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Histoire-Géographie 1ʳᵉ

Ressources · 1ʳᵉ · Histoire-Géographie

Métropole et colonies

Conquêtes (Algérie, Afrique, Indochine), justifications, indigénat, exploitation, culture coloniale, contestations (programme d'histoire de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « Métropole et colonies » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Des conquêtes à l'empire (1830-1912), Pourquoi coloniser ? Justifications et débats, Dominer : territoires, statuts et régime de l'indigénat, Exploiter : terres, travail et commerce. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Jules Ferry justifie la politique coloniale

Facile

Discours parlementaire · Jules Ferry, discours à la Chambre des députés, séance du 28 juillet 1885, Journal officiel de la République française, débats parlementaires, 29 juillet 1885.

Renversé le 30 mars 1885 après l'annonce du repli de Lang Son au Tonkin, Jules Ferry défend sa politique lors du débat sur les crédits de l'expédition de Madagascar. Il s'adresse à une Chambre divisée, à quelques semaines des élections législatives d'octobre 1885.

« Messieurs, [...] les colonies sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux. [...] La question coloniale, c'est, pour les pays voués par la nature même de leur industrie à une grande exportation, comme la nôtre, la question même des débouchés. [...]
Il y a un second point [...] : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question. [...] Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. [...] Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. [...]
Une marine comme la nôtre ne peut pas se passer, sur la surface des mers, d'abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement. [...] Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, en se tenant à l'écart de toutes les combinaisons européennes, en regardant comme un piège, comme une aventure, toute expansion vers l'Afrique ou vers l'Orient, vivre de cette sorte, pour une grande nation, croyez-le bien, c'est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisième ou au quatrième. »

En analysant ce document, montrez quelles justifications Jules Ferry donne à l'expansion coloniale, sur quelle vision du monde elles reposent et dans quel contexte il les formule.

  1. Présentez le document : nature, auteur, date, destinataires et contexte.
  2. Relevez et classez les arguments de Jules Ferry en faveur de la colonisation.
  3. Expliquez l'expression « le devoir de civiliser les races inférieures » : sur quelle vision du monde repose-t-elle ?
  4. Montrez que ce discours ne fait pas l'unanimité en 1885.
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un extrait du discours prononcé par Jules Ferry à la Chambre des députés le 28 juillet 1885, publié au Journal officiel. Ferry, républicain modéré, a été deux fois président du Conseil (1880-1881 et 1883-1885) : il a imposé le protectorat sur la Tunisie en 1881 et engagé la conquête du Tonkin. Renversé le 30 mars 1885 après l'annonce du repli de Lang Son, surnommé « Ferry-Tonkin » par ses adversaires, il défend ici sa politique devant les députés, lors du débat sur les crédits destinés à Madagascar, mais s'adresse aussi à l'opinion à l'approche des élections d'octobre 1885.

2. Ferry avance trois séries d'arguments. L'argument économique vient en premier : les colonies sont « un placement de capitaux des plus avantageux » et surtout « la question même des débouchés » pour une industrie exportatrice, à l'heure où les autres puissances ferment leurs marchés par des droits de douane. L'argument « humanitaire et civilisateur » suit : les « races supérieures » auraient « le devoir de civiliser les races inférieures ». Enfin, l'argument politique et stratégique : une grande marine a besoin « d'abris solides » et de « centres de ravitaillement » ; refuser l'expansion, ce serait « abdiquer » et faire « descendre » la France « du premier rang au troisième ou au quatrième ». Ce dernier argument prend tout son sens quinze ans après la défaite de 1870 : la colonisation doit restaurer la puissance française.

3. L'expression repose sur l'idée, répandue à la fin du XIXe siècle dans une partie de la science et de l'opinion, d'une hiérarchie entre des « races » inégales. Ferry en tire une conséquence politique : l'inégalité supposée crée un « droit », parce qu'elle crée un « devoir ». La domination est ainsi présentée comme un service rendu aux colonisés, ce qui permet de concilier conquête et idéal républicain de progrès. La formule « il faut parler plus haut et plus vrai » montre que Ferry sait l'idée discutée et veut l'assumer. Expliquer cette vision du monde ne revient pas à la partager : elle sert à justifier la domination.

4. Le discours ne fait pas l'unanimité. Ferry a déjà été renversé en mars 1885 sur la question du Tonkin. Deux jours plus tard, le 30 juillet, le radical Georges Clemenceau lui répond en contestant la hiérarchie des races et en dénonçant la violence de la conquête. Une partie de la droite reproche à Ferry de disperser les forces françaises loin de l'Alsace-Lorraine. Aux élections d'octobre 1885, les conservateurs progressent nettement. La politique coloniale divise donc encore profondément la Chambre et l'opinion.

