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Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ?

Avantages comparatifs, dotations factorielles et technologiques, commerce entre pays comparables, productivité et compétitivité, chaînes de valeur, effets induits, libre-échange et protectionnisme (SES Terminale)

À propos de cette page
Le cours sur le commerce international en Terminale SES explique les avantages comparatifs (Smith, Ricardo), les dotations factorielles et le modèle HOS avec le paradoxe de Leontief, le commerce entre pays comparables (différenciation, qualité, économies d’échelle), la productivité des firmes et la compétitivité, l’internationalisation de la chaîne de valeur, puis les effets induits du commerce et le débat entre libre-échange et protectionnisme.
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Les avantages comparatifs : pourquoi se spécialiser ?

Le commerce international désigne l’ensemble des échanges de biens et de services entre résidents de pays différents. En 1776, dans les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Adam Smith applique aux nations la règle du chef de famille prudent : ne pas fabriquer soi-même ce qui coûte moins cher à acheter. Chaque pays doit se spécialiser dans les productions où il détient un avantage absolu, c’est-à-dire où il produit avec moins de travail que les autres.

Cette théorie laisse une question sans réponse : un pays moins productif dans tous les domaines est-il exclu de l’échange ? David Ricardo répond non en 1817, dans Des principes de l’économie politique et de l’impôt. Dans son exemple, le Portugal produit une quantité donnée de vin avec le travail de 80 hommes pendant un an et une quantité donnée de drap avec 90 ; l’Angleterre a besoin de 120 et de 100. Le Portugal est plus productif pour les deux biens, mais son avantage est relativement plus grand pour le vin (80 contre 120) que pour le drap (90 contre 100).

Avantage comparatif : un pays détient un avantage comparatif dans un bien lorsque le coût d’opportunité de ce bien, mesuré en quantité d’autres biens auxquels il faut renoncer pour le produire, y est plus faible qu’ailleurs.

Au Portugal, une unité de vin coûte 80/90 ≈ 0,89 unité de drap ; en Angleterre, 120/100 = 1,2. Si le Portugal se spécialise dans le vin et l’Angleterre dans le drap, les deux pays obtiennent davantage avec le même travail : c’est le gain à l’échange. Avec ses 170 années de travail, le Portugal produisait une unité de chaque bien ; en les consacrant toutes au vin, il en produit 170/80 = 2,125 unités. L’Angleterre, avec 220 années consacrées au drap, en produit 2,2. Les deux pays y gagnent si le vin s’échange contre une quantité de drap comprise entre 0,89 et 1,2 unité.

Chez Ricardo, l’avantage comparatif vient des différences de productivité du travail, donc des techniques : on parle aujourd’hui de dotations technologiques. Smith et Ricardo partagent la conclusion (l’échange enrichit), mais pas le critère : coûts absolus pour l’un, coûts relatifs pour l’autre.

Écrire qu’un pays « sans avantage » ne peut pas commercer est un contresens : l’Angleterre n’a aucun avantage absolu et gagne pourtant à l’échange. Au bac, montrez que le raisonnement porte sur des coûts relatifs.

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Les dotations factorielles : le modèle HOS et ses limites

Deux économistes suédois déplacent l’explication. Eli Heckscher (article de 1919) puis Bertil Ohlin (Interregional and International Trade, 1933) supposent que tous les pays disposent des mêmes techniques, mais pas des mêmes quantités de facteurs de production. Complété par Paul Samuelson, ce raisonnement forme le modèle HOS.

Dotations factorielles : quantités de facteurs de production dont dispose un pays (travail peu ou très qualifié, capital, terres, ressources naturelles). Un pays se spécialise dans les biens qui utilisent intensément le facteur dont il est relativement le mieux doté, donc relativement bon marché.

Après son entrée à l’OMC le 11 décembre 2001, la Chine, abondamment dotée en main-d’œuvre peu qualifiée, devient un grand exportateur de textile, de jouets et de produits électroniques assemblés ; elle est le premier exportateur mondial de marchandises depuis 2009.

