L'ouverture atlantique : les conséquences de la découverte du « Nouveau Monde »
Grandes découvertes, empires espagnol et portugais, Amérindiens, traite, Séville et Lisbonne, premier « monde global » (programme d'histoire de 2nde)
À propos de cette page
Ce lexique sur « L'ouverture atlantique : les conséquences de la découverte du « Nouveau Monde » » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : D'une mer à l'océan : pourquoi l'Europe se tourne vers l'Atlantique, 1492-1522 : l'extension du monde connu par les Européens, Conquérir et organiser : les empires espagnol et portugais, Pour les Amérindiens, un choc sans précédent ; Tenochtitlan / Mexico, une ville entre deux mondes. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Grandes découvertes
Voyages d'exploration européens des XVe et XVIe siècles qui font connaître aux Européens des côtes, des mers, des continents et des peuples qu'ils ignoraient : côtes africaines, route maritime de l'Asie, Amériques, Pacifique.
À ne pas confondre
Conquête — La découverte est une exploration ; la conquête est la prise militaire et politique d'un territoire, comme celle du Mexique par Cortés (1519-1521).
Selon l'époque et le point de vue — Expression forgée du point de vue européen et popularisée par l'histoire du XIXe siècle ; les historiens l'emploient aujourd'hui avec prudence et parlent aussi d'« expansion européenne ».
Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour tout sujet sur l'ouverture atlantique. Faute à éviter : oublier que les terres « découvertes » étaient déjà habitées.
« Nouveau Monde »
Nom donné par les Européens, au début du XVIe siècle, aux Amériques, continent dont ils ignoraient l'existence.
À ne pas confondre
Ancien Monde — L'Europe, l'Asie et l'Afrique, connues des Européens depuis l'Antiquité.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression se diffuse avec le Mundus Novus attribué à Vespucci (vers 1503) et les récits de Pierre Martyr d'Anghiera (De orbe novo, publiés à partir de 1511).
Ce que le mot permet d'écrire — Toujours entre guillemets dans une copie : elle traduit un point de vue, celui des Européens.
Amérindiens
Peuples autochtones des Amériques, appelés « Indiens » par Colomb, qui croyait avoir atteint les Indes.
À ne pas confondre
Indiens — Mot d'époque, employé dans les sources (Las Casas parle des « Indiens »), qu'il faut expliquer ; « Amérindiens » est un terme récent qui évite la confusion avec les habitants de l'Inde.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme « Amérindien » s'impose au XXe siècle dans le vocabulaire savant.
Ce que le mot permet d'écrire — Ne jamais en faire un bloc : Taïnos des Antilles, Mexicas, Tlaxcaltèques, Incas ont des sociétés et des réactions très différentes.
Conquistador
Chef ou soldat espagnol qui conquiert une partie des Amériques au XVIe siècle, souvent à ses frais, en échange d'une part du butin, de terres et d'Indiens (Cortés, Pizarro).
À ne pas confondre
Colon — Le colon s'installe durablement pour exploiter la terre ; le conquistador conquiert, même si beaucoup deviennent ensuite colons.
Selon l'époque et le point de vue — Les expéditions reposent sur des contrats passés avec la Couronne, les capitulaciones, qui réservent au roi un cinquième des métaux.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour expliquer la conquête comme une entreprise privée encadrée par l'État.
Empire colonial
Ensemble de territoires lointains dominés par une métropole, qui les administre, les peuple en partie et les exploite à son profit.
À ne pas confondre
Empire aztèque ou inca — Empires territoriaux continus, conquis puis intégrés à l'empire colonial espagnol.
Selon l'époque et le point de vue — L'Espagne administre le sien par le Conseil des Indes (1524) et deux vice-royautés (Nouvelle-Espagne, 1535 ; Pérou, 1542).
Ce que le mot permet d'écrire — Précisez toujours de quel empire vous parlez : l'empire espagnol d'Amérique n'a pas la même forme que l'empire portugais d'Asie.
Comptoir
Établissement commercial, souvent fortifié, installé sur une côte étrangère pour contrôler un trafic (Goa, 1510 ; Malacca, 1511 ; Macao, 1557).
À ne pas confondre
Colonie — La colonie suppose la domination d'un territoire et de sa population ; le comptoir ne contrôle qu'un point du littoral.
