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Comment les agents économiques se financent-ils ?

Épargne, capacité et besoin de financement, financement interne et externe, taux d'intérêt, déficit et dette publics (spécialité SES de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d' en première sur « Comment les agents économiques se financent-ils ? » suit le programme officiel d' de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Épargne et investissement : capacité ou besoin de financement, Le financement interne : l'autofinancement, Le financement externe direct : actions et obligations, Le financement externe indirect : l'intermédiation bancaire. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en .

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Le déficit et la dette des administrations publiques en France

Facile

Tableau statistique · D'après INSEE, comptes nationaux des administrations publiques (Informations rapides du 26 mars 2025 et séries longues), 2025 ; valeurs antérieures à 2023 arrondies.

L'INSEE publie chaque année, fin mars, les comptes des administrations publiques de l'année écoulée, que la France transmet à la Commission européenne. Ces chiffres nourrissent le débat budgétaire au Parlement.

AnnéeSolde public (en % du PIB)Dette publique (en % du PIB)
2007environ −3environ 65
2009environ −7environ 80
2020environ −9environ 115
2023−5,4109,8
2024−5,8113,0

Champ : ensemble des administrations publiques (État, collectivités territoriales, administrations de sécurité sociale), dette au sens de Maastricht. Fin 2024, la dette publique s'élève à 3 305 milliards d'euros. Les séries sont régulièrement révisées par l'INSEE.

Après avoir présenté le document, vous montrerez comment le déficit public se traduit par une hausse de la dette publique.

  1. Présentez le document (nature, source, champ, unités).
  2. Rédigez une phrase donnant le sens des deux données de 2024.
  3. Comparez 2007 et 2024 : quelles évolutions observez-vous ?
  4. Expliquez pourquoi la dette augmente chaque année sur la période.
  5. Situez la France par rapport aux valeurs de référence du traité de Maastricht.
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'un tableau statistique construit d'après les comptes nationaux de l'INSEE, publiés en mars 2025. Il porte sur l'ensemble des administrations publiques françaises et présente, pour cinq années entre 2007 et 2024, le solde public et la dette publique, tous deux exprimés en pourcentage du PIB, ce qui permet de comparer des années où la production n'a pas le même montant.

2. Selon l'INSEE, en 2024, les dépenses des administrations publiques ont dépassé leurs recettes d'un montant équivalent à 5,8 % du PIB, et la dette publique représentait, fin 2024, 113 % du PIB, soit 3 305 milliards d'euros.

3. Le solde est négatif chaque année : les administrations publiques sont toujours en déficit. Ce déficit s'est creusé lors des crises, d'environ 3 % du PIB en 2007 à environ 7 % en 2009 et 9 % en 2020, et reste en 2024 (5,8 %) presque deux fois supérieur à son niveau de 2007. La dette a presque doublé en proportion du PIB, passant d'environ 65 % à 113 %.

4. Un déficit est un besoin de financement : les administrations publiques ne pouvant s'autofinancer, elles empruntent, notamment en émettant des obligations (OAT) sur les marchés. Chaque emprunt s'ajoute au stock de dette. Le déficit est un flux annuel, la dette un stock : tant que le solde est négatif, la dette augmente. Ainsi, entre fin 2023 et fin 2024, le déficit de 5,8 % du PIB explique l'essentiel de la hausse du ratio de 109,8 % à 113 %. Le ratio dépend aussi du PIB : en 2020, le recul de la production a fait monter le ratio en plus du déficit.

5. Le traité de Maastricht (1992) retient des valeurs de référence de 3 % du PIB pour le déficit et 60 % pour la dette. En 2024, la France les dépasse nettement : son déficit est près de deux fois supérieur au seuil et sa dette près de deux fois supérieure à la référence. Même en 2007, la dette dépassait déjà 60 % du PIB.

Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau en pourcentage du PIB, relier un flux (le déficit) à un stock (la dette) et comparer à une norme.

Document 2 — Le prêt à intérêt dans le droit français au début du XIXe siècle

Moyen

Extraits de textes juridiques · Code civil des Français, 1804, livre III, titre X « Du prêt », articles 1905 et 1907 ; loi du 3 septembre 1807 sur le taux de l'intérêt de l'argent, articles 1 et 2.

