Laïcité, sécularisation et pluralisme démocratique
Sécularisation, laïcité (1905, neutralité de l'État, liberté de conscience), pluralisme des opinions et des croyances (EMC de 2nde)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Laïcité, sécularisation et pluralisme démocratique » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Sécularisation et laïcité : deux mots à ne pas confondre, De la tolérance à la liberté de conscience (1598-1802), La IIIe République et la loi de 1905, Les principes de la laïcité : liberté, neutralité, égalité. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Laïcité
Principe d'organisation de l'État fondé sur la séparation des institutions publiques et des religions, la neutralité de l'État, la liberté de conscience et l'égalité des citoyens quelles que soient leurs convictions.
À ne pas confondre
Athéisme — L'athéisme est une conviction personnelle (Dieu n'existe pas) ; la laïcité est une règle qui oblige l'État à ne privilégier aucune conviction, athéisme compris.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot apparaît dans les années 1870 dans le débat sur l'école républicaine ; il est absent de la loi de 1905 et entre dans la Constitution en 1946.
Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale de tout sujet sur les libertés et la République ; faute à éviter : la présenter comme une hostilité aux religions.
Sécularisation
Processus social par lequel la religion perd son influence sur les institutions, les normes et les comportements d'une société.
À ne pas confondre
Laïcisation — La sécularisation touche la société (pratiques, croyances) ; la laïcisation touche l'État (lois, institutions).
Selon l'époque et le point de vue — Le terme vient du latin saeculum (le siècle, le monde profane) ; les sociologues, dont Max Weber au début du XXe siècle, l'emploient pour décrire le recul du religieux dans les sociétés modernes.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à décrire une évolution mesurable (enquêtes sur la pratique) ; ne jamais l'employer comme synonyme de laïcité.
Laïcisation
Processus politique et juridique par lequel l'État et les services publics se détachent de toute autorité religieuse.
À ne pas confondre
Laïcité — La laïcisation est un processus, par étapes ; la laïcité est le principe qui en résulte.
Selon l'époque et le point de vue — En France, ses étapes sont l'état civil (1792), l'école (1882-1886) et la séparation (1905) ; le sociologue Jean Baubérot parle de « seuils de laïcisation ».
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour construire un plan chronologique ; préciser toujours ce qui est laïcisé (état civil, école, État).
Liberté de conscience
Liberté de croire, de ne pas croire, de changer de religion ou de conviction, et de ne pas être inquiété pour ses opinions.
À ne pas confondre
Liberté de culte — La liberté de conscience est intérieure et absolue ; la liberté de culte (pratiquer, se réunir, célébrer) est extérieure et peut être limitée par l'ordre public.
Selon l'époque et le point de vue — Proclamée par l'article 10 de la Déclaration de 1789, assurée par l'article 1er de la loi de 1905, protégée par l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme (1950).
Ce que le mot permet d'écrire — Premier pilier de la laïcité ; faute à éviter : la réduire à la liberté des seuls croyants.
Libre exercice des cultes
Droit de pratiquer publiquement sa religion (offices, processions, lieux de culte), garanti par l'article 1er de la loi de 1905 sous réserve de l'ordre public.
À ne pas confondre
Reconnaissance d'un culte — Garantir l'exercice d'un culte ne signifie pas le reconnaître officiellement ni le financer, ce que l'article 2 de la loi de 1905 interdit.
Selon l'époque et le point de vue — Les cultes « reconnus » du Concordat (1801-1905) étaient financés ; depuis 1905, tous les cultes sont libres et aucun n'est reconnu.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet d'expliquer les aumôneries financées par l'État ; ne pas confondre garantie et subvention.
Neutralité
Obligation pour l'État, les collectivités et leurs agents en service de ne manifester aucune préférence religieuse ou politique et de traiter également tous les usagers.
À ne pas confondre
Discrétion des citoyens — Les citoyens ne sont pas tenus à la neutralité : ils peuvent exprimer leurs convictions, sauf limite légale.
