À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en seconde sur « La Méditerranée médiévale : espace d'échanges et de conflits à la croisée de trois civilisations » suit le programme officiel d'histoire-géographie de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une mer, trois civilisations (vers 1050), Des ensembles divisés : Rome et Byzance, sunnites et chiites, Les croisades en Orient : deux siècles de conflits (1095-1291), Point de passage : Bernard de Clairvaux et la deuxième croisade (1146-1149). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Les croisades : conflits et contacts entre Chrétienté et Islam (1095-1291)
Analyse des termes — Les croisades sont des pèlerinages armés lancés par la papauté pour prendre puis défendre Jérusalem ; Chrétienté et Islam désignent deux civilisations, qu'il ne faut pas traiter comme des blocs homogènes. Les bornes vont de l'appel de Clermont (1095) à la chute d'Acre (1291) : le sujet porte sur l'Orient, la péninsule Ibérique et 1204 servant de comparaison.
Problématique — Dans quelle mesure les croisades, guerres saintes nées de l'Occident latin, ont-elles aussi été deux siècles de contacts entre Chrétienté et Islam ?
Introduction rédigéeLe 15 juillet 1099, après près de trois ans de marche depuis l'Occident, les croisés entrent dans Jérusalem et massacrent une grande partie de ses habitants. Cet événement fonde, pour près de deux siècles, une présence latine en Orient. On appelle croisades les pèlerinages armés lancés par la papauté pour prendre, puis défendre, les Lieux saints ; les contemporains parlaient plutôt de « pèlerinage » ou de « passage ». Elles opposent la Chrétienté latine, placée sous l'autorité religieuse du pape, à l'Islam, civilisation elle-même partagée entre califes et sultans rivaux. De l'appel d'Urbain II à Clermont en 1095 à la chute d'Acre en 1291, ces expéditions sont des guerres ; mais elles installent aussi des Latins au contact quotidien des musulmans. Dans quelle mesure les croisades, guerres saintes nées de l'Occident latin, ont-elles aussi été deux siècles de contacts entre Chrétienté et Islam ? Nous verrons d'abord comment naît cette guerre sainte, de 1095 à 1099, puis comment les affrontements se prolongent jusqu'en 1291, avant de montrer que, derrière la guerre, les contacts n'ont jamais cessé.
I. Une guerre sainte née de l'Occident latin (1095-1099)
- Un appel à l'aide venu de Byzance, transformé par le pape en projet de reconquête des Lieux saints.Défaite byzantine de Manzikert (1071) ; appel d'Urbain II au concile de Clermont, 27 novembre 1095.
- Un pèlerinage armé récompensé par l'indulgence, qui mobilise chevaliers et foules et déchaîne aussi des violences en Occident.Départs de 1096 ; massacres des communautés juives de Spire, Worms et Mayence la même année.
- La conquête et l'installation des Latins en Orient.Prise de Jérusalem le 15 juillet 1099 ; quatre États latins : Édesse (1098), Antioche (1098), Jérusalem (1099), Tripoli (1109).
II. Deux siècles d'affrontements (1144-1291)
- La riposte musulmane, menée au nom du djihad par des princes qui unifient la Syrie et l'Égypte.Zengi prend Édesse (1144) ; Saladin vainqueur à Hattin (4 juillet 1187), entre dans Jérusalem le 2 octobre 1187.
- Des croisades successives qui échouent à reprendre durablement Jérusalem.Deuxième croisade prêchée par Bernard de Clairvaux à Vézelay (1146), échec devant Damas (1148) ; troisième croisade (1189-1192) ; Louis IX en Égypte (1248-1254) et à Tunis (1270).
- Une croisade qui se retourne contre des chrétiens, puis une fin militaire.Sac de Constantinople par la quatrième croisade (avril 1204) ; les Mamelouks prennent Acre le 18 mai 1291.
III. Au-delà de la guerre, des contacts durables
- La diplomatie entre princes chrétiens et musulmans.Traité de 1229 : Frédéric II obtient Jérusalem du sultan al-Kamil sans combat ; la ville est perdue en 1244.
- Un commerce qui continue en pleine guerre, au profit des cités italiennes.Ibn Jubayr voit en 1184 les caravanes passer d'Égypte à Damas à travers le pays des Francs ; quartiers vénitiens et génois à Tyr (1124) et à Acre.
- Une coexistence quotidienne, faite de familiarité et d'incompréhension.Usama ibn Munqidh, émir syrien, raconte son amitié avec les Templiers de Jérusalem vers 1140, mais aussi l'hostilité d'un Franc nouvellement arrivé.
Conclusion rédigéeLes croisades sont d'abord une guerre sainte, née de l'appel d'Urbain II en 1095 et de la promesse d'indulgence, qui s'achève sur un échec : après la chute d'Acre en 1291, il ne reste rien des États latins d'Orient. Pendant deux siècles, elles ont suscité la riposte du djihad, de Zengi à Saladin puis aux Mamelouks, et se sont même retournées contre les chrétiens de Byzance en 1204. Mais elles ont aussi été un temps de contacts : traités entre princes, commerce italien, coexistence quotidienne dans les villes franques. Les échanges intellectuels les plus féconds entre les deux civilisations se sont pourtant noués ailleurs, à Tolède ou à Palerme. L'idée de croisade, elle, survit à 1291 : elle est encore invoquée aux XIVe et XVe siècles face à l'avancée ottomane.
