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Spécialité SES Terminale

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Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?

Avantages comparatifs, dotations factorielles, commerce entre pays comparables, FMN, chaînes de valeur, protectionnisme (spécialité SES de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en terminale sur « Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ? » suit le programme officiel de spécialité SES de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Les avantages comparatifs : pourquoi se spécialiser ?, Les dotations factorielles : le modèle HOS et ses limites, Le commerce entre pays comparables : différenciation, qualité, économies d'échelle, La productivité des firmes, fondement de la compétitivité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité SES.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Le vin et le drap : l'exemple de Ricardo (1817)

Facile

Extrait d'ouvrage d'économie et tableau des coûts en travail · David Ricardo, On the Principles of Political Economy and Taxation, Londres, John Murray, 1817, chapitre VII « On Foreign Trade » (extrait traduit de l'anglais pour l'exercice).

En 1817, le Royaume-Uni protège encore son agriculture par les Corn Laws, abolies en 1846 ; Ricardo, banquier et député, défend l'ouverture des échanges. Son exemple chiffré, volontairement simple, s'adresse aux lecteurs cultivés et aux parlementaires de son temps.

« L'Angleterre peut se trouver dans une situation telle que la production du drap y exige le travail de 100 hommes pendant un an ; et si elle tentait de faire le vin, il pourrait lui falloir le travail de 120 hommes pendant la même durée. L'Angleterre trouverait donc son intérêt à importer du vin et à le payer en exportant du drap. Produire le vin au Portugal pourrait n'exiger que le travail de 80 hommes pendant un an, et produire le drap dans ce même pays, celui de 90 hommes pendant la même durée. Il serait donc avantageux pour lui d'exporter du vin en échange de drap. Cet échange pourrait même avoir lieu bien que la marchandise importée par le Portugal puisse y être produite avec moins de travail qu'en Angleterre. »

Nombre d'hommes employés pendant un an pour produire une quantité donnée de chaque bien
PaysDrapVin
Angleterre100120
Portugal9080

À l'aide du document, vous montrerez que l'échange international repose sur les avantages comparatifs.

  1. Quel pays détient un avantage absolu dans chaque production ?
  2. Calculez, pour chaque pays, le coût de production du vin exprimé en drap.
  3. Déduisez-en la spécialisation de chaque pays et expliquez la dernière phrase du texte.
  4. Montrez par un calcul que la spécialisation augmente la production totale avec la même quantité de travail.
Voir la réponse rédigée

1. Le Portugal détient un avantage absolu dans les deux productions : il lui faut 90 hommes pendant un an pour produire la quantité de drap considérée, contre 100 en Angleterre, et 80 pour le vin, contre 120. Il est donc plus productif partout, et l'Angleterre ne détient aucun avantage absolu.

2. Le coût du vin exprimé en drap rapporte le travail nécessaire au vin à celui nécessaire au drap. En Angleterre, il vaut 120/100 = 1,2 : produire une unité de vin oblige à renoncer à 1,2 unité de drap. Au Portugal, il vaut 80/90 ≈ 0,89 unité de drap. Le vin est donc relativement moins coûteux au Portugal. Symétriquement, le drap coûte 100/120 ≈ 0,83 unité de vin en Angleterre, contre 90/80 = 1,125 au Portugal : il est relativement moins coûteux en Angleterre.

3. Chaque pays se spécialise dans le bien dont le coût relatif est le plus faible chez lui : le Portugal dans le vin, l'Angleterre dans le drap. C'est le sens de la dernière phrase : le drap pourrait être produit au Portugal « avec moins de travail qu'en Angleterre », mais le Portugal a intérêt à l'importer, car son avantage est bien plus grand pour le vin (un tiers de travail en moins : 80 contre 120) que pour le drap (10 % de travail en moins : 90 contre 100). L'échange repose sur l'avantage comparatif, et non sur l'avantage absolu.

4. Sans échange, chaque pays produit une unité de chaque bien : le monde dispose de 2 unités de vin et de 2 unités de drap, pour 170 années de travail au Portugal (80 + 90) et 220 en Angleterre (120 + 100). Si le Portugal consacre ses 170 années de travail au vin, il en produit 170/80 = 2,125 unités ; si l'Angleterre consacre ses 220 années au drap, elle en produit 220/100 = 2,2 unités. Avec le même travail, la production passe à 2,125 unités de vin (+ 6,25 %) et 2,2 unités de drap (+ 10 %). C'est le gain à l'échange, que les deux pays se partagent si une unité de vin s'échange contre une quantité de drap comprise entre 0,89 et 1,2 unité.