Il a pourtant été contredit. En 1953, Wassily Leontief calcule, sur les données de 1947, que les productions américaines qui remplacent les importations exigent environ 30 % de capital par travailleur de plus que les exportations, alors que les États-Unis sont le pays le plus riche en capital : c’est le paradoxe de Leontief. Il se résout en partie si l’on tient compte de la qualification : les États-Unis exportent des biens riches en travail qualifié, en « capital humain ».

Les dotations ne sont pas figées. Raymond Vernon (1966) décrit, avec le cycle de vie du produit, un avantage qui se déplace : un bien est d’abord produit et exporté par le pays innovant, puis, une fois standardisé, fabriqué là où le travail coûte moins. La Corée du Sud, pays pauvre au sortir de la guerre de Corée (1953), exporte aujourd’hui des semi-conducteurs : sa dotation technologique s’est construite par l’éducation et la recherche.

Ricardo explique l’échange par les techniques, HOS par les quantités de facteurs : dans une copie, réunissez-les sous l’expression du programme, « dotations factorielles et technologiques », puis montrez ce qu’elles n’expliquent pas.

Abondance relative, pas absolue : la Chine possède beaucoup de capital, mais relativement moins que de travail.

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Le commerce entre pays comparables : différenciation, qualité, économies d’échelle

Les théories précédentes expliquent le commerce inter-branche : un pays exporte les produits d’une branche et importe ceux d’une autre (du vin contre du drap). Or une large part des échanges entre pays riches est intra-branche : la France exporte et importe des automobiles, des médicaments, des fromages. L’Allemagne, aux dotations proches de celles de la France, est son premier partenaire commercial : en 2021, 13,2 % des exportations et 17,1 % des importations françaises de biens (CEPII). Ce commerce croisé de produits similaires, mesuré en 1975 par l’indice d’Herbert Grubel et Peter Lloyd, les écarts de dotations ne l’expliquent pas.

Différenciation des produits : elle est horizontale quand des variétés de qualité proche diffèrent par leurs caractéristiques (style, couleur, marque) ; verticale quand elles diffèrent par leur qualité et leur prix, c’est-à-dire par leur gamme.

Deux familles d’analyses se complètent. Du côté de la demande, Staffan Burenstam Linder (1961) montre qu’un pays exporte d’abord vers des pays aux demandes semblables à la sienne, et Bernard Lassudrie-Duchêne (1971) souligne que les consommateurs expriment une « demande de différence ». Du côté de l’offre, Paul Krugman (1979) part des économies d’échelle : le coût unitaire baisse quand la production augmente. L’ouverture permet à chaque firme de produire en grande série une variété pour un marché élargi, tandis que les consommateurs accèdent à davantage de variétés. Dans l’aéronautique, les coûts de conception sont si élevés que le marché mondial des avions de ligne de grande capacité se partage pour l’essentiel entre deux firmes, Airbus et Boeing.

La qualité fournit la troisième explication : entre pays comparables, la spécialisation se fait souvent par gamme. En 2017-2019, 65 % des exportations allemandes de véhicules sont classées haut de gamme, contre 22 % des exportations françaises (CEPII) : les deux pays échangent des produits de la même branche, mais de qualités différentes. Dernier motif, des pays comparables s’échangent des composants : c’est la fragmentation de la chaîne de valeur (partie 5).

Pays comparables ≠ dotations : le commerce intra-branche s’explique par la différenciation, la qualité, les économies d’échelle et la fragmentation, pas par des écarts de dotations.

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La productivité des firmes, fondement de la compétitivité

Ce ne sont pas les pays qui exportent, mais leurs entreprises. La compétitivité d’un pays, c’est-à-dire son aptitude à exporter et à conserver ses parts de marché face à la concurrence étrangère, repose donc sur celle de ses firmes, et d’abord sur leur productivité.

Marc Melitz (2003) montre que les entreprises d’une même branche sont très hétérogènes et que seules les plus productives exportent : vendre à l’étranger impose des coûts fixes (réseau de distribution, adaptation aux normes, logistique) que seules elles peuvent amortir. L’ouverture transfère alors des parts de marché vers ces firmes et élimine les moins productives, ce qui élève la productivité moyenne du pays. En France, en 2014, 1 % des entreprises exportatrices réalisaient 78 % des exportations (Insee).

