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Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?

Avantages comparatifs, dotations factorielles, commerce entre pays comparables, FMN, chaînes de valeur, protectionnisme (spécialité SES de Tle)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ? » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Les avantages comparatifs : pourquoi se spécialiser ?, Les dotations factorielles : le modèle HOS et ses limites, Le commerce entre pays comparables : différenciation, qualité, économies d'échelle, La productivité des firmes, fondement de la compétitivité. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Avantage comparatif

Situation d'un pays dont le coût relatif de production d'un bien, c'est-à-dire son coût d'opportunité mesuré en autres biens auxquels il renonce, est plus faible que dans les autres pays.

À ne pas confondre

  • Avantage absolu — L'avantage absolu (Smith, 1776) compare des coûts absolus : un pays produit avec moins de travail. Un pays peut n'avoir aucun avantage absolu et détenir un avantage comparatif.

Selon l'époque et le point de vue — Formulé par David Ricardo en 1817, au chapitre VII des Principes, avec l'exemple du vin et du drap ; relu au XXe siècle en termes de coût d'opportunité.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable dans tout sujet sur les fondements du commerce. Faute à éviter : l'assimiler au fait d'« être le meilleur » ; l'avantage est relatif.

Dotations factorielles

Quantités de facteurs de production dont dispose un pays : travail plus ou moins qualifié, capital, terres et ressources naturelles.

À ne pas confondre

  • Dotations technologiques — Les dotations technologiques désignent la maîtrise des techniques, donc la productivité des facteurs ; les dotations factorielles, les quantités de facteurs disponibles.

Selon l'époque et le point de vue — Au cœur du modèle d'Heckscher (1919) et d'Ohlin (1933), complété par Samuelson ; remis en question par le paradoxe de Leontief (1953).

Ce que le mot permet d'écrire — Explique le commerce inter-branche entre pays différents. Faute : raisonner en abondance absolue au lieu d'abondance relative.

Dotations technologiques

Niveau de maîtrise des techniques d'un pays, qui détermine la productivité de ses facteurs de production.

À ne pas confondre

  • Progrès technique — Le progrès technique est un processus d'amélioration ; la dotation technologique est l'état atteint à un moment donné, qui fonde un avantage comparatif.

Selon l'époque et le point de vue — Implicites chez Ricardo (1817), qui explique l'échange par des productivités du travail différentes ; prolongées par le cycle de vie du produit de Vernon (1966).

Ce que le mot permet d'écrire — Expliquent qu'un pays riche exporte des produits innovants. Faute : les croire figées, alors qu'elles se construisent par l'éducation et la recherche.

Spécialisation internationale

Concentration de la production d'un pays sur certains biens, services ou étapes de production qu'il exporte, tandis qu'il importe les autres.

À ne pas confondre

  • Division internationale du travail — La DIT désigne la répartition des activités entre l'ensemble des pays du monde ; la spécialisation, la place d'un pays dans cette répartition.

Selon l'époque et le point de vue — Idée de Smith (1776) et de Ricardo (1817) ; depuis les années 1990, elle porte de plus en plus sur des étapes de la chaîne de valeur plutôt que sur des produits entiers.

Ce que le mot permet d'écrire — Relie avantage comparatif et exportations. Faute : parler de spécialisation totale ; les économies réelles restent diversifiées.

Commerce intra-branche

Échange croisé, entre deux pays, de produits appartenant à une même branche, par exemple des automobiles contre des automobiles.

À ne pas confondre

  • Commerce inter-branche — Échange de produits de branches différentes (vin contre drap), expliqué par les différences de dotations entre pays.

Selon l'époque et le point de vue — Mesuré en 1975 par Herbert Grubel et Peter Lloyd ; expliqué par Linder (1961), Lassudrie-Duchêne (1971) et Krugman (1979).

Ce que le mot permet d'écrire — Central dans les sujets sur le commerce entre pays comparables. Faute : l'expliquer par les dotations factorielles.

Différenciation des produits

Fait, pour une entreprise, de rendre son produit distinct de ceux de ses concurrents, de sorte que le consommateur ne les juge pas parfaitement substituables.

À ne pas confondre

  • Différenciation horizontale / verticale — Horizontale : qualité proche, caractéristiques différentes (style, couleur, marque). Verticale : qualités et prix différents, c'est-à-dire des gammes.

Selon l'époque et le point de vue — Analysée par la théorie de la concurrence monopolistique d'Edward Chamberlin (1933) ; appliquée au commerce par Lassudrie-Duchêne (1971) et Krugman (1979).

Ce que le mot permet d'écrire — Explique que des pays aux dotations proches échangent des produits similaires. Faute : oublier la distinction horizontale / verticale, qui permet de parler de qualité.

Économies d'échelle

Baisse du coût unitaire de production lorsque la quantité produite augmente, notamment grâce à l'étalement des coûts fixes.

À ne pas confondre

  • Gains de productivité — Les gains de productivité peuvent venir du progrès technique à production constante ; les économies d'échelle viennent de la taille de la production.

