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Égalité, discriminations et société inclusive

Égalité femmes-hommes, discriminations, handicap et société inclusive, racisme, antisémitisme, antitsiganisme, haine anti-LGBT (EMC de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d'EMC en première sur « Égalité, discriminations et société inclusive » suit le programme officiel d'EMC de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'égalité, principe républicain : de l'égalité en droit à l'égalité réelle, Égalité femmes-hommes : la conquête des droits (1791-2024), Égalité femmes-hommes : des inégalités qui persistent, Les discriminations : définir, prouver, sanctionner. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en EMC.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — L'égalité entre les femmes et les hommes en France depuis 1944 : de l'égalité des droits à l'égalité réelle ?

Analyse des termes — L'égalité des droits désigne les droits proclamés par la loi ; l'égalité réelle, leur effectivité dans le travail, le pouvoir et la vie privée. Le sujet part de l'ordonnance du 21 avril 1944 et va jusqu'à la loi constitutionnelle du 8 mars 2024.

Problématique — Pourquoi l'égalité entre les femmes et les hommes, presque entièrement acquise dans le droit, reste-t-elle incomplète dans les faits, et comment la République cherche-t-elle à la rendre réelle ?

Introduction rédigéeLe 29 avril 1945, lors des élections municipales, les Françaises votent pour la première fois, un siècle après les hommes. Ce geste résulte de l'ordonnance du 21 avril 1944, qui ouvre la longue conquête de l'égalité des droits entre les femmes et les hommes. L'égalité des droits désigne les droits reconnus par la loi, identiques pour tous ; l'égalité réelle désigne leur traduction effective dans les salaires, l'accès au pouvoir, le partage des tâches ou la sécurité. De 1944 à la constitutionnalisation de la liberté de recourir à l'IVG le 8 mars 2024, le droit français a presque entièrement effacé les inégalités juridiques entre les sexes. Pourtant, les écarts de revenus, la faible part de femmes aux postes de direction et la persistance des violences montrent que l'égalité proclamée n'est pas encore vécue. Pourquoi l'égalité entre les femmes et les hommes, presque entièrement acquise dans le droit, reste-t-elle incomplète dans les faits, et comment la République cherche-t-elle à la rendre réelle ? Nous verrons d'abord comment les femmes ont conquis l'égalité des droits de 1944 à 1983, puis quelles inégalités résistent à ce droit, avant d'étudier les outils, contraignants et débattus, par lesquels l'État tente de rendre cette égalité réelle.

I. La conquête de l'égalité des droits (1944-1983)

  • Les femmes deviennent citoyennes à part entière.Ordonnance du 21 avril 1944 ; premier vote aux municipales du 29 avril 1945 ; 33 femmes élues à l'Assemblée constituante de 1945.
  • L'égalité est inscrite dans la Constitution et dans le droit civil.Préambule du 27 octobre 1946, alinéa 3 ; loi du 13 juillet 1965 : la femme mariée travaille et ouvre un compte sans l'accord de son mari.
  • Les femmes obtiennent la maîtrise de leur corps et l'égalité au travail.Loi du 22 décembre 1972 sur l'égalité de rémunération ; loi Veil du 17 janvier 1975 ; loi Roudy du 13 juillet 1983.

II. Des inégalités qui résistent au droit

  • Les écarts de salaire persistent.Selon l'INSEE au début des années 2020 : revenu salarial des femmes inférieur d'environ un quart dans le privé, environ 15 % à temps de travail égal, environ 4 % à poste comparable.
  • Le pouvoir reste majoritairement masculin.10,9 % de députées en 1997, cinquante-trois ans après le droit d'éligibilité ; plafond de verre dans les directions d'entreprise.
  • Les violences sexistes et conjugales montrent les limites de l'égalité.De l'ordre d'une centaine de féminicides conjugaux par an selon le ministère de l'Intérieur ; Grenelle des violences conjugales ouvert le 3 septembre 2019.

III. Rendre l'égalité réelle : des outils contraignants et débattus

  • La parité transforme la représentation politique.Révision du 8 juillet 1999, loi du 6 juin 2000 ; binômes femme-homme aux départementales (loi du 17 mai 2013), conseils paritaires dès 2015 ; 38,8 % de députées en 2017.
  • Les entreprises sont soumises à des obligations chiffrées.Loi Copé-Zimmermann (27 janvier 2011) : 40 % de femmes dans les conseils d'administration ; index de l'égalité professionnelle (loi du 5 septembre 2018) ; loi Rixain (24 décembre 2021).
  • L'égalité passe aussi par les mentalités et reste débattue.Loi du 4 août 2014 pour l'égalité réelle ; éducation à l'égalité et lutte contre les stéréotypes d'orientation ; débat entre défenseurs des quotas et partisans d'un universalisme strict.
Conclusion rédigéeDe 1944 à 1983, les femmes ont obtenu la citoyenneté politique, l'autonomie juridique, la maîtrise de leur corps et l'égalité professionnelle en droit. Mais les écarts de salaire, le plafond de verre et les violences montrent que l'égalité des droits ne produit pas mécaniquement l'égalité réelle. Depuis 1999, la République a donc accepté des outils plus contraignants, parité, quotas, index, qui ont transformé les assemblées élues et les conseils d'administration, sans faire disparaître les inégalités dans le travail et la vie privée. L'égalité femmes-hommes apparaît ainsi comme un processus inachevé, qui dépend autant des mentalités que des lois. Elle pose une question plus large : les instruments utilisés pour les femmes peuvent-ils servir à combattre d'autres discriminations, fondées sur l'origine ou le handicap, alors que la République refuse les statistiques ethniques ?

