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Comment l'assurance et la protection sociale contribuent-elles à la gestion des risques dans les sociétés développées ?

Risques sociaux, mutualisation, aléa moral et sélection adverse, assurance et protection sociale (spécialité SES de 1re)

À propos de cette page
Ce QCM sur « Comment l'assurance et la protection sociale contribuent-elles à la gestion des risques dans les sociétés développées ? » en première teste tes connaissances en de manière interactive. Les questions, classées par niveau (facile, moyen, difficile), respectent le programme officiel de première. Au programme : Des risques multiples qui menacent les revenus et le bien-être, Face au risque : aversion, prévention, épargne et solidarités, L'assurance : mutualiser les risques grâce à la loi des grands nombres, Les limites de l'assurance : aléa moral et sélection adverse. À chaque réponse, une explication détaillée t'aide à comprendre tes erreurs et à mémoriser l'essentiel. Idéal pour s'auto-évaluer rapidement, réviser avant un contrôle ou consolider ses acquis. Quiz gratuit conçu par un professeur particulier à Marseille pour progresser en en première.

Choisis ton niveau. Questions et réponses mélangées à chaque partie. Bonne chance !

Les 24 questions du QCM en version texte

Pour réviser sans écran ou imprimer : chaque question avec ses propositions ; la bonne réponse et son explication se déplient.

Niveau facile — 8 questions
  1. Qu'est-ce qui distingue le risque de l'incertitude selon Frank Knight (1921) ?

    • A. Le risque concerne les biens, l'incertitude les personnes
    • B. Le risque est collectif, l'incertitude est individuelle
    • C. Le risque est probabilisable, l'incertitude ne l'est pas
    • D. Le risque est certain, l'incertitude est aléatoire
    Réponse

    C. Le risque est probabilisable, l'incertitude ne l'est pas — Le risque peut être associé à une probabilité, ce qui le rend assurable ; l'incertitude, non. La distinction ne porte ni sur l'objet ni sur l'échelle du risque.

  2. La mutualisation des risques consiste à :

    • A. répartir le coût des sinistres de quelques-uns sur tous les assurés
    • B. faire payer à chaque assuré le coût exact de ses propres sinistres
    • C. transférer tous les risques des ménages vers l'État central
    • D. supprimer les risques grâce à des mesures de prévention obligatoires
    Réponse

    A. répartir le coût des sinistres de quelques-uns sur tous les assurés — Les primes de tous forment un fonds commun qui indemnise ceux qui subissent un sinistre. Faire payer à chacun ses propres sinistres, ce serait l'absence de mutualisation.

  3. En quelle année une ordonnance organise-t-elle la Sécurité sociale en France ?

    • A. 1898
    • B. 1928
    • C. 1958
    • D. 1945
    Réponse

    D. 1945 — Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 créent la Sécurité sociale. 1898 est l'année de la Charte de la mutualité, 1928 celle des premières assurances sociales, 1958 celle de l'Unédic.

  4. Le versement régulier qu'un assuré effectue à son assureur s'appelle :

    • A. la franchise
    • B. la prime
    • C. le sinistre
    • D. l'indemnité
    Réponse

    B. la prime — La prime (ou cotisation) est payée en échange de la garantie. Le sinistre est l'événement assuré, l'indemnité le versement de l'assureur, la franchise la part laissée à l'assuré.

  5. Quel chancelier fonde les premières assurances sociales obligatoires entre 1883 et 1889 ?

    • A. William Beveridge
    • B. Otto von Bismarck
    • C. Pierre Laroque
    • D. Franklin Roosevelt
    Réponse

    B. Otto von Bismarck — Bismarck crée en Allemagne l'assurance maladie (1883), accidents du travail (1884) et invalidité-vieillesse (1889). Beveridge est l'auteur du rapport britannique de 1942, Laroque l'architecte du plan français de 1945.

  6. Le revenu de solidarité active (RSA), en vigueur depuis 2009, relève de la logique :

    • A. d'assurance
    • B. de capitalisation
    • C. de mutualisation
    • D. d'assistance
    Réponse

    D. d'assistance — Le RSA est versé sans cotisation préalable, sous condition de ressources, et financé par l'impôt : c'est une prestation d'assistance.

  7. La part du dommage qui reste à la charge de l'assuré après un sinistre s'appelle :

    • A. la franchise
    • B. la cotisation
    • C. la prime pure
    • D. le bonus-malus
    Réponse

    A. la franchise — La franchise est déduite de l'indemnisation. Elle incite l'assuré à la prudence et limite l'aléa moral.

  8. Quel risque la branche autonomie de la Sécurité sociale, créée en 2020, couvre-t-elle ?

    • A. Le chômage de longue durée des seniors
    • B. Les accidents du travail et maladies professionnelles
    • C. La perte d'autonomie (âge, handicap)
    • D. Les charges de famille
    Réponse

    C. La perte d'autonomie (âge, handicap) — La loi du 7 août 2020 crée une cinquième branche consacrée à la perte d'autonomie liée à l'âge ou au handicap. Les accidents du travail ont leur propre branche depuis 1945 ; le chômage relève de l'Unédic.

