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Spécialité SES Terminale

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Quelle action publique pour l'environnement ?

Mise à l'agenda, acteurs, négociations climatiques, réglementation, taxation, marchés de quotas, subventions (spécialité SES de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en terminale sur « Quelle action publique pour l'environnement ? » suit le programme officiel de spécialité SES de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Comment une question environnementale devient un problème public, Une diversité d'acteurs, entre coopération et conflit, Une action publique qui articule plusieurs échelles, Externalités négatives et bien commun : pourquoi l'État intervient. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité SES.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — La composante carbone française, de sa création au gel

Facile

Tableau statistique (taux votés par le Parlement) · Lois de finances pour 2014 (loi n° 2013-1278 du 29 décembre 2013), pour 2018 (loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017) et pour 2019 (loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018), Légifrance.

La composante carbone est intégrée en 2014 aux taxes intérieures sur la consommation des énergies fossiles (carburants, fioul, gaz). La trajectoire de hausse votée fin 2017 est abandonnée après le mouvement des « gilets jaunes », parti le 17 novembre 2018.

AnnéeTaux effectivement appliqué (€ par tonne de CO2)Trajectoire votée fin 2017 (€ par tonne de CO2)
20147,0—
201514,5—
201622,0—
201730,5—
201844,644,6
201944,655,0
202044,665,4
202144,675,8
202244,686,2

Note : la combustion d'un litre de gazole émet environ 2,6 kg de CO2 (ordre de grandeur).

À l'aide du document et de vos connaissances, vous répondrez aux questions suivantes.

  1. Rédigez une phrase donnant la signification de la donnée de 2018.
  2. Calculez le coefficient multiplicateur et le taux de variation du taux appliqué entre 2014 et 2018.
  3. En 2022, de combien de pourcents le taux appliqué est-il inférieur au taux prévu par la trajectoire ?
  4. Estimez ce que représente la composante carbone par litre de gazole en 2018, puis expliquez pourquoi la trajectoire a été abandonnée.
Voir la réponse rédigée

1. D'après les lois de finances, en 2018, chaque tonne de CO2 émise par la combustion d'énergies fossiles était taxée à 44,6 € au titre de la composante carbone.

2. Coefficient multiplicateur : 44,6 / 7 ≈ 6,37. Le taux a donc été multiplié par 6,4 environ entre 2014 et 2018. Taux de variation : (44,6 − 7) / 7 × 100 ≈ + 537 %. Le signal-prix s'est fortement renforcé en quatre ans, conformément à la logique pigouvienne d'une taxe croissante et annoncée à l'avance.

3. (86,2 − 44,6) / 86,2 × 100 = 41,6 / 86,2 × 100 ≈ 48,3 %. En 2022, le taux appliqué est inférieur d'environ 48 % à celui que prévoyait la trajectoire votée fin 2017 : il représente à peine plus de la moitié du niveau prévu.

4. 44,6 € par tonne, soit 0,0446 € par kilogramme ; pour 2,6 kg : 0,0446 × 2,6 ≈ 0,116 €. La composante carbone représente donc environ 12 centimes par litre de gazole en 2018, hors TVA. La trajectoire a été abandonnée parce que la taxe est régressive : elle pèse plus, en proportion du revenu, sur les ménages modestes, en particulier ruraux et périurbains, qui dépendent de leur voiture faute d'alternative. De plus, une faible part des recettes était affectée à la transition ou reversée aux ménages. Le mouvement des « gilets jaunes » a rendu la hausse politiquement impossible : début décembre 2018, le gouvernement renonce au passage à 55 €. L'efficacité d'une taxe dépend donc de son acceptabilité sociale, ce qui plaide pour un accompagnement (chèque énergie, redistribution des recettes).

Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau de taux, calculer un coefficient multiplicateur et un écart relatif, puis relier le chiffre au mécanisme (signal-prix, régressivité, acceptabilité).

Document 2 — Des engagements différenciés : le protocole de Kyoto

Moyen

Tableau d'engagements chiffrés tiré d'un traité international · Protocole de Kyoto à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, annexe B, 11 décembre 1997 ; décision 2002/358/CE du Conseil du 25 avril 2002 (répartition de l'effort entre les États membres).

Le protocole est adopté à la COP3 de Kyoto en décembre 1997 et entre en vigueur le 16 février 2005. Il applique le principe des « responsabilités communes mais différenciées » posé par la convention de 1992.

PartieEngagement sur 2008-2012 (variation des émissions par rapport à 1990)
Communauté européenne (15 États)−8 %
États-Unis−7 %
Japon−6 %
Canada−6 %
Russie0 %
Australie+8 %
Répartition interne de l'effort européen
Allemagne−21 %
Royaume-Uni−12,5 %
France0 %
Espagne+15 %
Portugal+27 %

Les pays non inscrits à l'annexe B, dont la Chine, l'Inde et le Brésil, n'ont aucun engagement chiffré.