Ce que cette analyse apprend — Classer les arguments d'un discours, puis les relier au contexte de l'orateur et à la réception qu'ils rencontrent.

Document 2 — La population de l'Algérie coloniale (1856-1911)

Moyen

Tableau statistique · D'après les recensements de la population de l'Algérie de 1856, 1872, 1891 et 1911 (Gouvernement général de l'Algérie) ; valeurs arrondies.

Ces chiffres proviennent des recensements réalisés par l'administration française en Algérie, colonie de peuplement divisée en départements. Ils sont produits par le pouvoir colonial et classent la population selon ses propres catégories.

RecensementPopulation « européenne »Population « musulmane »Part des « Européens »
18560,18 million2,3 millions≈ 7 %
18720,28 million2,1 millions≈ 12 %
18910,53 million3,6 millions≈ 13 %
19110,75 million4,7 millions≈ 14 %

Valeurs arrondies. Les catégories sont celles de l'administration coloniale. À partir de 1870, les Juifs d'Algérie, devenus citoyens, sont comptés avec les « Européens », catégorie qui regroupe aussi les étrangers (Espagnols, Italiens, Maltais).

En vous appuyant sur ce document et sur vos connaissances, montrez que l'Algérie est une colonie de peuplement où une minorité européenne domine une majorité colonisée.

  1. Présentez le document.
  2. Décrivez l'évolution de chacune des deux populations entre 1856 et 1911.
  3. Expliquez la croissance de la population « européenne ».
  4. Comment expliquer le recul de la population « musulmane » entre 1856 et 1872, puis sa forte hausse ?
  5. Quelles limites présente ce document ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce tableau statistique rassemble, en valeurs arrondies, les résultats de quatre recensements de l'Algérie coloniale, de 1856 à 1911. Il est construit à partir des chiffres de l'administration coloniale, qui classe les habitants en deux catégories, « Européens » et « musulmans ». L'Algérie est alors la seule grande colonie de peuplement de la France, divisée depuis 1848 en trois départements.

2. La population « européenne » est multipliée par quatre environ, passant de 0,18 million en 1856 à 0,75 million en 1911. La population « musulmane » recule d'abord, de 2,3 à 2,1 millions entre 1856 et 1872, puis augmente fortement pour atteindre 4,7 millions en 1911. La part des « Européens » double entre 1856 et 1872 (de 7 à 12 % environ), puis progresse lentement jusqu'à 14 % en 1911 : ils restent une minorité, environ un habitant sur sept.

3. La croissance européenne tient d'abord à l'immigration encouragée par la colonisation officielle, qui distribue des concessions de terres, notamment après le séquestre de 1871 et la loi Warnier de 1873. Les migrants viennent de France, dont des Alsaciens-Lorrains après 1871, mais aussi d'Espagne, d'Italie et de Malte. S'y ajoutent l'intégration des Juifs d'Algérie, comptés avec les Européens après le décret Crémieux (1870), et la croissance naturelle d'une population désormais née sur place. La loi de 1889 fait de la plupart des enfants d'étrangers nés en Algérie des Français, ce qui soude cette minorité.

4. Le recul de 1856-1872 s'explique par une grave crise : famine et épidémies (choléra, typhus) frappent l'Algérie en 1866-1868, dans une société fragilisée par la conquête et les pertes de terres ; l'insurrection de 1871 et sa répression s'y ajoutent. La forte hausse ultérieure tient à la croissance naturelle, mais aussi à l'amélioration des recensements : les premiers dénombrements sous-estimaient sans doute la population, si bien qu'une partie de la hausse est statistique.

5. Le document reprend les catégories du pouvoir colonial : « Européens » mêle citoyens français, étrangers et, après 1870, Juifs d'Algérie ; « musulmans » désigne une catégorie juridique plus que religieuse. Les chiffres sont arrondis et d'une fiabilité inégale, surtout avant 1880. Enfin, le tableau ne dit rien de la répartition des terres ni des droits : une minorité de 14 % peut détenir l'essentiel du pouvoir politique et une grande partie des meilleures terres, ce que seules les connaissances permettent d'établir.

Ce que cette analyse apprend — Faire parler des chiffres (évolutions, rapports, proportions), puis critiquer les catégories de la source qui les produit.

