Le travail occupe presque tous les épisodes : jardins, pêche, scierie, service domestique, canne, usine. Reste à savoir s’il est le sujet du roman ou seulement le cadre de vies qu’il ne détermine pas entièrement.
Le travail est-il dans le roman ce qui fait ou défait les existences, ou seulement la matière dont elles se remplissent ?
Le plan en trois parties
Le travail structure les vies et les mesure
- La régularité des travaux du couple et la maison bâtie de ses mains composent l’image même du bonheur : le travail est le langage de l’amour.Première partie, la vie commune de Toussine et Jérémie
- Le jardin cultivé et le métier de scieur de long règlent les journées : le couple existe au rythme de ce qu’il produit.Deuxième partie, l’installation avec Elie, la case et le jardin
- La coupe de la canne fixe le prix d’une journée et la valeur d’un corps : le roman chiffre ce que le travail coûte et rapporte.Deuxième partie, les journées de coupe de la canne
Mais c’est le manque de travail et sa violence qui décident des destins
- L’arrêt des chantiers vide les journées et couche l’homme : le roman montre que le chômage détruit avant que l’homme ne devienne violent.Deuxième partie, l’arrêt des chantiers et le désœuvrement d’Elie
- Le service domestique dans la grande maison est un travail qui exige aussi la soumission : on y vend son temps et son maintien.Deuxième partie, l’entrée au service des Desaragne
- La marche des grévistes vers l’usine et la mort de l’homme de tête font du travail un champ de bataille où l’on perd la vie.Deuxième partie, la grève à l’usine et la mort d’Amboise
Ce qui compte, c’est le rapport que l’on tient avec son travail
- Refuser les avances du maître tout en restant à son service distingue le travail vendu et la personne, que l’on ne vend pas.Deuxième partie, le refus opposé à monsieur Desaragne
- Avec Amboise, les travaux partagés et les silences habités montrent un travail qui relie au lieu d’user.Deuxième partie, les années de vie commune avec Amboise
- Veiller un agonisant que nul ne soigne est un travail sans salaire : le roman élargit la notion à tout ce qui s’accomplit pour autrui.Deuxième partie, l’agonie de Médard accompagnée par Télumée
Peut-on écrire un roman du travail sans écrire un roman de la domination ?