À l'aide du document et de vos connaissances, vous répondrez aux questions suivantes.

  1. Donnez la signification des données concernant l'Allemagne et le Portugal.
  2. Supposons que l'Allemagne ait émis 1 250 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 1990 : quel niveau annuel moyen d'émissions le protocole lui autorise-t-il sur 2008-2012 ?
  3. Pourquoi les engagements sont-ils différenciés, entre pays et au sein de l'Union ?
  4. À l'aide de vos connaissances, montrez que la stratégie de passager clandestin a limité la portée du protocole.
Voir la réponse rédigée

1. Selon la répartition européenne entérinée en 2002, l'Allemagne s'engageait à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 21 % en moyenne sur 2008-2012 par rapport à 1990, alors que le Portugal était autorisé à les augmenter de 27 % sur la même période.

2. 1 250 × (1 − 0,21) = 1 250 × 0,79 = 987,5. Dans cette hypothèse, l'Allemagne pouvait émettre en moyenne 987,5 millions de tonnes d'équivalent CO2 par an sur 2008-2012, soit 262,5 millions de moins qu'en 1990.

3. Les engagements sont différenciés pour tenir compte des inégalités de développement et des responsabilités historiques. Entre pays, seuls les pays industrialisés, responsables de l'essentiel des émissions accumulées depuis le XIXe siècle, reçoivent des objectifs ; les pays en développement n'en ont aucun, conformément au principe des « responsabilités communes mais différenciées » (1992). Au sein de l'Union, la « bulle européenne » permet aux pays en rattrapage économique (Portugal, Espagne) de croître encore, tandis que les plus riches, ou ceux qui bénéficient de baisses faciles (fermeture de l'industrie est-allemande après 1990 au Royaume-Uni et en Allemagne, recul du charbon au Royaume-Uni), réduisent davantage. La France, dont l'électricité est déjà largement nucléaire, doit stabiliser ses émissions.

4. Le climat est un bien commun : chaque pays profite des réductions des autres sans en supporter le coût. Les États-Unis, alors premiers émetteurs mondiaux, signent le protocole mais ne le ratifient jamais : dès juillet 1997, le Sénat avait voté à 95 voix contre 0 une résolution refusant tout traité qui n'engagerait pas aussi les pays en développement, par crainte de perdre en compétitivité face à eux. Le Canada, qui ne respecte pas son objectif, se retire en décembre 2011. Enfin, l'absence d'engagement de la Chine, dont les émissions dépassent celles des États-Unis au milieu des années 2000, réduit la part des émissions mondiales couvertes. Le protocole montre ainsi qu'un accord contraignant mais partiel incite certains à rester en dehors.

Ce que cette analyse apprend — Interpréter des pourcentages de variation par rapport à une année de référence et relier la différenciation aux inégalités de développement et au passager clandestin.

Document 3 — Le prix du quota européen de CO2 depuis 2013

Moyen

Série statistique de prix et règles de plafonnement · Moyennes annuelles arrondies du prix du quota européen (EUA), d'après les données de marché de l'European Energy Exchange, 2013-2024 (ordres de grandeur) ; facteurs de réduction : directives 2003/87/CE modifiée, 2018/410 et (UE) 2023/959.

Le système d'échange de quotas de l'UE (SEQE-UE) fonctionne depuis 2005 et couvre la production d'électricité, l'industrie lourde et l'aviation intra-européenne, soit environ 40 % des émissions de l'Union. Une réserve de stabilité du marché retire depuis 2019 une partie des quotas excédentaires.

Année20132017201820192021202220232024
Prix moyen du quota (€ par tonne de CO2, arrondi)46162554818465
Période2013-20202021-20232024-20272028-2030
Baisse annuelle du plafond d'émissions (facteur de réduction linéaire)1,74 %2,2 %4,3 %4,4 %

À l'aide du document et de vos connaissances, vous répondrez aux questions suivantes.

  1. Rédigez une phrase donnant la signification de la donnée de 2023.
  2. Calculez le coefficient multiplicateur du prix entre 2017 et 2023, puis le taux de variation entre 2023 et 2024.
  3. Expliquez le faible niveau du prix entre 2013 et 2017, puis sa hausse ultérieure.
  4. Montrez que ces données illustrent à la fois l'avantage et la limite principale d'un marché de quotas.
Voir la réponse rédigée

1. D'après les données de marché, en 2023, le quota permettant d'émettre une tonne de CO2 dans le cadre du SEQE-UE s'échangeait en moyenne autour de 84 €.

2. 84 / 6 = 14 : le prix a été multiplié par 14 environ entre 2017 et 2023. Entre 2023 et 2024 : (65 − 84) / 84 × 100 ≈ − 22,6 %. Le prix a baissé d'environ 23 % en un an.

