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Spécialité SES Terminale

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Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?

PGF, progrès technique, institutions, innovation et inégalités, limites écologiques de la croissance (spécialité SES de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en terminale sur « Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ? » suit le programme officiel de spécialité SES de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La croissance économique : définition, mesure, histoire, Première source : l'accumulation des facteurs de production, Deuxième source : la productivité globale des facteurs, Un progrès technique endogène, fruit de l'innovation. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité SES.

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Tombés au bac sur cette question

Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.

  • 2024 · Centres étrangers — Quelles sont les sources de la croissance économique ? voir le sujet complet →
  • 2023 · Polynésie française — Les limites écologiques sont-elles le seul défi posé par la croissance économique ? voir le sujet complet →
  • 2023 · Asie — L'accumulation des facteurs de production permet-elle, à elle seule, d'expliquer la croissance économique ? voir le sujet complet →
  • 2021 · Métropole — Comment le progrès technique favorise-t-il la croissance économique ? voir le sujet complet →
  • 2022 · Mayotte — L'accroissement de la productivité globale des facteurs suffit-il à expliquer la croissance économique ? voir le sujet complet →
  • 2022 · Métropole — L'accumulation des facteurs de production est-elle la seule source de croissance économique ? voir le sujet complet →
  • 2022 · Nouvelle-Calédonie — Quel est le rôle de l'innovation sur la croissance économique ? voir le sujet complet →
  • 2022 · Asie — Comment l'innovation peut-elle contribuer à reculer les limites écologiques d'une croissance soutenable ? voir le sujet complet →

Sujet 1 — Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Analyse des termes — Les « sources » sont les facteurs qui expliquent la croissance, c'est-à-dire la hausse soutenue et durable du PIB en volume ; la question ouverte appelle un inventaire hiérarchisé et articulé, pas une liste. Le sujet porte sur la longue période : les fluctuations conjoncturelles et le rôle de la demande à court terme en sont exclus.

Problématique — La croissance résulte-t-elle simplement de l'emploi d'une quantité croissante de facteurs de production, ou d'abord d'une efficacité accrue de leur combinaison, elle-même produite par l'innovation et par les institutions ?

Introduction rédigéeSelon les estimations d'Angus Maddison publiées par l'OCDE en 2001, le PIB par habitant de l'Europe occidentale augmente d'environ 1 % par an entre 1820 et 1870, mais d'environ 4,1 % par an entre 1950 et 1973 : à ce rythme, il double en moins de dix-huit ans. Comment expliquer de tels écarts ? La croissance économique désigne l'augmentation soutenue et durable de la production de biens et de services, mesurée par le taux de variation du PIB en volume. Ses sources sont les facteurs qui, sur longue période, permettent à une économie de produire davantage. La réponse la plus intuitive consiste à dire qu'une économie produit plus parce qu'elle mobilise plus de travail et plus de capital. Mais elle ne suffit pas à expliquer pourquoi la croissance se poursuit depuis deux siècles dans les pays développés. La croissance résulte-t-elle simplement de l'emploi d'une quantité croissante de facteurs de production, ou d'abord d'une efficacité accrue de leur combinaison, elle-même produite par l'innovation et les institutions ? Nous verrons d'abord que l'accumulation des facteurs est une première source de croissance (I), puis que la productivité globale des facteurs, portée par le progrès technique, en est la source principale à long terme (II), avant de montrer que ces sources sont elles-mêmes produites par l'économie, grâce à l'innovation et à des institutions favorables (III).

I. Produire plus en mobilisant plus de facteurs : l'accumulation

  • La hausse de la quantité de travail (population active, taux d'activité) augmente la production : c'est la croissance extensive.À Singapour, la part de la population en emploi passe de 27 % à 51 % entre 1966 et 1990 (Young, repris par Krugman, 1994).
  • L'investissement accroît le stock de capital physique, donc les capacités de production.À Singapour, l'investissement passe d'environ 11 % du PIB en 1960 à plus de 40 % dans les années 1980 (Krugman, « The Myth of Asia's Miracle », 1994).
  • L'accumulation de capital humain accroît la qualité du travail et sa productivité.Becker, Human Capital (1964) ; en France, la part d'une génération titulaire du baccalauréat passe d'environ 20 % vers 1970 à près de 80 % à la fin des années 2010 (ministère de l'Éducation nationale).

