Le roman s’ouvre sur une réflexion générale concernant le pays et la manière de l’habiter, et se ferme sur une femme à son jardin. Le sujet suppose qu’il existe entre ces deux moments un rapport de question à réponse.
La dernière page apporte-t-elle une réponse à la question posée par la première, ou en déplace-t-elle les termes ?
Le plan en trois parties
Un dispositif nettement circulaire
- L’ouverture pose que l’étendue d’un pays dépend de la manière de l’habiter : la question est formulée avant tout récit.Première partie, les pages liminaires sur le pays et la manière de l’habiter
- Les dernières pages montrent une femme à sa place, occupée de son jardin : la réponse est donnée sous forme d’image, non d’énoncé.Deuxième partie, les dernières pages, la narratrice à son jardin
- Entre les deux, les images de pluie, de vent et de saisons assurent la continuité : le roman est encadré par la même langue.Le titre et le réseau d’images météorologiques
Une réponse qui se donne en actes, non en maximes
- Le choix de La Folie, la case bâtie et le jardin ouvert constituent la démonstration pratique de ce qu’habiter veut dire.Deuxième partie, l’installation à La Folie
- Le surnom décerné par le village certifie publiquement cette réponse : la communauté atteste que la question a été résolue.Deuxième partie, le surnom donné par le village
- Les années partagées avec Amboise ont enseigné qu’habiter, c’est aussi habiter avec quelqu’un : la réponse finale intègre cette expérience.Deuxième partie, les années de vie commune avec Amboise
Mais une réponse qui ne clôt pas
- Les sentences héritées continuent d’affleurer jusqu’au bout : le roman se termine avec une parole qui n’est pas la sienne.Deuxième partie, les proverbes de Reine Sans Nom repris par Télumée
- Les dernières paroles de la grand-mère restent un viatique, c’est-à-dire une provision pour un chemin qui continue.Deuxième partie, les dernières paroles et la mort de Reine Sans Nom
- La tenue apprise dans le deuil est une conduite sans terme : elle vaut pour tous les jours à venir, y compris ceux que le roman ne raconte pas.Deuxième partie, le deuil de Télumée et la reprise des travaux
Un roman peut-il finir autrement qu’en laissant son lecteur avec la question du début ?