Document 3 — « Porter librement au Maroc la civilisation »

Moyen

Illustration de presse (couverture en couleurs) · « Le Maroc. La France va pouvoir porter librement au Maroc la civilisation, la richesse et la paix », couverture du Supplément illustré du Petit Journal, Paris, 19 novembre 1911.

L'image paraît deux semaines après l'accord franco-allemand du 4 novembre 1911, qui clôt la crise d'Agadir : l'Allemagne laisse les mains libres à la France au Maroc en échange d'une partie du Congo français. Elle s'adresse à un large public populaire, quelques mois avant le traité de Fès (30 mars 1912).

Description. Couverture en couleurs du supplément hebdomadaire illustré du Petit Journal, l'un des quotidiens populaires les plus diffusés de la Belle Époque. Au centre se tient une grande figure féminine vêtue de blanc, allégorie de la France ; elle tient une corne d'abondance d'où s'échappent des pièces d'or. Face à elle, des Marocains en costume traditionnel l'accueillent. La légende, placée sous l'image, donne son sens à la scène : « La France va pouvoir porter librement au Maroc la civilisation, la richesse et la paix ».

Analysez ce document en montrant quelle image de la colonisation il diffuse auprès des lecteurs, puis confrontez-la à la réalité de l'installation française au Maroc.

  1. Présentez le document et son contexte.
  2. Décrivez la manière dont sont représentés la France et les Marocains.
  3. Quelle conception de la colonisation cette image diffuse-t-elle ?
  4. Confrontez ce message à la réalité de l'installation française au Maroc en 1911-1912.
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'une couverture du Supplément illustré du Petit Journal, datée du 19 novembre 1911. Ce journal populaire, très lu, touche un public bien plus large que les élites politiques : il participe à la culture coloniale de la métropole. L'image commente l'accord franco-allemand du 4 novembre 1911, qui met fin à la crise d'Agadir : en échange d'une partie du Congo français, l'Allemagne renonce à s'opposer à la domination française sur le Maroc. Le mot « librement » de la légende renvoie à cette liberté d'action obtenue face à l'Allemagne.

2. La France est représentée par une allégorie féminine vêtue de blanc, couleur de la pureté et de la paix, qui domine la composition. Elle porte une corne d'abondance, symbole antique de prospérité, d'où tombent des pièces d'or. Les Marocains, en costume traditionnel, sont réduits à un groupe qui reçoit et accueille : ils ne sont pas des acteurs, mais les bénéficiaires d'un don.

3. L'image traduit la mission civilisatrice : la légende promet « la civilisation, la richesse et la paix », trois bienfaits qui présentent la colonisation comme généreuse et désintéressée. Aucune arme, aucun soldat n'apparaît : la conquête est effacée au profit d'une scène d'accueil. L'image suppose aussi une hiérarchie : la France donne, le Maroc reçoit, comme si la société marocaine n'avait ni État, ni économie, ni civilisation propres. Elle diffuse ainsi auprès du grand public l'évidence d'une domination bienveillante.

4. La réalité est tout autre. Le traité de Fès (30 mars 1912) impose au sultan un protectorat qu'il signe sous la pression ; dès avril 1912, des soldats marocains se mutinent à Fès et la ville se soulève, avant une répression sévère. Le résident général Lyautey maintient le sultan et les élites locales, mais la « pacification » est une conquête militaire, qui ne s'achève qu'en 1934. La « richesse » promise profite d'abord aux intérêts français (mines, terres, ports). L'image est donc un document de propagande qui en dit plus sur les représentations métropolitaines que sur le Maroc.

Ce que cette analyse apprend — Décrire une image avant de l'interpréter, puis confronter son message à ce que l'on sait des faits.

Document 4 — Français, citoyens, sujets : trois textes sur les statuts en Algérie

Difficile

Textes juridiques d'époque (sénatus-consulte, décret, loi) · A. Sénatus-consulte du 14 juillet 1865 sur l'état des personnes et la naturalisation en Algérie, article 1er ; B. Décret du 24 octobre 1870 (dit décret Crémieux), article 1er ; C. Loi du 28 juin 1881 sur l'indigénat en Algérie (résumé).

Le premier texte est pris sous le Second Empire, le deuxième par le gouvernement de la Défense nationale au lendemain de la chute de Napoléon III, le troisième par le Parlement de la IIIe République. Ensemble, ils fixent pour des décennies la place de chacun dans la société coloniale algérienne.

