimide) comptent autant que les frontières religieuses.
Foi / intérêts
Les acteurs agissent au nom de Dieu, mais aussi pour la terre, le butin ou le commerce.
Ce qu'il débloque — Évite les explications uniquement religieuses ou uniquement économiques.
Exemple — Sur le sujet « La quatrième croisade », il permet d'expliquer qu'une expédition religieuse aboutisse au sac de Constantinople (1204) sous la pression de la dette envers Venise.
Contact / transfert
Se rencontrer ne suffit pas à échanger : il faut des lieux, des traducteurs, des institutions pour qu'un savoir passe d'une culture à l'autre.
Ce qu'il débloque — Utile pour expliquer pourquoi Tolède et Palerme comptent plus que les États latins dans la transmission des savoirs.
Exemple — Sur le sujet « Les échanges culturels en Méditerranée », il permet d'opposer les contacts guerriers des croisades aux traductions de Tolède (Almageste, 1175).
Continuité / rupture
Un événement daté n'efface pas des évolutions longues ; une rupture peut être lente.
Ce qu'il débloque — Sert à dater finement et à discuter les dates symboliques.
Exemple — Sur le sujet « Rome et Byzance », il permet de montrer que 1054 est une date symbolique et que la vraie rupture se produit en 1204.
Méditerranée / mondes lointains
La Méditerranée est un carrefour relié à l'Asie, à l'Afrique et à l'Europe du Nord.
Ce qu'il débloque — Permet de changer d'échelle dans une copie.
Exemple — Sur le sujet « Venise, puissance commerciale », il permet de suivre les épices d'Asie jusqu'à Alexandrie, puis vers l'Allemagne par les Alpes et vers la Flandre par les foires de Champagne.
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