Pendant des siècles, le prêt à intérêt a été condamné sous le nom d'usure ; l'Assemblée constituante l'autorise en octobre 1789. Le Code civil de Napoléon Bonaparte (1804) en fixe le cadre, que la loi de 1807 complète par des plafonds.

Code civil (1804)

Article 1905 : « Il est permis de stipuler des intérêts pour simple prêt soit d'argent, soit de denrées, ou autres choses mobilières. »

Article 1907 : « L'intérêt est légal ou conventionnel. L'intérêt légal est fixé par la loi. L'intérêt conventionnel peut excéder celui de la loi, toutes les fois que la loi ne le prohibe pas. Le taux de l'intérêt conventionnel doit être fixé par écrit. »

Loi du 3 septembre 1807

Article 1er : « L'intérêt conventionnel ne pourra excéder, en matière civile, cinq pour cent, ni, en matière de commerce, six pour cent, le tout sans retenue. »

Article 2 : « L'intérêt légal sera, en matière civile, de cinq pour cent, et en matière de commerce, de six pour cent, aussi sans retenue. »

En vous appuyant sur le document, vous montrerez que le taux d'intérêt est le prix du crédit, et que ce prix peut être encadré.

  1. Présentez les deux textes.
  2. Que signifie « stipuler des intérêts » ? En quoi l'article 1905 fait-il de l'intérêt un prix ?
  3. Distinguez intérêt légal et intérêt conventionnel.
  4. Pourquoi la loi de 1807 fixe-t-elle un plafond, et pourquoi est-il plus élevé en matière de commerce ?
  5. Montrez que la question de l'encadrement du taux d'intérêt reste d'actualité.
Voir la réponse rédigée

1. Le document réunit deux textes juridiques français du début du XIXe siècle : deux articles du Code civil de 1804, consacrés au prêt, et les deux premiers articles de la loi du 3 septembre 1807. Ils fixent les règles du prêt à intérêt entre particuliers et entre commerçants, quinze ans après son autorisation par l'Assemblée constituante.

2. « Stipuler des intérêts », c'est prévoir dans le contrat de prêt que l'emprunteur versera au prêteur une somme en plus du capital remboursé. L'article 1905 rend licite ce paiement pour « simple prêt » d'argent : prêter devient un service qui se paie. Le taux d'intérêt est donc le prix de ce service, c'est-à-dire le prix du crédit : un coût pour l'emprunteur, une rémunération pour le prêteur, qui renonce à disposer de son argent et prend le risque de ne pas être remboursé.

3. L'intérêt légal est « fixé par la loi » : il s'applique lorsque la loi prévoit des intérêts sans que les parties en aient convenu. L'intérêt conventionnel est celui que prêteur et emprunteur négocient librement ; il doit être « fixé par écrit » et peut dépasser l'intérêt légal, sauf interdiction. Le premier est donc administré, le second résulte de l'accord entre offreur et demandeur de fonds.

4. La loi de 1807 plafonne l'intérêt conventionnel à « cinq pour cent » en matière civile et « six pour cent » en matière de commerce. Le législateur entend protéger l'emprunteur en position de faiblesse contre des taux abusifs, héritage de la condamnation de l'usure. Le plafond est plus élevé pour le commerce parce que le prêt y finance une activité productive, plus risquée, dont le profit permet de payer davantage : le prix du crédit intègre une prime de risque.

5. La limitation de 1807 a été supprimée en matière commerciale à la fin du XIXe siècle, mais le principe d'un plafond demeure : depuis la loi du 28 décembre 1966, le taux d'usure fixe le taux maximal d'un crédit en France. Le débat oppose la protection des emprunteurs fragiles au risque d'exclure du crédit ceux dont le risque justifierait un taux plus élevé.

Ce que cette analyse apprend — Présenter un texte juridique ancien, expliquer ses termes techniques et relier son contenu à une notion économique actuelle.

Document 3 — Le taux d'emprunt de l'État français à dix ans depuis 1990

Moyen

Graphique (courbe), décrit · Graphique construit d'après Banque de France, Webstat, série du rendement de l'OAT à 10 ans, moyennes annuelles 1990-2024, 2025 ; valeurs arrondies.

