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Méthode de la dissertation en SES

Analyser le sujet, exploiter le dossier documentaire, problématiser, construire le plan et rédiger en paragraphes AEI (spécialité SES, bac)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Méthode de la dissertation en SES » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Lire et analyser le sujet, Exploiter le dossier documentaire, Formuler la problématique, Construire le plan. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Analyser (un sujet)

Décomposer le sujet en ses termes, les définir, en fixer les bornes et identifier précisément ce qui est demandé.

À ne pas confondre

  • Résumer — Résumer reformule un contenu ; analyser dégage les relations entre les termes et ce qui pose problème.

Selon l'époque et le point de vue — Du grec analusis, « décomposition ». Dans la tradition scolaire française, l'analyse du sujet est la première étape de toute dissertation, en SES comme en histoire ou en philosophie.

Ce que le mot permet d'écrire — Première étape de chaque sujet. La faute : ouvrir le dossier avant d'avoir défini les mots-clés, et laisser les documents décider du sens du sujet.

Montrer que (« vous montrerez que »)

Consigne qui donne la thèse : le candidat doit en exposer les mécanismes et les preuves, sans la contester.

À ne pas confondre

  • Discuter — Discuter examine les arguments pour et contre ; « montrez que » n'appelle pas de réfutation.

Selon l'époque et le point de vue — Formule fréquente des sujets de dissertation de SES, souvent précédée de « À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire ».

Ce que le mot permet d'écrire — Appelle un plan analytique (les mécanismes ou les dimensions de la thèse). La faute : ajouter une partie « Mais… » qui démontre l'inverse de ce qui est demandé.

Dans quelle mesure

Consigne qui demande d'évaluer le degré de validité d'une affirmation : jusqu'où elle est vraie, à quelles conditions, où sont ses limites.

À ne pas confondre

  • Question fermée (« Est-ce que… ? ») — La question fermée attend aussi une réponse nuancée, mais « dans quelle mesure » insiste sur le degré et les conditions.

Selon l'époque et le point de vue — Expression courante des sujets d'examen en sciences humaines ; en SES, elle signale un sujet qui appelle une réponse pesée.

Ce que le mot permet d'écrire — Appelle un plan dialectique (portée, puis limites ou conditions). La faute : répondre « oui » ou « non » dès l'introduction sans rien pondérer.

Expliquer (« Comment expliquer… ? »)

Rendre compte des causes et des mécanismes qui produisent un phénomène.

À ne pas confondre

  • Décrire — Décrire dit ce qui est (un constat, une évolution) ; expliquer dit pourquoi c'est ainsi.

Selon l'époque et le point de vue — Du latin explicare, « déplier ». Plusieurs questions du programme de Terminale de 2019 sont formulées ainsi, par exemple « Comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques ? ».

Ce que le mot permet d'écrire — Appelle un plan thématique par familles de causes. La faute : décrire l'évolution d'un chiffre sans jamais en donner la cause.

Confronter (des documents)

Mettre en relation deux documents ou deux données pour faire apparaître une convergence, une opposition ou une complémentarité.

À ne pas confondre

  • Juxtaposer — Juxtaposer place deux documents l'un après l'autre ; confronter en tire une conclusion commune ou nuancée.

Selon l'époque et le point de vue — Verbe classique des consignes d'étude de documents. Dans la dissertation, il n'est pas écrit dans le sujet mais il est attendu : croiser les documents est un signe de maîtrise.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile dans l'illustration d'un paragraphe. La faute : citer deux documents qui disent la même chose sans relever ce que le second ajoute.

Problématique

Question construite par le candidat, qui fait apparaître ce qui pose problème dans le sujet et guide toute la démonstration.

À ne pas confondre

  • Sujet — Le sujet est donné ; la problématique est construite par le candidat à partir de lui.

Selon l'époque et le point de vue — Terme passé de la philosophie à l'enseignement. Les textes officiels de la dissertation de SES demandent de construire une argumentation à partir d'une problématique élaborée par le candidat.

Ce que le mot permet d'écrire — Se place à la fin de l'introduction, avant l'annonce du plan, et se reprend en conclusion. La faute : recopier le sujet avec un point d'interrogation.

