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Lycée · Terminale · Spécialité SES

Comment les politiques publiques sont-elles élaborées et mises en œuvre ?

Action publique, mise sur agenda, acteurs et instruments des politiques publiques (programme de Terminale Spécialité SES)

À propos de cette page
Ce QCM sur « Comment les politiques publiques sont-elles élaborées et mises en œuvre ? » en terminale teste tes connaissances en spécialité ses de manière interactive. Les questions, classées par niveau (facile, moyen, difficile), respectent le programme officiel de terminale. Au programme : Qu'est-ce qu'une politique publique ?, La construction des problèmes publics et la mise sur agenda, La multiplicité des acteurs de l'action publique, Le cycle des politiques publiques. À chaque réponse, une explication détaillée t'aide à comprendre tes erreurs et à mémoriser l'essentiel. Idéal pour s'auto-évaluer rapidement, réviser avant un contrôle ou consolider ses acquis. Quiz gratuit conçu par un professeur particulier à Marseille pour progresser en spécialité ses en terminale.

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Les 36 questions du QCM en version texte

Pour réviser sans écran ou imprimer : chaque question avec ses propositions ; la bonne réponse et son explication se déplient.

Niveau facile — 12 questions
  1. Une politique publique est avant tout :

    • A. Une décision prise par un seul individu
    • B. Un ensemble cohérent d'actions menées par des acteurs publics pour traiter un problème collectif
    • C. Une loi votée par référendum
    • D. Une opinion exprimée dans les médias
    Réponse

    B. Un ensemble cohérent d'actions menées par des acteurs publics pour traiter un problème collectif — Une politique publique articule objectifs, moyens et instruments pour répondre à un problème jugé collectif.

  2. La « mise sur agenda » désigne :

    • A. L'organisation du calendrier électoral
    • B. Le processus par lequel un problème devient un enjeu pris en charge par les pouvoirs publics
    • C. La planification des réunions du gouvernement
    • D. Le vote d'une loi au Parlement
    Réponse

    B. Le processus par lequel un problème devient un enjeu pris en charge par les pouvoirs publics — La mise sur agenda (agenda setting) est l'inscription d'un problème à la liste des questions traitées par les pouvoirs publics.

  3. Parmi ces instruments, lequel est un instrument réglementaire ?

    • A. Une subvention à l'achat d'un vélo
    • B. L'interdiction de fumer dans les lieux publics
    • C. Le Nutri-Score sur les emballages
    • D. Une campagne de prévention
    Réponse

    B. L'interdiction de fumer dans les lieux publics — L'interdiction repose sur la contrainte légale : c'est un instrument réglementaire.

  4. Le terme qui désigne la coordination entre une pluralité d'acteurs publics et privés à plusieurs niveaux est :

    • A. La centralisation
    • B. La gouvernance
    • C. La bureaucratie
    • D. La privatisation
    Réponse

    B. La gouvernance — La gouvernance désigne la coordination horizontale entre acteurs multiples, par opposition au gouvernement vertical.

  5. Qui sont les « street-level bureaucrats » selon Michael Lipsky ?

    • A. Les ministres et hauts fonctionnaires
    • B. Les agents publics de terrain qui appliquent les politiques aux usagers
    • C. Les députés
    • D. Les lobbyistes
    Réponse

    B. Les agents publics de terrain qui appliquent les politiques aux usagers — Ce sont les agents de terrain (enseignants, policiers, travailleurs sociaux) qui façonnent la politique réellement appliquée.

  6. Le marché européen des quotas de CO₂ est un instrument d'action publique de type :

    • A. Réglementaire
    • B. Informationnel
    • C. Économique de marché
    • D. Conventionnel
    Réponse

    C. Économique de marché — Le marché de quotas crée des droits échangeables : c'est un instrument économique de marché.

  7. L'étape du cycle des politiques publiques qui suit la décision est :

    • A. La mise sur agenda
    • B. La formulation
    • C. La mise en œuvre
    • D. L'évaluation
    Réponse

    C. La mise en œuvre — Après la décision vient la mise en œuvre (application concrète), puis l'évaluation.

  8. La décentralisation a consisté à :

    • A. Transférer des compétences de l'État vers les collectivités territoriales
    • B. Supprimer les communes
    • C. Confier toutes les décisions à l'Union européenne
    • D. Renforcer le pouvoir des préfets uniquement
    Réponse

    A. Transférer des compétences de l'État vers les collectivités territoriales — Les lois Defferre (1982) ont transféré des compétences de l'État vers les régions, départements et communes.

  9. Une taxe carbone est un instrument :

    • A. Informationnel
    • B. Économique et fiscal
    • C. Réglementaire
    • D. Conventionnel
    Réponse

    B. Économique et fiscal — La taxe carbone agit sur les comportements en modifiant les prix : c'est un instrument économique et fiscal.