A. Sénatus-consulte du 14 juillet 1865, article 1er. « L'indigène musulman est Français ; néanmoins il continuera à être régi par la loi musulmane. Il peut être admis à servir dans les armées de terre et de mer. Il peut être appelé à des fonctions et emplois civils en Algérie. Il peut, sur sa demande, être admis à jouir des droits de citoyen français ; dans ce cas, il est régi par les lois civiles et politiques de la France. »

B. Décret du 24 octobre 1870, article 1er. « Les israélites indigènes des départements de l'Algérie sont déclarés citoyens français ; en conséquence, leur statut réel et leur statut personnel seront, à compter de la promulgation du présent décret, réglés par la loi française ; tous droits acquis jusqu'à ce jour restent inviolables. »

C. Loi du 28 juin 1881 (résumé). La loi donne aux administrateurs des communes mixtes le pouvoir de réprimer « par voie disciplinaire » des « infractions spéciales à l'indigénat », non prévues par la loi française et fixées par arrêtés du gouverneur général, dans la limite des peines de simple police (amende et quelques jours de prison). Les listes d'infractions visent notamment les réunions sans autorisation, les déplacements sans permis et les propos irrespectueux envers un agent de l'autorité.

À partir de ces trois textes et de vos connaissances, montrez comment le droit organise l'inégalité entre les habitants de l'Algérie et en quoi il contredit les principes républicains.

  1. Présentez les trois textes (nature, date, auteur).
  2. D'après le texte A, distinguez nationalité et citoyenneté. À quelle condition un musulman peut-il devenir citoyen ?
  3. Comparez la situation des Juifs et celle des musulmans d'Algérie après 1870.
  4. En quoi le régime décrit par le texte C constitue-t-il une exception aux principes républicains ?
  5. Montrez que ces textes éclairent le paradoxe d'une « République coloniale ».
Voir la réponse rédigée

1. Le corpus rassemble trois textes juridiques. Le sénatus-consulte du 14 juillet 1865 est un acte du Sénat du Second Empire, ayant valeur constitutionnelle, qui fixe l'état des personnes en Algérie. Le décret du 24 octobre 1870, dit décret Crémieux du nom du ministre de la Justice, est pris par le gouvernement de la Défense nationale, quelques semaines après la proclamation de la République. La loi du 28 juin 1881 est votée par le Parlement de la IIIe République, l'année même du protectorat sur la Tunisie.

2. Le texte A distingue deux notions. La nationalité : « l'indigène musulman est Français », il relève de la souveraineté française, peut servir dans l'armée et occuper des emplois civils. La citoyenneté : les « droits de citoyen français », c'est-à-dire le vote et l'égalité civile, ne lui appartiennent pas. Il peut les obtenir « sur sa demande », à condition d'être désormais « régi par les lois civiles et politiques de la France », donc de renoncer à son statut personnel musulman (mariage, héritage). Cette renonciation, vécue comme un reniement, explique que seuls quelques milliers de musulmans deviennent citoyens avant 1914.

3. Le texte B fait des Juifs d'Algérie, environ 35 000 personnes, des citoyens français de manière collective et automatique : leur statut personnel passe sous la loi française sans qu'ils aient à le demander. Les musulmans, eux, restent soumis à la démarche individuelle et rare du texte A. Après 1870, deux populations « indigènes » reçoivent donc des statuts opposés : l'une entre dans la cité, l'autre en reste exclue. Cette différence nourrit des tensions durables, dont les violences antijuives d'Alger en 1898 sont un symptôme.

4. Le texte C contredit plusieurs principes républicains. L'égalité devant la loi : les infractions ne visent que les « indigènes » et punissent des actes permis aux autres (se réunir, se déplacer). La séparation des pouvoirs : c'est un administrateur, non un juge, qui sanctionne, « par voie disciplinaire », sans procès. La légalité des délits : les infractions ne sont pas fixées par la loi mais par des arrêtés du gouverneur général. S'y ajoutent, par d'autres textes, l'internement et les amendes collectives, contraires à la responsabilité individuelle.

5. Ces textes montrent qu'une République fondée sur l'égalité des citoyens organise, par le droit, l'inégalité entre les habitants d'un territoire qu'elle déclare pourtant français. La loi de 1881 est votée par les républicains mêmes qui fondent l'école gratuite et les libertés publiques. Les historiens parlent de « République coloniale » pour désigner ce paradoxe : l'universalisme proclamé s'arrête au seuil du statut colonial.

Ce que cette analyse apprend — Lire un corpus juridique en comparant les statuts qu'il crée, puis mesurer l'écart entre ces textes et les principes du régime qui les adopte.

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