Selon l'époque et le point de vue — Affirmée pour l'école par Jules Ferry (1882-1883), précisée pour les agents publics par l'avis du Conseil d'État du 3 mai 2000, étendue en 2021 aux organismes privés chargés d'un service public.
Ce que le mot permet d'écrire — Clé des études de cas ; la faute classique est de l'imposer aux usagers.
Pluralisme
Coexistence légitime, dans une démocratie, de convictions, d'opinions et de croyances différentes, que l'État garantit sans en favoriser aucune.
À ne pas confondre
Relativisme — Le pluralisme n'affirme pas que toutes les idées se valent ; il garantit à chacun le droit d'avoir les siennes dans le respect de la loi commune.
Selon l'époque et le point de vue — Notion de science politique du XXe siècle, invoquée par la Cour européenne des droits de l'homme comme condition d'une « société démocratique ».
Ce que le mot permet d'écrire — Ici, pluralisme des croyances ; le pluralisme des médias relève d'un autre chapitre.
Ordre public
Ensemble des conditions de la vie en société (sécurité, tranquillité, salubrité, respect des droits d'autrui) que l'autorité publique peut protéger en limitant une liberté.
À ne pas confondre
Morale — L'ordre public justifie une restriction par un risque concret, prévu par la loi ; il ne permet pas d'interdire ce qui déplaît.
Selon l'époque et le point de vue — Présent dès l'article 10 de la Déclaration de 1789 et l'article 1er de la loi de 1905 ; la notion est étudiée en détail dans le chapitre précédent.
Ce que le mot permet d'écrire — Toujours associer la limite à un texte et au contrôle du juge (burkini, 2016).
Séparation des Églises et de l'État
Régime dans lequel l'État ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte, et où les Églises s'organisent librement.
À ne pas confondre
Concordat — Le Concordat lie l'État et les cultes reconnus par un accord et un financement ; la séparation rompt ce lien.
Selon l'époque et le point de vue — Esquissée en 1795, réalisée par la loi du 9 décembre 1905 ; aux États-Unis, posée par le premier amendement (1791).
Ce que le mot permet d'écrire — Désigne le cadre institutionnel ; la laïcité inclut aussi la liberté de conscience et l'égalité.
Concordat
Accord entre un État et le Saint-Siège qui organise la place de l'Église catholique ; en France, celui de 1801 fonde le régime des cultes reconnus et salariés.
À ne pas confondre
Édit de Nantes — L'édit de Nantes (1598) est une décision unilatérale du roi accordant une tolérance ; le Concordat est un accord bilatéral avec le pape.
Selon l'époque et le point de vue — Signé le 15 juillet 1801 par les représentants de Bonaparte et de Pie VII, abrogé en 1905 sauf en Alsace-Moselle, alors allemande.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour expliquer ce que la loi de 1905 supprime et l'exception alsacienne-mosellane.
Tolérance
Attitude du pouvoir qui supporte une croyance qu'il désapprouve, sans lui reconnaître un droit égal.
À ne pas confondre
Liberté — La tolérance est une concession révocable ; la liberté est un droit garanti par la loi.
Selon l'époque et le point de vue — Édit de Nantes (1598), révoqué en 1685 ; édit de tolérance de 1787 ; Voltaire publie son Traité sur la tolérance en 1763.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour montrer la rupture de 1789 ; faute à éviter : dire que l'édit de Nantes établit la liberté religieuse.
Anticléricalisme
Opposition à l'influence du clergé dans la vie politique et sociale, distincte de l'hostilité à la foi elle-même.
À ne pas confondre
Antireligion — Beaucoup d'anticléricaux de la IIIe République étaient croyants : ils refusaient le pouvoir politique du clergé, non la religion.
Selon l'époque et le point de vue — Très fort sous la IIIe République : Gambetta, 4 mai 1877, « Le cléricalisme ? Voilà l'ennemi ! » ; il culmine avec le gouvernement Combes (1902-1905).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à contextualiser 1905 ; montrer que la loi finale, rédigée par Briand, est plus libérale que les anticléricaux les plus radicaux.
