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Comment l'assurance et la protection sociale contribuent-elles à la gestion des risques dans les sociétés développées ?

Risques sociaux, mutualisation, aléa moral et sélection adverse, assurance et protection sociale (spécialité SES de 1re)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Comment l'assurance et la protection sociale contribuent-elles à la gestion des risques dans les sociétés développées ? » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Des risques multiples qui menacent les revenus et le bien-être, Face au risque : aversion, prévention, épargne et solidarités, L'assurance : mutualiser les risques grâce à la loi des grands nombres, Les limites de l'assurance : aléa moral et sélection adverse. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Risque

Événement futur et incertain, susceptible de causer un dommage, dont la probabilité de survenue peut être estimée.

À ne pas confondre

  • Incertitude — L'incertitude désigne une situation où l'on ne peut attribuer aucune probabilité aux événements possibles.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient de l'italien risco, employé dès le Moyen Âge par les marchands et assureurs maritimes. Frank Knight en donne la définition économique moderne en 1921.

Ce que le mot permet d'écrire — Point de départ de tout sujet du chapitre. Faute à éviter : employer « risque » pour un événement certain (vieillir n'est pas un risque ; la durée de la vieillesse l'est).

Incertitude

Situation dans laquelle les issues possibles ou leurs probabilités sont inconnues, si bien qu'aucun calcul actuariel n'est possible.

À ne pas confondre

  • Risque — Le risque est probabilisable, donc assurable ; l'incertitude ne l'est pas.

Selon l'époque et le point de vue — Distinction posée par Frank Knight dans Risk, Uncertainty and Profit (1921), reprise par Keynes en 1936.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à expliquer pourquoi certains événements (risques nouveaux, pandémie inédite) sont difficiles à assurer. Faute : en faire un synonyme de risque.

Aversion pour le risque

Attitude d'un individu qui préfère une situation certaine à une situation incertaine de même espérance mathématique.

À ne pas confondre

  • Goût du risque — L'individu qui aime le risque préfère la loterie à l'issue certaine : il joue au lieu de s'assurer.

Selon l'époque et le point de vue — L'idée remonte à Daniel Bernoulli (1738) ; elle est formalisée par la microéconomie de l'incertain au XXe siècle.

Ce que le mot permet d'écrire — Explique la demande d'assurance et l'acceptation d'une prime supérieure à la perte moyenne. Faute : juger ce comportement irrationnel.

Prévention

Ensemble des actions qui réduisent la probabilité de survenue d'un risque ou la gravité de ses conséquences.

À ne pas confondre

  • Indemnisation — L'indemnisation répare le dommage une fois survenu ; la prévention agit avant.

Selon l'époque et le point de vue — Elle prend une dimension publique avec l'hygiénisme du XIXe siècle, puis la sécurité routière (ceinture obligatoire hors agglomération en 1973).

Ce que le mot permet d'écrire — À mobiliser comme complément de l'assurance : l'assureur a intérêt à la prévention. Faute : croire qu'elle supprime le risque.

Épargne de précaution

Épargne constituée par un ménage pour faire face à une perte de revenu ou à une dépense imprévue : c'est une forme d'auto-assurance.

À ne pas confondre

  • Assurance — L'épargne de précaution est individuelle, sans mise en commun ; l'assurance mutualise les risques entre assurés.

Selon l'époque et le point de vue — Encouragée en France dès 1818 par la création des caisses d'épargne, pour inciter les classes populaires à la prévoyance.

Ce que le mot permet d'écrire — Montre les limites de la protection individuelle : elle suppose des revenus suffisants et ne couvre pas les gros sinistres.

Mutualisation des risques

Mise en commun des risques d'un grand nombre d'individus, les contributions de tous finançant l'indemnisation de ceux qui subissent un sinistre.

À ne pas confondre

  • Redistribution — La mutualisation transfère des ressources des non-sinistrés vers les sinistrés ; la redistribution transfère des plus aisés vers les plus modestes (programme de Terminale).