Selon l'époque et le point de vue — Les Portugais parlent de feitorias ; le réseau forme l'Estado da Índia, dirigé depuis Goa.
Ce que le mot permet d'écrire — Clé pour opposer empire maritime portugais et empire territorial espagnol.
Encomienda
Système par lequel la Couronne confie un groupe d'Indiens à un colon espagnol (encomendero), qui perçoit leur tribut et leur travail en échange de leur protection et de leur évangélisation.
À ne pas confondre
Esclavage — L'Indien en encomienda reste juridiquement libre et sujet du roi ; dans les faits, le travail forcé est souvent très dur.
Selon l'époque et le point de vue — Généralisée à Hispaniola vers 1503, encadrée par les lois de Burgos (1512), limitée par les Lois nouvelles (1542).
Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer le travail forcé et la mortalité. Faute à éviter : la confondre avec la mita.
Mita
Travail obligatoire, par roulement, imposé aux communautés indiennes des Andes, repris d'une institution inca et réorganisé par le vice-roi Francisco de Toledo dans les années 1570 pour fournir des travailleurs aux mines de Potosí.
À ne pas confondre
Encomienda — L'encomienda lie des Indiens à un colon ; la mita est une corvée collective organisée par l'administration royale.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient du quechua et signifie à peu près « tour » ; la mita coloniale dure jusqu'au début du XIXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour relier l'argent de Potosí au travail forcé indien.
Choc microbien
Diffusion brutale, dans les Amériques, de maladies apportées par les Européens (variole, rougeole, grippe) contre lesquelles les populations n'étaient pas immunisées, provoquant une mortalité massive.
À ne pas confondre
Extermination — L'extermination suppose une volonté de détruire ; le choc microbien est une mortalité par maladie, non voulue, même si la violence coloniale l'aggrave.
Selon l'époque et le point de vue — Notion développée par Alfred Crosby (The Columbian Exchange, 1972) ; Emmanuel Le Roy Ladurie parle en 1973 d'« unification microbienne du monde ».
Ce que le mot permet d'écrire — Première cause de l'effondrement démographique, jamais la seule : citez aussi travail forcé et guerres.
Métissage
Mélange biologique et culturel entre populations d'origines différentes : Européens, Amérindiens, Africains.
À ne pas confondre
Syncrétisme — Le syncrétisme est le mélange de croyances religieuses (culte chrétien mêlé de pratiques anciennes) ; le métissage est plus large.
Selon l'époque et le point de vue — L'historien Serge Gruzinski l'a étudié dans La Pensée métisse (1999).
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de nuancer l'idée de destruction totale : les sociétés se recomposent.
Évangélisation
Conversion des populations au christianisme par la prédication, le baptême et l'encadrement des missionnaires.
À ne pas confondre
Colonisation — Les deux vont ensemble au XVIe siècle, mais l'évangélisation est l'œuvre de l'Église, la colonisation celle de la Couronne et des colons.
Selon l'époque et le point de vue — La bulle Inter caetera (1493) confie aux Rois catholiques la mission de convertir ; douze franciscains arrivent au Mexique en 1524.
Ce que le mot permet d'écrire — Justification officielle de la conquête, argument central de Sepúlveda comme de Las Casas.
Traite atlantique
Commerce des captifs africains achetés sur les côtes d'Afrique et déportés vers les Amériques à travers l'Atlantique, du XVIe au XIXe siècle.
À ne pas confondre
Esclavage — L'esclavage est un statut (une personne est la propriété d'une autre) ; la traite est le commerce et le transport des captifs.
Selon l'époque et le point de vue — Licence de Charles Quint en 1518, contrats d'asiento à partir de 1595 ; environ 12,5 millions de déportés au total selon les estimations actuelles.
Ce que le mot permet d'écrire — Au XVIe siècle, parlez de débuts, surtout portugais : pas de chiffres ni d'acteurs du XVIIIe siècle.
Monopole commercial
Droit exclusif réservé à un port ou à un groupe de marchands pour un commerce donné : Séville a seule le droit de commercer avec les Indes espagnoles.
À ne pas confondre
Exclusif colonial — Nom donné au système qui réserve le commerce des colonies françaises à la métropole, aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Selon l'époque et le point de vue — Organisé par la Casa de Contratación, créée en 1503 à Séville.
