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Comment les agents économiques se financent-ils ?

Épargne, capacité et besoin de financement, financement interne et externe, taux d'intérêt, déficit et dette publics (spécialité SES de 1re)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Comment les agents économiques se financent-ils ? » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Épargne et investissement : capacité ou besoin de financement, Le financement interne : l'autofinancement, Le financement externe direct : actions et obligations, Le financement externe indirect : l'intermédiation bancaire. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Épargne

Partie du revenu disponible qui n'est pas consacrée à la consommation (S = RD − C). Pour une entreprise, l'épargne brute est la part de ses ressources qu'elle conserve après avoir payé salaires, impôts, intérêts et dividendes.

À ne pas confondre

  • Placement — L'épargne est un montant non consommé ; le placement est l'utilisation de ce montant (livret, action, assurance-vie).

Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale chez les classiques (Smith, 1776) qui voient dans l'épargne la source du capital ; Keynes, en 1936, en fait un résidu du revenu.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tout sujet sur le financement. Faute à éviter : dire qu'on « épargne » en achetant une voiture ; c'est une consommation.

Taux d'épargne

Rapport entre l'épargne et le revenu disponible brut des ménages, multiplié par 100. En France, il avoisine 18 % en 2024 selon l'INSEE (ordre de grandeur).

À ne pas confondre

  • Taux d'épargne financière — Il ne retient que l'épargne qui n'est pas investie en logement : c'est la capacité de financement rapportée au revenu.

Selon l'époque et le point de vue — Indicateur publié chaque trimestre par l'INSEE dans les comptes nationaux.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour montrer que les ménages sont globalement en capacité. Faute : le confondre avec un montant en euros.

Investissement (FBCF)

Formation brute de capital fixe : acquisition de biens de production durables (machines, bâtiments, logiciels) par les entreprises et les administrations, et de logements neufs par les ménages.

À ne pas confondre

  • Placement financier — Acheter des actions n'est pas investir au sens économique : aucun capital productif nouveau n'est créé par l'acheteur.

Selon l'époque et le point de vue — Notion de la comptabilité nationale, harmonisée en Europe par le système européen de comptes.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour calculer capacité ou besoin de financement. Faute : appeler « investissement » un achat de titres en Bourse.

Capacité de financement

Situation d'un agent dont l'épargne dépasse l'investissement : il dispose de fonds qu'il peut prêter ou placer.

À ne pas confondre

  • Richesse — Un agent peut être en capacité une année sans être riche : c'est un solde de flux annuel, pas un patrimoine.

Selon l'époque et le point de vue — Solde du compte de capital dans la comptabilité nationale ; les ménages français en dégagent chaque année dans l'ensemble.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour identifier l'offre sur le marché des fonds prêtables. Faute : l'attribuer à tous les ménages, alors que c'est vrai globalement.

Besoin de financement

Situation d'un agent dont l'investissement dépasse l'épargne : il doit emprunter ou émettre des titres.

À ne pas confondre

  • Difficulté financière — Un besoin de financement n'est pas un signe de mauvaise gestion : une entreprise en croissance qui investit beaucoup en a un.

Selon l'époque et le point de vue — Situation habituelle des sociétés non financières et des administrations publiques françaises depuis le milieu des années 1970.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour identifier la demande de fonds. Faute : conclure qu'un agent en besoin est « en faillite ».

Autofinancement

Financement de l'investissement par les ressources propres de l'agent (épargne brute). Taux d'autofinancement = épargne brute / FBCF × 100.

À ne pas confondre

  • Fonds propres — Les fonds propres incluent aussi le capital apporté par les actionnaires, qui est un financement externe.

Selon l'époque et le point de vue — Mode de financement privilégié des entreprises familiales du XIXe siècle, encore majoritaire pour de nombreuses PME.

Ce que le mot permet d'écrire — Première partie naturelle d'un sujet sur le financement des entreprises. Faute : le présenter comme gratuit (coût d'opportunité).

Financement direct (désintermédié)

Financement externe dans lequel l'agent à besoin émet des titres (actions, obligations) achetés directement par les agents à capacité sur le marché financier.

