Le parcours associe le tissage des mémoires à l’habitation, et le roman multiplie les descriptions de cases et de jardins. Mais habiter peut désigner une installation matérielle ou une manière d’être au monde.
L’habitation se réduit-elle dans le roman à la possession d’un lieu, ou suppose-t-elle un lien qui déborde les limites de la parcelle ?
Le plan en trois parties
Habiter commence par un lieu que l’on fait de ses mains
- La case et le jardin de la vie commune donnent au couple une adresse et un rythme : on existe socialement par ce que l’on cultive.Deuxième partie, l’installation avec Elie, la case et le jardin
- Refaire une case à La Folie après tout ce qui a été perdu prouve que l’habitation se reconstruit toujours par le même geste élémentaire.Deuxième partie, l’installation à La Folie
- L’ouverture pose que le pays se mesure à la manière de l’habiter : dès la première page, le lieu est affaire de rapport, non de superficie.Première partie, les pages liminaires sur le pays
Mais un lieu ne vaut que par ceux qui y entrent
- L’enfant conduite chez sa grand-mère franchit un pont : on n’habite pas un village, on y est introduite par quelqu’un.Première partie, la marche vers Fond-Zombi et le franchissement du pont
- Les projets d’enfance de vivre ensemble montrent que le lieu rêvé est toujours peuplé : habiter se conjugue au pluriel.Deuxième partie, l’enfance et les promesses partagées avec Elie
- Celui qui revient de métropole a eu un toit sans avoir habité : son désabusement dit qu’on peut vivre quelque part sans y avoir de place.Deuxième partie, l’arrivée d’Amboise et son récit de la France
Habiter, c’est finalement être un lieu pour les autres
- Accueillir une enfant et lui transmettre gestes et paroles transforme la case en foyer, c’est-à-dire en point de départ pour quelqu’un d’autre.Deuxième partie, l’éducation de la petite Sonore
- Les malades soignés et les femmes venues parler font de sa maison une adresse pour le village entier.Deuxième partie, la vieillesse de Télumée et les visites du village
- La dernière image, celle d’une femme à son jardin qui accepte sa mort, montre une habitation si complète qu’elle inclut sa propre fin.Deuxième partie, les dernières pages, la narratrice à son jardin
Peut-on habiter un pays dont on ne possède pas la terre ?