Ce que le mot permet d'écrire — Explique la richesse de Séville ; nuancez par la contrebande et la sortie des métaux vers Gênes et Anvers.
Révolution des prix
Hausse générale et durable des prix en Europe au XVIe siècle, liée en partie à l'afflux d'or et d'argent américains et à la croissance de la population.
À ne pas confondre
Inflation — Mot moderne ; « révolution des prix » désigne ce phénomène propre au XVIe siècle.
Selon l'époque et le point de vue — Jean Bodin l'explique dès 1568 par l'abondance de métal ; Earl J. Hamilton la mesure en 1934 pour l'Espagne.
Ce que le mot permet d'écrire — Conséquence européenne de la découverte : ne pas en faire l'unique effet des métaux.
Légende noire
Image d'une Espagne cruelle et fanatique, diffusée en Europe à partir du XVIe siècle par ses rivaux, en s'appuyant notamment sur les écrits de Las Casas.
À ne pas confondre
Témoignage de Las Casas — Las Casas dénonce des violences pour obtenir des réformes ; la légende noire est l'usage politique de ces textes contre l'Espagne.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression est popularisée par l'Espagnol Julián Juderías dans La leyenda negra (1914).
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour critiquer un document : qui publie, pour qui, dans quel but.
Première mondialisation
Mise en relation durable des quatre parties du monde (Europe, Afrique, Asie, Amériques) par des flux d'hommes, de marchandises, de métaux, de plantes et de microbes, au XVIe siècle.
À ne pas confondre
Mondialisation contemporaine — Celle du XXe siècle est plus rapide, plus dense, et touche l'ensemble des sociétés ; celle du XVIe siècle concerne surtout des élites et quelques routes.
Selon l'époque et le point de vue — Serge Gruzinski parle d'une mondialisation « ibérique » dans Les Quatre Parties du monde (2004).
Ce que le mot permet d'écrire — Idéal pour une troisième partie ou une conclusion ; appuyez-la sur le galion de Manille (1565-1571).
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Rupture / continuité
Mesurer ce qui change brutalement et ce qui se prolonge.
Ce qu'il débloque — Évite l'idée d'un basculement instantané de la Méditerranée vers l'Atlantique en 1492.
Exemple — Sur le sujet « Le basculement vers l'Atlantique au XVIe siècle », il permet de montrer la rupture de 1492-1498 tout en rappelant que Venise et Gênes restent actives.
Découverte / conquête
Distinguer l'exploration de la domination ; changer de point de vue, de l'Européen à l'Amérindien.
Ce qu'il débloque — Oblige à dire qui parle : les Européens « découvrent », les Amérindiens sont conquis.
Exemple — Sur le sujet « Les conséquences de la découverte du Nouveau Monde », il permet d'opposer l'élargissement du monde connu (1492-1522) à la conquête des empires (1519-1533).
Destruction / recomposition
Montrer à la fois l'effondrement des sociétés et leur capacité à se transformer.
Ce qu'il débloque — Empêche de réduire les Amérindiens au rôle de victimes passives.
Exemple — Sur le sujet « Les sociétés amérindiennes face à la conquête », il permet de relier le choc microbien au métissage et au maintien du nahuatl.
Centre / périphérie
Repérer où se concentrent les richesses et les décisions, et ce qui en dépend.
Ce qu'il débloque — Montre que Séville centralise, mais que l'argent repart vers Anvers et Gênes.
Exemple — Sur le sujet « Séville et Lisbonne au XVIe siècle », il permet de nuancer la puissance ibérique par le rôle des banquiers génois et allemands.
Domination / contestation
Opposer le pouvoir des vainqueurs aux résistances et aux critiques.
Ce qu'il débloque — Relie révoltes indiennes et débats européens.
Exemple — Sur le sujet « Conquérir et coloniser les Amériques », il permet d'associer la mita de Potosí aux critiques de Las Casas et à la controverse de Valladolid (1550-1551).
Local / mondial
Articuler un lieu précis et les réseaux qui le relient au reste du monde.
Ce qu'il débloque — Donne de la profondeur à un exemple : Potosí est une mine andine et un rouage mondial.
Exemple — Sur le sujet « Un premier monde global au XVIe siècle », il permet de suivre l'argent de Potosí jusqu'à Séville, Anvers et Manille.
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