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1ʳᵉ · Français · Pot-Bouille, Zola

Dans quelle mesure la religion, dans Pot-Bouille, est-elle un rouage social ?

Sujet de dissertation — Pot-Bouille, Zola, 1ère

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Analyse des termes

La religion apparaît dans le roman sous trois formes : un discours de respectabilité, une cérémonie et un prêtre. Le sujet demande si elle n’est qu’un instrument de l’ordre bourgeois, ou s’il subsiste en elle une exigence que le roman prend au sérieux.

Problématique

La religion est-elle, dans Pot-Bouille, réduite à sa fonction sociale, ou le roman lui laisse-t-il une voix qui juge cette fonction ?

Le plan en trois parties

I

Une garantie de respectabilité mise au service des familles

  1. Duveyrier fait de la religion l’argument qui tranche les débats sur le mariage : elle sert de preuve sociale, non de foi.« la religion moralise le mariage », chapitre V
  2. Le soir du chœur, c’est la crainte du qu’en-dira-t-on qui décide d’une union que l’Église bénira ensuite.« la jeune fille se trouvait trop compromise », chapitre V
  3. Deux ans après, le vocabulaire moralisateur du conseiller reprend la même fonction de barrage verbal.« opposer une digue à la débauche », chapitre XVIII
TransitionUtilisée comme argument, la religion se réduit à une couverture, et le roman confie à un prêtre le soin de le dire.
II

Un vêtement jeté sur les hontes de la maison

  1. Seul dans le salon vide, l’abbé reconnaît qu’il ne veille plus qu’aux apparences : la religion est devenue une étoffe.« le manteau de la religion », chapitre V
  2. À Saint-Roch, la cérémonie du mariage n’atteint pas la mariée, qui pense à une lettre : le rite habille un vide.« se passionnant à l’idée des gifles qu’elle espérait », chapitre VIII
  3. La maxime de Gourd est la version domestique de ce recouvrement : ne pas regarder équivaut à couvrir.« ce qui ne nous regarde pas, ne nous regarde pas », chapitre XIII
TransitionCe prêtre n’est pourtant pas un cynique, et ses larmes introduisent dans le livre une exigence que la satire seule ne produirait pas.
III

Mais une voix subsiste, celle du prêtre qui pleure

  1. Devant le Calvaire achevé, l’abbé pleure la vérité qu’il a tue : le roman lui accorde une lucidité que nul autre personnage n’atteint.« Il pleurait comme Marie et Madeleine », chapitre XVII
  2. Face au médecin, il constate que Dieu abandonne ces vies, formule qui fait de la religion un témoin impuissant plus qu’un complice.« C’est la vie. », chapitre XVII
  3. L’accouchement d’Adèle, que nulle prière n’accompagne, mesure exactement ce dont la religion s’est absentée.« Enfin, les os crièrent, tout lui parut se casser », chapitre XVIII
Ouverture

L’abbé Mauduit pleure sans changer de conduite : un roman peut-il dénoncer une institution tout en donnant à son représentant la plus belle scène du livre ?

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