  10. Un problème public est :

    • A. Un problème qui existe naturellement et s'impose de lui-même
    • B. Une situation socialement construite comme inacceptable et relevant de l'action publique
    • C. Un problème uniquement économique
    • D. Un débat réservé aux experts
    Réponse

    B. Une situation socialement construite comme inacceptable et relevant de l'action publique — Un problème public est socialement construit : il faut qu'il soit défini et défendu comme relevant de l'intervention publique.

  11. L'évaluation d'une politique publique vise à :

    • A. Choisir les candidats aux élections
    • B. Mesurer les effets de la politique au regard de ses objectifs
    • C. Rédiger la loi
    • D. Sélectionner les fonctionnaires
    Réponse

    B. Mesurer les effets de la politique au regard de ses objectifs — L'évaluation mesure l'efficacité (objectifs atteints ?) et l'efficience (à quel coût ?) d'une politique.

  12. Le Nutri-Score est un exemple d'instrument :

    • A. Réglementaire
    • B. Informationnel
    • C. Marché de quotas
    • D. Fiscal
    Réponse

    B. Informationnel — Le Nutri-Score informe le consommateur pour orienter ses choix : c'est un instrument informationnel.

Niveau moyen — 12 questions
  1. Le modèle séquentiel du cycle des politiques publiques a notamment été formalisé par :

    • A. Max Weber
    • B. Charles Jones
    • C. Pierre Bourdieu
    • D. John Maynard Keynes
    Réponse

    B. Charles Jones — Charles Jones a proposé le découpage en étapes (agenda, formulation, décision, mise en œuvre, évaluation).

  2. La notion de « fenêtre d'opportunité » dans la mise sur agenda est associée à :

    • A. John Kingdon
    • B. Émile Durkheim
    • C. Michael Lipsky
    • D. Giovanni Sartori
    Réponse

    A. John Kingdon — John Kingdon analyse les fenêtres d'opportunité : des moments où problème, solution et contexte politique se rencontrent.

  3. Selon Lascoumes et Le Galès, un instrument d'action publique :

    • A. Est un outil purement technique et neutre
    • B. Traduit une conception du problème et organise des rapports particuliers entre l'État et ses destinataires
    • C. Ne produit jamais d'effet sur les comportements
    • D. Est toujours réglementaire
    Réponse

    B. Traduit une conception du problème et organise des rapports particuliers entre l'État et ses destinataires — Pour Lascoumes et Le Galès, le choix d'un instrument n'est jamais neutre : il porte des représentations et produit des effets propres.

  4. La différence principale entre une taxe carbone et un marché de quotas est que :

    • A. La taxe est gratuite, le quota est payant
    • B. La taxe fixe un prix, le marché de quotas fixe une quantité
    • C. La taxe concerne les ménages, le quota les États
    • D. Le marché de quotas est réglementaire, la taxe informationnelle
    Réponse

    B. La taxe fixe un prix, le marché de quotas fixe une quantité — La taxe fixe le prix du carbone (la quantité réduite est incertaine), le marché de quotas fixe la quantité (le prix se forme sur le marché).

  5. On parle d'« effet d'aubaine » lorsque :

    • A. Une politique aggrave le problème qu'elle visait
    • B. Un bénéficiaire profite d'une mesure sans modifier son comportement
    • C. Une politique est annulée avant son application
    • D. Une politique coûte moins cher que prévu
    Réponse

    B. Un bénéficiaire profite d'une mesure sans modifier son comportement — L'effet d'aubaine désigne un bénéfice tiré d'une aide sans changement de comportement, ce qui réduit l'efficience de la mesure.

  6. Le concept d'« entrepreneur de morale » (ou de cause), forgé par Howard Becker, désigne :

    • A. Un chef d'entreprise philanthrope
    • B. Un acteur qui se mobilise pour faire reconnaître publiquement un problème
    • C. Un haut fonctionnaire
    • D. Un parti politique
    Réponse

    B. Un acteur qui se mobilise pour faire reconnaître publiquement un problème — L'entrepreneur de morale/de cause se mobilise pour qu'une situation soit reconnue comme un problème public à traiter.

  7. La « gouvernance multi-niveaux » insiste sur :

    • A. Le rôle exclusif de l'État central
    • B. L'imbrication des échelons (local, national, européen) et l'association d'acteurs privés
    • C. La suppression des collectivités locales
    • D. La primauté du marché sur l'action publique
    Réponse

    B. L'imbrication des échelons (local, national, européen) et l'association d'acteurs privés — La gouvernance multi-niveaux décrit l'enchevêtrement des niveaux de décision et l'implication d'acteurs publics et privés.

