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Méthode de la dissertation en SES

Analyser le sujet, exploiter le dossier documentaire, problématiser, construire le plan et rédiger en paragraphes AEI (spécialité SES, bac)

À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « Méthode de la dissertation en SES » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Lire et analyser le sujet, Exploiter le dossier documentaire, Formuler la problématique, Construire le plan. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les pouvoirs publics disposent de plusieurs moyens pour contribuer à la justice sociale.

Analyse des termes — Brouillon : « pouvoirs publics » = État, collectivités territoriales, organismes de protection sociale ; « justice sociale » = ensemble des principes selon lesquels une société juge équitable la répartition des ressources, des droits et des positions (égalité des droits, des chances, des situations) ; « plusieurs moyens » renvoie aux quatre leviers du programme de 2019 : fiscalité, protection sociale, services collectifs, lutte contre les discriminations. Consigne « montrez que » : la thèse est donnée, le plan est analytique et ne comporte pas de partie critique ; bornes : la France depuis 1945.

Problématique — Par quels instruments les pouvoirs publics réduisent-ils les inégalités jugées injustes, et à quelle conception de la justice sociale chacun de ces instruments répond-il ?

Introduction rédigéeLe 4 octobre 1945, une ordonnance organise la Sécurité sociale : la protection contre les risques de l'existence devient une affaire collective. Depuis, l'État, les collectivités territoriales et les organismes de protection sociale, que l'on regroupe sous le nom de pouvoirs publics, interviennent massivement pour corriger la répartition des ressources issue du marché. La justice sociale désigne l'ensemble des principes selon lesquels une société juge équitable la répartition des richesses, des droits et des positions ; selon que l'on privilégie l'égalité des droits, l'égalité des chances ou l'égalité des situations, elle n'appelle pas les mêmes interventions. Par quels instruments les pouvoirs publics réduisent-ils les inégalités jugées injustes, et à quelle conception de la justice sociale chacun répond-il ? Nous verrons d'abord que la fiscalité permet de prélever pour redistribuer (I), puis que la protection sociale assure et assiste les individus face aux risques et à la pauvreté (II), enfin que les services collectifs et la lutte contre les discriminations visent l'égalité des droits et des chances (III).

I. Prélever pour redistribuer : la fiscalité

  • L'impôt progressif réduit les écarts de revenus : son taux moyen augmente avec le revenu (redistribution verticale).L'impôt sur le revenu, créé par la loi du 15 juillet 1914, repose sur un barème progressif par tranches.
  • Tous les prélèvements ne sont pas progressifs : les impôts sur la consommation pèsent proportionnellement plus sur les ménages modestes, qui consomment une plus grande part de leur revenu.La TVA, créée en France en 1954, a un taux normal de 20 % depuis 2014.
  • L'impôt tient aussi compte des situations familiales, ce qui relève d'une redistribution horizontale.Le quotient familial, instauré en 1945, module l'impôt sur le revenu selon la taille du foyer.

II. Assurer et assister : la protection sociale

  • L'assurance sociale protège contre les risques de l'existence (maladie, vieillesse, chômage) en contrepartie de cotisations.Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 organisent la Sécurité sociale.
  • L'assistance garantit un minimum de ressources sans contrepartie de cotisation, sous condition de ressources : elle vise l'égalité des situations.Le revenu minimum d'insertion (RMI), créé en 1988, est remplacé par le revenu de solidarité active (RSA) en 2009.
  • Certaines prestations sont universelles et renforcent la cohésion sociale.La couverture maladie universelle (1999), puis la protection universelle maladie (2016), garantissent la prise en charge des frais de santé à tout résident stable.

III. Garantir l'égalité des droits et des chances : services collectifs et lutte contre les discriminations

  • Les services collectifs gratuits ou peu coûteux donnent à tous l'accès à des biens essentiels, quel que soit le revenu.Les lois Ferry de 1881 et 1882 rendent l'école primaire publique gratuite, obligatoire et laïque.
  • La lutte contre les discriminations garantit l'égalité des droits dans l'accès à l'emploi, au logement ou aux services.Le Défenseur des droits, inscrit dans la Constitution en 2008, est institué en 2011.
  • Des mesures de discrimination positive traitent inégalement des situations inégales pour rapprocher l'égalité des chances de l'égalité des droits.Les zones d'éducation prioritaire (1981) et la loi du 6 juin 2000 sur la parité ; John Rawls, Théorie de la justice (1971), justifie les inégalités qui profitent aux plus défavorisés.
Conclusion rédigéeLes pouvoirs publics disposent ainsi de plusieurs moyens complémentaires pour contribuer à la justice sociale : la fiscalité, surtout lorsqu'elle est progressive, réduit les écarts de revenus ; la protection sociale couvre les risques et garantit un minimum de ressources ; les services collectifs et la lutte contre les discriminations rapprochent l'égalité des chances de l'égalité des droits. Chacun de ces instruments répond à une conception particulière de la justice, de l'égalité des situations à l'égalité des chances. Reste que cette action fait débat : sa contrainte de financement et ses effets possibles sur les incitations à travailler conduisent à s'interroger sur le niveau de redistribution qu'une société est prête à accepter.

Le piège — Ajouter une partie « Les limites de l'action publique » (désincitations, déficits) : la consigne « montrez que » ne le demande pas. Ce débat trouve sa place, brièvement, dans l'ouverture. Autre erreur fréquente : confondre égalité et équité, ou ne citer que la redistribution par l'impôt en oubliant services collectifs et lutte contre les discriminations.