À ne pas confondre

  • Financement intermédié — Dans le financement intermédié, une banque s'interpose et porte le risque ; dans le financement direct, l'épargnant le porte lui-même.

Selon l'époque et le point de vue — Se développe en France à partir des années 1980 (second marché 1983, loi bancaire 1984, MATIF 1986) : c'est la désintermédiation.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer le financement des grandes entreprises et de l'État. Faute : dire que les PME s'y financent principalement.

Financement intermédié (indirect)

Financement externe par l'intermédiaire d'une institution financière, surtout une banque, qui accorde un crédit et en supporte le risque.

À ne pas confondre

  • Financement direct — L'emprunteur ne connaît pas les épargnants : il n'a affaire qu'à sa banque.

Selon l'époque et le point de vue — Dominant en France des années 1950 aux années 1970 : on parle d'« économie d'endettement », selon une distinction reprise de John Hicks (1974).

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les ménages et les PME. Faute : traiter ici la création monétaire, qui relève du chapitre suivant.

Action

Titre de propriété représentant une part du capital d'une société. Il donne droit à un dividende variable et à un droit de vote ; il n'est jamais remboursé.

À ne pas confondre

  • Obligation — L'obligation est un titre de créance : l'obligataire est un prêteur, non un propriétaire.

Selon l'époque et le point de vue — Liée à la société anonyme, dont la loi du 24 juillet 1867 libère la création en France.

Ce que le mot permet d'écrire — Financement direct par augmentation de capital. Faute : dire que l'action rapporte un intérêt fixe.

Obligation

Titre de créance représentant une part d'un emprunt. Elle rapporte un intérêt (coupon) prévu à l'émission et est remboursée à l'échéance ; elle ne donne pas de droit de vote.

À ne pas confondre

  • Crédit bancaire — Les deux sont des dettes, mais l'obligation est négociable sur un marché et souscrite par de nombreux prêteurs.

Selon l'époque et le point de vue — Utilisée par les compagnies de chemin de fer du XIXe siècle ; l'État français émet des OAT depuis les années 1980 et, depuis 2001, par l'Agence France Trésor.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour le financement des grandes entreprises et de l'État. Faute : croire que son prix en Bourse ne varie pas.

Marché financier

Marché des capitaux à long terme où s'émettent (marché primaire) et s'échangent (marché secondaire, la Bourse) les actions et les obligations.

À ne pas confondre

  • Marché secondaire — Seul le marché primaire apporte des fonds nouveaux à l'émetteur ; le secondaire assure la liquidité des titres.

Selon l'époque et le point de vue — La Bourse de Paris existe depuis le XVIIIe siècle ; les réformes des années 1980 l'ouvrent et la modernisent.

Ce que le mot permet d'écrire — Cadre du financement direct. Faute : dire qu'une hausse du cours en Bourse finance l'entreprise.

Taux d'intérêt

Prix du crédit : rapport, pour une année, entre l'intérêt payé et la somme empruntée. Coût pour l'emprunteur, rémunération pour le prêteur.

À ne pas confondre

  • Taux réel — Le taux réel est approximativement le taux nominal diminué du taux d'inflation.

Selon l'époque et le point de vue — Le prêt à intérêt, condamné sous le nom d'usure, est autorisé en France en octobre 1789 puis encadré par le Code civil (1804) et la loi de 1807.

Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur de la question « à quel prix se finance-t-on ? ». Faute : oublier la prime de risque et la durée.

Marché des fonds prêtables

Marché théorique où se rencontrent l'offre de fonds des agents à capacité et la demande des agents à besoin ; le taux d'intérêt en est le prix d'équilibre.

À ne pas confondre

  • Marché monétaire — Le marché monétaire est un marché réel de capitaux à court terme ; le marché des fonds prêtables est un modèle.

Selon l'époque et le point de vue — Modèle de l'analyse classique et néoclassique, contesté par Keynes en 1936.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer pourquoi le taux d'intérêt est un prix. Faute : le présenter comme un lieu physique.

Solde budgétaire

Différence entre les recettes (fiscales et non fiscales) et les dépenses de l'État sur une année. Négatif : déficit ; positif : excédent.