Selon l'époque et le point de vue — Déjà liées par Smith à la taille du marché ; placées au cœur de la « nouvelle théorie du commerce international » par Krugman (1979).

Ce que le mot permet d'écrire — Expliquent la concentration de certaines productions (aéronautique) et le commerce entre pays comparables. Faute : oublier qu'elles supposent un marché assez grand, que l'ouverture procure.

Productivité

Rapport entre la production (en volume ou en valeur ajoutée) et les facteurs utilisés pour l'obtenir ; la productivité du travail rapporte la production au nombre de travailleurs ou d'heures travaillées.

À ne pas confondre

  • Intensité du travail — Travailler plus vite ou plus longtemps augmente la production par tête sans amélioration de l'efficacité ; la productivité suppose une meilleure organisation, des machines ou une qualification plus élevée.

Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale depuis Smith (1776) ; Melitz (2003) montre que la productivité des firmes détermine lesquelles exportent.

Ce que le mot permet d'écrire — Fonde la compétitivité d'un pays. Faute : confondre productivité et production.

Compétitivité

Aptitude d'une entreprise ou d'un pays à vendre ses produits face à la concurrence, sur les marchés étrangers comme sur son marché intérieur ; le programme retient l'aptitude à exporter.

À ne pas confondre

  • Compétitivité-prix / hors-prix — La première repose sur des prix plus bas (coûts, taux de change) ; la seconde sur la qualité, l'innovation, la marque ou le service.

Selon l'époque et le point de vue — Notion issue de l'analyse des entreprises et appliquée aux pays ; Paul Krugman (1994) a critiqué l'idée que les nations se font concurrence comme des firmes.

Ce que le mot permet d'écrire — Faute : réduire la compétitivité aux coûts salariaux, ou la mesurer par le seul solde commercial.

Firme multinationale (FMN)

Entreprise qui possède ou contrôle au moins une unité de production (filiale) dans un pays étranger.

À ne pas confondre

  • Entreprise exportatrice — Une entreprise peut exporter sans rien produire à l'étranger ; la FMN, elle, produit hors de son pays d'origine.

Selon l'époque et le point de vue — Leur essor date surtout de la seconde moitié du XXe siècle ; Dunning (1977) explique leur existence par le paradigme OLI.

Ce que le mot permet d'écrire — Actrice centrale de la fragmentation de la chaîne de valeur. Faute : croire qu'elle fabrique tout elle-même ; elle recourt massivement à la sous-traitance.

Investissement direct à l'étranger (IDE)

Investissement par lequel une entreprise crée une filiale à l'étranger ou acquiert au moins 10 % du capital d'une entreprise étrangère, afin d'exercer une influence durable sur sa gestion.

À ne pas confondre

  • Investissement de portefeuille — Placement financier inférieur à 10 % du capital, sans volonté de contrôle ; il relève de la globalisation financière, étudiée dans un autre chapitre.

Selon l'époque et le point de vue — Seuil de 10 % retenu par l'OCDE et le FMI ; les flux sont suivis chaque année par la CNUCED dans son World Investment Report.

Ce que le mot permet d'écrire — Mode d'internationalisation des FMN. Faute : confondre IDE et délocalisation ; un IDE peut viser un nouveau marché sans fermer d'usine dans le pays d'origine.

Chaîne de valeur

Ensemble des étapes de production d'un bien ou d'un service, de la conception à la vente et au service après-vente, chacune ajoutant de la valeur.

À ne pas confondre

  • Filière — La filière désigne les activités liées à un produit dans une économie ; la chaîne de valeur insiste sur la valeur ajoutée à chaque étape et sur sa répartition.

Selon l'époque et le point de vue — Notion popularisée par Michael Porter (1985) ; on parle de chaînes de valeur mondiales depuis les années 2000, notamment à l'OCDE, à la CNUCED et à la Banque mondiale.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à illustrer l'internationalisation de la production (exemple de l'iPhone). Faute : croire que la valeur revient au pays d'assemblage.

Fragmentation de la chaîne de valeur

Découpage de la production d'un bien en étapes réalisées dans des pays différents ; on parle aussi de décomposition internationale des processus productifs (DIPP).

À ne pas confondre

  • Délocalisation — La délocalisation transfère à l'étranger une production existante ; la fragmentation peut être conçue d'emblée, sans fermeture d'usine.

Selon l'époque et le point de vue — Elle s'accélère entre 1990 et 2008 (Banque mondiale, 2020) avec la baisse des coûts de transport, les technologies de l'information et la baisse des droits de douane.

Ce que le mot permet d'écrire — Explique l'essor des échanges de biens intermédiaires. Faute : la confondre avec l'externalisation, qui peut rester nationale.

Gains à l'échange

Supplément de production ou de bien-être que procure l'échange international par rapport à l'autarcie.

À ne pas confondre

  • Répartition des gains — Les gains globaux peuvent être positifs alors que certains groupes, comme les travailleurs des branches concurrencées, y perdent.

