À propos de cette page
Ce cours d' en première sur « Comment les agents économiques se financent-ils ? » suit le programme officiel d' de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Épargne et investissement : capacité ou besoin de financement, Le financement interne : l'autofinancement, Le financement externe direct : actions et obligations, Le financement externe indirect : l'intermédiation bancaire. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Dissertation : comment les entreprises financent-elles leurs investissements ?
Analyse des termes — Les entreprises désignent ici les sociétés non financières ; l'investissement est la formation brute de capital fixe (machines, bâtiments, logiciels), et « se financer » consiste à réunir les ressources qui couvrent cette dépense. Le sujet invite à recenser les modes de financement, internes et externes, et à expliquer ce qui oriente les choix, en France depuis les années 1950, avec le tournant de la désintermédiation des années 1980.
Problématique — Pourquoi les entreprises combinent-elles leurs ressources propres, le crédit bancaire et les marchés financiers, et qu'est-ce qui détermine la place de chacun de ces modes de financement ?
Introduction rédigéeEn 1867, la loi du 24 juillet permet de créer en France une société anonyme sans autorisation de l'État : les entreprises peuvent désormais réunir des capitaux en vendant des actions à un large public. Un siècle et demi plus tard, une start-up, une PME familiale et un grand groupe coté ne se financent pourtant pas de la même manière. Investir, c'est acquérir des biens de production durables, ce que la comptabilité nationale appelle la formation brute de capital fixe : machines, bâtiments, logiciels. Se financer, c'est réunir les ressources qui couvrent cette dépense, soit en utilisant son épargne propre (financement interne), soit en faisant appel à d'autres agents (financement externe), directement sur les marchés financiers ou par l'intermédiaire d'une banque. Pourquoi les entreprises combinent-elles ces différentes ressources, et qu'est-ce qui détermine la place de chacune ? Nous verrons d'abord que l'autofinancement est le mode de financement privilégié, mais limité (I), puis que le crédit bancaire prend le relais lorsque l'épargne propre ne suffit pas (II), avant de montrer que les marchés financiers offrent, surtout aux grandes entreprises, un financement direct dont l'essor date des années 1980 (III).
I. L'autofinancement, un financement interne privilégié mais limité
- L'entreprise finance d'abord son investissement par son épargne brute, c'est-à-dire ses profits conservés.Taux d'autofinancement = épargne brute / FBCF × 100 : 3 M€ d'épargne pour 4 M€ d'investissement donnent 75 %.
- Ce mode préserve l'indépendance de l'entreprise : ni créancier, ni nouvel actionnaire, ni charge d'intérêts.Modèle des entreprises familiales du XIXe siècle, encore dominant dans beaucoup de PME.
- Il reste limité et n'est pas gratuit : il dépend des profits passés et a un coût d'opportunité.Une jeune entreprise sans profits ne peut presque pas s'autofinancer ; l'argent réinvesti aurait pu rapporter un intérêt s'il avait été placé.
II. Le crédit bancaire, un financement externe intermédié
- Quand l'épargne propre ne suffit pas, l'entreprise en besoin de financement emprunte auprès d'une banque.Besoin de financement = investissement − épargne : 1 M€ dans l'exemple précédent.
- La banque sélectionne l'emprunteur, mutualise les risques et transforme les échéances : elle rend le financement accessible aux PME.Réduction de l'asymétrie d'information entre épargnants et emprunteurs ; économie d'endettement dominante en France des années 1950 aux années 1970.
- Ce financement a un prix, le taux d'intérêt, qui conditionne la rentabilité de l'investissement.Un projet rapportant 6 % est rentable avec un crédit à 3 %, plus à 7 %.
III. Les marchés financiers, un financement direct surtout accessible aux grandes entreprises
- L'émission d'actions apporte des fonds propres jamais remboursés, au prix d'une dilution du pouvoir.La loi du 24 juillet 1867 libère la création des sociétés anonymes ; l'actionnaire reçoit un dividende variable et vote en assemblée générale.
- L'émission d'obligations permet d'emprunter directement auprès des épargnants sans céder le contrôle.Coupon prévu à l'émission et remboursement à l'échéance ; aucun droit de vote pour l'obligataire.
- La désintermédiation des années 1980 a élargi ce financement, sans faire disparaître le crédit pour les PME.Second marché (1983), loi bancaire (1984), MATIF (1986) : les « 3 D » décrits par Henri Bourguinat.
Conclusion rédigéeLes entreprises financent leurs investissements d'abord par leurs propres ressources, qui préservent leur indépendance mais dépendent des profits passés, puis, pour couvrir leur besoin de financement, par le crédit bancaire ou par l'émission d'actions et d'obligations. Le choix entre ces modes dépend de la taille de l'entreprise, de son accès à l'information des prêteurs, de sa volonté de garder le contrôle et du prix du financement, c'est-à-dire du taux d'intérêt. Depuis les années 1980, la désintermédiation a donné plus de place aux marchés, sans supprimer le rôle des banques pour les PME. Reste à comprendre comment les banques peuvent accorder ces crédits : c'est la question de la création monétaire, qui fait l'objet du chapitre suivant.
