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Évolution des génomes : Hardy-Weinberg, sélection et dérive
Modèle de Hardy-Weinberg et ses conditions, test de l’équilibre, unions non aléatoires, mutation, sélection naturelle et préférences sexuelles, dérive génétique et migrations dans des populations finies, différenciation des populations, spéciation et notion d’espèce questionnée par le séquençage de l’ADN.
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Sujet et corrigé prêts à imprimer.
Devoir surveillé – Évolution des génomes : Hardy-Weinberg, sélection et dérive
Durée : 120 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spécialité SVT Terminale
Les réponses doivent être rédigées et justifiées. Soigne l'orthographe et la présentation.
Exercice 1 – Mobiliser ses connaissances ★★
(6 pts)Répondez à chaque question par un texte structuré (introduction, développement organisé, conclusion), appuyé sur des exemples précis.
- a)Présentez le modèle de Hardy-Weinberg : ses conditions, ce qu’il prévoit (en le justifiant à partir de la rencontre des gamètes) et l’intérêt d’un modèle qu’aucune population réelle ne respecte. (3 pts)
- b)Montrez que, dans les populations réelles, plusieurs facteurs éloignent de l’équilibre de Hardy-Weinberg, en distinguant ceux qui modifient les fréquences alléliques de ceux qui ne modifient que les fréquences génotypiques. Appuyez-vous sur des exemples précis. (3 pts)
Exercice 2 – Des œillets sur une colline ★★
(6 pts)Sur une colline, une population de 1 000 œillets sauvages est étudiée pour un gène à deux allèles codominants A et a : on compte 380 plantes AA, 440 Aa et 180 aa. On sait que cette espèce peut féconder ses fleurs avec leur propre pollen.
- a)Calculez les fréquences des allèles A et a. (1 pt)
- b)Calculez les effectifs attendus de chaque génotype si la population était à l’équilibre de Hardy-Weinberg. (1,5 pt)
- c)Comparez effectifs observés et attendus, puis proposez une explication en utilisant les informations de l’énoncé. (2 pts)
- d)Les graines de cette colline sont dispersées dans un pré voisin, où la même espèce a une fréquence de a égale à 0,2. Elles donnent un quart des jeunes plantes du pré, les trois autres quarts venant des plantes du pré. Calculez la fréquence de a chez ces jeunes plantes. (1,5 pt)
Exercice 3 – Deux formes d’un poisson dans un même lac ★★★
(8 pts)Document 1 — Dans un lac, deux formes d’un poisson vivent ensemble. La forme L pond au printemps sur les rives peu profondes ; la forme P pond en automne, en eau profonde.
Document 2 — En élevage, les croisements L × P donnent des descendants viables et fertiles.
Document 3 — Fréquence de l’allèle E1 d’un gène dans les deux formes (valeurs choisies).
| Année d’échantillonnage | Forme L | Forme P |
|---|---|---|
| 1970 | 0,55 | 0,45 |
| 2020 | 0,85 | 0,15 |
- a)Identifiez, à partir du document 1, la barrière reproductive qui sépare L et P, et précisez son type. (1,5 pt)
- b)Montrez, à l’aide du document 3, que L et P divergent génétiquement, et expliquez ce que cela indique sur les échanges de gènes entre elles. (2 pts)
- c)Expliquez comment cette situation, dans un même lac, peut conduire à la formation de deux espèces, et nommez ce type de spéciation. (2,5 pts)
- d)L et P sont-elles deux espèces ? Discutez en confrontant les documents 2 et 3 à la définition de l’espèce. (2 pts)
Bon courage !
Ce document est la propriété intellectuelle de Ben, professeur particulier (benprofparticulier.fr), protégée par le Code de la propriété intellectuelle (art. L. 111-1 et L. 122-4). Il est mis à disposition pour un usage personnel de révision. Toute reproduction, diffusion, mise en ligne ou revente, totale ou partielle, sans autorisation écrite est interdite et constitue une contrefaçon (art. L. 335-2).