L'État finance son déficit en émettant des OAT, placées par l'Agence France Trésor auprès d'investisseurs français et étrangers. Leur taux mesure le coût de ses nouveaux emprunts à long terme.

Le graphique est une courbe unique. En abscisse, les années de 1990 à 2024 ; en ordonnée, le taux de rendement des obligations assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, en pourcentage, de −1 % à 11 %. Une ligne horizontale marque le niveau 0 %.

Ordres de grandeur lisibles sur la courbe (moyennes annuelles arrondies) :

Année199020002010202020232024
Taux de l'OAT à 10 ansenviron 10 %environ 5,5 %environ 3 %légèrement négatif (environ −0,1 %)environ 3 %environ 3 %

La courbe descend de façon presque continue de 1990 à 2020, passe sous 0 % au second semestre 2019 et en 2020, puis remonte nettement en 2022 et 2023. La légende précise : « OAT : obligation émise par l'État français pour financer son déficit ; le rendement correspond au taux auquel l'État emprunte sur le marché ».

À l'aide du document, vous montrerez que le coût de l'endettement public dépend du taux d'intérêt fixé sur les marchés.

  1. Présentez le document et rédigez une phrase avec la donnée de 2000.
  2. Décrivez l'évolution d'ensemble de 1990 à 2024.
  3. Que signifie, pour l'État et pour ses prêteurs, un taux légèrement négatif en 2020 ?
  4. Expliquez pourquoi la remontée des taux depuis 2022 pèse sur les finances publiques, même si elle ne concerne pas toute la dette immédiatement.
Voir la réponse rédigée

1. Ce graphique, construit d'après les séries de la Banque de France, présente l'évolution de 1990 à 2024 du taux de rendement moyen annuel des OAT à 10 ans, c'est-à-dire du taux auquel l'État français emprunte pour dix ans. En 2000, l'État empruntait à dix ans à un taux d'environ 5,5 % par an : pour 100 € empruntés, il versait environ 5,5 € d'intérêts chaque année.

2. La tendance est d'abord à une forte baisse : le taux passe d'environ 10 % en 1990 à environ 5,5 % en 2000, 3 % en 2010, puis devient légèrement négatif en 2020. La courbe remonte ensuite nettement à partir de 2022 pour revenir autour de 3 % en 2023 et 2024, un niveau comparable à celui de 2010.

3. Un taux négatif signifie qu'en achetant une OAT et en la conservant jusqu'à l'échéance, le prêteur récupère un peu moins que ce qu'il a versé : c'est l'État qui est, en quelque sorte, rémunéré pour emprunter. Les prêteurs l'acceptent parce qu'ils recherchent un placement jugé très sûr et facile à revendre : la prime de risque demandée à l'État français est très faible. Pour l'État, le coût des nouveaux emprunts est alors presque nul.

4. Le taux d'intérêt est le prix du crédit : plus il est élevé, plus la charge d'intérêts augmente pour un même montant emprunté. Or l'État emprunte chaque année, à la fois pour financer son nouveau déficit et pour rembourser les titres arrivés à échéance. Ces nouveaux emprunts se font au taux du moment, environ 3 % en 2023-2024 contre presque 0 % en 2020. La hausse se diffuse donc progressivement à l'ensemble de la dette, à mesure que les anciens titres sont remplacés. La charge d'intérêts s'ajoute aux dépenses et peut creuser le déficit : c'est le risque d'effet boule de neige.

Ce que cette analyse apprend — Lire une courbe par ses ordres de grandeur, distinguer tendance et retournement, puis relier un prix (le taux) à un coût (la charge de la dette).

Document 4 — Adam Smith : à quoi sert l'argent prêté ?

Difficile

Extrait d'un ouvrage d'économie du XVIIIe siècle · Adam Smith, An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations (Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations), Londres, 1776, livre II, chapitre IV « Of Stock lent at Interest » ; traduction établie pour l'exercice.

Adam Smith (1723-1790), philosophe écossais, publie en 1776 l'ouvrage fondateur de l'économie politique classique. Il s'adresse aux gouvernants et au public cultivé britannique, à une époque où le prêt à intérêt est encore suspect et plafonné par la loi.