Selon l'époque et le point de vue — Pratiquée par les assurances maritimes, les confréries et les sociétés de secours mutuel ; au cœur des mutuelles reconnues en 1898.

Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale de tout sujet sur l'assurance. Faute : penser que chacun récupère ce qu'il a versé.

Loi des grands nombres

Loi statistique selon laquelle, sur un grand nombre d'événements indépendants, la fréquence observée se rapproche de la probabilité théorique.

À ne pas confondre

  • Mutualisation — La mutualisation est le principe d'organisation ; la loi des grands nombres est ce qui rend son coût prévisible.

Selon l'époque et le point de vue — Démontrée par Jacques Bernoulli dans l'Ars conjectandi, publié en 1713 ; elle fonde le calcul actuariel des assureurs.

Ce que le mot permet d'écrire — Explique pourquoi l'assureur a besoin de nombreux assurés et de risques indépendants. Faute : croire qu'elle prédit qui aura un sinistre.

Prime (ou cotisation) d'assurance

Somme versée par l'assuré à l'assureur en échange de sa garantie. La prime pure couvre le coût moyen du risque ; les chargements couvrent les frais et la marge.

À ne pas confondre

  • Cotisation sociale — La prime privée dépend du risque de l'assuré ; la cotisation sociale dépend de son revenu.

Selon l'époque et le point de vue — Le terme de cotisation est préféré par les mutuelles et la Sécurité sociale pour marquer leur caractère non lucratif.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans les calculs (prime pure = probabilité × coût du sinistre). Faute : oublier les chargements.

Franchise

Part du dommage qui reste à la charge de l'assuré, déduite de l'indemnisation.

À ne pas confondre

  • Prime — La prime est payée dans tous les cas ; la franchise seulement si un sinistre survient.

Selon l'époque et le point de vue — Clause ancienne de l'assurance de dommages ; en santé, les franchises médicales sur les boîtes de médicaments existent depuis 2008.

Ce que le mot permet d'écrire — Outil principal contre l'aléa moral, et moyen de séparer les assurés selon leur risque. Faute : l'associer à la sélection adverse seule.

Aléa moral

Modification du comportement de l'assuré après la signature du contrat (moins de prudence, plus de consommation), que l'assureur ne peut observer.

À ne pas confondre

  • Sélection adverse — La sélection adverse joue avant le contrat et porte sur une caractéristique cachée, non sur un comportement.

Selon l'époque et le point de vue — Expression (moral hazard) issue du vocabulaire des assureurs anglais, théorisée par Kenneth Arrow en 1963 à propos de l'assurance maladie.

Ce que le mot permet d'écrire — Justifie franchises, ticket modérateur, bonus-malus. Faute : y voir un jugement moral ; c'est une réaction aux incitations.

Sélection adverse

Situation dans laquelle l'assureur, ignorant le niveau de risque de chacun, attire surtout les hauts risques s'il pratique une prime moyenne.

À ne pas confondre

  • Segmentation — La segmentation est la réponse de l'assureur qui tarifie selon des critères observables (âge, sinistres passés).

Selon l'époque et le point de vue — Analysée par George Akerlof (1970) pour les marchés en général, puis par Rothschild et Stiglitz (1976) pour l'assurance.

Ce que le mot permet d'écrire — Justifie l'obligation d'assurance et les contrats collectifs. Faute : la confondre avec l'aléa moral.

Protection sociale

Ensemble des mécanismes collectifs de prévoyance qui permettent aux individus de faire face financièrement aux risques sociaux.

À ne pas confondre

  • Sécurité sociale — La Sécurité sociale (1945) n'est qu'une partie de la protection sociale, qui inclut aussi l'Unédic, l'aide sociale et les complémentaires.

Selon l'époque et le point de vue — Construite en Europe de la fin du XIXe siècle (Bismarck, 1883) aux lendemains de 1945 (Beveridge, ordonnances françaises).

Ce que le mot permet d'écrire — Terme englobant pour les sujets sur les risques sociaux. Faute : le réduire à l'assurance maladie.

