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1ʳᵉ · Français · Pot-Bouille, Zola

La domesticité est-elle, dans Pot-Bouille, le véritable miroir de la bourgeoisie ?

Sujet de dissertation — Pot-Bouille, Zola, 1ère

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Analyse des termes

Les bonnes occupent la cour, l’escalier de service et les chambres du sixième, d’où elles voient et commentent tout. Le sujet demande si elles reflètent fidèlement leurs maîtres, ou si elles constituent un monde avec ses propres lois et ses propres victimes.

Problématique

Les domestiques de la rue de Choiseul renvoient-ils à la bourgeoisie son image, ou le roman leur assigne-t-il une condition qui excède le rôle de miroir ?

Le plan en trois parties

I

Les bonnes disent tout haut ce que les maîtres tiennent clos

  1. La scène du dimanche matin fonctionne comme une chambre d’écho : les secrets des appartements reviennent à la cour, inventoriés.« C’était l’égout de la maison, qui en charriait les hontes », chapitre VI
  2. Dès le premier chapitre, la cuisine oppose sa langue crue au silence du grand escalier, et fournit la vérité sonore de la maison.« du fond de ce boyau, montaient des éclats de voix canailles », chapitre I
  3. Le proverbe du grenier énonce la théorie du miroir : la conduite des valets se déduit de l’exemple donné en haut.« tel maître, tel valet », chapitre XIII
TransitionLe miroir ne se contente pas de renvoyer une image, il commente, condamne et réclame sa part de respectabilité.
II

Un miroir qui juge, et parfois de plus haut que ceux qu’il reflète

  1. Rachel oppose son honnêteté de domestique aux dames de l’immeuble : le reflet se met à parler et inverse la hiérarchie morale.« Je ne suis qu’une bonne, mais je suis honnête! », chapitre XVII
  2. Gourd, domestique en chef de la maison, reprend à son compte la doctrine du silence : le personnel est aussi le gardien du décor.« ce qui ne nous regarde pas, ne nous regarde pas », chapitre XIII
  3. L’expulsion de la piqueuse montre que les domestiques appliquent la morale bourgeoise avec plus de zèle que les bourgeois eux-mêmes.« Ce ventre! ce ventre! », chapitre XIII
TransitionIl faut pourtant sortir de la métaphore, car ces femmes ne sont pas des surfaces : elles paient, dans leur chair, ce que la maison produit.
III

Mais le miroir a un corps, et ce corps souffre : Adèle

  1. La grossesse d’Adèle vient des maîtres, ce qui fait d’elle non plus un reflet mais le lieu où les rouages produisent leurs effets.« sa résignation de bête de somme », chapitre XVIII
  2. Sa délivrance solitaire, en haut de la maison, retire à la domesticité toute fonction décorative ou satirique.« Enfin, les os crièrent, tout lui parut se casser », chapitre XVIII
  3. Quand la peur d’être surpris fige les amants, c’est le regard des bonnes qui les tient : le miroir a le pouvoir d’écorcher.« sans pouvoir détourner les yeux; et leurs mains se glaçaient », chapitre XIII
Ouverture

Zola donnera bientôt à Denise Baudu, dans Au Bonheur des Dames, une ascension refusée à Adèle : le naturalisme peut-il imaginer une issue pour les subalternes ?

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