  8. Pourquoi le cycle des politiques publiques doit-il être considéré comme un idéal-type ?

    • A. Parce qu'il décrit fidèlement chaque politique
    • B. Parce que c'est un modèle simplificateur utile, mais la réalité n'est pas linéaire
    • C. Parce qu'il ne sert à rien
    • D. Parce qu'il s'applique seulement aux politiques économiques
    Réponse

    B. Parce que c'est un modèle simplificateur utile, mais la réalité n'est pas linéaire — Le cycle ordonne l'analyse mais la réalité comporte des chevauchements et allers-retours : c'est un idéal-type, pas une description.

  9. Le « non-recours » désigne le fait que :

    • A. Une politique est appliquée avec trop de zèle
    • B. Des ayants droit ne demandent pas une prestation à laquelle ils ont droit
    • C. L'État refuse de financer une mesure
    • D. Les agents publics refusent d'appliquer la loi
    Réponse

    B. Des ayants droit ne demandent pas une prestation à laquelle ils ont droit — Le non-recours réduit la portée réelle d'une politique sociale : des bénéficiaires potentiels ne réclament pas leurs droits.

  10. L'européanisation de l'action publique signifie que :

    • A. Toutes les décisions sont prises par les communes
    • B. De nombreuses politiques sont largement définies au niveau de l'Union européenne
    • C. La France a quitté l'Union européenne
    • D. Les politiques publiques ne concernent plus l'État
    Réponse

    B. De nombreuses politiques sont largement définies au niveau de l'Union européenne — Des domaines comme la concurrence, l'agriculture ou l'environnement sont fortement encadrés par les normes européennes.

  11. L'efficience d'une politique publique se distingue de l'efficacité car elle :

    • A. Mesure seulement si les objectifs sont atteints
    • B. Rapporte les résultats obtenus aux moyens engagés (coût/résultat)
    • C. Ne tient pas compte des coûts
    • D. Concerne uniquement la mise sur agenda
    Réponse

    B. Rapporte les résultats obtenus aux moyens engagés (coût/résultat) — L'efficacité = atteinte des objectifs ; l'efficience = rapport entre résultats et moyens engagés.

  12. Le mouvement des Gilets jaunes (2018) en réaction à la taxe carbone illustre :

    • A. L'effet d'aubaine
    • B. La question de l'acceptabilité sociale d'un instrument d'action publique
    • C. La centralisation administrative
    • D. Le succès de la mise en œuvre
    Réponse

    B. La question de l'acceptabilité sociale d'un instrument d'action publique — La hausse de la taxe carbone, perçue comme injuste, a été gelée : l'acceptabilité sociale conditionne le succès d'une politique.

Niveau difficile — 12 questions
  1. Pourquoi peut-on affirmer que la mise en œuvre d'une politique est un moment politique à part entière ?

    • A. Parce qu'elle est purement technique
    • B. Parce que les agents de terrain disposent d'une marge d'interprétation qui façonne la politique réelle
    • C. Parce qu'elle ne dépend que de la loi votée
    • D. Parce qu'elle est décidée par référendum
    Réponse

    B. Parce que les agents de terrain disposent d'une marge d'interprétation qui façonne la politique réelle — La mise en œuvre par les street-level bureaucrats, les moyens et les résistances créent un écart entre la politique décidée et appliquée.

  2. Un même instrument (la taxe carbone) peut être à la fois efficace écologiquement et contesté socialement car :

    • A. Il ne réduit pas les émissions
    • B. Il pèse proportionnellement plus sur les ménages modestes et ruraux (effet régressif)
    • C. Il est interdit par l'Union européenne
    • D. Il ne concerne que les entreprises
    Réponse

    B. Il pèse proportionnellement plus sur les ménages modestes et ruraux (effet régressif) — La taxe carbone incite à réduire les émissions mais a un effet régressif, d'où une tension entre efficacité environnementale et justice sociale.

  3. L'évaluation des politiques publiques se heurte à un problème de causalité car :

    • A. Les politiques n'ont jamais d'effet
    • B. Il est difficile d'isoler l'effet propre de la politique parmi les autres facteurs
    • C. Les données sont toujours fausses
    • D. Les objectifs ne sont jamais définis
    Réponse

    B. Il est difficile d'isoler l'effet propre de la politique parmi les autres facteurs — Pour isoler l'effet d'une politique, on recourt à des méthodes (expérimentations, groupes témoins) comparant les situations avec et sans la mesure.