Ce que cette analyse apprend — Calculer des coûts relatifs et un gain à l'échange à partir d'un tableau de coûts, sans confondre avantage absolu et avantage comparatif.

Document 2 — Qui fabrique l'iPhone ? La chaîne de valeur d'un produit mondial

Moyen

Tableau statistique : décomposition du coût de fabrication d'un produit · Yuqing Xing et Neal Detert, « How the iPhone Widens the United States Trade Deficit with the People's Republic of China », ADBI Working Paper n° 257, Asian Development Bank Institute, Tokyo, 2010 (données de 2009).

En 2010, deux économistes de l'Institut de la Banque asiatique de développement mesurent la contribution de chaque pays à l'iPhone 3G. Ils veulent montrer que les statistiques douanières, qui attribuent à la Chine toute la valeur du téléphone, déforment la réalité des échanges.

Coût de fabrication d'un iPhone 3G selon le pays d'origine de la valeur, en 2009 (en dollars par appareil)
PaysContributionValeur (dollars)
JaponComposants (dont mémoire flash et écran)60,60
AllemagneComposants électroniques30,15
Corée du SudComposants (processeur et mémoire)22,96
États-UnisComposants électroniques10,75
Autres paysAutres composants48,00
ChineAssemblage6,50
TotalCoût de fabrication178,96

Note : l'appareil est conçu par Apple en Californie et assemblé en Chine par un sous-traitant ; le coût de fabrication n'inclut ni la conception, ni la marge de l'entreprise, ni la distribution.

À l'aide du document, vous montrerez que la production de l'iPhone illustre la fragmentation internationale de la chaîne de valeur.

  1. Rédigez une phrase donnant la signification de la donnée concernant la Chine.
  2. Calculez la part du Japon et celle de la Chine dans le coût de fabrication de l'iPhone 3G.
  3. Montrez que la production de l'iPhone illustre la fragmentation internationale de la chaîne de valeur.
  4. Pourquoi les statistiques douanières déforment-elles le déficit commercial des États-Unis avec la Chine ?
Voir la réponse rédigée

1. D'après Xing et Detert (2010), en 2009, l'assemblage réalisé en Chine représentait 6,50 dollars sur les 178,96 dollars du coût de fabrication d'un iPhone 3G.

2. Part du Japon : 60,60 / 178,96 × 100 ≈ 33,9 %. Part de la Chine : 6,50 / 178,96 × 100 ≈ 3,6 %. Le Japon apporte donc environ 9,3 fois plus de valeur que la Chine (60,60 / 6,50 ≈ 9,3), alors que c'est de Chine que le téléphone est expédié.

3. La production de l'iPhone est découpée en étapes réalisées dans au moins six ensembles de pays : la conception aux États-Unis, les composants à forte valeur au Japon, en Allemagne, en Corée du Sud et aux États-Unis, l'assemblage en Chine. Chaque étape est localisée là où elle coûte le moins ou là où se trouvent les compétences : les composants les plus complexes viennent de pays riches en capital et en travail qualifié, l'assemblage, intensif en main-d'œuvre peu qualifiée, d'un pays où ce facteur est abondant. On retrouve ainsi la logique des dotations factorielles, appliquée non plus à un produit entier mais à chaque étape de la chaîne de valeur. Apple, firme multinationale, coordonne l'ensemble sans posséder l'usine d'assemblage, qu'elle confie à un sous-traitant : la fragmentation passe autant par la sous-traitance que par l'IDE.

4. Les douanes enregistrent la valeur totale d'un bien au moment où il franchit la frontière. Un iPhone expédié de Chine vers les États-Unis compte donc comme une importation chinoise de 178,96 dollars, alors que la Chine n'y a ajouté que 6,50 dollars ; le reste correspond à des composants qu'elle a elle-même importés. Mesuré en valeur ajoutée, le déficit américain avec la Chine serait beaucoup plus faible, et celui avec le Japon, l'Allemagne ou la Corée du Sud plus élevé. Le déficit global des États-Unis ne change pas : c'est sa répartition entre pays partenaires qui est faussée.

Ce que cette analyse apprend — Calculer une part dans un total et distinguer la valeur brute d'un échange de la valeur ajoutée par chaque pays.