Signe religieux ostensible
Signe ou tenue par lequel un élève manifeste de façon visible et revendiquée son appartenance religieuse, interdit dans les écoles, collèges et lycées publics par la loi du 15 mars 2004.
À ne pas confondre
Signe discret — La circulaire d'application de 2004 admet les signes discrets (petite croix, médaille, petite main de Fatma) ; l'interdiction vise l'ostentation.
Selon l'époque et le point de vue — Débat ouvert par l'affaire de Creil (1989), tranché par la loi de 2004 après le rapport de la commission Stasi (2003).
Ce que le mot permet d'écrire — Ne s'applique qu'aux élèves du public ; ni aux étudiants, ni aux parents, ni à la rue.
Association cultuelle
Association créée par la loi de 1905 pour assurer l'exercice d'un culte (entretien des lieux, rémunération des ministres), financée par les dons des fidèles.
À ne pas confondre
Association loi 1901 — L'association cultuelle a un objet exclusivement religieux et un statut particulier (avantages fiscaux, contrôle des financements).
Selon l'époque et le point de vue — Refusées par Pie X en 1906, contournées par la loi du 2 janvier 1907, remplacées pour les catholiques par les associations diocésaines acceptées en 1924.
Ce que le mot permet d'écrire — Montre que la séparation organise le culte au lieu de l'empêcher.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Sécularisation / laïcisation
Le recul social de la religion d'un côté, la séparation juridique de l'État et des cultes de l'autre.
Ce qu'il débloque — Structure une première partie qui définit les termes et compare les pays.
Exemple — Sur le sujet « La France est-elle un pays plus laïque que les autres ? », il permet de comparer le Royaume-Uni (sécularisé, non laïque) et les États-Unis (séparés, très croyants).
Tolérance / liberté
La concession révocable d'un pouvoir face au droit garanti à tous.
Ce qu'il débloque — Organise une partie historique : 1598-1685, puis 1789.
Exemple — Sur le sujet « Comment la liberté religieuse s'est-elle imposée en France ? », il permet d'opposer l'édit de Nantes, révoqué en 1685, à l'article 10 de la Déclaration de 1789.
Liberté / ordre public
La règle (liberté de manifester ses convictions) et l'exception (restriction prévue par la loi, justifiée et proportionnée).
Ce qu'il débloque — Fournit la troisième partie de nombreux sujets : les limites et leur contrôle.
Exemple — Sur le sujet « La laïcité limite-t-elle les libertés ? », il permet d'étudier la loi de 2004 et la suspension de l'arrêté anti-burkini en 2016.
Neutralité de l'État / liberté des citoyens
L'obligation qui pèse sur les institutions et ses agents face à la liberté laissée aux personnes.
Ce qu'il débloque — Clé de toutes les études de cas : qui est tenu à la neutralité ?
Exemple — Sur le sujet « Peut-on porter un signe religieux partout ? », il permet d'opposer l'enseignante du public (neutre) et l'étudiante à l'université (libre).
Règle générale / exceptions
La loi de 1905 comme principe, et les territoires ou dispositifs qui y dérogent.
Ce qu'il débloque — Nuance une copie trop uniforme sur la « laïcité française ».
Exemple — Sur le sujet « La laïcité s'applique-t-elle de la même façon partout en France ? », il permet d'évoquer l'Alsace-Moselle, la Guyane et la décision du Conseil constitutionnel de 2013.
Unité / pluralisme
Ce que la République impose à tous (la loi commune) et ce qu'elle garantit à chacun (ses convictions).
Ce qu'il débloque — Sert de fil conducteur à une conclusion ou à une question problématisée.
Exemple — Sur le sujet « Comment vivre ensemble avec des croyances différentes ? », il permet de montrer que la laïcité rend possible le pluralisme en fixant une règle commune.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.