Compétitivité-prix : capacité à vendre moins cher que les concurrents, à qualité comparable. Compétitivité hors-prix : capacité à vendre grâce à d’autres éléments que le prix (qualité, innovation, image de marque, service après-vente, délais).

La productivité nourrit les deux. Si elle progresse plus vite que les salaires, le coût salarial unitaire (coût du travail par unité produite) baisse et l’entreprise peut réduire ses prix ; une dépréciation de la monnaie joue dans le même sens. Les gains de productivité financent aussi la recherche, la formation et l’innovation, sources de compétitivité hors-prix : l’Allemagne, pays à salaires élevés, figure parmi les trois premiers exportateurs mondiaux de marchandises grâce à des machines et à des automobiles achetées pour leur qualité plus que pour leur prix.

Paul Krugman (« Competitiveness: A Dangerous Obsession », 1994) met pourtant en garde : un pays n’est pas une entreprise, il ne fait pas faillite, et le commerce n’est pas un jeu à somme nulle. Un déficit commercial ne prouve pas à lui seul un manque de compétitivité : en 2022, le déficit des échanges de biens de la France atteint un record de 163,6 milliards d’euros, surtout parce que la facture énergétique passe de 44,8 à 115,3 milliards (douanes, Trésor).

Compétitivité ≠ bas salaires : un pays aux salaires élevés reste compétitif si sa productivité et la qualité de ses produits le sont.

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L’internationalisation de la chaîne de valeur

Chaîne de valeur : ensemble des étapes de production d’un bien (conception, composants, assemblage, commercialisation, service après-vente). Sa fragmentation, ou décomposition internationale des processus productifs (DIPP), répartit ces étapes entre plusieurs pays.

Ses principaux acteurs sont les firmes multinationales (FMN), entreprises qui contrôlent au moins une unité de production à l’étranger. Elles s’implantent par des investissements directs à l’étranger (IDE) ou confient des tâches à des sous-traitants (externalisation). La CNUCED estimait en 2013 qu’environ 80 % du commerce mondial était lié aux réseaux de production des FMN.

Deux analyses expliquent cette fragmentation. Pour John Dunning (1977), une firme produit à l’étranger quand trois conditions sont réunies : un avantage propre (technologie, marque), un avantage de localisation du pays d’accueil (coûts, qualification, accès à un marché) et un intérêt à garder l’activité en interne plutôt qu’à la confier à une autre entreprise. La firme cherche des coûts plus bas ou des marchés : Toyota assemble des Yaris à Onnaing, près de Valenciennes, depuis 2001. Richard Baldwin (The Great Convergence, 2016) insiste sur la baisse des coûts : celle des transports, depuis la machine à vapeur, a d’abord permis de produire loin des consommateurs (premier « dégroupage ») ; les technologies de l’information, à partir des années 1990, permettent de séparer les étapes de production elles-mêmes, coordonnées à distance (second « dégroupage »).

D’après Yuqing Xing et Neal Detert (2010), la fabrication d’un iPhone 3G coûtait en 2009 178,96 dollars : 60,60 dollars de composants japonais, 30,15 allemands, 22,96 coréens, 10,75 américains, et seulement 6,50 dollars (3,6 %) pour l’assemblage en Chine. Les douanes américaines enregistraient pourtant toute la valeur comme une importation venue de Chine. D’où l’intérêt de mesurer le commerce en valeur ajoutée. Selon la Banque mondiale (2020), près de la moitié du commerce mondial passe par des chaînes de valeur mondiales ; cette part a fortement augmenté de 1990 à 2008, puis stagné.

Fragmentation ≠ délocalisation : délocaliser, c’est transférer à l’étranger une production existante ; une chaîne fragmentée peut être conçue d’emblée sans fermer d’usine. « Made in China » ne dit pas qui crée la valeur.

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Les effets induits : des gains moyens, des inégalités recomposées

Les gains à l’échange sont d’abord ceux du consommateur : prix plus bas, variétés plus nombreuses. L’ouverture favorise enfin la diffusion des technologies (importation de machines, IDE, imitation), et la concurrence pousse les firmes à innover.