Dossier documentaire

Ensemble de documents (textes, tableaux, graphiques) fourni avec le sujet, qui sert d'appui à l'argumentation.

À ne pas confondre

  • Connaissances personnelles — Le dossier illustre et prouve ; les connaissances apportent les notions, les mécanismes et les auteurs que le dossier ne contient pas.

Selon l'époque et le point de vue — La dissertation « s'appuyant sur un dossier documentaire » est une spécificité de l'épreuve de SES : le dossier est un point d'appui, pas un corrigé.

Ce que le mot permet d'écrire — Exploité dans les paragraphes, jamais résumé document par document. La faute : une copie qui ne parle que du dossier, ou qui l'ignore.

Mobiliser des connaissances

Choisir dans le cours les notions, mécanismes, auteurs et faits pertinents pour le sujet, et les mettre au service de l'argumentation.

À ne pas confondre

  • Réciter le cours — Réciter restitue un chapitre dans son ordre ; mobiliser trie et réorganise ce qui répond au sujet.

Selon l'époque et le point de vue — Verbe central des textes officiels de l'épreuve de SES, qui en font un critère d'évaluation.

Ce que le mot permet d'écrire — Se prépare au brouillon avant la lecture du dossier. La faute : placer tout ce que l'on sait sur le thème, même ce qui ne répond pas au sujet.

Paragraphe AEI

Paragraphe argumenté en trois temps : Affirmation de l'idée, Explication du mécanisme, Illustration par une donnée ou un exemple, suivi d'une phrase de bilan.

À ne pas confondre

  • Paragraphe-liste — Le paragraphe-liste enchaîne des informations ; le paragraphe AEI démontre une seule idée.

Selon l'époque et le point de vue — Sigle de méthode très répandu dans l'enseignement des SES, parfois décliné en « argument, explication, illustration ».

Ce que le mot permet d'écrire — Unité de base du développement : deux ou trois par partie. La faute : oublier le E, c'est-à-dire illustrer sans expliquer.

Mécanisme

Enchaînement de causes et d'effets qui explique un phénomène (A entraîne B, qui entraîne C).

À ne pas confondre

  • Constat — Le constat établit un fait ; le mécanisme explique comment il se produit.

Selon l'époque et le point de vue — Cœur de la démarche des SES : le programme de 2019 demande de comprendre des mécanismes, comme le lien entre progrès technique et productivité globale des facteurs.

Ce que le mot permet d'écrire — C'est le E du paragraphe AEI. La faute : sauter des étapes (« la hausse des salaires crée du chômage ») sans passer par le coût du travail et les décisions d'embauche.

Accroche

Première phrase de l'introduction : un fait daté, une donnée, un événement ou une thèse d'auteur qui conduit au sujet.

À ne pas confondre

  • Généralité — La généralité (« De nos jours… ») vaut pour tous les sujets ; l'accroche n'est valable que pour celui-ci.

Selon l'époque et le point de vue — Terme de rhétorique scolaire : en latin, l'exorde devait capter l'attention. En SES, on privilégie un fait précis et daté.

Ce que le mot permet d'écrire — Une ou deux phrases, puis on enchaîne sur les définitions. La faute : une citation spectaculaire sans lien démontré avec le sujet.

Annonce du plan

Dernière phrase de l'introduction, qui énonce l'idée directrice de chaque partie.

À ne pas confondre

  • Problématique — La problématique pose la question ; l'annonce du plan dit dans quel ordre on y répondra.

Selon l'époque et le point de vue — Convention française de la dissertation : le lecteur doit connaître la structure dès l'introduction.

Ce que le mot permet d'écrire — Elle reprend les idées directrices des parties, pas leurs numéros. La faute : « Nous verrons dans une première partie, puis dans une deuxième partie » sans contenu.

Transition

Phrase qui clôt une partie : elle établit ce qui a été montré et annonce ce qui reste à démontrer.

À ne pas confondre

  • Connecteur logique — Le connecteur (« en effet », « or », « donc ») relie des phrases ; la transition relie deux parties.

Selon l'époque et le point de vue — Élément classique de la composition française, qui rend le plan lisible sans titres apparents.

