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EMC · Classe de 1ʳᵉ

Enjeux de solidarité sociale

Cohésion sociale, inégalités et politiques de solidarité en France contemporaine (programme de Première)

À propos de cette page
Ce cours de emc en première sur « Enjeux de solidarité sociale » suit le programme officiel de emc de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La solidarité : définitions et fondements, Les formes de la solidarité en société, Les inégalités sociales : nature et mesure, L'État-providence : naissance et modèles. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en emc.
Au programme
1 · La solidarité : définitions et fondements
2 · Les formes de la solidarité en société
3 · Les inégalités sociales : nature et mesure
4 · L'État-providence : naissance et modèles
5 · Les politiques sociales en France
6 · Les débats contemporains sur la solidarité
7 · Cohésion sociale et lien social
1La solidarité : définitions et fondements

La solidarité est le sentiment ou la pratique qui pousse des individus à s'entraider et à partager des responsabilités communes. Elle constitue un fondement essentiel de la vie en société.

Définition. La solidarité sociale désigne l'ensemble des liens, mécanismes et institutions qui unissent les membres d'une société pour faire face collectivement aux risques et aux inégalités. Elle repose sur l'idée que chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

On distingue deux dimensions de la solidarité :

  • La solidarité spontanée : entraide informelle, bénévolat, dons, réseaux familiaux et associatifs.
  • La solidarité institutionnalisée : mécanismes organisés par l'État (sécurité sociale, allocations, politiques sociales).
Astuce. Pour retenir la distinction : la solidarité spontanée vient du cœur (bénévoles, familles) ; la solidarité institutionnalisée vient de la loi (cotisations, impôts, droits sociaux).

Les fondements philosophiques de la solidarité sont multiples : le contrat social (Rousseau), l'idée républicaine de fraternité (troisième valeur de la devise française), et la tradition chrétienne ou humaniste d'aide aux plus démunis.

2Les formes de la solidarité en société

Le sociologue Émile Durkheim (1858-1917) a théorisé deux grands types de solidarité selon le mode d'organisation des sociétés.

Solidarité mécanique : propre aux sociétés traditionnelles (rurales, peu différenciées). Les individus se ressemblent, partagent les mêmes valeurs et croyances. Le lien social repose sur l'identité collective.
Solidarité organique : propre aux sociétés modernes industrialisées. La division du travail crée des individus aux fonctions complémentaires. Chacun dépend des autres, comme les organes d'un corps.

Caption : Les deux formes de solidarité théorisées par Durkheim.

Aujourd'hui, on distingue aussi :

  • La solidarité horizontale : entre pairs (même génération, même statut) — ex. : assurance chômage entre actifs.
  • La solidarité verticale : entre générations différentes — ex. : le système de retraites par répartition, où les actifs financent les pensions des retraités.
Exemple. Le système de retraite par répartition est un mécanisme de solidarité intergénérationnelle : chaque génération d'actifs finance les pensions de la génération précédente.
3Les inégalités sociales : nature et mesure

La solidarité sociale répond en partie aux inégalités qui traversent la société. Comprendre celles-ci est indispensable pour analyser les politiques sociales.

Inégalité sociale : différence d'accès aux ressources (revenus, patrimoine, santé, éducation) entre individus ou groupes sociaux, résultant de la structure sociale et non du seul mérite individuel.

On distingue plusieurs types d'inégalités :

Type d'inégalitéExemples
ÉconomiqueÉcarts de revenus et de patrimoine
SocialeAccès à l'éducation, à la santé, au logement
CulturelleCapital culturel, diplômes
TerritorialeDéserts médicaux, zones défavorisées

Les inégalités se cumulent souvent (on parle de cumul des inégalités ou de pauvreté multidimensionnelle). Quelques données clés en France :

Caption : Illustration schématique de la répartition des revenus par décile en France.

Attention ! Ne pas confondre inégalité et pauvreté. La pauvreté est une situation absolue ou relative (seuil de pauvreté = 60 % du revenu médian en France). L'inégalité est une comparaison entre groupes.

Le coefficient de Gini mesure les inégalités de revenus : 0 = égalité parfaite ; 1 = inégalité maximale. En France, il est d'environ 0,29 (avant redistribution : ~0,50), ce qui illustre l'efficacité des politiques sociales.

4L'État-providence : naissance et modèles

L'État-providence (ou welfare state) est apparu au XXe siècle pour répondre aux risques sociaux de masse liés à l'industrialisation.

État-providence : modèle d'organisation politique dans lequel l'État garantit à ses citoyens une protection contre les principaux risques sociaux (maladie, vieillesse, chômage, accidents du travail, pauvreté) par des mécanismes de redistribution.

En France, la Sécurité sociale est créée en 1945 par les ordonnances du Gouvernement provisoire. Elle repose sur quatre piliers (« branches ») :

  • Branche maladie (assurance maladie)
  • Branche vieillesse (retraites)
  • Branche famille (allocations familiales)
  • Branche accidents du travail et maladies professionnelles

Le sociologue Gøsta Esping-Andersen (1990) distingue trois grands modèles d'État-providence :

ModèlePaysPrincipe
LibéralÉtats-Unis, Royaume-UniFilet de sécurité minimal, rôle central du marché
Corporatiste/conservateurFrance, Allemagne, ItalieDroits liés au statut professionnel, rôle de la famille
Social-démocrateSuède, Danemark, NorvègeUniversalisme, haut niveau de protection pour tous
Astuce. Retenez les trois modèles avec la mémorisation : Libéral = marché ; Corporatiste = cotisations professionnelles ; Social-démocrate = universel.
5Les politiques sociales en France

Les politiques sociales désignent l'ensemble des interventions de l'État et des collectivités pour améliorer le bien-être de la population et réduire les inégalités.