Voir le corrigé et le barème
Corrigé et barème – Évolution des génomes : Hardy-Weinberg, sélection et dérive
Durée : 120 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spécialité SVT Terminale
Exercice 1 – Mobiliser ses connaissances ★★
(6 pts)- a)Introduction : une population évolue quand les fréquences de ses allèles changent ; il faut une référence pour repérer ce changement. Conditions : population de reproduction sexuée d’effectif infini, panmixie (unions et rencontre des gamètes au hasard), ni mutation, ni migration, ni sélection. Prévision : une part p des gamètes porte A, une part q porte a ; la rencontre au hasard donne AA avec la probabilité p2, Aa avec 2pq (A venant de l’un ou de l’autre parent), aa avec q2 ; la génération suivante produit des gamètes A avec la fréquence p2 + pq = p(p + q) = p : les fréquences alléliques restent constantes et les génotypes valent p2, 2pq, q2. Intérêt : on compare effectifs observés et attendus (p2N, 2pqN, q2N) ; un écart net désigne un facteur qui éloigne de l’équilibre (unions non aléatoires, sélection, dérive, migration, mutation) ; le modèle permet aussi d’estimer q = √f(aa) pour un caractère récessif. Conclusion : aucune population réelle ne remplit ces conditions, d’où l’évolution inéluctable des génomes ; et une conformité au modèle montre seulement qu’aucun écart n’est détecté. (3)
- b)Introduction : aucune population réelle ne remplit les conditions du modèle ; les facteurs qui l’en écartent n’agissent pas tous au même niveau. Facteurs qui modifient les fréquences alléliques : la mutation, seule source d’allèles nouveaux, aléatoire et rare (de l’ordre de 10−8 par nucléotide et par génération chez l’humain), effet direct très lent ; la sélection naturelle, tri orienté selon la valeur sélective dans un milieu donné (allèle de résistance favorisé par un herbicide ; avantage des hétérozygotes HbA/HbS là où sévit le paludisme), qui agit sur les phénotypes et donc mal sur un allèle récessif rare ; les préférences sexuelles, qui donnent plus de descendants aux porteurs d’un caractère choisi ; la dérive génétique, variation aléatoire due à l’échantillonnage des gamètes dans une population finie, d’autant plus forte que l’effectif est petit, jusqu’à la fixation ou la perte d’allèles (effet fondateur, goulot d’étranglement) ; la migration, qui rapproche les fréquences des populations qui échangent des individus (q′ = (1 − m) q + m qM). Facteurs qui ne modifient que les fréquences génotypiques : l’appariement non aléatoire — unions entre semblables, entre apparentés, autofécondation (qui divise par deux la part des hétérozygotes à chaque génération) — crée un déficit d’hétérozygotes sans changer p et q ; à l’inverse, des unions entre individus différents créent un excès d’hétérozygotes. Conclusion : un test de Hardy-Weinberg détecte des écarts, mais il faut d’autres données (fréquences d’une génération à l’autre, effectif, milieu, migrations) pour identifier le facteur ; plusieurs facteurs se combinent souvent. (3)
Piège — Écrire que la sélection « crée » des allèles ou que les individus « mutent pour s’adapter » : les mutations sont aléatoires et préexistent, la sélection ne fait que trier.
Exercice 2 – Des œillets sur une colline ★★
(6 pts)- a)2 000 copies du gène. Copies de A : 2 × 380 + 440 = 1 200, donc f(A) = 1 200 ÷ 2 000 = 0,6 ; copies de a : 2 × 180 + 440 = 800, donc f(a) = 0,4 ; contrôle : 0,6 + 0,4 = 1. (1,5)
- b)AA : p2 × N, avec p2 = 0,36, soit 0,36 × 1 000 = 360 ; Aa : 2pq × N = 0,48 × 1 000 = 480 ; aa : q2 × N, avec q2 = 0,16, soit 0,16 × 1 000 = 160 ; total 1 000. (1,5)
- c)On observe 440 hétérozygotes au lieu de 480 (déficit de 40, soit un douzième) et un excès des deux homozygotes (380 au lieu de 360, 180 au lieu de 160) : les écarts vont dans le même sens, la population ne semble pas à l’équilibre. Un déficit d’hétérozygotes signale des unions non aléatoires : l’autofécondation, possible chez cet œillet, divise par deux la part des hétérozygotes à chaque génération, sans changer les fréquences alléliques. (Un mélange de deux populations aux fréquences différentes donnerait le même effet.) (1,5)
- d)C’est une migration : une part m = 0,25 des jeunes vient de la colline (q = 0,4). q′ = (1 − m) × q + m × qM = 0,75 × 0,2 + 0,25 × 0,4 = 0,15 + 0,1 = 0,25. La fréquence du pré se rapproche de celle de la colline : le flux de gènes rapproche les populations qui échangent des individus. (1,5)
Méthode — Fréquences sur 2N copies, attendus p2N, 2pqN, q2N, puis le sens des écarts : un déficit d’hétérozygotes oriente vers des unions non aléatoires.