Le piège — Réciter la liste des croisades numérotées, de la première à la huitième, sans jamais parler des contacts : le sujet dit « conflits et contacts », et une copie qui ne traite que la guerre ne répond qu'à la moitié de la question.
Sujet 2 — Venise, grande puissance maritime et commerciale en Méditerranée (XIe-XIIIe siècle)
Analyse des termes — Une puissance maritime domine la mer par sa flotte, ses ports et ses escales ; une puissance commerciale contrôle des routes, des marchés et une monnaie. Les bornes vont du chrysobulle byzantin de 1082 à la fin du XIIIe siècle, quand Venise frappe le ducat d'or (1284) et affronte Gênes.
Problématique — Comment une cité de la lagune, sans terres ni armée nombreuse, devient-elle aux XIe-XIIIe siècles l'une des premières puissances de la Méditerranée, en tirant parti de sa position entre Byzance, l'Islam et l'Occident ?
Introduction rédigéeEn avril 1204, la flotte vénitienne conduit les croisés à l'assaut de Constantinople : la ville la plus riche de la Chrétienté est pillée, et Venise obtient trois huitièmes de l'Empire byzantin. Qu'une cité bâtie sur quelques îles puisse décider du sort de Byzance montre l'ampleur de sa puissance. Une puissance maritime domine la mer par sa flotte, ses ports et ses escales ; une puissance commerciale contrôle des routes, des marchés et une monnaie. Entre le chrysobulle de 1082 et la fin du XIIIe siècle, Venise réunit les deux, au croisement de trois civilisations : l'Empire byzantin, l'Islam et l'Occident latin. Comment une cité de la lagune, sans terres ni armée nombreuse, devient-elle l'une des premières puissances de la Méditerranée ? Nous verrons qu'elle est d'abord une cité tournée vers la mer et vers Byzance, qu'elle grandit ensuite grâce aux croisades, avant de montrer qu'elle devient un carrefour d'échanges, disputé par ses rivales.
I. Une cité tournée vers la mer et vers Byzance
- Un site lagunaire qui oblige à commercer.Ni blé ni bois sur place : Venise vit du sel, du poisson et de l'échange ; ancienne dépendance byzantine.
- Une république de marchands.Un doge élu, encadré à partir de la fin du XIIe siècle par un Grand Conseil de grandes familles marchandes.
- Le privilège byzantin, point de départ de la fortune vénitienne en Orient.Chrysobulle d'Alexis Ier (1082) : quartier à Constantinople, exemption des taxes commerciales, en échange de l'aide navale contre les Normands.
II. Une puissance qui grandit grâce aux croisades
- Transporter et ravitailler les croisés, contre des privilèges dans les ports conquis.Aide à la prise de Tyr (1124), contre un tiers de la ville.
- Le contrat de 1201 et le détournement de la quatrième croisade.85 000 marcs promis, dette de 34 000 marcs ; prise de Zara (1202) ; sac de Constantinople (avril 1204) sous le doge Enrico Dandolo.
- La naissance d'un empire d'escales, le Stato da Mar.Trois huitièmes de l'Empire byzantin ; Crète, Négrepont, Modon et Coron sur la route du Levant.
III. Un carrefour d'échanges disputé
- Relier l'Orient à l'Europe du Nord.Épices et soie achetées à Alexandrie, Acre ou Constantinople, revendues vers l'Allemagne par les Alpes ; Fondaco dei Tedeschi (1228).
- Des outils de puissance maritime et financière.Arsenal (tradition : 1104) et galères ; contrat de colleganza ; ducat d'or (1284) ; départ de Marco Polo vers la Chine (1271).
- Une domination contestée par Gênes.Traité de Nymphée (1261) favorable à Gênes ; guerre à Acre (1256-1270) ; défaite vénitienne de Curzola (1298).
Conclusion rédigéeVenise doit sa puissance à la mer : privilégiée par Byzance en 1082, enrichie par les croisades, elle transforme en 1204 une expédition religieuse en conquête et bâtit un empire d'escales, le Stato da Mar. À la fin du XIIIe siècle, elle relie l'Asie, l'Afrique et l'Europe du Nord, frappe le ducat et voit ses marchands atteindre la Chine. Cette domination reste disputée par Gênes, et elle dépend aussi de bonnes relations avec les souverains musulmans d'Égypte et de Syrie. Venise illustre ainsi la double nature de la Méditerranée médiévale : un espace où la guerre et le commerce servent souvent les mêmes intérêts. Sa puissance se prolonge aux siècles suivants, jusqu'à ce que l'avancée ottomane vienne la menacer.
Le piège — Faire de Venise un simple port marchand pacifique : sa richesse repose aussi sur la guerre (1204), sur l'exploitation d'un empire maritime et sur le commerce d'esclaves. À l'inverse, parler d'« empire colonial » au sens du XIXe siècle est un anachronisme.