À ne pas confondre

  • Solde public — Le solde public porte sur l'ensemble des administrations publiques, pas seulement l'État.

Selon l'époque et le point de vue — Fixé chaque année par la loi de finances (article 34 de la Constitution de 1958) ; aucun budget de l'État n'a été voté en équilibre depuis 1974.

Ce que le mot permet d'écrire — Point de départ de tout sujet sur la dette. Faute : oublier les recettes non fiscales.

Déficit public

Solde négatif des administrations publiques sur une année, souvent exprimé en pourcentage du PIB (5,8 % en France en 2024 selon l'INSEE). C'est un flux.

À ne pas confondre

  • Solde primaire — Le solde primaire exclut la charge d'intérêts : un État peut avoir un déficit total mais un solde primaire équilibré.

Selon l'époque et le point de vue — Le traité de Maastricht (1992) fixe une valeur de référence de 3 % du PIB.

Ce que le mot permet d'écrire — Il mesure le besoin de financement des APU. Faute : le confondre avec la dette.

Dette publique

Montant total des emprunts des administrations publiques non encore remboursés à une date donnée : 3 305 milliards d'euros, soit 113 % du PIB, fin 2024 en France. C'est un stock.

À ne pas confondre

  • Déficit public — Le déficit alimente la dette chaque année ; la dette résulte de l'accumulation des déficits passés.

Selon l'époque et le point de vue — Maastricht (1992) fixe une valeur de référence de 60 % du PIB ; la dette française dépasse 100 % du PIB depuis 2020.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour les sujets sur l'État et le financement. Faute : dire qu'une baisse du déficit fait baisser la dette.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Flux / stock

Un flux se mesure sur une période (épargne, investissement, déficit) ; un stock à une date (patrimoine, dette).

Ce qu'il débloque — Indispensable pour relier déficit et dette sans contresens.

Exemple — Sur le sujet « Vous montrerez que le déficit public accroît la dette publique », il permet de construire tout le raisonnement : le flux annuel vient grossir le stock.

Capacité / besoin de financement

Les deux soldes possibles de la comparaison entre épargne et investissement.

Ce qu'il débloque — Permet d'identifier qui prête et qui emprunte dans l'économie.

Exemple — Sur le sujet « Comment les agents économiques se financent-ils ? », il permet d'ouvrir la copie en situant les ménages d'un côté, les entreprises et l'État de l'autre.

Interne / externe

Financement par ses propres ressources, ou par celles d'autres agents.

Ce qu'il débloque — Fournit la première grande division d'un plan sur le financement des entreprises.

Exemple — Sur le sujet « Comment les entreprises financent-elles leurs investissements ? », il permet de partir de l'autofinancement avant d'examiner ses limites.

Direct / intermédié

Émission de titres sur les marchés, ou crédit accordé par une banque.

Ce qu'il débloque — Subdivise le financement externe et permet de dater la désintermédiation.

Exemple — Sur le sujet « Les banques sont-elles encore indispensables au financement de l'économie ? », il permet de confronter PME et grandes entreprises.

Propriété / créance

L'actionnaire est copropriétaire ; l'obligataire et la banque sont créanciers.

Ce qu'il débloque — Clarifie droits, revenus et risques de chaque titre.

Exemple — Sur une question « Distinguez action et obligation », il permet une réponse en trois critères : revenu, remboursement, pouvoir.

Coût / rémunération

Les deux faces du taux d'intérêt, selon qu'on emprunte ou qu'on prête.

Ce qu'il débloque — Montre qu'un même taux a des effets opposés sur les épargnants et les investisseurs.

Exemple — Sur le sujet « Expliquez pourquoi le taux d'intérêt est un prix », il permet de présenter l'offre et la demande de fonds.

Nominal / réel

Le taux affiché, ou le taux corrigé de l'inflation.

Ce qu'il débloque — Évite de juger le coût d'un crédit sans tenir compte de la hausse des prix.

Exemple — Sur une question de calcul, il permet d'établir qu'un prêt à 4 % avec 5 % d'inflation a un taux réel d'environ −1 %.

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