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Spécialité SES Terminale

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Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?

Avantages comparatifs, dotations factorielles, commerce entre pays comparables, FMN, chaînes de valeur, protectionnisme (spécialité SES de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en terminale sur « Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ? » suit le programme officiel de spécialité SES de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Les avantages comparatifs : pourquoi se spécialiser ?, Les dotations factorielles : le modèle HOS et ses limites, Le commerce entre pays comparables : différenciation, qualité, économies d'échelle, La productivité des firmes, fondement de la compétitivité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité SES.

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Tombés au bac sur cette question

Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.

  • 2026 · Polynésie française — Les dotations factorielles et technologiques suffisent-elles à expliquer le commerce international ? voir le sujet complet →
  • 2025 · Métropole — Dans quelle mesure les effets induits par le commerce international justifient-ils le recours au protectionnisme ? voir le sujet complet →
  • 2022 · Métropole — Le commerce international s'explique-t-il uniquement par les échanges entre pays à spécialisations différentes ? voir le sujet complet →
  • 2024 · Amérique du Nord — Comment expliquer le commerce international ? voir le sujet complet →
  • 2023 · Nouvelle-Calédonie — Le commerce international est-il toujours avantageux ? voir le sujet complet →
  • 2022 · Centres étrangers — Les effets induits du commerce international sont-ils toujours positifs ? voir le sujet complet →
  • 2022 · Métropole — Comment peut-on expliquer le commerce international ? voir le sujet complet →
  • 2021 · Amérique du Nord (remplacement) — Le commerce international est-il toujours avantageux pour les pays qui y prennent part ? voir le sujet complet →

Sujet 1 — Les dotations factorielles et technologiques suffisent-elles à expliquer le commerce international ?

Analyse des termes — Les dotations factorielles sont les quantités de facteurs de production dont dispose un pays (travail plus ou moins qualifié, capital, ressources naturelles) ; les dotations technologiques, sa maîtrise des techniques, qui détermine la productivité de ces facteurs. « Suffisent-elles » invite à établir leur pouvoir explicatif, puis ses limites : le commerce international comprend aussi des échanges entre pays comparables et des échanges organisés par les firmes.

Problématique — Les différences de dotations entre pays expliquent-elles à elles seules les échanges internationaux, ou faut-il y ajouter la différenciation des produits, les économies d'échelle et les stratégies des firmes ?

Introduction rédigéeEn 2009, un iPhone assemblé en Chine et vendu aux États-Unis était enregistré par les douanes américaines comme une importation chinoise de près de 179 dollars, alors que l'assemblage chinois n'en représentait que 6,50 dollars. Cet écart résume la question : qui produit quoi dans l'économie mondiale, et pourquoi ? Le commerce international désigne l'ensemble des échanges de biens et de services entre résidents de pays différents. Les dotations factorielles sont les quantités de facteurs de production dont dispose un pays (travail plus ou moins qualifié, capital, ressources naturelles) ; les dotations technologiques, son niveau de maîtrise des techniques, qui détermine la productivité de ces facteurs. Depuis Ricardo (1817), puis Heckscher et Ohlin (1919-1933), les économistes expliquent les échanges par ces différences entre pays. Pourtant, une large part du commerce mondial relie aujourd'hui des pays aux dotations proches, comme la France et l'Allemagne, et passe par les réseaux de production des firmes multinationales. Les différences de dotations entre pays suffisent-elles alors à expliquer les échanges, ou faut-il y ajouter la différenciation des produits, les économies d'échelle et les stratégies des firmes ? Nous montrerons d'abord que les dotations expliquent la spécialisation des pays et le commerce inter-branche (I), puis qu'elles rendent mal compte du commerce entre pays comparables (II), enfin que les stratégies des firmes, en fragmentant la chaîne de valeur, complètent l'explication (III).

I. Les dotations expliquent la spécialisation des pays et le commerce inter-branche

  • Les différences de productivité du travail, c'est-à-dire de dotations technologiques, fondent l'avantage comparatif.Ricardo (1817) : le Portugal produit le vin avec 80 hommes contre 120 en Angleterre ; spécialisé, il en produit 2,125 unités au lieu d'une unité de chaque bien.
  • L'abondance relative des facteurs oriente la spécialisation (modèle HOS).Heckscher (1919) et Ohlin (1933) ; la Chine, abondante en travail peu qualifié et membre de l'OMC depuis le 11 décembre 2001, devient le premier exportateur mondial de marchandises en 2009.
  • Les dotations évoluent, ce qui déplace les avantages comparatifs dans le temps.Cycle de vie du produit de Vernon (1966) ; la Corée du Sud, pays pauvre en 1953, exporte aujourd'hui des semi-conducteurs.

