« Classe » désigne un groupe défini par sa position économique, « époque » un moment historique avec ses mœurs et ses institutions. Le sujet demande si le roman vise la bourgeoisie en soi, ou la bourgeoisie du Second Empire finissant.
Le dévoilement opéré par Pot-Bouille porte-t-il sur une classe sociale déterminée, ou sur un moment de l’histoire dont cette classe n’est que le visage ?
Le plan en trois parties
Le portrait d’une classe et de ses signes distinctifs
- L’immeuble neuf, ses moulures et sa façade sont les emblèmes d’une classe qui se définit par ce qu’elle montre.« c’est bâti pour faire de l’effet », chapitre I
- Le credo de madame Josserand énonce une morale de classe, où la honte se mesure au déficit.« L’argent est l’argent », chapitre II
- Le discours de Duveyrier sur le mariage est un rite de caste, prononcé entre hommes d’un même monde.« la religion moralise le mariage », chapitre V
Le portrait d’une époque : spéculation, dot et propriété
- Les montages d’assurance autour de la dot renvoient à des pratiques financières datées, propres au Second Empire.« on parle de cette assurance à la famille », chapitre VII
- Les fiches de Vabre sont l’archive d’une économie de la rente immobilière que le roman date précisément.« la main dans les fiches, il se mit à patauger », chapitre XI
- La succession qui déchire l’immeuble illustre le droit et les mœurs d’un temps où la propriété fait la famille.« Voleur! voleur!... », chapitre XII
Au-delà : une permanence que l’explicit affirme
- La dernière réplique parle d’aujourd’hui et de toutes les maisons : elle arrache le tableau à sa date.« toutes les baraques se ressemblent », chapitre XVIII
- La sentence du médecin ramène l’histoire à une constante, celle de la vie telle qu’elle va.« C’est la vie. », chapitre XVII
- Le retour, deux ans après, du même discours moralisateur montre que les époques passent et que le mécanisme se reproduit.« opposer une digue à la débauche », chapitre XVIII
Le cycle des Rougon-Macquart se veut l’histoire d’un régime : que reste-t-il du projet historique quand le roman conclut que rien ne change ?