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1ʳᵉ · Français · Pot-Bouille, Zola

La violence des scènes de Pot-Bouille sert-elle le projet de dévoilement ?

Sujet de dissertation — Pot-Bouille, Zola, 1ère

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Analyse des termes

Le roman multiplie les cris, les coups et les descriptions corporelles pénibles, jusqu’à mettre le lecteur mal à l’aise. Le sujet demande si cette violence est un moyen de connaissance ou un effet qui excède la démonstration.

Problématique

La brutalité des scènes de Pot-Bouille est-elle nécessaire au dévoilement des rouages sociaux, ou le déborde-t-elle en spectacle ?

Le plan en trois parties

I

Une violence de farce, qui fait tomber les masques

  1. La dispute de l’escalier jette les mots les plus bas entre parents : le cri défait en une page des années de politesse.« Voleur! voleur!... », chapitre XII
  2. La crudité des conseils maternels est une violence verbale exercée sur une fille, sous couvert d’éducation.« Les hommes n’aiment pas les planches », chapitre II
  3. L’agonie de Vabre est une dégradation physique infligée au lecteur autant qu’au personnage, et elle instruit sur le culte de la propriété.« la main dans les fiches, il se mit à patauger », chapitre XI
TransitionLa violence des mots amuse un instant ; celle qui s’exerce sur les corps de femmes interdit de rire et change la portée du livre.
II

Une violence faite aux corps féminins, qui dit la vérité des rapports sociaux

  1. La scène chez les Pichon est une contrainte exercée dans un décor domestique, ce qui en dit long sur le statut de l’épouse.« il la renversa brutalement au bord de la table », chapitre IV
  2. Le silence de Berthe et ses poignets meurtris font du lit conjugal le lieu ordinaire d’une violence admise.« Elle, silencieuse, le subit sans bonheur », chapitre XIII
  3. La grossesse d’Adèle résulte d’une violence que personne ne nomme, et que sa résignation rend presque invisible.« sa résignation de bête de somme », chapitre XVIII
TransitionCes brutalités ne sont pas des excès d’écriture, elles sont le moment où le décorum se rompt et laisse voir sa fonction.
III

La violence comme preuve : elle fait céder le décorum

  1. Les cris de Gourd devant un ventre révèlent la brutalité de l’ordre moral, qui expulse pour préserver une apparence.« Ce ventre! ce ventre! », chapitre XIII
  2. L’éclat de Rachel dans l’escalier de service est la seule violence qui vise juste, parce qu’elle nomme les responsables.« Je ne suis qu’une bonne, mais je suis honnête! », chapitre XVII
  3. Toutes ces explosions se mesurent au silence initial de l’escalier : la violence n’est que ce silence quand il se rompt.« une paix morte de salon bourgeois, soigneusement clos », chapitre I
Ouverture

Zola fut accusé de complaisance pour l’ordure : la violence d’une écriture peut-elle être jugée indépendamment de ce qu’elle donne à comprendre ?

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