II. Mais elles expliquent mal le commerce entre pays comparables

  • Les dotations ne prédisent pas toujours la spécialisation observée.Paradoxe de Leontief (1953) : en 1947, les produits de remplacement des importations américaines exigent environ 30 % de capital par travailleur de plus que les exportations.
  • Des pays aux dotations proches échangent des produits similaires et différenciés.Linder (1961) et Lassudrie-Duchêne (1971) ; l'Allemagne, premier partenaire commercial de la France, lui vend et lui achète des automobiles.
  • Les économies d'échelle créent des avantages qui ne doivent rien aux dotations initiales.Krugman (1979), prix de la Banque de Suède en 2008 ; le marché des avions de ligne de grande capacité est partagé pour l'essentiel entre Airbus et Boeing.

III. Les stratégies des firmes, qui fragmentent la chaîne de valeur, complètent l'explication

  • Ce sont les firmes les plus productives qui exportent : la productivité des firmes fonde la compétitivité du pays.Melitz (2003) : les coûts fixes d'accès aux marchés étrangers sélectionnent les firmes exportatrices.
  • Les firmes multinationales organisent une grande partie des échanges.CNUCED (2013) : environ 80 % du commerce mondial est lié aux réseaux de production des FMN ; paradigme OLI de Dunning (1977).
  • La fragmentation redonne un rôle aux dotations, mais à l'échelle de chaque étape de production.iPhone 3G en 2009 : assemblage chinois de 6,50 dollars sur 178,96 (3,6 %), composants japonais de 60,60 dollars (Xing et Detert, 2010).
Conclusion rédigéeLes dotations factorielles et technologiques expliquent une part essentielle du commerce international : la spécialisation des pays selon leurs avantages comparatifs et les échanges inter-branche entre pays différents, comme ceux de la Chine avec les pays riches depuis 2001. Elles ne suffisent pourtant pas. Le commerce entre pays comparables repose sur la différenciation des produits, leur qualité et les économies d'échelle, et une grande partie des échanges résulte des choix de firmes productives et multinationales qui fragmentent leur chaîne de valeur ; les dotations ne retrouvent un rôle qu'à l'échelle de chaque étape. Reste à savoir si ces échanges profitent à tous : l'étude des effets induits du commerce international, et le débat entre libre-échange et protectionnisme relancé depuis 2018, prolongent la réflexion.

Le piège — Réciter Ricardo et le modèle HOS sans voir que « suffisent-elles » appelle le commerce entre pays comparables et le rôle des firmes ; ou, à l'inverse, oublier que les dotations technologiques incluent la productivité et la qualification, ce qui élargit leur pouvoir explicatif et évite une deuxième partie caricaturale.

Sujet 2 — Dans quelle mesure les effets induits par le commerce international justifient-ils le recours au protectionnisme ?

Analyse des termes — Les effets induits sont les conséquences de l'ouverture : gains à l'échange, diffusion technologique, réduction des inégalités entre pays, mais aussi hausse des inégalités de revenus au sein des pays et pertes d'emplois localisées. Le protectionnisme regroupe les mesures qui protègent la production nationale (droits de douane, quotas, normes, subventions) ; « dans quelle mesure » invite à établir jusqu'où ces effets le justifient, et sous quelle forme.

Problématique — Si le commerce international crée des gains globaux mais aussi des perdants, ces effets justifient-ils de restreindre les échanges, ou appellent-ils d'autres réponses que le protectionnisme ?