Ce que le mot permet d'écrire — Entre chaque partie, en une ou deux phrases. La faute : « Passons maintenant à la deuxième partie », qui ne dit rien du raisonnement.

Ouverture

Fin de la conclusion : élargissement vers une question voisine, que le sujet ne traitait pas mais qu'il appelle.

À ne pas confondre

  • Question sans rapport — Une ouverture prolonge le raisonnement ; une question sans rapport montre qu'on a fini de réfléchir.

Selon l'époque et le point de vue — Usage de la dissertation française ; en SES, on ouvre souvent vers une autre question du programme.

Ce que le mot permet d'écrire — Une ou deux phrases après le bilan. La faute : une ouverture plaquée (« Et l'écologie ? ») ou une question qui remet en cause toute la copie.

Paraphrase

Reformulation d'un document sans analyse, sans mécanisme ni lien avec le sujet.

À ne pas confondre

  • Citation analysée — La citation analysée est courte, référencée et suivie d'une explication qui la relie à l'idée du paragraphe.

Selon l'époque et le point de vue — Défaut signalé de longue date dans les épreuves sur dossier : le correcteur l'identifie à la formule « Le document X montre que… ».

Ce que le mot permet d'écrire — À proscrire. La faute typique : un paragraphe par document, dans l'ordre du dossier.

Point de pourcentage

Unité de mesure de l'écart entre deux pourcentages.

À ne pas confondre

  • Pourcentage (taux de variation) — Un taux qui passe de 8,4 % à 7,3 % baisse de 1,1 point, soit d'environ 13 % en variation relative.

Selon l'époque et le point de vue — Convention statistique employée par l'INSEE et les instituts de statistique pour comparer des taux.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour lire les taux de chômage, de pauvreté ou de participation. La faute : écrire « baisse de 1,1 % » pour un écart de 1,1 point.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Causes / conséquences

Distinguer ce qui produit un phénomène de ce qu'il produit.

Ce qu'il débloque — Structure les sujets « Comment expliquer… ? » et ceux qui portent sur les effets d'un phénomène.

Exemple — Sur le sujet « Comment lutter contre le chômage ? », il permet d'identifier d'abord les causes (chômage keynésien, classique, structurel) pour en déduire les politiques adaptées.

Court terme / long terme

Un même phénomène peut avoir des effets opposés selon l'horizon considéré.

Ce qu'il débloque — Utile pour nuancer dans un sujet « Dans quelle mesure… ? ».

Exemple — Sur le sujet « Dans quelle mesure le progrès technique est-il une source de croissance ? », il permet d'opposer les destructions d'emplois à court terme et les créations d'activités à long terme.

Individus / structures

Les comportements s'expliquent par des choix individuels et par des contraintes ou des déterminants sociaux.

Ce qu'il débloque — Très utile en sociologie et science politique.

Exemple — Sur le sujet « Comment expliquer l'engagement politique ? », il permet de distinguer le calcul individuel (incitations sélectives) et les variables sociales (diplôme, âge, catégorie socioprofessionnelle).

Quantitatif / qualitatif

Séparer ce qui augmente en nombre de ce qui change en nature ou en répartition.

Ce qu'il débloque — Permet de nuancer un progrès apparent.

Exemple — Sur le sujet « L'École contribue-t-elle à l'égalité des chances ? », il permet de distinguer la démocratisation quantitative (plus de bacheliers) et la démocratisation qualitative (accès des différents milieux aux mêmes filières).

Efficacité / équité

Une mesure peut améliorer la production de richesses ou leur répartition, parfois l'une au détriment de l'autre.

Ce qu'il débloque — Structure les sujets sur la justice sociale et l'action publique.

Exemple — Sur le sujet « Quelles inégalités sont compatibles avec la justice sociale ? », il permet d'opposer les inégalités jugées incitatives à celles jugées injustes.

Marché / pouvoirs publics

Un problème peut être réglé par les mécanismes de prix ou par l'intervention publique (réglementation, fiscalité, dépense).

Ce qu'il débloque — Structure les sujets sur les instruments de politique économique ou environnementale.

Exemple — Sur le sujet « Quelle action publique pour l'environnement ? », il permet de comparer la réglementation, la taxation et le marché de quotas d'émission créé par l'Union européenne en 2005.

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