3. Entre 2013 et 2017, le marché est surabondant : les quotas ont été fixés à partir d'estimations d'émissions trop généreuses, une grande partie a été distribuée gratuitement sous la pression des industriels, et la crise de 2008 a réduit la production donc la demande de quotas. L'offre dépassant la demande, le prix s'effondre, et le signal-prix est trop faible pour faire changer les investissements. La hausse ultérieure résulte de réformes : la réserve de stabilité du marché (opérationnelle en 2019) retire des quotas excédentaires, et le plafond baisse plus vite (2,2 % par an à partir de 2021, puis 4,3 % à partir de 2024) ; l'offre se raréfie, le prix monte.

4. L'avantage du marché est de garantir la quantité : le plafond baisse chaque année d'un pourcentage fixé par la loi, et le rythme de cette baisse a doublé en dix ans ; selon la Commission européenne, les émissions des installations couvertes sont environ 47 % sous leur niveau de 2005 en 2023. Sa limite est la volatilité du prix : il varie de 4 à 84 € en dix ans et recule de près d'un quart entre 2023 et 2024, ce qui rend incertain le rendement des investissements bas-carbone. C'est l'arbitrage décrit par Weitzman (1974) : fixer la quantité, c'est accepter un prix incertain, alors qu'une taxe fixe le prix mais laisse la quantité incertaine.

Ce que cette analyse apprend — Calculer un coefficient multiplicateur et un taux de variation sur une série de prix, puis relier les données au fonctionnement offre-demande du marché de quotas.

Document 4 — Qui émet le CO2 ? Volumes et émissions par habitant

Difficile

Tableau statistique de comparaison internationale · D'après Global Carbon Project, Global Carbon Budget 2024 : émissions territoriales de CO2 d'origine fossile en 2023, valeurs arrondies (ordres de grandeur).

Les émissions territoriales comptent le CO2 émis sur le sol d'un pays, y compris pour produire des biens exportés. Ces chiffres nourrissent chaque année les négociations des COP.

Pays ou zoneÉmissions totales (milliards de tonnes de CO2)Part des émissions mondialesÉmissions par habitant (tonnes de CO2)
Chine≈ 11,9≈ 32 %≈ 8,4
États-Unis≈ 4,9≈ 13 %≈ 14,3
Inde≈ 3,1≈ 8 %≈ 2,2
Union européenne (27)≈ 2,6≈ 7 %≈ 5,8
Monde≈ 37100 %≈ 4,6

À l'aide du document et de vos connaissances, vous répondrez aux questions suivantes.

  1. Rédigez une phrase donnant la signification des deux données relatives à la Chine.
  2. Combien de fois un habitant des États-Unis émet-il plus qu'un habitant de l'Inde ? Quelle part des émissions mondiales la Chine et les États-Unis représentent-ils ensemble ?
  3. Montrez que ces données éclairent les difficultés des négociations climatiques internationales.
  4. Quelles limites présente ce document pour juger de la responsabilité de chaque pays ?
Voir la réponse rédigée

1. D'après le Global Carbon Project, en 2023, la Chine a émis environ 11,9 milliards de tonnes de CO2 d'origine fossile, soit près d'un tiers (32 %) des émissions mondiales, et chaque habitant chinois a émis en moyenne 8,4 tonnes, un niveau supérieur à la moyenne mondiale (4,6 tonnes).

2. 14,3 / 2,2 = 6,5 : un habitant des États-Unis émet environ 6,5 fois plus de CO2 qu'un habitant de l'Inde. Ensemble, la Chine et les États-Unis représentent 32 + 13 = 45 % environ des émissions mondiales.

3. D'abord, la concentration des émissions rend l'accord dépendant de quelques pays : sans la Chine et les États-Unis, près de la moitié des émissions échappe à l'effort, ce qui rend coûteux, pour les autres, d'agir seuls. Chacun est tenté par le passager clandestin : attendre que l'autre agisse, comme les États-Unis qui refusaient Kyoto faute d'engagement de la Chine. Ensuite, les données révèlent des inégalités de développement : l'Inde, troisième émetteur en volume, émet par habitant moins de la moitié de la moyenne mondiale ; elle revendique le droit de se développer et renvoie aux pays riches, qui émettent bien plus par tête. D'où le compromis de Paris (2015) : chaque pays fixe lui-même sa contribution, ce qui permet d'inclure tout le monde au prix d'engagements non contraignants.

4. Le document ne mesure qu'un flux annuel : il ignore le stock historique, dont les États-Unis et l'Europe portent la plus grande part, ce qui fonde leur responsabilité particulière. Il retient les émissions territoriales : une partie des émissions chinoises sert à produire des biens consommés en Europe ou aux États-Unis, que l'approche par la consommation réattribuerait aux importateurs. Il ne porte que sur le CO2 fossile, sans le méthane ni la déforestation. Enfin, les moyennes par habitant masquent les inégalités internes à chaque pays. Juger des responsabilités exige donc de croiser plusieurs indicateurs.

Ce que cette analyse apprend — Passer du volume à l'indicateur par habitant, calculer un rapport et critiquer la construction de l'indicateur (flux ou stock, territoire ou consommation).

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