La narratrice finit seule, sans mari ni enfant auprès d’elle, dans un lieu qu’elle a choisi à l’écart. Le sujet oppose une lecture de la solitude comme reste des pertes et une lecture comme forme de vie délibérée.
La solitude finale de Télumée est-elle le solde de ses deuils, ou le mode d’habitation qu’elle a fini par se donner ?
Le plan en trois parties
Une solitude d’abord subie, produite par les pertes
- L’effondrement qui suit la rupture montre une femme retirée hors du monde, indifférente à son corps : la solitude y est un symptôme.Deuxième partie, l’effondrement de Télumée après la rupture
- La disparition de Man Cia lui retire sa dernière initiatrice : les êtres qui la reliaient au passé quittent l’un après l’autre le monde visible.Deuxième partie, la métamorphose de Man Cia
- Les années heureuses avec Amboise rendent la perte plus lourde : la solitude se mesure à ce qui l’a précédée.Deuxième partie, les années de vie commune avec Amboise
Mais une solitude bâtie, organisée, choisie
- Le choix du lieu, la construction de la case et la mise en culture du jardin font de l’isolement une organisation réglée.Deuxième partie, l’installation à La Folie
- L’enfant qu’elle élève prouve que cette solitude n’a jamais été vide : elle s’est remplie d’une charge volontairement prise.Deuxième partie, l’éducation de la petite Sonore
- Le surnom que lui donne le village consacre cette position à part : elle est seule, mais située, reconnue et regardée.Deuxième partie, le surnom donné par le village
Une solitude peuplée, qui fait d’elle un centre
- Aller veiller un agonisant que le village abandonne prouve qu’elle est reliée à ceux-là mêmes qui ne la visitent pas.Deuxième partie, l’agonie de Médard accompagnée par Télumée
- Les malades soignés et les femmes qui viennent parler renversent le sens du mot : sa case est devenue un lieu de passage.Deuxième partie, la vieillesse de Télumée et les visites du village
- La dernière image, celle d’une femme à son jardin qui envisage la mort sans crainte, donne à la solitude une paix, non un manque.Deuxième partie, les dernières pages, la narratrice à son jardin
Habiter le monde suppose-t-il d’y vivre entouré, ou d’y être devenu disponible pour les autres ?