II. Produire mieux avec les mêmes facteurs : la productivité globale des facteurs

  • L'accumulation bute sur des rendements décroissants : à technique donnée, chaque unité de capital supplémentaire rapporte moins.Modèle de Solow (1956) : sans progrès technique, le PIB par habitant cesse d'augmenter ; Krugman prédit en 1994 le ralentissement des économies asiatiques fondées sur l'accumulation.
  • L'essentiel de la croissance de long terme vient de la PGF, c'est-à-dire du résidu non expliqué par les facteurs.Solow (1957) : aux États-Unis de 1909 à 1949, 87,5 % de la hausse de la production par heure travaillée relèvent du changement technique.
  • La PGF dépend du progrès technique au sens large, qui inclut l'organisation du travail.Division du travail dans la manufacture d'épingles (Smith, 1776 : environ 48 000 épingles par jour pour dix ouvriers) ; chaîne de montage de Ford à Highland Park (1913).

III. Des sources produites par l'économie elle-même : innovation et institutions

  • Le progrès technique est endogène : il naît de la R&D, du capital humain et des infrastructures, qui engendrent des externalités positives.Romer (1990), Lucas (1988), Barro (1990) ; en 2021, la DIRD atteint environ 4,9 % du PIB en Corée du Sud contre 2,2 % en France (OCDE, 2023).
  • Les institutions, notamment les droits de propriété, déterminent l'incitation à investir et à innover.North (1990) ; Acemoglu et Robinson (2012) opposent institutions inclusives et extractives, en comparant les deux Corées ; brevet de 20 ans en France.
  • L'innovation entretient la croissance par la destruction créatrice, que la concurrence stimule.Schumpeter (1942) ; Aghion et Howitt (1992), Nobel 2025 avec Mokyr ; faillite de Kodak en 2012 face à la photographie numérique.
Conclusion rédigéeLa croissance économique a donc deux sources : l'accumulation des facteurs de production, travail, capital physique et capital humain, et la hausse de la productivité globale des facteurs. La première est limitée par les rendements décroissants ; la seconde, portée par le progrès technique, explique l'essentiel de la croissance de long terme, comme l'a montré Solow en 1957. Mais ce progrès technique n'est pas un don : il est produit par l'innovation, financée par la R&D et le capital humain, et encouragée par des institutions qui protègent l'innovateur sans bloquer ses concurrents. Les sources de la croissance forment ainsi un cercle vertueux, dans lequel la croissance finance ce qui l'entretient. Reste à savoir si cette dynamique peut se poursuivre sans creuser les inégalités de revenus ni franchir les limites écologiques de la planète : c'est la question des défis de la croissance.

Le piège — Dresser une liste de sources sans les hiérarchiser ni les relier, ou invoquer la consommation et la demande, qui expliquent les fluctuations de court terme et non la croissance de long terme.

Sujet 2 — Les limites écologiques sont-elles le seul défi posé par la croissance économique ?

Analyse des termes — Les limites écologiques désignent l'épuisement des ressources, la pollution et le réchauffement climatique ; un « défi » est une difficulté que la croissance doit surmonter pour rester possible et acceptable. Le mot « seul » impose d'examiner un autre défi, celui des inégalités de revenus engendrées par le progrès technique, puis d'étudier comment les deux s'articulent.

Problématique — La croissance économique se heurte-t-elle seulement aux limites physiques de la planète, ou engendre-t-elle aussi des inégalités de revenus, défi social qu'il faut relever en même temps que le défi écologique ?

