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1ʳᵉ · Français · On ne badine pas avec l’amour, Musset

Les serments ont-ils encore une valeur dans On ne badine pas avec l’amour ?

Sujet de dissertation — On ne badine pas avec l’amour, Musset, 1ère

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Analyse des termes

Le serment est la parole qui engage l’avenir et qui, pour cela, réclame un garant : Dieu, un prêtre, une institution ou l’honneur de celui qui jure. La pièce multiplie les serments sans qu’aucun ne tienne, ce qui oblige à demander si c’est la parole qui a perdu sa force ou le monde qui a perdu ses garants.

Problématique

Ce qui manque aux serments de la pièce, est-ce la sincérité de ceux qui jurent ou l’autorité qui devrait les garantir ?

Le plan en trois parties

I

Deux garanties concurrentes du serment

  1. Perdican veut un serment sans garant extérieur : les mains jointes doivent suffire, ce qui fait reposer l’engagement sur les seuls amants.« Pourquoi nous marier ? voilà ta main et voilà la mienne », Perdican, II, 1
  2. Camille interroge la puissance du rite : si la parole du prêtre ne change pas l’eau en vin, le sacrement ne garantit rien non plus.« s’il soufflait sur un verre d’eau et vous disait que c’est un verre de vin », Camille, II, 5
  3. Sa maxime sur ce que l’amour peut rendre propose une troisième garantie, contractuelle : on ne s’engage qu’à hauteur de ce qu’on peut tenir.« L’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre », Camille, I, 2
TransitionAucune des garanties proposées ne résiste, car toutes supposent une confiance que les personnages se refusent.
II

Une parole dévaluée par l’usage

  1. La métaphore de la monnaie dit exactement la dévaluation : un serment qui a trop circulé ne vaut plus la peine d’être reçu.« Est-ce donc une monnaie que votre amour ? », Camille, II, 5
  2. Camille érige le mensonge en usage courant : là où mentir est une habitude sociale, jurer ne signifie plus rien.« il nous faut souvent jouer un rôle, souvent mentir », Camille, III, 6
  3. Le chœur commente sans jamais s’engager : cette parole collective, qui juge sans prendre parti, mesure le discrédit général de la parole donnée.le chœur peignant messer Blazius « doucement bercé sur sa mule fringante », I, 1
TransitionLe serment étant vidé de sa force, ce sont des paroles non jurées qui engagent réellement les destins.
III

Ce qui engage vraiment se dit hors du serment

  1. La lettre à sœur Louise engage Camille bien plus que ses serments publics, parce qu’elle y avoue un calcul qu’elle n’assumerait pas devant témoin.la lettre à sœur Louise, « ce pauvre jeune homme… », III, 2
  2. Perdican découvre que le véritable lien n’était pas juré mais subi : l’orgueil a fait ce que les serments prétendaient faire.« Orgueil, le plus fatal des conseillers humains », III, 8
  3. Rosette oppose aux serments une évidence matérielle : elle ne croit pas aux mots, mais elle est liée par ce qu’elle a reçu.« Des mots sont des mots et des baisers sont des baisers », Rosette, II, 3
Ouverture

Le théâtre romantique ne fait-il pas du serment rompu la forme moderne de la fatalité antique ?

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