Le piège — Réciter une liste de modes de financement sans expliquer ce qui guide le choix de l'entreprise, ou confondre action (titre de propriété) et obligation (titre de créance).
Sujet 2 — Épreuve composée, troisième partie (raisonnement) : vous montrerez que le financement des déficits publics par l'emprunt accroît la dette publique.
Analyse des termes — Le déficit public est l'excédent des dépenses sur les recettes des administrations publiques sur une année (un flux) ; la dette publique est le montant total de leurs emprunts non remboursés à une date donnée (un stock). Le sujet demande un raisonnement démonstratif, sans discussion : il faut enchaîner le mécanisme du déficit, son financement par l'emprunt et l'accumulation de la dette, en France depuis 1974.
Problématique — Par quel enchaînement le déficit des administrations publiques, financé par l'emprunt, vient-il grossir le stock de la dette publique ?
Introduction rédigéeDepuis le budget de 1974, aucun budget de l'État français n'a été voté en équilibre : chaque année, les administrations publiques dépensent plus qu'elles ne perçoivent. En 2024, selon l'INSEE, leur déficit atteint 5,8 % du PIB et leur dette 3 305 milliards d'euros. Le déficit public est l'écart, sur une année, entre les dépenses et les recettes de l'État, des collectivités territoriales et des administrations de sécurité sociale : c'est un flux. La dette publique est le montant total des emprunts qu'elles n'ont pas encore remboursés à une date donnée : c'est un stock. Par quel enchaînement le déficit, financé par l'emprunt, vient-il grossir la dette publique ? Nous verrons que le déficit constitue un besoin de financement des administrations publiques (I), que ce besoin est couvert par l'émission de titres sur les marchés financiers (II), et que les déficits successifs s'accumulent ainsi dans une dette dont la charge d'intérêts entretient à son tour le déficit (III).
I. Le déficit public, un besoin de financement des administrations publiques
- Le solde budgétaire est la différence entre les recettes (fiscales et non fiscales) et les dépenses ; négatif, c'est un déficit.Recettes fiscales : TVA, impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés ; recettes non fiscales : dividendes des participations, redevances, amendes.
- En France, les administrations publiques sont en déficit chaque année depuis le milieu des années 1970.Dernier budget de l'État voté en équilibre en 1974 ; déficit public de 5,8 % du PIB en 2024 (INSEE).
- Le déficit se creuse lors des crises, quand les recettes baissent et que les dépenses de soutien augmentent.Environ 7 % du PIB en 2009 et environ 9 % en 2020.
II. Un besoin couvert par l'emprunt sur les marchés financiers
- Ne pouvant s'autofinancer, l'État émet des titres de dette achetés par les agents à capacité de financement.L'Agence France Trésor, créée en 2001, émet des OAT (moyen et long terme) et des BTF (moins d'un an).
- Les prêteurs sont des épargnants français et étrangers qui recherchent un placement jugé sûr.Assureurs, fonds de placement, banques, investisseurs étrangers ; la prime de risque exigée de l'État français est faible.
- Chaque emprunt a un prix, le taux d'intérêt, qui détermine la charge future.Taux de l'OAT à 10 ans : environ 10 % en 1990, légèrement négatif en 2020, environ 3 % en 2023-2024.
III. La dette publique, un stock alimenté par les déficits successifs
- Chaque déficit financé par l'emprunt s'ajoute à la dette : dette de fin d'année = dette de début d'année + déficit.Dette publique de 3 305 milliards d'euros fin 2024, soit 113 % du PIB, contre environ 65 % en 2007.
- Les intérêts de la dette s'ajoutent aux dépenses et entretiennent le déficit : c'est l'effet boule de neige.Le solde primaire exclut la charge d'intérêts ; l'effet joue quand le taux d'intérêt dépasse la croissance du PIB.
- Le ratio dette / PIB augmente d'autant plus que le PIB ralentit ou recule.En 2020, le déficit se creuse et le PIB recule : la dette passe d'environ 98 % à environ 115 % du PIB.
Conclusion rédigéeLe déficit public est un besoin de financement que les administrations publiques ne peuvent couvrir par leurs propres ressources : l'État emprunte donc sur les marchés, auprès des agents à capacité de financement, et chaque emprunt vient grossir le stock de la dette. Ce stock engendre des intérêts qui alourdissent les dépenses suivantes, si bien qu'un déficit persistant tend à s'auto-entretenir, surtout lorsque les taux d'intérêt remontent. La dette française est ainsi passée d'environ 65 % du PIB en 2007 à 113 % en 2024. La question de sa soutenabilité reste ouverte : elle dépend de l'usage des fonds empruntés, du niveau des taux d'intérêt et de la croissance future, sur lesquels les économistes débattent.
Le piège — Confondre déficit et dette, et affirmer qu'une baisse du déficit fait baisser la dette, alors qu'un déficit, même réduit, continue de l'augmenter ; ou sortir du sujet en discutant longuement si la dette est « bonne » ou « mauvaise » dans un raisonnement qui demande de montrer.