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Spécialité SES 1ʳᵉ

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Qu'est-ce que la monnaie et comment est-elle créée ?

Fonctions et formes de la monnaie, création monétaire par le crédit, marché monétaire et rôle de la banque centrale (spécialité SES de 1re)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en première sur « Qu'est-ce que la monnaie et comment est-elle créée ? » suit le programme officiel de spécialité SES de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce que la monnaie ? Ses trois fonctions, Les formes de la monnaie et la masse monétaire, Une institution fondée sur la confiance, Comment la monnaie est-elle créée ? « Les crédits font les dépôts ». Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité SES.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Dissertation : Les banques peuvent-elles créer de la monnaie sans limite ?

Analyse des termes — « Créer de la monnaie » renvoie à l'augmentation de la masse monétaire par le crédit bancaire ; « sans limite » invite à chercher les contraintes qui pèsent sur les banques commerciales (monnaie centrale, réglementation, demande de crédit, banque centrale). Le sujet porte sur la zone euro contemporaine, depuis la création de la BCE en 1998, sans traiter l'épargne ni les marchés de titres.

Problématique — Si les banques commerciales créent l'essentiel de la monnaie par un simple jeu d'écritures, quelles contraintes les empêchent de la créer à volonté ?

Introduction rédigée

Lorsqu'un ménage obtient un crédit immobilier de 200 000 €, sa banque ne puise pas cette somme dans un coffre : elle l'inscrit en quelques secondes sur son compte. Cette facilité apparente pose une question simple : si la monnaie naît d'une écriture, qu'est-ce qui empêche les banques d'en créer à l'infini ?

La monnaie est un actif parfaitement liquide, accepté par tous en paiement. La création monétaire désigne l'augmentation de la quantité de monnaie détenue par les agents non bancaires ; dans la zone euro, elle est surtout le fait des banques commerciales, établissements de crédit qui reçoivent des dépôts et accordent des prêts, sous la surveillance de la Banque centrale européenne créée en 1998.

Si les banques commerciales créent l'essentiel de la monnaie par un simple jeu d'écritures, quelles contraintes les empêchent de la créer à volonté ?

Nous verrons d'abord que les banques créent bien l'essentiel de la monnaie par le crédit (I), puis qu'elles dépendent de la monnaie banque centrale et de règles prudentielles (II), avant de montrer que la création monétaire dépend finalement de la demande de crédit et de la banque centrale, qui en fixe le coût (III).

I. Les banques commerciales créent l'essentiel de la monnaie par le crédit

  • Le crédit crée le dépôt : la monnaie naît ex nihilo d'un jeu d'écritures au bilan de la banque.Bilan d'un crédit de 10 000 € : créance + 10 000 € à l'actif, dépôt à vue + 10 000 € au passif ; analyse rappelée par la Banque d'Angleterre en 2014.
  • La monnaie scripturale ainsi créée constitue la plus grande partie de la masse monétaire.Dans la zone euro, au milieu des années 2020, les billets et pièces ne représentent qu'environ un septième de M1 (ordre de grandeur).
  • Les banques créent aussi de la monnaie en achetant des actifs à des agents non bancaires, et la détruisent lors des remboursements.Achat de devises à un exportateur (monétisation) ; le remboursement d'un crédit détruit la monnaie correspondante.

II. Mais les banques dépendent de la monnaie banque centrale et de règles prudentielles

  • Les fuites en billets et vers les autres banques obligent chaque banque à se procurer de la monnaie centrale.Un paiement de 6 000 € d'un client de la banque A vers un client de la banque B se règle en monnaie centrale.
  • Les réserves obligatoires imposent de détenir de la monnaie centrale en proportion des dépôts.Taux de 1 % de certains dépôts dans la zone euro depuis janvier 2012 (2 % auparavant).
  • La réglementation prudentielle limite le volume de crédits au regard des fonds propres.Accords de Bâle (1988) : fonds propres au moins égaux à 8 % des actifs pondérés par les risques.

III. La création monétaire dépend enfin de la demande de crédit et de la banque centrale, qui en fixe le coût

  • Une banque ne crée de la monnaie que si des agents solvables veulent emprunter ; prêter à des insolvables la met en danger.Faillite de Lehman Brothers, 15 septembre 2008, après des crédits risqués ; le marché interbancaire se bloque.
  • La banque centrale influence la création monétaire par ses taux directeurs : diviseur plutôt que multiplicateur.Facilité de dépôt de la BCE relevée de -0,50 % à 4 % entre juillet 2022 et septembre 2023 ; la masse monétaire recule brièvement en 2023.
  • Des taux très bas ne suffisent pas à forcer la création monétaire si la demande de crédit manque.Taux de dépôt négatif dès juin 2014 et achats de titres à partir de mars 2015, avec une inflation longtemps inférieure à 2 %.
Conclusion rédigée

Les banques commerciales créent l'essentiel de la monnaie : chaque crédit fait naître un dépôt, chaque remboursement le détruit. Cette création n'est pourtant pas illimitée. Les banques doivent se procurer de la monnaie banque centrale pour faire face aux retraits, aux paiements vers les autres banques et aux réserves obligatoires ; elles respectent des règles de fonds propres ; surtout, elles ne prêtent qu'à des emprunteurs solvables, à un coût que la banque centrale influence par ses taux directeurs. La limite de la création monétaire est donc moins une quantité fixée d'avance qu'un prix et un risque.