Introduction rédigéeLe 2 avril 2025, l'administration américaine annonce un droit de douane minimal de 10 % sur la plupart des importations, en invoquant les emplois industriels perdus face à la concurrence étrangère. La décision relance un débat ancien. Les effets induits du commerce international sont les conséquences de l'ouverture des économies : gains à l'échange pour les consommateurs et les producteurs, diffusion des technologies, réduction des inégalités entre pays, mais aussi hausse des inégalités de revenus au sein de chaque pays et pertes d'emplois concentrées sur certains territoires. Le protectionnisme regroupe les mesures par lesquelles un État protège sa production de la concurrence étrangère : droits de douane, quotas, normes, subventions. Depuis 1947, le GATT puis l'OMC ont organisé une baisse négociée des droits de douane au nom des gains du libre-échange. Si le commerce crée des gains globaux mais aussi des perdants, ces effets justifient-ils de restreindre les échanges, ou appellent-ils d'autres réponses que le protectionnisme ? Nous verrons que les effets induits sont d'abord des gains qui plaident pour l'ouverture (I), que certains d'entre eux peuvent pourtant justifier une protection ciblée (II), mais que le protectionnisme, coûteux, est rarement la réponse la plus efficace (III).

I. Les effets induits du commerce sont d'abord des gains qui plaident pour l'ouverture

  • L'échange accroît la production et le bien-être des consommateurs (prix plus bas, variétés plus nombreuses).Ricardo (1817) : + 6,25 % de vin et + 10 % de drap avec le même travail ; Krugman (1979) : gain de variété lié aux économies d'échelle.
  • L'ouverture a contribué à réduire les inégalités entre pays.Banque mondiale : extrême pauvreté passée d'environ 36 % de la population mondiale en 1990 à 10 % en 2015 ; revenus proches de la médiane mondiale en hausse de 70 à 80 % entre 1988 et 2008 (Lakner et Milanovic, 2016).
  • La concurrence et la diffusion des technologies élèvent la productivité.Melitz (2003) : l'ouverture réalloue l'activité vers les firmes les plus productives ; IDE et importations de machines diffusent les techniques.

II. Certains effets induits peuvent pourtant justifier une protection ciblée

  • L'ouverture accroît les inégalités de revenus au sein des pays et concentre les pertes sur certains territoires.Stolper-Samuelson (1941) ; Autor, Dorn et Hanson (2013) : la concurrence chinoise explique environ un quart du recul de l'emploi industriel américain entre 1990 et 2007.
  • Des industries naissantes ne peuvent affronter d'emblée la concurrence de firmes installées.Hamilton (1791) et List (1841) ; la Corée du Sud protège et soutient ses industries lourdes et chimiques à partir de 1973 avant de les exposer à la concurrence.
  • Les dépendances stratégiques et les marchés à quelques firmes justifient une politique commerciale active.Pénurie de masques en 2020 ; politique commerciale stratégique de Brander et Spencer (1985) ; création d'Airbus en 1970 avec le soutien de plusieurs États.

III. Mais le protectionnisme est rarement la réponse la plus efficace à ces effets

  • Le protectionnisme a un coût élevé pour les consommateurs et les entreprises utilisatrices.Droits de douane américains sur les lave-linge (2018) : prix en hausse d'environ 12 %, environ 1 800 emplois créés pour un coût d'environ 1,5 milliard de dollars par an (Flaaen, Hortaçsu et Tintelnot, 2020).
  • Il expose à des représailles qui annulent les gains attendus.Tarif Smoot-Hawley (juin 1930) : selon Kindleberger, les importations mensuelles de 75 pays passent d'environ 3 milliards de dollars-or en janvier 1929 à environ 1 milliard en janvier 1933 ; guerre commerciale sino-américaine de 2018-2019.
  • Des politiques d'accompagnement traitent plus directement les effets négatifs.Trade Adjustment Assistance créée aux États-Unis par le Trade Expansion Act de 1962 : aides à la formation et à la reconversion des travailleurs touchés par les importations.
Conclusion rédigéeLes effets induits du commerce international ne justifient pas un protectionnisme général : les gains à l'échange, la diffusion des technologies et la réduction des inégalités entre pays plaident pour l'ouverture. Ils justifient en revanche, dans une certaine mesure, des protections ciblées et temporaires : industries naissantes, secteurs stratégiques, réponse à des pratiques déloyales. Les inégalités internes et les pertes d'emplois localisées appellent surtout des politiques de formation, de reconversion et de redistribution, moins coûteuses que des droits de douane qui renchérissent les prix et exposent aux représailles. Les partisans d'un protectionnisme plus large font valoir que ces politiques d'accompagnement ont souvent été insuffisantes : le débat reste ouvert. Il se déplace vers la gouvernance du commerce mondial : l'OMC, dont l'organe d'appel est paralysé depuis décembre 2019, peut-elle encore encadrer ces choix ?