Sujet 2 — Dans quelle mesure le progrès technique est-il une source de croissance économique ?

Analyse des termes — Brouillon : « croissance économique » = augmentation durable de la production de biens et services, mesurée par le taux de variation du PIB en volume ; « progrès technique » = ensemble des innovations de produits, de procédés et d'organisation qui permettent de produire plus ou mieux avec les mêmes facteurs ; « source » = cause, mais pas forcément la seule. « Dans quelle mesure » impose d'évaluer le degré, les conditions et les limites : plan dialectique en trois temps. Bornes : les économies développées depuis la révolution industrielle, avec l'accent sur la période contemporaine ; notions attendues : productivité globale des facteurs, destruction créatrice, croissance endogène, institutions, limites écologiques.

Problématique — Si le progrès technique paraît être le moteur de la croissance de long terme, à quelles conditions produit-il ses effets, et peut-il à lui seul garantir une croissance durable et partagée ?

Introduction rédigéeEn 1957, l'économiste Robert Solow calcule qu'aux États-Unis, entre 1909 et 1949, environ sept huitièmes de la hausse de la production par heure de travail ne s'expliquent pas par l'accumulation du capital : ce « résidu » est attribué au progrès technique. La croissance économique désigne l'augmentation durable de la production de biens et services, mesurée par le taux de variation du PIB en volume ; le progrès technique, l'ensemble des innovations de produits, de procédés et d'organisation qui permettent de produire plus ou mieux avec les mêmes facteurs. S'il paraît être le moteur de la croissance de long terme, ses effets ne vont pas de soi : il suppose des institutions et des investissements, et il peut détruire des emplois, creuser les inégalités ou buter sur des limites écologiques. Dans quelle mesure le progrès technique est-il donc une source de croissance, et peut-il à lui seul garantir une croissance durable et partagée ? Nous montrerons d'abord qu'il est la principale source de la croissance de long terme (I), puis que ses effets dépendent de conditions institutionnelles et économiques (II), enfin qu'il ne suffit pas à garantir une croissance soutenable et partagée (III).

I. Le progrès technique est la principale source de la croissance de long terme

  • Il accroît la productivité globale des facteurs : on produit davantage avec les mêmes quantités de capital et de travail.En 1957, Robert Solow attribue au progrès technique environ sept huitièmes de la hausse de la production par heure de travail aux États-Unis entre 1909 et 1949 (le « résidu »).
  • Par la destruction créatrice, l'innovation renouvelle les produits, les procédés et les marchés.Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie (1942).
  • Le progrès technique est endogène : la croissance finance la recherche et la formation, qui entretiennent à leur tour la croissance.Théories de la croissance endogène : Robert Lucas (1988) sur le capital humain, Paul Romer (1990) sur l'innovation.

II. Mais ses effets dépendent de conditions institutionnelles et économiques

  • Les institutions, notamment les droits de propriété, incitent ou non à investir et à innover.Le brevet protège une invention pendant vingt ans ; Douglass North, prix Nobel 1993, souligne le rôle des institutions dans la croissance.
  • Une innovation ne produit ses effets qu'une fois diffusée et intégrée dans l'organisation des entreprises.Le « paradoxe de Solow » (1987) : l'informatique se voyait partout, sauf dans les statistiques de productivité.
  • L'innovation suppose un effort d'investissement en recherche et développement.La dépense de recherche représente un peu plus de 2 % du PIB en France au début des années 2020, en deçà de l'objectif européen de 3 % fixé en 2002.

III. Il ne suffit pas à garantir une croissance soutenable et partagée

  • Il détruit des emplois à court terme et peut creuser les inégalités de revenus au profit des plus qualifiés.Les luddites brisent des machines textiles en Angleterre en 1811-1812 ; aujourd'hui, le progrès technique biaisé en faveur du travail qualifié.
  • Les gains d'efficacité peuvent être annulés par la hausse de la consommation (effet rebond).William Stanley Jevons, The Coal Question (1865) : une machine à vapeur plus économe n'a pas réduit la consommation de charbon.
  • Les innovations vertes ne se diffusent qu'avec des politiques publiques qui donnent un prix aux dommages environnementaux.Le rapport Meadows au Club de Rome (1972) sur les limites de la croissance ; le marché européen de quotas d'émission créé en 2005.
Conclusion rédigéeLe progrès technique est bien la principale source de la croissance de long terme : il élève la productivité globale des facteurs, renouvelle l'économie par la destruction créatrice et s'entretient lui-même par l'investissement en recherche et en capital humain. Mais cette source n'est pas automatique : elle dépend d'institutions qui protègent l'innovation, du temps de diffusion des techniques et de l'effort de recherche. Surtout, elle ne garantit ni une croissance partagée, puisque le progrès technique peut creuser les inégalités, ni une croissance soutenable, puisque l'effet rebond peut annuler les gains d'efficacité. La question devient alors celle de l'orientation du progrès technique : quelle action publique pour l'environnement permettrait de mettre l'innovation au service d'une croissance compatible avec les limites écologiques ?

Le piège — Ne traiter que la première partie, en récitant Solow et Schumpeter, sans répondre au « dans quelle mesure ». Autres erreurs fréquentes : confondre croissance et développement, ou présenter le progrès technique comme une manne extérieure alors que le programme insiste sur son caractère endogène.

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