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1ʳᵉ · Français · On ne badine pas avec l’amour, Musset

Le comique de la pièce n’est-il qu’un contrepoint du drame ?

Sujet de dissertation — On ne badine pas avec l’amour, Musset, 1ère

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Analyse des termes

La pièce mêle des scènes de farce, portées par les grotesques, à un duel amoureux qui finit par un mort ; on y voit souvent un simple contraste destiné à rehausser le drame. Il faut se demander si le comique se contente d’alterner avec le pathétique ou s’il en est le moteur.

Problématique

Le rire, dans la pièce, sert-il seulement à faire ressortir le drame, ou participe-t-il à le produire ?

Le plan en trois parties

I

Un comique franc, celui des corps et des mots d’esprit

  1. Le rapport de Blazius est un morceau de farce : le lapsus sur le vin fait rire d’un personnage incapable de mentir proprement.« un coup de vin, je veux dire un verre d’eau », Blazius, II, 4
  2. Le baron produit un comique de caractère : sa suffisance et ses généralités font de lui une figure de comédie classique.« je connais ces êtres charmants et indéfinissables », le baron à Bridaine, I, 2
  3. Camille elle-même pratique le trait d’esprit : la formule sur les poupées et le passé est d’abord une pointe.« ni assez vieille pour aimer le passé », Camille, I, 3
TransitionLe comique change de fonction dès qu’il passe des grotesques aux amants, car l’esprit devient chez eux un moyen d’attaque.
II

Un comique qui grince : l’esprit devient une arme

  1. La réplique sur les attouchements fait rire en salle et blesse en scène : le même mot produit deux effets opposés.« Je n’aime pas les attouchements », Camille, II, 1
  2. Le conseil de prendre un amant est un trait de comédie mondaine dont la cruauté déborde aussitôt le rire.« — De prendre un amant », la stichomythie, II, 5
  3. Camille nomme après coup ce qu’était cet esprit : une flèche, c’est-à-dire une arme déguisée en jeu.« ta flèche empoisonnée », Camille, III, 6
TransitionLe rire ne s’interrompt pas par hasard, il cesse là où les personnages n’ont plus rien à protéger.
III

Le rire s’éteint et découvre ce qu’il masquait

  1. La scène de la fontaine substitue au mot d’esprit une image grave : le comique cède la place au symbole.la bague jetée dans l’eau, « notre image a disparu », III, 3
  2. La tirade qui ferme l’acte II interrompt le duel spirituel par un lyrisme sans ironie : la pièce change de régime.« Tous les hommes sont menteurs […] ; mais j’ai aimé », fin de l’acte II, sc. 5
  3. L’aveu final ne comporte plus une seule pointe : le rire disparaît exactement quand les personnages cessent de jouer.« Insensés que nous sommes ! nous nous aimons », III, 8
Ouverture

Le mélange des tons, revendiqué par le romantisme, ne trouve-t-il pas ici sa justification la plus rigoureuse, puisque c’est le rire lui-même qui tue ?

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