Document 3 — La courbe de l'éléphant : qui a gagné entre 1988 et 2008 ?

Moyen

Graphique statistique (décrit) : croissance du revenu réel selon la position dans la distribution mondiale des revenus · Christoph Lakner et Branko Milanovic, « Global Income Distribution: From the Fall of the Berlin Wall to the Great Recession », The World Bank Economic Review, vol. 30, n° 2, 2016 (données 1988-2008).

Branko Milanovic, ancien économiste de la Banque mondiale, et Christoph Lakner, chercheur de la même institution, rassemblent des enquêtes sur les revenus des ménages de très nombreux pays. Leur article, publié en 2016 dans une revue de la Banque mondiale, couvre les vingt années qui séparent la chute du mur de Berlin de la crise de 2008.

Description du graphique. Les auteurs classent l'ensemble des habitants du monde selon leur revenu réel par tête, en parité de pouvoir d'achat, du plus pauvre (à gauche) au plus riche (à droite), en centiles. Pour chaque centile, l'axe vertical indique la croissance du revenu réel entre 1988 et 2008. La courbe obtenue monte jusqu'à un sommet vers le milieu de la distribution, redescend jusqu'à un creux vers le 80e centile, puis remonte fortement pour les plus riches : elle a la forme d'un éléphant qui lève la trompe.

Croissance du revenu réel entre 1988 et 2008 (ordres de grandeur lus sur le graphique)
Position dans la distribution mondialeQui y trouve-t-on surtout ?Croissance du revenu réel
Autour du 50e centile (sommet)Classes moyennes des pays émergents d'Asie, Chine en têtede l'ordre de + 70 à + 80 %
Autour du 80e centile (creux)Classes populaires et moyennes inférieures des pays richesproche de 0 %
1 % le plus riche (trompe)Ménages les plus aisés, en majorité dans les pays richesde l'ordre de + 60 %

À l'aide du document, vous montrerez que le commerce international peut réduire les inégalités entre pays tout en accroissant les inégalités au sein des pays.

  1. Présentez le document et expliquez ce que mesure l'axe horizontal.
  2. Comparez l'évolution du revenu réel autour du 50e centile et autour du 80e centile.
  3. Montrez que ce document illustre la réduction des inégalités entre pays.
  4. À l'aide du théorème Stolper-Samuelson, expliquez le creux de la courbe, puis indiquez une limite de cette explication.
Voir la réponse rédigée

1. Ce graphique, publié en 2016 par Christoph Lakner et Branko Milanovic dans une revue de la Banque mondiale, mesure la croissance du revenu réel entre 1988 et 2008 selon la position des individus dans la distribution mondiale des revenus. L'axe horizontal ne classe pas des pays mais des personnes du monde entier, du plus pauvre au plus riche, regroupées en centiles : le 50e centile correspond à la médiane mondiale.

2. Autour du 50e centile, le revenu réel a progressé de l'ordre de 70 à 80 % entre 1988 et 2008, c'est-à-dire qu'il a été multiplié par environ 1,7 à 1,8. Autour du 80e centile, il a presque stagné. Les individus proches de la médiane mondiale ont donc connu une croissance de leur revenu sans commune mesure avec celle des individus situés un peu plus haut dans la distribution.

3. Le sommet de la courbe est occupé surtout par les classes moyennes de Chine et des autres pays émergents d'Asie, dont les revenus ont fortement augmenté, alors que ceux des classes populaires des pays riches stagnaient. L'écart entre pays s'est donc réduit. Le commerce international y a contribué : en se spécialisant selon leurs avantages comparatifs, notamment leur abondance en travail peu qualifié, et en s'insérant dans les chaînes de valeur mondiales, ces pays ont connu une croissance tirée par les exportations, particulièrement la Chine après son entrée à l'OMC en 2001.

4. Selon le théorème Stolper-Samuelson (1941), l'ouverture augmente la rémunération relative du facteur abondant et réduit celle du facteur rare. Dans les pays riches, le travail peu qualifié est relativement rare : la concurrence des pays abondants en ce facteur pèse sur les salaires et l'emploi des moins qualifiés, qui occupent le creux de la courbe, tandis que le capital et le travail très qualifié, abondants, profitent de l'ouverture, ce qui correspond à la hausse d'environ 60 % pour le 1 % le plus riche. Les inégalités au sein des pays riches augmentent. Mais la courbe ne prouve pas la causalité : le progrès technique favorable au travail qualifié, les politiques fiscales ou l'effondrement des revenus dans les anciens pays communistes après 1991 jouent aussi. De plus, les individus d'un même centile ne sont pas les mêmes en 1988 et en 2008, car la courbe compare des positions, non des personnes.