Le piège — Réciter une liste de lois dans l'ordre chronologique sans jamais confronter le droit aux faits : le sujet porte sur l'écart entre égalité des droits et égalité réelle, et chaque partie doit le mesurer.

Sujet 2 — Discriminations, racisme et haines : comment la République construit-elle une société inclusive ?

Analyse des termes — Les discriminations sont des traitements défavorables fondés sur un critère interdit ; racisme, antisémitisme, antitsiganisme, xénophobie et haine anti-LGBT en sont les principales sources idéologiques. Une société inclusive adapte ses institutions pour que chacun y participe ; le sujet invite à étudier la France depuis la loi Pleven de 1972, en éclairant les héritages plus anciens.

Problématique — Par quels moyens la République, qui a elle-même parfois produit des discriminations, s'efforce-t-elle de protéger chacun et de faire une place à tous, et avec quelles limites ?

Introduction rédigéeLe 16 juillet 1995, Jacques Chirac reconnaît que la France a commis « l'irréparable » en livrant des Juifs arrêtés lors de la rafle du Vél d'Hiv : pour la première fois, un président de la République admet que l'État lui-même a discriminé et persécuté. Une discrimination est un traitement défavorable fondé sur un critère interdit par la loi, comme l'origine, le sexe, le handicap ou l'orientation sexuelle ; elle se nourrit d'idéologies de haine, racisme, antisémitisme, antitsiganisme, xénophobie, haine anti-LGBT. À l'inverse, une société inclusive adapte ses institutions pour que chacun puisse y participer tel qu'il est. Depuis la loi Pleven de 1972, la République s'est dotée d'un arsenal juridique étendu, mais elle a dû aussi affronter son propre passé discriminatoire, et les actes de haine restent nombreux. Par quels moyens la République, qui a elle-même parfois produit des discriminations, s'efforce-t-elle de protéger chacun et de faire une place à tous, et avec quelles limites ? Nous verrons qu'elle nomme et interdit les discriminations, qu'elle reconnaît celles qu'elle a commises, puis qu'elle cherche à adapter la société pour inclure, dans un chantier encore inachevé.

I. Nommer et interdire : le droit contre les discriminations et les haines

  • L'égalité est un principe constitutionnel.Article 1er de la Déclaration de 1789 ; article 1er de la Constitution de 1958 : égalité « sans distinction d'origine, de race ou de religion ».
  • La discrimination et la provocation à la haine deviennent des délits.Loi Pleven du 1er juillet 1972 ; article 225-1 du Code pénal, plus de vingt critères ; trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
  • La loi aggrave la sanction des actes de haine.Loi Gayssot du 13 juillet 1990 ; mobiles raciste (3 février 2003) et homophobe (18 mars 2003) comme circonstances aggravantes ; interdiction des « thérapies de conversion » (31 janvier 2022).

II. Reconnaître les discriminations produites par l'État lui-même

  • La responsabilité de l'État français dans la persécution des Juifs est reconnue.Rafle du Vél d'Hiv des 16-17 juillet 1942 ; discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995.
  • L'antitsiganisme d'État est reconnu tardivement.Loi du 16 juillet 1912 ; internement de 6 000 à 6 500 nomades de 1940 à 1946 ; discours de François Hollande à Montreuil-Bellay, 29 octobre 2016 ; suppression des titres de circulation en 2017.
  • La mémoire de l'esclavage entre dans la loi.Loi Taubira du 21 mai 2001 : la traite et l'esclavage sont des crimes contre l'humanité.

III. Inclure : adapter la société, un chantier inachevé

  • La société s'adapte aux personnes handicapées.Loi du 11 février 2005 (définition par l'environnement, accessibilité, école de référence) ; Convention de l'ONU de 2006, ratifiée en 2010.
  • L'égalité des droits s'étend aux personnes LGBT.Dépénalisation complète le 4 août 1982 ; PACS du 15 novembre 1999 ; mariage ouvert le 17 mai 2013.
  • Des acteurs agissent, mais les discriminations persistent.Défenseur des droits (loi organique du 29 mars 2011) ; testing admis comme preuve (loi du 31 mars 2006) ; actes antisémites presque quadruplés entre 2022 et 2023 selon le ministère de l'Intérieur.
Conclusion rédigéeLa République combat les discriminations et les haines par le droit pénal, depuis la loi Pleven de 1972, par la reconnaissance de ses propres fautes, du Vél d'Hiv en 1995 à l'internement des nomades en 2016, et par l'adaptation de la société, qu'illustrent la loi handicap de 2005 et l'égalité des droits des personnes LGBT. Ces moyens ont profondément changé le droit, mais la difficulté de prouver une discrimination, la persistance des préjugés et la hausse de certains actes, notamment antisémites, rappellent que la loi ne suffit pas. Une société inclusive suppose aussi l'éducation, l'engagement associatif et la vigilance de chaque citoyen. Reste une question débattue : la République universaliste peut-elle mesurer les discriminations liées à l'origine sans recourir à des statistiques qu'elle a toujours refusées ?

Le piège — Faire une liste de « racismes » juxtaposés sans fil conducteur, et oublier que l'État a lui-même discriminé (1912, 1940-1946, Vichy) : la partie sur la reconnaissance est ce qui fait la différence.

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