Le commerce a contribué à la réduction des inégalités entre pays. Les pays émergents qui se sont ouverts, en Asie surtout, ont connu une croissance rapide : selon la Banque mondiale, la part de la population mondiale vivant avec moins de 3 dollars par jour (en parité de pouvoir d’achat de 2021) passe de 43,4 % en 1990 à 10,1 % en 2024. Christoph Lakner et Branko Milanovic (2016) montrent qu’entre 1988 et 2008 les revenus proches de la médiane mondiale, surtout ceux des classes moyennes chinoises et asiatiques, ont le plus progressé : c’est la « courbe de l’éléphant ». La convergence n’est pas générale : pour Raúl Prebisch et Hans Singer (1950), les pays spécialisés dans les produits primaires subissent une dégradation de leurs termes de l’échange, qui limite leurs gains.

Mais le commerce peut accroître les inégalités de revenus au sein de chaque pays. Selon le théorème Stolper-Samuelson (1941), l’ouverture augmente la rémunération relative du facteur abondant et réduit celle du facteur rare. Dans un pays riche, les travailleurs peu qualifiés subissent la concurrence des pays à bas salaires, tandis que les travailleurs qualifiés et les détenteurs du capital profitent d’un marché mondial. David Autor, David Dorn et Gordon Hanson (2013) estiment que la concurrence des importations chinoises explique environ un quart du recul de l’emploi industriel américain entre 1990 et 2007. Les pertes sont concentrées sur certains territoires et certains métiers, alors que les gains, sous forme de prix plus bas, sont dispersés entre tous les consommateurs : les perdants sont plus visibles, et plus mobilisés, que les gagnants.

Le commerce n’est pas la seule cause de ces inégalités : le progrès technique favorable au travail qualifié et les politiques fiscales jouent aussi. Dites-le dans une copie.

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Libre-échange et protectionnisme : les termes du débat

Libre-échange : absence d’obstacles aux échanges internationaux. Protectionnisme : mesures qui protègent la production nationale de la concurrence étrangère (droits de douane, quotas, normes, subventions, préférence nationale dans les marchés publics).

Depuis la signature du GATT à Genève en 1947 par 23 pays, puis la création de l’OMC le 1er janvier 1995, les droits de douane ont baissé par négociations successives : à l’issue de l’Uruguay Round (1986-1994), le droit moyen des pays développés sur les produits industriels passe de 6,3 % à 3,8 %.

Les arguments en faveur d’une protection

Le protectionnisme éducateur de Friedrich List (1841), qui prolonge Alexander Hamilton (1791), protège temporairement les industries naissantes jusqu’à ce qu’elles deviennent compétitives ; la Corée du Sud a ainsi soutenu ses industries lourdes et chimiques à partir de 1973 avant de les exposer à la concurrence. La politique commerciale stratégique (James Brander et Barbara Spencer, 1985) justifie de soutenir une firme nationale sur un marché dominé par quelques firmes, comme celui des avions de ligne. D’autres arguments portent sur l’emploi des régions exposées, la dépendance envers des fournisseurs étrangers, révélée en 2020 par la pénurie de masques, ou l’écart des normes sociales et environnementales. L’historien Paul Bairoch (1993) conteste enfin l’idée que le libre-échange ait toujours accompagné la croissance au XIXe siècle, ce que discute Jean-Charles Asselain.

Les coûts du protectionnisme

Il renchérit les produits pour les consommateurs et les entreprises : les droits de douane américains sur les lave-linge, décidés en janvier 2018, ont fait monter leur prix d’environ 12 % (Flaaen, Hortaçsu et Tintelnot, 2020). Il expose aux représailles : après le tarif Smoot-Hawley de juin 1930, la contraction du commerce mondial s’est aggravée (Charles Kindleberger, 1973). La guerre commerciale sino-américaine de 2018-2019, puis les droits de douane annoncés par les États-Unis le 2 avril 2025, ont ravivé ce risque ; la Cour suprême américaine a annulé ces derniers le 20 février 2026, et d’autres droits, fondés sur d’autres lois, les ont en partie remplacés.

Le débat porte moins sur « ouvrir ou fermer » que sur la manière d’accompagner l’ouverture. Pour Dani Rodrik (Has Globalization Gone Too Far?, 1997), l’ouverture n’est durable que si elle s’accompagne de protections sociales pour ses perdants ; d’autres répondent par des protections ciblées et temporaires, d’autres encore par la formation, la reconversion et la redistribution.