Introduction rédigéeEn 1972, le rapport Meadows, commandé par le Club de Rome, alertait sur les limites physiques d'une croissance continue dans un monde fini. Un demi-siècle plus tard, la concentration de CO2 dans l'atmosphère atteint 419,3 ppm en 2023 selon la NOAA, contre environ 280 avant l'ère industrielle. La croissance économique, c'est-à-dire l'augmentation soutenue et durable du PIB en volume, se heurte ainsi à des limites écologiques : l'épuisement des ressources, la pollution et le réchauffement climatique. Ce défi paraît aujourd'hui le plus visible. Pourtant, la croissance moderne repose sur le progrès technique, dont les gains ne sont pas également répartis : depuis les années 1980, les inégalités de revenus remontent dans plusieurs pays riches. La croissance économique se heurte-t-elle seulement aux limites physiques de la planète, ou engendre-t-elle aussi des inégalités de revenus, défi social qu'il faut relever en même temps que le défi écologique ? Nous montrerons d'abord que les limites écologiques constituent un défi majeur pour une croissance soutenable (I), puis que le progrès technique qui porte la croissance pose aussi un défi social, celui des inégalités de revenus (II), avant de voir que ces deux défis sont liés et que l'innovation peut aider à les relever, sous conditions (III).

I. Les limites écologiques, un défi majeur pour une croissance soutenable

  • La croissance épuise des ressources non renouvelables et surexploite des ressources renouvelables.Rapport Meadows pour le Club de Rome (1972) ; selon la FAO (2022), plus d'un tiers des stocks de poissons évalués sont surexploités.
  • La production engendre des pollutions, externalités négatives que le marché ne corrige pas spontanément.Notion d'externalité formalisée par Arthur Pigou (The Economics of Welfare, 1920) ; pollution de l'air, de l'eau et des sols.
  • Le réchauffement climatique, lié aux émissions de gaz à effet de serre, menace les conditions mêmes de la production.Concentration de CO2 de 419,3 ppm en 2023 contre environ 280 avant l'ère industrielle (NOAA) ; +1,1 °C environ en 2011-2020 par rapport à 1850-1900 (GIEC, 2021).

II. Mais le progrès technique qui porte la croissance pose aussi un défi social : les inégalités de revenus

  • Le progrès technique biaisé en faveur du travail qualifié accroît l'écart de salaires entre diplômés et non-diplômés.Goldin et Katz, The Race between Education and Technology (2008) : les écarts se creusent quand l'éducation prend du retard sur la technologie.
  • L'automatisation des tâches routinières polarise l'emploi et fragilise les emplois intermédiaires.Autor, Levy et Murnane (Quarterly Journal of Economics, 2003).
  • Les rentes d'innovation concentrent les revenus au sommet de la distribution.Aux États-Unis, la part du revenu avant impôt des 1 % les plus aisés passe d'environ 10 % vers 1980 à près de 20 % à la fin des années 2010 (World Inequality Database, ordre de grandeur) ; nuance d'Aghion et al. (2019) sur la mobilité sociale.

III. Deux défis liés, que l'innovation peut aider à relever sous conditions

  • L'innovation peut reculer les limites écologiques et permettre un découplage entre croissance et émissions.Coût de l'électricité photovoltaïque en centrale en baisse de 85 % entre 2010 et 2020 (IRENA, 2021) ; en France, émissions territoriales en baisse d'environ 31 % de 1990 à 2023 pour un PIB en hausse d'environ 60 % (Citepa, 2024 ; ordre de grandeur).
  • Mais ce recul est limité par l'effet rebond et le déplacement des émissions vers les pays exportateurs.Paradoxe de Jevons (The Coal Question, 1865) ; empreinte carbone ; débat entre soutenabilité faible (Solow, 1974) et forte (Daly, 1977).
  • Les deux défis se rejoignent : le coût de la transition écologique pèse davantage sur les ménages modestes et conditionne son acceptabilité.En France, le mouvement des « gilets jaunes », à l'automne 2018, part d'une contestation de la hausse des taxes sur les carburants.
Conclusion rédigéeLes limites écologiques ne sont donc pas le seul défi posé par la croissance économique. Elles sont un défi majeur, car la croissance épuise des ressources, pollue et réchauffe le climat, au risque de miner ses propres conditions. Mais le progrès technique, principal moteur de la croissance, engendre aussi des inégalités de revenus, par son biais en faveur du travail qualifié, la polarisation de l'emploi et les rentes d'innovation. Ces deux défis sont liés : l'innovation peut reculer les limites écologiques, comme le montre la baisse du coût du solaire, mais une transition qui ferait peser ses coûts sur les plus modestes perdrait son soutien. La question devient alors celle des moyens dont disposent les pouvoirs publics pour orienter l'innovation vers une croissance à la fois soutenable et mieux partagée.