Risques sociaux

Événements qui réduisent les ressources d'un ménage ou augmentent ses besoins : santé, vieillesse-survie, famille, emploi, logement, pauvreté-exclusion.

À ne pas confondre

  • Risques de dommages — Les risques de dommages touchent des biens (incendie, vol) et relèvent surtout de l'assurance privée.

Selon l'époque et le point de vue — La classification en six risques est celle des comptes de la protection sociale publiés par la DREES, harmonisés au niveau européen.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour lire les tableaux de prestations. Faute : oublier que la famille ou le logement sont aussi des « risques » au sens statistique.

Logique d'assurance (assurance sociale)

Logique dans laquelle les prestations sont la contrepartie de cotisations préalables, souvent proportionnelles au revenu d'activité.

À ne pas confondre

  • Assurance privée — L'assurance sociale est obligatoire et ses cotisations dépendent du revenu, non du risque individuel.

Selon l'époque et le point de vue — Héritée des lois de Bismarck (1883-1889), reprise en France par les assurances sociales de 1928-1930 et les ordonnances de 1945.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à classer retraites, indemnités journalières, allocation chômage. Faute : l'associer au financement par l'impôt.

Logique d'assistance

Logique dans laquelle une aide est versée sans cotisation préalable, sous condition de ressources, et financée par l'impôt.

À ne pas confondre

  • Protection universelle — La protection universelle bénéficie à tous, sans condition de ressources ni de cotisation.

Selon l'époque et le point de vue — Héritière de l'assistance publique de la loi de 1893 sur l'aide médicale gratuite ; relancée par le RMI (1988) puis le RSA (2009).

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer comment la protection sociale couvre ceux que l'assurance laisse de côté. Faute : la confondre avec la charité privée.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Individuel / collectif

Opposer les protections que l'individu organise seul (épargne, prévention) à celles qui reposent sur la mise en commun (assurance, protection sociale).

Ce qu'il débloque — Structure un plan qui part de l'individu et va vers la société.

Exemple — Sur le sujet « Comment les individus font-ils face aux risques ? », il permet de passer de l'épargne de précaution à l'assurance, puis à la Sécurité sociale.

Prévention / indemnisation

Agir avant le sinistre pour réduire sa probabilité ou sa gravité, ou réparer après.

Ce qu'il débloque — Montre que la gestion des risques ne se réduit pas au remboursement.

Exemple — Sur le sujet « L'assurance suffit-elle à gérer les risques ? », il permet de montrer que l'assureur encourage la prévention (détecteurs de fumée, bonus-malus).

Mutualisation / segmentation

Mettre les risques en commun ou tarifier chacun selon son risque propre.

Ce qu'il débloque — Fait apparaître la tension au cœur de l'assurance privée.

Exemple — Sur le sujet « Les limites de l'assurance », il permet d'expliquer l'exclusion des emprunteurs malades et la loi Lemoine de 2022.

Assurance / assistance

Droits ouverts par des cotisations, ou aides versées sous condition de ressources.

Ce qu'il débloque — Plan naturel pour décrire la protection sociale, à compléter par la protection universelle.

Exemple — Sur le sujet « Les logiques de la protection sociale », il permet d'opposer la pension de retraite au RSA.

Bismarck / Beveridge

Deux modèles historiques : assurance professionnelle financée par cotisations, ou protection universelle financée par l'impôt.

Ce qu'il débloque — Donne une profondeur historique et comparative.

Exemple — Sur le sujet « La protection sociale française », il permet de présenter 1945 comme un compromis et la CSG (1991) comme une évolution beveridgienne.

Protection / responsabilisation

Couvrir largement les individus, ou leur laisser une part du coût pour limiter l'aléa moral.

Ce qu'il débloque — Permet de discuter les franchises et le ticket modérateur.

Exemple — Sur le sujet « L'aléa moral dans l'assurance maladie », il permet de montrer l'arbitrage entre accès aux soins et maîtrise des dépenses.

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