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Pour aller plus loin

Pour rédiger : la méthode de la dissertation et la méthode de l’épreuve composée. Le rôle du progrès technique et des institutions dans la croissance est étudié dans Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ? ; la politique commerciale et la concurrence dans l’Union européenne dans Quelles politiques économiques dans le cadre européen ? ; les effets de la concurrence internationale sur l’emploi des moins qualifiés rejoignent Comment lutter contre le chômage ? La globalisation financière relève d’un autre questionnement.

Ce questionnement fait partie des neuf évaluables à l’épreuve écrite à partir de la session 2027 (note de service du 11 septembre 2026, annexe I).

À retenir
  • Ricardo (1817) : chaque pays gagne à se spécialiser selon son avantage comparatif, fondé sur des coûts relatifs ; le modèle HOS fonde ces avantages sur les dotations factorielles, que le paradoxe de Leontief (1953) oblige à élargir à la qualification.
  • Entre pays comparables, le commerce intra-branche s’explique par la différenciation des produits (Linder, Lassudrie-Duchêne), la qualité, les économies d’échelle (Krugman, 1979) et la fragmentation de la chaîne de valeur.
  • La compétitivité d’un pays repose sur la productivité de ses firmes (Melitz, 2003), source de compétitivité-prix et hors-prix.
  • Les FMN fragmentent la chaîne de valeur (Dunning, 1977) : les statistiques en valeur brute attribuent au pays d’assemblage une valeur qu’il n’a pas créée (iPhone : 3,6 % en Chine).
  • Le commerce procure des gains moyens et a réduit les inégalités entre pays, mais il peut accroître les inégalités au sein des pays (Stolper-Samuelson, 1941) ; le débat entre libre-échange et protectionnisme porte sur la manière d’en traiter les effets.

Questions fréquentes

Quels sont les fondements du commerce international ?

Le commerce international repose d’abord sur les avantages comparatifs des pays, issus de leurs dotations technologiques (Ricardo, 1817) et factorielles (Heckscher et Ohlin, 1919-1933). Entre pays comparables, il s’explique par la différenciation des produits, leur qualité et les économies d’échelle (Krugman, 1979). Enfin, les firmes les plus productives et les multinationales, qui fragmentent la chaîne de valeur, organisent une grande partie des échanges.

Quelle différence entre avantage absolu et avantage comparatif ?

L’avantage absolu (Smith, 1776) compare les coûts de production : un pays produit un bien avec moins de travail que les autres. L’avantage comparatif (Ricardo, 1817) compare les coûts relatifs : un pays se spécialise là où son coût d’opportunité est le plus faible. Un pays moins productif partout garde donc un avantage comparatif et gagne à l’échange.

Pourquoi des pays comparables commercent-ils entre eux ?

Des pays aux dotations proches, comme la France et l’Allemagne, échangent des produits d’une même branche (commerce intra-branche) parce que les consommateurs recherchent des variétés différentes, parce que les produits se distinguent par leur qualité et parce que produire en grande série pour un marché élargi abaisse les coûts (économies d’échelle). Ils s’échangent aussi des composants, étapes d’une même chaîne de valeur.

Qu’est-ce que la fragmentation de la chaîne de valeur ?

C’est le découpage de la production d’un bien en étapes (conception, composants, assemblage, commercialisation) réalisées dans des pays différents, le plus souvent sous la coordination d’une firme multinationale. En 2009, l’assemblage en Chine ne représentait que 6,50 dollars sur les 178,96 dollars de coût de fabrication d’un iPhone 3G (Xing et Detert, 2010).

Quels sont les termes du débat entre libre-échange et protectionnisme ?

Le libre-échange procure des gains à l’échange (prix plus bas, variété, diffusion des technologies) et a contribué à réduire les inégalités entre pays, mais il peut accroître les inégalités au sein des pays. Le protectionnisme se justifie pour protéger des industries naissantes (List, 1841) ou des secteurs stratégiques, mais il renchérit les prix et expose aux représailles, comme après le tarif Smoot-Hawley de 1930. Beaucoup d’économistes préfèrent compenser les perdants de l’ouverture par la formation et la redistribution.

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