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1ʳᵉ · Français · Pot-Bouille, Zola

Le rire est-il, dans Pot-Bouille, un moyen de dévoiler ?

Sujet de dissertation — Pot-Bouille, Zola, 1ère

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Analyse des termes

Le roman emprunte au vaudeville ses portes, ses quiproquos et ses ridicules, ce qui installe un rire constant. La question est de savoir si ce rire éclaire le mécanisme social ou l’excuse en le rendant divertissant.

Problématique

Le comique de Pot-Bouille est-il l’instrument du dévoilement, ou le risque qui le menace en transformant la critique en spectacle ?

Le plan en trois parties

I

Une comédie de mœurs, avec ses ridicules et ses formules

  1. Les conseils maternels atteignent un comique de précision qui déshabille la stratégie plus sûrement qu’une dénonciation.« Les hommes n’aiment pas les planches », chapitre II
  2. Le propriétaire gâteux qui patauge dans ses fiches est une scène de farce dont le grotesque dit l’essentiel de sa vie.« la main dans les fiches, il se mit à patauger », chapitre XI
  3. La solennité de Duveyrier sur la moralité conjugale est risible par son décalage même avec ce que le lecteur sait ou devine.« la religion moralise le mariage », chapitre V
TransitionLe comique de caractère ne tient pas longtemps, car les mêmes scènes tournent à la violence des mots et des corps.
II

Un rire qui grince : la farce tourne à l’obscène

  1. Le vocabulaire guerrier appliqué à une soirée mondaine fait rire, puis inquiète, parce qu’il révèle une violence réelle sous la politesse.« comme pour voir si elle n’oubliait aucune arme », chapitre V
  2. La dispute d’héritage dans l’escalier est un morceau de comédie criée qui finit en accusation pénale entre proches.« Voleur! voleur!... », chapitre XII
  3. L’indignation de Gourd devant un ventre est burlesque par la répétition du mot, et ignoble par ce qu’elle entraîne pour la femme.« Ce ventre! ce ventre! », chapitre XIII
TransitionLe roman finit par suspendre le rire, et c’est cette suspension qui donne rétrospectivement sa portée critique au comique.
III

Là où le rire s’arrête, le dévoilement s’achève

  1. L’accouchement d’Adèle interdit toute distance comique : le roman y renonce à son propre régime pour atteindre le fond du sujet.« Enfin, les os crièrent, tout lui parut se casser », chapitre XVIII
  2. Les sanglots de l’abbé devant le Calvaire opposent au rire général une gravité qui juge tout le livre.« Il pleurait comme Marie et Madeleine », chapitre XVII
  3. La nuit conjugale sans joie ne prête pas à rire : c’est dans ces scènes que la comédie révèle son coût humain.« Elle, silencieuse, le subit sans bonheur », chapitre XIII
Ouverture

Balzac parlait de comédie humaine, Zola écrit une comédie qui s’interrompt : le rire naturaliste est-il autre chose qu’un rire qui n’a pas encore vu la fin de la scène ?

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