Le piège — Consacrer toute la copie aux limites écologiques en oubliant le mot « seul », ou à l'inverse traiter les crises financières et le chômage conjoncturel, hors sujet : l'autre défi attendu par le programme est celui des inégalités de revenus liées au progrès technique.

Épreuve composée — traitée en entier

Partie 1 — Mobilisation des connaissances (4 points)

Montrez que les institutions, notamment les droits de propriété, favorisent la croissance économique.

Corrigé rédigé

Les institutions sont, selon Douglass North (1990), les « règles du jeu » formelles (lois, constitution, droits de propriété) et informelles (normes, coutumes) qui encadrent les comportements économiques. Les droits de propriété garantissent à leur titulaire l'usage d'un bien et le revenu qu'il procure.

Investir ou innover suppose de renoncer à un revenu présent pour un gain futur incertain. Quand les droits de propriété sont protégés par un État de droit, des contrats respectés et une justice indépendante, l'investisseur est assuré de percevoir le fruit de son effort : l'incitation à investir augmente, donc l'accumulation du capital. De même, le brevet accorde à l'innovateur un monopole temporaire d'exploitation, de 20 ans en France, qui lui permet de rentabiliser ses dépenses de recherche-développement : l'incitation à innover augmente, donc le progrès technique et la productivité globale des facteurs.

Daron Acemoglu et James Robinson (2012) illustrent ce mécanisme par la comparaison des deux Corées : aux conditions géographiques proches, elles connaissent depuis leur séparation des niveaux de prospérité très différents, que les auteurs attribuent à des institutions inclusives au Sud et extractives au Nord.

Partie 2 — Étude d’un document (6 points)

Angus Maddison, L'Économie mondiale : une perspective millénaire, OCDE, 2001 ; taux arrondis au dixième.

Taux de croissance annuel moyen du PIB par habitant (en %)1820-18701870-19131913-19501950-19731973-1998
Europe occidentale1,01,30,84,11,8
États-Unis1,31,81,62,52,0
Monde0,51,30,92,91,3

1. À l'aide des données du document, vous comparerez l'évolution du PIB par habitant de l'Europe occidentale et des États-Unis entre 1950 et 1973.

2. À l'aide des données du document, vous montrerez que la croissance économique est d'intensité variable selon les périodes.

Corrigé rédigé

1. Selon Angus Maddison (OCDE, 2001), entre 1950 et 1973, le PIB par habitant de l'Europe occidentale a augmenté en moyenne de 4,1 % par an, contre 2,5 % par an aux États-Unis. Sur ces 23 années, il a donc été multiplié par environ 1,04123 ≈ 2,5 en Europe occidentale, contre 1,02523 ≈ 1,8 aux États-Unis. L'Europe occidentale a connu une croissance du PIB par habitant nettement plus rapide que celle des États-Unis : partie d'un niveau plus bas après la guerre, elle rattrape en partie son retard.