Redistribution : mécanisme par lequel l'État prélève des ressources (impôts, cotisations) auprès des ménages et les redistribue sous forme de prestations sociales et de services publics.

On distingue deux types de redistribution :

  • Redistribution verticale : des revenus élevés vers les plus faibles (ex. : impôt progressif sur le revenu, RSA).
  • Redistribution horizontale : entre personnes en bonne santé et malades, entre actifs et retraités, entre sans enfants et familles (ex. : allocations familiales).

Caption : Le circuit simplifié de la redistribution sociale en France.

Les principaux dispositifs de solidarité en France sont :

DispositifPublic viséObjectif
RSA (Revenu de solidarité active)Personnes sans ressources suffisantesGarantir un revenu minimum
Allocation chômage (ARE)Salariés ayant perdu leur emploiCompenser la perte de revenu
CMU-C / Complémentaire santé solidairePersonnes à faibles revenusAccès aux soins
APL (aide au logement)Ménages modestesRéduire la charge du logement
Allocations familialesFamilles avec enfantsSoutien aux familles
Exemple. En France, les prestations sociales et les services publics permettent de réduire le taux de pauvreté d'environ 50 % : sans redistribution, le taux de pauvreté serait d'environ 24 % ; après redistribution, il est d'environ 14 %.
6Les débats contemporains sur la solidarité

La solidarité sociale fait l'objet de débats politiques et philosophiques importants, notamment autour de ses limites et de sa légitimité.

Les critiques de droite/libérale insistent sur :

  • Le coût des dépenses sociales (« État-providence trop lourd »).
  • Le risque d'assistanat ou de trappe à pauvreté : des aides trop généreuses décourageraient le retour à l'emploi.
  • La nécessité de responsabilité individuelle.

Les critiques de gauche/progressiste mettent en avant :

  • L'insuffisance des aides face à la persistance des inégalités.
  • Le manque d'universalité des droits sociaux.
  • La nécessité d'une solidarité internationale.
Attention ! En EMC, l'objectif n'est pas de prendre parti mais de comprendre et d'analyser ces débats de manière critique et nuancée.

Les questions contemporaines incluent :

  • La solidarité intergénérationnelle : financement des retraites, dette publique laissée aux jeunes, transition écologique.
  • La solidarité internationale : aide au développement, accueil des réfugiés, politiques migratoires.
  • Le non-recours aux droits : environ un tiers des bénéficiaires potentiels du RSA n'en font pas la demande (méconnaissance, complexité, stigmatisation).
Astuce. Pour argumenter en EMC, utilisez toujours des exemples concrets et des chiffres (taux de pauvreté, coefficient de Gini, dépenses sociales en % du PIB…).
7Cohésion sociale et lien social

La cohésion sociale désigne l'état d'une société caractérisé par des liens forts entre ses membres, une faible conflictualité et un sentiment d'appartenance commun.

Lien social : ensemble des relations, normes et valeurs qui unissent les individus au sein d'une société. Il peut être formel (institutions) ou informel (famille, amis, associations).

Durkheim avait déjà identifié un risque : l'anomie — l'affaiblissement des normes collectives dans les sociétés modernes, pouvant mener à la désintégration sociale. La solidarité est précisément ce qui prévient l'anomie.

Les facteurs qui fragilisent le lien social aujourd'hui :

  • L'individualisme croissant et la détraditionalisation.
  • Le chômage de longue durée et l'exclusion sociale.
  • La montée des inégalités et la ségrégation socio-spatiale.
  • Le recul des institutions intermédiaires (syndicats, partis, Église).

Les acteurs de la solidarité ne se limitent pas à l'État :

  • Les associations et le secteur non lucratif (ex. : Croix-Rouge, Restos du Cœur, Secours Catholique).
  • Les collectivités territoriales (communes, départements) jouent un rôle clé dans l'action sociale de proximité.
  • La famille reste le premier filet de sécurité informel.
  • L'entreprise (dialogue social, participation, intéressement).
Exemple. Le département est le chef de file de l'action sociale en France : il gère le RSA, l'aide sociale à l'enfance (ASE), l'aide aux personnes âgées (APA) et aux personnes handicapées.

Caption : Les principaux acteurs de la solidarité sociale en France.

À retenir
En bref :
• La solidarité sociale est le principe selon lequel les membres d'une société s'entraident face aux risques et aux inégalités.
• Durkheim distingue la solidarité mécanique (ressemblance) et organique (complémentarité).
• Les inégalités sociales sont multidimensionnelles ; le coefficient de Gini mesure les inégalités de revenus.
• L'État-providence (né en 1945 en France) assure la protection sociale via la Sécurité sociale et la redistribution.
• Il existe trois modèles : libéral, corporatiste (France) et social-démocrate.
• Les débats contemporains portent sur le financement, l'efficacité et les limites de la solidarité (assistanat, non-recours, solidarité internationale).
• La cohésion sociale est menacée par l'anomie, les inégalités et l'individualisme.
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