Le piège — Construire un plan « avantages du libre-échange / avantages du protectionnisme » en oubliant que le sujet part des effets induits du commerce ; ou dériver vers la globalisation financière et les crises, qui relèvent d'un autre chapitre.

Épreuve composée — traitée en entier

Partie 1 — Mobilisation des connaissances (4 points)

À l'aide d'un exemple, vous montrerez que les dotations factorielles peuvent expliquer la spécialisation internationale d'un pays.

Corrigé rédigé

Les dotations factorielles sont les quantités de facteurs de production dont dispose un pays : travail peu ou très qualifié, capital, terres, ressources naturelles. Selon le modèle d'Heckscher (1919) et d'Ohlin (1933), complété par Samuelson, chaque pays se spécialise dans les biens qui utilisent intensément le facteur dont il est relativement le mieux doté.

Le mécanisme passe par les prix : un facteur relativement abondant est relativement bon marché, donc les biens qui l'utilisent intensément coûtent moins cher à produire que dans les autres pays. Le pays détient ainsi un avantage comparatif dans ces biens : il les exporte, et il importe ceux qui utilisent intensément ses facteurs rares.

La Chine l'illustre. Relativement abondante en main-d'œuvre peu qualifiée et faiblement rémunérée, elle s'est spécialisée, surtout après son entrée à l'OMC le 11 décembre 2001, dans les biens intensifs en travail : textile, jouets, assemblage électronique. Elle est devenue en 2009 le premier exportateur mondial de marchandises. À l'inverse, l'Australie, très bien dotée en gisements, exporte du minerai de fer.

Partie 2 — Étude d’un document (6 points)

D'après OMC, « Comprendre l'OMC » : tableau des cycles de négociations du GATT et bilan de l'Uruguay Round, site de l'Organisation mondiale du commerce (données historiques 1947-1994, consultées en 2025).

Les cycles de négociations commerciales du GATT
AnnéesLieu ou nom du cycleSujets traitésNombre de pays participants
1947GenèveDroits de douane23
1949AnnecyDroits de douane13
1951TorquayDroits de douane38
1956GenèveDroits de douane26
1960-1961Genève (Dillon Round)Droits de douane26
1964-1967Genève (Kennedy Round)Droits de douane et mesures antidumping62
1973-1979Genève (Tokyo Round)Droits de douane, mesures non tarifaires, accords-cadres102
1986-1994Genève (Uruguay Round)Droits de douane, mesures non tarifaires, règles, services, propriété intellectuelle, règlement des différends, textiles, agriculture, création de l'OMC123

Bilan de l'Uruguay Round pour les pays développés : le droit de douane moyen sur les produits industriels passe de 6,3 % à 3,8 % ; la part des importations de produits industriels admises sans droit de douane passe de 20 % à 44 %.

1. Lecture : à l'aide des données, vous comparerez le nombre de pays participant au cycle de Genève de 1947 et à l'Uruguay Round.

2. À l'aide des données, vous montrerez que les négociations du GATT ont favorisé le libre-échange.

Corrigé rédigé

1. D'après l'OMC, 23 pays participaient au premier cycle de négociations du GATT, à Genève en 1947, contre 123 à l'Uruguay Round, de 1986 à 1994. Le nombre de participants a été multiplié par 123 / 23 ≈ 5,3, soit une hausse d'environ 435 % ((123 − 23) / 23 × 100).

2. Le libre-échange désigne l'absence d'obstacles aux échanges internationaux. Les données montrent que les négociations du GATT l'ont fait progresser de trois façons.

D'abord, elles ont réduit les droits de douane. À l'issue de l'Uruguay Round, le droit moyen des pays développés sur les produits industriels passe de 6,3 % à 3,8 %, soit une baisse de (3,8 − 6,3) / 6,3 × 100 ≈ − 39,7 %, c'est-à-dire d'environ 40 %. La part des importations de produits industriels admises sans droit de douane passe de 20 % à 44 % : elle est multipliée par 2,2.