Niveau moyen — 8 questions
  1. Pourquoi un individu averse au risque accepte-t-il de payer une prime supérieure à l'espérance de sa perte ?

    • A. Parce qu'il surestime toujours la probabilité réelle du sinistre qui le menace
    • B. Parce qu'il préfère une perte certaine modérée à une perte incertaine
    • C. Parce que la loi l'oblige à s'assurer pour tous ses biens
    • D. Parce que l'assureur ne réalise aucun bénéfice sur ce contrat
    Réponse

    B. Parce qu'il préfère une perte certaine modérée à une perte incertaine — L'aversion pour le risque est une préférence pour la certitude : l'individu paie un supplément (les chargements) pour ne plus courir le risque d'une grosse perte, sans avoir besoin de surestimer la probabilité.

  2. La loi des grands nombres permet à l'assureur :

    • A. d'empêcher la survenue des sinistres chez ses assurés
    • B. de connaître à l'avance quels assurés auront un sinistre
    • C. d'éliminer l'aléa moral de tous ses contrats d'assurance
    • D. de prévoir avec précision le coût total des sinistres
    Réponse

    D. de prévoir avec précision le coût total des sinistres — Sur un grand nombre de risques indépendants, la fréquence des sinistres se rapproche de leur probabilité : l'assureur ne sait pas qui sera touché, mais combien le seront.

  3. Un assuré qui, couvert contre le vol, ne ferme plus sa voiture à clé illustre :

    • A. l'aléa moral
    • B. la sélection adverse
    • C. l'aversion pour le risque
    • D. la loi des grands nombres
    Réponse

    A. l'aléa moral — Le comportement de l'assuré change après la signature du contrat, parce qu'il ne supporte plus le coût du vol : c'est l'aléa moral.

  4. Si un assureur fixe une prime unique fondée sur le risque moyen, sans connaître le risque de chacun :

    • A. les bons risques seront surreprésentés parmi l'ensemble de ses clients
    • B. l'aléa moral disparaîtra car tous paient le même prix
    • C. les mauvais risques seront surreprésentés parmi ses clients
    • D. la prime baissera d'année en année par la concurrence
    Réponse

    C. les mauvais risques seront surreprésentés parmi ses clients — Les bas risques trouvent la prime trop chère et partent, les hauts risques la trouvent avantageuse et restent : c'est la sélection adverse.

  5. Quelle différence sépare la cotisation d'assurance maladie obligatoire d'une prime d'assurance privée ?

    • A. La cotisation dépend de l'âge, la prime du revenu
    • B. La cotisation est facultative, la prime obligatoire
    • C. La cotisation est versée à l'État, la prime aux mutuelles
    • D. La cotisation dépend du revenu, la prime du risque
    Réponse

    D. La cotisation dépend du revenu, la prime du risque — L'assurance sociale fixe la contribution selon le revenu, quel que soit l'état de santé ; l'assureur privé tarifie selon le risque de l'assuré.

  6. Le système français de 1945 est souvent décrit comme un compromis parce qu'il :

    • A. vise la généralisation mais repose sur des cotisations
    • B. est financé par l'impôt mais géré par les assureurs privés
    • C. réserve l'assistance aux salariés de l'industrie
    • D. confie la retraite à l'État et la santé au marché
    Réponse

    A. vise la généralisation mais repose sur des cotisations — L'objectif est beveridgien (couvrir toute la population), les techniques sont bismarckiennes (cotisations sur les salaires, caisses gérées par les représentants des assurés).

  7. La complémentaire santé d'entreprise obligatoire, généralisée en 2016, limite la sélection adverse car :

    • A. elle interdit aux salariés de consulter un médecin trop souvent
    • B. elle supprime toute franchise pour les salariés
    • C. elle couvre tous les salariés, bons et mauvais risques
    • D. elle fixe la prime selon l'état de santé de chacun
    Réponse

    C. elle couvre tous les salariés, bons et mauvais risques — Un contrat collectif et obligatoire réunit tous les salariés dans un même groupe : les bons risques ne peuvent pas s'en retirer.

  8. Pourquoi les catastrophes naturelles sont-elles difficiles à assurer par le seul marché ?

    • A. Parce qu'elles sont parfaitement prévisibles chaque année
    • B. Parce que les sinistres touchent en même temps de nombreux assurés
    • C. Parce que les assurés y provoquent volontairement des dommages importants
    • D. Parce que l'État interdit aux assureurs de les couvrir
    Réponse

    B. Parce que les sinistres touchent en même temps de nombreux assurés — Ces risques sont corrélés : la loi des grands nombres ne joue plus. D'où le régime créé par la loi du 13 juillet 1982, avec surprime obligatoire et garantie de l'État.

