Plusieurs des poèmes les plus célèbres reposent sur une chute qui inverse tout ce qui précède. Le sujet demande si ce procédé résume la poétique du recueil ou n’en éclaire qu’une technique.
La chute est-elle le principe de composition du Cahier de Douai, ou seulement l’effet le plus spectaculaire d’une poétique plus large ?
Le plan en trois parties
Des chutes qui renversent le poème entier
- Le dernier vers révèle la mort et oblige à relire tout le sonnet.« Le Dormeur du val », v. 13-14
- Le mot cru placé en clausule interdit toute récupération esthétique.« Vénus Anadyomène », v. 14
- La réplique finale détruit la longue rêverie amoureuse qui précède.« Les Reparties de Nina », dernier vers
Mais beaucoup de poèmes se soutiennent d’un bout à l’autre, sans effet final
- Le poème de la sensation est une seule courbe continue, sans renversement.« Sensation », v. 1-4 et 5-8
- Le tableau d’auberge se termine dans la même lumière qu’il a installée.« Au Cabaret-Vert », v. 12-14
- Le long poème dramatique tire sa force de son ampleur, non d’une pointe.« Le Forgeron »
La chute n’est qu’un cas d’une poétique générale de la rupture
- La même rupture joue à l’intérieur du vers, par le rejet.« Ma Bohème », v. 7-8
- Elle joue aussi entre les registres, du sublime au trivial, au sein d’un même poème.« À la Musique », v. 1-4 puis strophe finale
- Elle joue enfin d’un poème à l’autre, le recueil passant sans transition de la fugue à la guerre.« Le Mal », v. 1-2
Une poésie qui repose sur la rupture peut-elle encore construire, ou se condamne-t-elle à la brièveté du fragment ?