Ensuite, elles ont élargi le champ de la libéralisation. Jusqu'en 1961, les cycles ne portent que sur les droits de douane ; à partir du Tokyo Round (1973-1979), ils s'attaquent aux mesures non tarifaires, puis l'Uruguay Round étend les règles aux services, à la propriété intellectuelle, aux textiles et à l'agriculture.

Enfin, elles ont élargi le nombre de pays concernés, de 23 à 123, et abouti à la création de l'OMC en 1995, qui dispose d'un mécanisme de règlement des différends : les engagements de libéralisation deviennent plus difficiles à remettre en cause.

Partie 3 — Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire (10 points)

À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les firmes multinationales fragmentent leur chaîne de valeur à l'échelle mondiale.

D'après CNUCED, World Investment Report 2013. Global Value Chains: Investment and Trade for Development, Genève, 2013 (données résumées et traduites).

Environ 60 % du commerce mondial porte sur des biens et services intermédiaires, incorporés à différentes étapes de la production. Les chaînes de valeur coordonnées par les firmes multinationales, par leurs filiales comme par leurs sous-traitants, représentent environ 80 % du commerce mondial. En 2010, environ 28 % des 19 000 milliards de dollars d'exportations mondiales brutes, soit plus de 5 000 milliards, correspondaient à une valeur ajoutée d'abord importée puis réexportée, donc comptée plusieurs fois dans les statistiques.

D'après Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde 2020 : le commerce au service du développement à l'heure des chaînes de valeur mondiales, Washington, 2020 (données résumées).

Près de la moitié du commerce mondial passe aujourd'hui par des chaînes de valeur mondiales, dans lesquelles un produit ou ses composants franchissent au moins deux frontières avant d'atteindre l'acheteur final. Cette part a fortement augmenté de 1990 à 2008, grâce à la baisse des coûts de transport et de communication et à la libéralisation des échanges, puis elle a stagné.
Corrigé rédigé

Une firme multinationale (FMN) contrôle au moins une unité de production à l'étranger ; sa chaîne de valeur regroupe toutes les étapes de production d'un bien, de la conception à la vente. Depuis les années 1990, les FMN répartissent ces étapes entre plusieurs pays.

Les FMN découpent la production en étapes localisées dans différents pays. Chaque étape est implantée là où elle est la plus rentable : les tâches intensives en travail peu qualifié là où ce facteur est abondant, la conception et les composants complexes là où se trouvent le capital et le travail qualifié. Selon Dunning (1977), la FMN combine un avantage propre, un avantage de localisation et un intérêt à contrôler l'activité, par un IDE ou par la sous-traitance. Ainsi, la fabrication d'un iPhone 3G coûtait en 2009 178,96 dollars, dont 60,60 dollars de composants japonais et seulement 6,50 dollars d'assemblage en Chine (Xing et Detert, 2010). Selon la Banque mondiale (document 2), près de la moitié du commerce mondial passe par de telles chaînes de valeur.

Cette fragmentation se traduit par l'essor des échanges de biens intermédiaires. Un produit fragmenté franchit plusieurs frontières avant d'être vendu : les composants sont exportés, assemblés, réexportés. Les échanges portent alors moins sur des produits finis que sur des pièces et des tâches, ce qui gonfle les statistiques en valeur brute. D'après la CNUCED (document 1), environ 60 % du commerce mondial porte sur des biens et services intermédiaires, et en 2010 environ 28 % des 19 000 milliards de dollars d'exportations mondiales, soit plus de 5 000 milliards, correspondaient à une valeur ajoutée comptée plusieurs fois.

Les FMN ont organisé cette fragmentation à mesure que son coût baissait. La baisse des coûts de transport (le conteneur, lancé en 1956), la révolution numérique, qui permet de coordonner des sites éloignés, et la baisse des droits de douane négociée au GATT puis à l'OMC ont rendu rentable la dispersion des étapes. Les FMN cherchent aussi à produire près de leurs clients : Toyota assemble des Yaris à Onnaing, dans le Nord, depuis 2001. Selon la CNUCED (document 1), les chaînes de valeur coordonnées par les FMN représentent environ 80 % du commerce mondial ; leur part a fortement progressé de 1990 à 2008 avant de stagner (document 2).

Les FMN fragmentent donc leur chaîne de valeur à l'échelle mondiale, ce qui transforme la nature même du commerce international, devenu en grande partie un commerce de tâches.

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