2. Le rythme de croissance varie fortement d'une période à l'autre. En Europe occidentale, le PIB par habitant progresse d'environ 1 % par an entre 1820 et 1870, ce qui correspond à un doublement en 70 ans environ, puis ralentit à 0,8 % par an entre 1913 et 1950, période marquée par deux guerres mondiales et la crise des années 1930. Il accélère ensuite à 4,1 % par an entre 1950 et 1973, soit un doublement en 17 ans environ (70 / 4,1), avant de retomber à 1,8 % entre 1973 et 1998. Le même profil, moins marqué, s'observe pour le monde : 2,9 % par an entre 1950 et 1973, contre 0,9 % entre 1913 et 1950 et 1,3 % entre 1973 et 1998. La période 1950-1973 apparaît donc exceptionnelle, ce qui invite à rechercher des sources de croissance plus puissantes à certaines époques qu'à d'autres.

Partie 3 — Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire (10 points)

À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l'innovation est au cœur de la croissance économique.

Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942 (traduction française, Payot, 1951) ; présentation et courte citation.

Pour Schumpeter, le capitalisme n'est jamais stationnaire. Son moteur n'est pas la concurrence par les prix entre entreprises identiques, mais l'arrivée de biens nouveaux, de méthodes de production nouvelles, de nouveaux marchés et de nouvelles formes d'organisation. Ce processus « révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs ». Schumpeter le nomme « destruction créatrice » et en fait la donnée fondamentale du capitalisme.

D'après Philippe Aghion, Céline Antonin et Simon Bunel, Le Pouvoir de la destruction créatrice, Odile Jacob, 2020 (résumé).

Les auteurs soutiennent que, dans les économies avancées, la croissance de long terme repose principalement sur l'innovation, qui accroît la productivité. Chaque innovation procure à son auteur une rente temporaire, qui l'incite à innover, jusqu'à ce qu'un concurrent le dépasse : la croissance s'accompagne donc d'une rotation permanente des entreprises et des emplois. Pour qu'elle se poursuive, l'État doit garantir les droits de propriété intellectuelle, préserver la concurrence afin que les entreprises installées ne bloquent pas l'entrée de nouveaux innovateurs, financer l'éducation et la recherche, et protéger les salariés dont les emplois disparaissent.

Corrigé rédigé

L'innovation accroît la productivité globale des facteurs, principale source de la croissance de long terme. L'innovation est, selon Schumpeter (1911), l'introduction réussie dans l'économie d'un produit, d'un procédé, d'un débouché ou d'une organisation nouveaux. Elle permet de produire davantage avec les mêmes quantités de travail et de capital : elle accroît la productivité globale des facteurs et repousse les rendements décroissants que connaît l'accumulation. Le document 2 rappelle que, dans les économies avancées, la croissance de long terme repose principalement sur l'innovation. Solow l'avait mesuré dès 1957 : aux États-Unis, entre 1909 et 1949, 87,5 % de la hausse de la production par heure travaillée relevaient du changement technique.

L'innovation entretient la croissance par un processus permanent de destruction créatrice. Selon Schumpeter (document 1), le capitalisme « révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique » : les produits et les entreprises nouveaux remplacent les anciens. Cette rotation est le moteur même de la croissance, car chaque innovateur, attiré par une rente temporaire, pousse les autres à innover à leur tour (document 2), comme l'ont formalisé Aghion et Howitt en 1992. La photographie numérique a ainsi remplacé l'argentique et contribué à la faillite de Kodak en janvier 2012, tandis que de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois apparaissaient.

L'innovation n'est pas un hasard : elle est produite par l'économie et encouragée par les institutions, ce qui rend la croissance endogène. Les théories de la croissance endogène montrent que l'innovation résulte des dépenses de R&D (Romer, 1990), de l'accumulation de capital humain (Lucas, 1988) et des infrastructures publiques (Barro, 1990) ; les connaissances produites étant non rivales, elles profitent à toute l'économie. Encore faut-il que l'innovateur soit assuré d'en tirer profit : le document 2 insiste sur la protection des droits de propriété intellectuelle, comme le brevet de 20 ans en France, et sur le maintien de la concurrence. Les pays qui consacrent une part élevée de leur PIB à la R&D, comme la Corée du Sud avec environ 4,9 % en 2021 selon l'OCDE, se donnent les moyens d'une croissance fondée sur l'innovation.

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