Niveau difficile — 8 questions
  1. Laquelle de ces affirmations sur la mutualisation est un contresens ?

    • A. Elle suppose un grand nombre d'assurés exposés au même type de risque
    • B. Elle fonctionne mieux lorsque les risques sont indépendants entre eux
    • C. Elle existe dans l'assurance privée comme dans la Sécurité sociale
    • D. Elle implique que chacun récupère au moins ce qu'il a cotisé
    Réponse

    D. Elle implique que chacun récupère au moins ce qu'il a cotisé — La mutualisation fait payer les sinistres de quelques-uns par tous : beaucoup d'assurés versent des primes sans jamais être indemnisés. Ce n'est pas une perte, c'est le prix de la sécurité.

  2. La franchise et le ticket modérateur visent principalement à limiter :

    • A. la sélection adverse
    • B. l'aléa moral
    • C. la loi des grands nombres
    • D. le non-recours aux droits
    Réponse

    B. l'aléa moral — En laissant une part du coût à l'assuré, ils l'incitent à la prudence et à une consommation raisonnable. La franchise peut aussi servir à trier les risques, mais sa fonction principale est de contenir l'aléa moral.

  3. Dans le modèle de Rothschild et Stiglitz (1976), un contrat à franchise élevée et prime faible sert à :

    • A. punir les assurés qui ont déclaré un sinistre
    • B. réduire les frais de gestion de l'assureur
    • C. amener les bons risques à se révéler en le choisissant
    • D. garantir l'équilibre financier de la Sécurité sociale française
    Réponse

    C. amener les bons risques à se révéler en le choisissant — Les bas risques préfèrent ce contrat partiel et bon marché, les hauts risques la couverture complète : le choix du contrat révèle le type de l'assuré.

  4. Pourquoi une tarification très fine selon le risque individuel peut-elle affaiblir l'assurance ?

    • A. Elle réduit la mutualisation et exclut les hauts risques
    • B. Elle augmente l'aléa moral des assurés les plus prudents
    • C. Elle rend la loi des grands nombres enfin applicable
    • D. Elle transforme l'assurance privée en assistance publique
    Réponse

    A. Elle réduit la mutualisation et exclut les hauts risques — Plus la segmentation est fine, moins les risques sont mis en commun : les hauts risques paient très cher ou ne trouvent plus d'assureur, comme les emprunteurs malades avant la convention AERAS.

  5. Parmi ces prestations, laquelle relève d'une logique d'assurance (contributive) ?

    • A. Le revenu de solidarité active
    • B. L'allocation de solidarité aux personnes âgées
    • C. La pension de retraite du régime général
    • D. La complémentaire santé solidaire
    Réponse

    C. La pension de retraite du régime général — La pension de retraite dépend des cotisations versées et des salaires passés. Les trois autres sont versées sous condition de ressources : ce sont des prestations d'assistance.

  6. Selon Esping-Andersen (1990), la France appartient plutôt au régime :

    • A. libéral, centré sur l'assistance aux plus pauvres
    • B. conservateur-corporatiste, fondé sur l'emploi
    • C. social-démocrate, universel et financé par l'impôt
    • D. résiduel, laissant l'essentiel au marché privé
    Réponse

    B. conservateur-corporatiste, fondé sur l'emploi — Le système français, construit sur des cotisations liées au travail et des caisses professionnelles, relève du modèle conservateur-corporatiste, même s'il s'est universalisé depuis les années 1990.

  7. Quelle affirmation sur le financement de la protection sociale française est exacte ?

    • A. Elle est financée uniquement par des cotisations salariales versées
    • B. L'impôt n'y joue aucun rôle depuis les ordonnances de 1945
    • C. Les mutuelles en assurent la majeure partie du financement
    • D. La part des impôts affectés, dont la CSG, a crû depuis 1991
    Réponse

    D. La part des impôts affectés, dont la CSG, a crû depuis 1991 — Depuis la création de la CSG en 1991, le financement se fiscalise. Les cotisations restent un peu plus de la moitié des ressources, mais ne sont plus la seule source.

  8. Pourquoi l'assurance chômage est-elle mal prise en charge par des assureurs privés ?

    • A. Il frappe beaucoup d'actifs en même temps lors d'une crise
    • B. Il s'agit d'un risque certain pour l'ensemble des salariés
    • C. Il n'entraîne aucune perte de revenu mesurable pour l'assuré
    • D. Il relève de l'incertitude pure, jamais du risque probabilisable
    Réponse

    A. Il frappe beaucoup d'actifs en même temps lors d'une crise — Le chômage est un risque corrélé, qui augmente pour tous en récession : la loi des grands nombres ne protège plus l'assureur. S'y ajoutent aléa moral et sélection adverse ; d'où une assurance sociale obligatoire, l'Unédic, depuis 1958.

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