  4. La distinction entre « policy » et « politics » dans l'analyse des politiques publiques renvoie à :

    • A. Deux partis politiques opposés
    • B. La distinction entre le contenu de l'action publique (policy) et la compétition pour le pouvoir (politics)
    • C. Deux niveaux de gouvernement
    • D. Deux types d'élections
    Réponse

    B. La distinction entre le contenu de l'action publique (policy) et la compétition pour le pouvoir (politics) — « Policy » désigne le contenu des politiques publiques (les programmes d'action), « politics » la lutte pour la conquête du pouvoir.

  5. Pourquoi la gravité « objective » d'un problème ne suffit-elle pas à le faire inscrire à l'agenda politique ?

    • A. Parce que les pouvoirs publics traitent automatiquement tous les problèmes graves
    • B. Parce qu'un problème doit être construit, rendu visible et défendu par des acteurs pour accéder à l'agenda
    • C. Parce que seuls les experts décident de l'agenda
    • D. Parce que l'agenda est fixé par référendum
    Réponse

    B. Parce qu'un problème doit être construit, rendu visible et défendu par des acteurs pour accéder à l'agenda — La mise sur agenda résulte d'un travail social de mobilisation : sans acteurs pour publiciser le problème, il reste hors agenda.

  6. Le choix entre instrument réglementaire et instrument économique pour réduire la pollution révèle surtout :

    • A. Qu'aucun n'a d'effet
    • B. Des conceptions différentes du problème et une répartition différente des coûts et des libertés
    • C. Que le réglementaire est toujours préférable
    • D. Que l'économique est sans coût
    Réponse

    B. Des conceptions différentes du problème et une répartition différente des coûts et des libertés — Réglementer impose la contrainte uniforme ; taxer responsabilise par les prix : chaque instrument répartit différemment coûts et marges de liberté.

  7. La privatisation de la mise en œuvre (délégation à des acteurs privés/associatifs) pose surtout la question :

    • A. De la suppression de l'action publique
    • B. Du contrôle, de l'égalité de traitement et de la coordination des acteurs
    • C. De l'absence d'instruments
    • D. De la fin de l'évaluation
    Réponse

    B. Du contrôle, de l'égalité de traitement et de la coordination des acteurs — Confier la mise en œuvre à des acteurs privés multiplie les intermédiaires et pose des enjeux de contrôle, d'égalité et de coordination.

  8. Un « effet pervers » d'une politique publique désigne :

    • A. Un effet conforme aux objectifs
    • B. Une conséquence imprévue, parfois contraire au but recherché
    • C. Une économie budgétaire
    • D. Une réussite totale
    Réponse

    B. Une conséquence imprévue, parfois contraire au but recherché — L'effet pervers est une conséquence non désirée qui peut aggraver le problème ou en créer un nouveau.

  9. Pourquoi la coexistence de plusieurs niveaux de décision (local, national, européen) peut-elle compliquer la mise en œuvre ?

    • A. Parce qu'elle supprime les administrations
    • B. Parce qu'elle exige une coordination difficile entre acteurs aux logiques différentes
    • C. Parce qu'elle interdit toute politique publique
    • D. Parce qu'elle rend l'évaluation inutile
    Réponse

    B. Parce qu'elle exige une coordination difficile entre acteurs aux logiques différentes — La gouvernance multi-niveaux multiplie les acteurs et les logiques, ce qui rend la coordination et la cohérence plus difficiles.

  10. Les expérimentations contrôlées (randomized controlled trials) en évaluation des politiques publiques servent à :

    • A. Choisir les ministres
    • B. Comparer un groupe bénéficiaire et un groupe témoin pour isoler l'effet propre de la mesure
    • C. Voter les lois
    • D. Fixer le prix du carbone
    Réponse

    B. Comparer un groupe bénéficiaire et un groupe témoin pour isoler l'effet propre de la mesure — En comparant un groupe traité et un groupe témoin, on mesure l'effet causal réel d'une politique, en neutralisant les autres facteurs.

  11. L'acceptabilité sociale d'une politique publique dépend principalement :

    • A. Uniquement de son coût budgétaire
    • B. De la façon dont ses coûts sont répartis et perçus par les citoyens
    • C. De la durée de sa mise en œuvre
    • D. Du nombre d'acteurs impliqués
    Réponse

    B. De la façon dont ses coûts sont répartis et perçus par les citoyens — Une politique techniquement pertinente peut échouer si ses coûts sont perçus comme injustes : l'acceptabilité conditionne sa réussite.

  12. Le rôle des lobbies et groupes d'intérêt dans l'élaboration des politiques publiques pose surtout la question :

    • A. De la disparition de l'État
    • B. De l'influence inégale des intérêts organisés sur la décision publique
    • C. De l'absence d'experts
    • D. De la fin des élections
    Réponse

    B. De l'influence inégale des intérêts organisés sur la décision publique — Les groupes d'intérêt apportent expertise et arguments, mais leur influence inégale interroge l'égalité d'accès à la décision publique.

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