Exercice 3 – Deux formes d’un poisson dans un même lac ★★★
(8 pts)- a)L et P se reproduisent à des saisons différentes (printemps, automne) et dans des lieux différents (rives, eau profonde) : leurs gamètes ne se rencontrent pas. C’est une barrière temporelle et écologique, donc prézygotique : elle agit avant la fécondation. (2)
- b)En 1970, l’écart de fréquence de E1 entre L et P est de 0,55 − 0,45 = 0,10 ; en 2020, de 0,85 − 0,15 = 0,70 : les deux formes s’éloignent, dans des sens opposés. Si elles échangeaient beaucoup de gènes, la migration rapprocherait leurs fréquences ; leur divergence montre que les flux de gènes sont très faibles ou nuls dans le lac, ce que confirme le document 1. (2)
- c)Sans flux de gènes, chaque forme évolue indépendamment : des mutations différentes y apparaissent au hasard ; la sélection, liée à son milieu de reproduction (eau peu profonde ou profonde, saison), trie des allèles différents ; la dérive agit séparément dans chacune. Les génomes divergent et des incompatibilités peuvent s’accumuler jusqu’à un isolement reproducteur complet, même si les deux formes se retrouvaient au même moment au même endroit : c’est une spéciation sympatrique. (2)
- d)Arguments pour deux espèces : dans la nature, L et P n’échangent presque plus de gènes (documents 1 et 3) ; or le programme définit l’espèce comme une population suffisamment isolée génétiquement. Argument contre : en élevage, elles restent interfécondes, avec une descendance fertile (document 2) ; le critère d’interfécondité ne suffit donc pas à trancher. Conclusion : L et P sont à une étape intermédiaire d’un processus continu de spéciation ; selon le critère retenu, on parlera de deux formes d’une même espèce ou de deux espèces naissantes. (2)
Méthode — Dire d’abord où et quand agit la barrière (avant ou après la fécondation), puis vérifier dans les données si des gènes passent encore d’une population à l’autre.
Ce document est la propriété intellectuelle de Ben, professeur particulier (benprofparticulier.fr), protégée par le Code de la propriété intellectuelle (art. L. 111-1 et L. 122-4). Il est mis à disposition pour un usage personnel de révision. Toute reproduction, diffusion, mise en ligne ou revente, totale ou partielle, sans autorisation écrite est interdite et constitue une contrefaçon (art. L. 335-2).
Ce contrôle de spécialité SVT Terminale en bref
Un devoir surveillé type contrôle en classe sur « Évolution des génomes : Hardy-Weinberg, sélection et dérive » : 3 exercices, 120 minutes, noté sur 20. Le sujet et le corrigé sont téléchargeables en PDF, prêts à imprimer, pour travailler comme en classe.
- Exercice 1 — Mobiliser ses connaissances ★★/ 6 pts
- Exercice 2 — Des œillets sur une colline ★★/ 6 pts
- Exercice 3 — Deux formes d’un poisson dans un même lac ★★★/ 8 pts
Notions évaluées
Population, pool génique, fréquence allélique, fréquence génotypique, modèle de Hardy-Weinberg, panmixie, effectif, équilibre, effectifs observés et attendus, appariement non aléatoire, homogamie, consanguinité, autofécondation, déficit d’hétérozygotes, mutation, taux de mutation, allèle neutre, favorable, défavorable, sélection naturelle, valeur sélective, pression de sélection, avantage de l’hétérozygote, drépanocytose, paludisme, sélection sexuelle, préférences sexuelles, dérive génétique, fixation, perte, effet fondateur, goulot d’étranglement, migration, flux de gènes, équilibre sélection-migration, différenciation génétique, barrière prézygotique, barrière postzygotique, hybride stérile, spéciation allopatrique, spéciation sympatrique, espèce, isolement génétique, espèces cryptiques, séquençage de l’ADN, code-barres ADN.
Pour préparer ce contrôle
- Relire le cours et la fiche de révision.
- Refaire les exercices corrigés.
- Se tester avec le QCM (24 questions).
- Faire ce sujet en conditions réelles — 120 min, sans le cours — puis se corriger et noter les points à revoir.
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Questions fréquentes sur ce sujet
- Combien de temps dure ce contrôle sur « Évolution des génomes : Hardy-Weinberg, sélection et dérive » ?
- 120 minutes pour 3 exercices notés sur 20. Prévois le double si tu enchaînes avec la correction.
- Le corrigé est-il fourni ?
- Oui : le corrigé complet est fourni en PDF (bouton « Télécharger le corrigé »), avec le barème exercice par exercice.
- Ce sujet peut-il servir de DS, de contrôle ou d'interrogation ?
- Oui : c'est un devoir surveillé complet de 120 minutes. Pour une interrogation courte, garde un ou deux exercices ; pour un DS ou un contrôle de fin de chapitre, fais le sujet entier en temps limité.
- Ce sujet suit-il le programme de spécialité SVT de terminale ?
- Oui : il évalue uniquement les notions du chapitre « Évolution des génomes : Hardy-Weinberg, sélection et dérive » du programme officiel de spécialité SVT en terminale, soit : dans les populations eucaryotes à reproduction sexuée, le modèle théorique de Hardy-Weinberg prévoit la stabilité des fréquences relatives des allèles ; dans les populations réelles, mutations, caractère favorable ou défavorable de celles-ci, taille limitée de la population (dérive génétique), migrations et préférences sexuelles empêchent d’atteindre cet équilibre ; facteurs éloignant de l’équilibre : appariement non aléatoire, sélection, population finie ; sélection naturelle et dérive génétique ; différenciation génétique obligatoire au cours du temps, qui peut limiter les échanges de gènes entre populations ; les espèces, ensembles hétérogènes de populations évoluant continuellement ; questionner la notion d’espèce à l’aide du séquençage de l’ADN.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
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