Ce que cette analyse apprend — Lire un graphique de répartition en distinguant inégalités entre pays et inégalités au sein des pays, et discuter une relation de causalité.

Document 4 — Le paradoxe de Leontief (1953)

Difficile

Tableau statistique issu d'un article scientifique · Wassily Leontief, « Domestic Production and Foreign Trade: The American Capital Position Re-Examined », Proceedings of the American Philosophical Society, vol. 97, n° 4, 1953 (données de l'économie américaine de 1947).

Wassily Leontief, économiste américain d'origine russe et inventeur du tableau entrées-sorties (prix de la Banque de Suède en 1973), veut tester le modèle d'Heckscher-Ohlin sur les États-Unis de l'après-guerre. Son résultat, publié en 1953, surprend la profession.

Capital et travail nécessaires, aux États-Unis, pour produire 1 million de dollars d'exportations et 1 million de dollars de produits de remplacement des importations (prix de 1947)
ExportationsProduits de remplacement des importations
Capital (en dollars de 1947)2 550 7803 091 339
Travail (en années de travail d'un homme)182,313170,004

Note : les « produits de remplacement des importations » sont les biens que les États-Unis devraient produire eux-mêmes pour se passer d'une valeur d'importations de 1 million de dollars. Leontief utilise le tableau entrées-sorties de l'économie américaine, qui compte aussi le capital et le travail incorporés dans les consommations intermédiaires.

À l'aide du document, vous montrerez que les dotations factorielles ne suffisent pas à expliquer la spécialisation des États-Unis.

  1. Pourquoi Leontief mesure-t-il les produits de remplacement des importations plutôt que les importations elles-mêmes ?
  2. Calculez le capital par année de travail pour chaque colonne, puis le rapport entre les deux résultats.
  3. Quelle spécialisation le modèle HOS prévoit-il pour les États-Unis en 1947 ? Montrez que le document la contredit.
  4. Proposez deux explications de ce paradoxe.
Voir la réponse rédigée

1. Leontief ne dispose pas des données de production des pays étrangers : il ne peut pas mesurer le capital et le travail utilisés à l'étranger pour produire ce que les États-Unis importent. Il calcule donc ce qu'il faudrait de capital et de travail aux États-Unis pour produire ces biens sur place. Le raisonnement reste valable dans la logique HOS : si les États-Unis importent des biens intensifs en travail, leurs substituts nationaux doivent être intensifs en travail.

2. Exportations : 2 550 780 / 182,313 ≈ 13 991 dollars de capital par année de travail. Produits de remplacement des importations : 3 091 339 / 170,004 ≈ 18 184 dollars. Rapport : 18 184 / 13 991 ≈ 1,30. En 1947, produire aux États-Unis l'équivalent des importations exige environ 30 % de capital par travailleur de plus que produire les exportations.

3. En 1947, les États-Unis sont le pays le mieux doté en capital par travailleur. Selon le modèle HOS, ils devraient se spécialiser dans les biens intensifs en capital et importer des biens intensifs en travail. Le document montre l'inverse : leurs exportations sont relativement moins intensives en capital (13 991 dollars par année de travail) que les biens qui remplacent leurs importations (18 184 dollars). Les États-Unis semblent exporter du travail et importer du capital : c'est le paradoxe de Leontief.

4. Première explication, avancée par Leontief lui-même : le travail américain est bien plus productif que le travail étranger ; il suggère qu'un travailleur américain en vaut environ trois. Compté en unités d'efficacité, le travail devient le facteur abondant des États-Unis, et le paradoxe disparaît. Deuxième explication : le travail n'est pas homogène. Les exportations américaines sont intensives en travail qualifié, c'est-à-dire en capital humain, que le tableau compte comme du simple travail. On peut ajouter que beaucoup d'importations américaines sont des ressources naturelles dont l'extraction exige beaucoup de capital. Dans tous les cas, le paradoxe montre qu'il faut élargir la notion de dotation à la qualification et à la technologie, ce qui rapproche l'analyse des dotations technologiques de Ricardo.

Ce que cette analyse apprend — Calculer un rapport entre deux intensités factorielles et confronter un résultat empirique aux prédictions d'un modèle.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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