« Le fonds qui est prêté à intérêt est toujours regardé comme un capital par le prêteur. Il s'attend à ce qu'il lui soit restitué en temps voulu et à ce que, dans l'intervalle, l'emprunteur lui paie une certaine rente annuelle pour son usage. L'emprunteur peut l'employer soit comme un capital, soit comme un fonds réservé à la consommation immédiate. S'il l'emploie comme un capital, il l'emploie à l'entretien de travailleurs productifs, qui en reproduisent la valeur avec un profit. Il peut, dans ce cas, à la fois restituer le capital et payer l'intérêt sans aliéner ni entamer aucune autre source de revenu. S'il l'emploie comme un fonds réservé à la consommation immédiate, il agit en prodigue et dissipe dans l'entretien des oisifs ce qui était destiné à l'entretien des travailleurs. Il ne peut, dans ce cas, ni restituer le capital ni payer l'intérêt sans aliéner ou entamer quelque autre source de revenu, telle que la propriété ou la rente de la terre. »

Après avoir présenté le document, vous montrerez que la capacité d'un emprunteur à rembourser dépend de l'usage qu'il fait des fonds empruntés.

  1. Présentez le document.
  2. Comment Smith définit-il l'intérêt ? Reformulez avec le vocabulaire actuel.
  3. Quelles sont les deux utilisations possibles d'un prêt ? Montrez que l'une seulement permet de rembourser sans difficulté.
  4. Transposez le raisonnement au cas d'un ménage et d'une entreprise d'aujourd'hui.
  5. Discutez : le raisonnement de Smith peut-il s'appliquer à l'endettement de l'État ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un extrait des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, publiées à Londres en 1776 par Adam Smith, fondateur de l'économie politique classique. Dans ce chapitre consacré aux fonds prêtés à intérêt, Smith se demande à quelle condition un emprunteur peut rembourser son prêteur.

2. Pour Smith, l'intérêt est une « rente annuelle » que l'emprunteur paie au prêteur « pour son usage » : c'est le prix payé pour disposer temporairement d'une somme qui ne lui appartient pas. Dans le vocabulaire actuel, le taux d'intérêt est le prix du crédit : un coût pour l'emprunteur et une rémunération pour le prêteur, qui considère la somme prêtée comme « un capital » dont il attend un revenu et la restitution.

3. Smith distingue l'emploi du prêt « comme un capital » et son emploi comme « un fonds réservé à la consommation immédiate ». Dans le premier cas, l'argent sert à faire travailler des « travailleurs productifs » qui reproduisent sa valeur « avec un profit » : le projet dégage lui-même de quoi rembourser et payer l'intérêt. Dans le second, l'emprunteur agit « en prodigue » : la somme est détruite par la consommation, et il doit, pour rembourser, « entamer quelque autre source de revenu ». Seul l'emprunt qui finance un investissement productif porte en lui les moyens de son remboursement.

4. Une entreprise qui emprunte pour acheter une machine rembourse grâce aux recettes supplémentaires que la machine permet de produire, à condition que sa rentabilité dépasse le taux d'intérêt. Un ménage qui emprunte pour partir en vacances rembourse sur ses revenus futurs, qu'il devra amputer ; s'il emprunte pour acheter un logement, il acquiert un bien durable qui remplace un loyer. Le raisonnement de Smith éclaire donc la différence entre crédit à la consommation et crédit d'investissement.

5. Le raisonnement fonde la « règle d'or » des finances publiques : n'emprunter que pour investir, parce qu'un réseau de transport ou un effort de recherche peut accroître la production et les recettes fiscales futures. Il a cependant des limites. Les dépenses publiques utiles ne dégagent pas toujours de recettes directes (éducation, santé), et un État ne rembourse pas sa dette comme un particulier : il la renouvelle en réempruntant. Enfin, un déficit de crise, comme en 2009 ou en 2020, finance surtout des dépenses courantes mais peut éviter une chute plus grave de la production.

Ce que cette analyse apprend — Expliquer un texte ancien en reformulant ses notions dans le vocabulaire actuel, puis en discuter la portée avec des exemples contemporains.

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