Reste à savoir si cette régulation suffit à préserver ce qui fait la valeur de la monnaie, la confiance : les crises de 2008 et 2022 montrent qu'elle repose aussi sur la capacité de la banque centrale à intervenir en dernier ressort.

Le piège — Répondre par une description du seul mécanisme du crédit (« les crédits font les dépôts ») sans jamais traiter « sans limite » : la moitié des copies oublie les fuites, la demande de crédit et le rôle des taux directeurs.

Sujet 2 — Épreuve composée, partie 3 (raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire) : à l'aide du dossier documentaire et de vos connaissances, vous montrerez que la banque centrale influence la création monétaire des banques commerciales.

Analyse des termes — Le sujet demande un raisonnement démonstratif (« vous montrerez »), pas un débat : il faut établir comment la banque centrale, qui ne crée pas elle-même la monnaie scripturale, agit sur celle des banques. Dossier type : la synthèse de la Banque d'Angleterre (2014) et le tableau des taux de la BCE et de l'inflation (2019-2024) étudiés dans ce chapitre.

Problématique — Comment une banque centrale qui ne crée pas la monnaie scripturale peut-elle pourtant orienter la création monétaire des banques commerciales ?

Introduction rédigée

En septembre 2023, la Banque centrale européenne porte le taux de sa facilité de dépôt à 4 %, alors qu'il était encore négatif un an et demi plus tôt. Pourtant, la BCE n'accorde aucun crédit aux ménages ni aux entreprises. Comment peut-elle alors peser sur la quantité de monnaie en circulation ?

La création monétaire désigne l'augmentation de la monnaie détenue par les agents non bancaires ; elle résulte surtout des crédits accordés par les banques commerciales. La banque centrale, « banque des banques », émet la monnaie banque centrale et fixe les taux directeurs auxquels elle prête aux banques ou rémunère leurs dépôts.

Comment une banque centrale qui ne crée pas la monnaie scripturale peut-elle pourtant orienter la création monétaire des banques commerciales ?

Nous montrerons que les banques, qui créent la monnaie, ont besoin de monnaie banque centrale (I), que la banque centrale fixe le prix de cette monnaie sur le marché monétaire (II), et qu'elle oriente ainsi le crédit, la création monétaire et l'inflation (III).

I. Les banques commerciales créent la monnaie, mais ont besoin de monnaie banque centrale

  • Les banques créent la monnaie scripturale en accordant des crédits.Document Banque d'Angleterre (2014) : le prêt crédite le compte de l'emprunteur d'un dépôt nouveau.
  • Les retraits de billets et les paiements vers d'autres banques exigent de la monnaie centrale.Un retrait de 200 € au distributeur suppose que la banque se soit procuré ces billets auprès de l'Eurosystème.
  • Les réserves obligatoires ajoutent un besoin permanent de monnaie centrale.1 % de certains dépôts depuis janvier 2012 dans la zone euro.

II. La banque centrale fixe le prix de cette monnaie sur le marché monétaire

  • Les banques se procurent de la monnaie centrale sur le marché interbancaire ou auprès de la banque centrale (refinancement).Taux de référence au jour le jour €STR, calculé par la BCE depuis le 2 octobre 2019.
  • La BCE fixe trois taux directeurs qui encadrent les taux du marché monétaire.Opérations principales de refinancement, facilité de prêt marginal, facilité de dépôt.
  • Elle agit sur le prix plutôt que sur la quantité : logique du diviseur de crédit.Document Banque d'Angleterre (2014) : la banque centrale fixe son taux, pas la quantité de monnaie.

III. Par ses taux, elle oriente le crédit, la création monétaire et l'inflation

  • Des taux bas rendent le crédit bon marché et encouragent la création monétaire.Tableau : facilité de dépôt à -0,50 % de 2019 à 2021 ; taux réel approché de -3,1 points en 2021.
  • Des taux élevés renchérissent le crédit et freinent la création monétaire.Tableau : 4 % fin 2023 ; la croissance de la masse monétaire devient brièvement négative en 2023.
  • L'influence est réelle mais indirecte : elle passe par la demande de crédit et agit avec retard.Inflation de 8,4 % en 2022, 5,4 % en 2023, 2,4 % en 2024 ; le reflux doit aussi à la baisse des prix de l'énergie.
Conclusion rédigée

La banque centrale ne crée pas la monnaie scripturale, mais elle tient la clé dont les banques ont besoin : la monnaie banque centrale, indispensable pour les retraits de billets, les règlements interbancaires et les réserves obligatoires. En fixant le prix de cette monnaie par ses taux directeurs, elle rend le crédit plus ou moins coûteux et oriente ainsi la création monétaire, comme le montrent la période de taux négatifs puis le durcissement de 2022-2023. Cette influence reste indirecte : elle dépend de la demande de crédit et agit avec retard.

On peut alors se demander si la banque centrale doit se limiter à la stabilité des prix ou tenir compte aussi de l'emploi et de la stabilité financière, comme l'a montré son rôle de prêteur en dernier ressort pendant la crise de 2008.

Le piège — Écrire que la banque centrale « crée toute la monnaie » ou « fixe la quantité de monnaie » : le sujet attend au contraire une influence indirecte, par le prix de la monnaie centrale, et l'exploitation chiffrée du dossier.

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