Selon l'époque et le point de vue — Démontrés par Ricardo (1817) ; enrichis par Krugman (1979) avec la variété et les économies d'échelle.

Ce que le mot permet d'écrire — Point de départ de tout sujet sur les effets du commerce. Faute : en déduire que tout le monde gagne.

Libre-échange

Situation ou politique dans laquelle les échanges internationaux ne sont soumis à aucun obstacle tarifaire ou non tarifaire.

À ne pas confondre

  • Libéralisation des échanges — Processus graduel et négocié de réduction des obstacles (GATT, OMC) ; le libre-échange intégral en est l'horizon, rarement atteint.

Selon l'époque et le point de vue — Défendu par Smith et Ricardo ; adopté par le Royaume-Uni avec l'abolition des Corn Laws en 1846 ; organisé à l'échelle mondiale par le GATT (1947) puis l'OMC (1995).

Ce que le mot permet d'écrire — Faute : le présenter comme l'absence de règles ; l'OMC en fixe beaucoup.

Protectionnisme

Ensemble des mesures par lesquelles un État protège ses producteurs de la concurrence étrangère : droits de douane, quotas, normes, subventions, préférence nationale dans les marchés publics.

À ne pas confondre

  • Protectionnisme éducateur — Protection temporaire d'industries naissantes (List, 1841), destinée à disparaître quand elles deviennent compétitives, à la différence d'une protection durable.

Selon l'époque et le point de vue — Théorisé par Hamilton (1791) et List (1841) ; le tarif Smoot-Hawley (1930) en reste le contre-exemple ; retour marqué en 2018 et en 2025 avec les hausses de droits de douane américaines.

Ce que le mot permet d'écrire — Faute : le réduire aux droits de douane, ou en oublier les coûts (prix, représailles).

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Inter-branche / intra-branche

Échanges entre branches différentes, expliqués par les dotations, ou dans une même branche, expliqués par la différenciation, la qualité et les économies d'échelle.

Ce qu'il débloque — Structure un plan sur les explications du commerce international.

Exemple — Sur le sujet « Le commerce international s'explique-t-il uniquement par les échanges entre pays à spécialisations différentes ? », il permet d'opposer une partie sur le commerce inter-branche et une partie sur le commerce intra-branche.

Avantage absolu / avantage comparatif

Coûts absolus (Smith, 1776) contre coûts relatifs (Ricardo, 1817).

Ce qu'il débloque — Montre que l'échange profite aussi aux pays les moins productifs.

Exemple — Sur le sujet « Le commerce international est-il toujours avantageux pour les pays qui y prennent part ? », il permet de fonder la première partie sur le gain que tire le Portugal comme l'Angleterre.

Dotations des pays / stratégies des firmes

L'explication par les caractéristiques des nations et l'explication par les décisions des entreprises (productivité, FMN, chaînes de valeur).

Ce qu'il débloque — Permet de dépasser la seule théorie des avantages comparatifs.

Exemple — Sur le sujet « Les dotations factorielles et technologiques suffisent-elles à expliquer le commerce international ? », il fournit la troisième partie sur les firmes.

Compétitivité-prix / hors-prix

Vendre moins cher, ou vendre mieux grâce à la qualité et à l'innovation.

Ce qu'il débloque — Relie la productivité des firmes à l'aptitude d'un pays à exporter.

Exemple — Sur le sujet « La compétitivité d'un pays dépend-elle seulement de la productivité de ses firmes ? », il permet de distinguer deux canaux de la productivité, puis d'ajouter le taux de change et la demande.

Gains globaux / répartition des gains

L'échange accroît la richesse totale, mais la répartit inégalement entre pays et au sein des pays.

Ce qu'il débloque — Évite une réponse naïve aux sujets « toujours avantageux ? ».

Exemple — Sur le sujet « Les effets induits du commerce international sont-ils toujours positifs ? », il sépare une partie sur les gains et une partie sur les perdants (Stolper-Samuelson).

Valeur brute / valeur ajoutée

Les douanes enregistrent la valeur totale d'un produit à la frontière ; le commerce en valeur ajoutée attribue à chaque pays ce qu'il a réellement produit.

Ce qu'il débloque — Illustre la fragmentation de la chaîne de valeur et relativise certains déficits bilatéraux.

Exemple — Sur le sujet « Comment expliquer le commerce international ? », il permet de montrer, avec l'iPhone, que la Chine assemble un produit dont elle ne crée que 3,6 % du coût de fabrication.

Libre-échange / protectionnisme

Deux politiques commerciales, plus souvent combinées qu'opposées : ouverture générale et protections ciblées.

Ce qu'il débloque — Organise la réflexion sur les politiques commerciales sans plan « pour / contre ».

Exemple — Sur le sujet « Dans quelle mesure les effets induits par le commerce international justifient-ils le recours au protectionnisme ? », il permet de distinguer protection générale et protection ciblée.

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