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Spécialité SES Terminale

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Quelle action publique pour l'environnement ?

Mise à l'agenda, acteurs, négociations climatiques, réglementation, taxation, marchés de quotas, subventions (spécialité SES de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en terminale sur « Quelle action publique pour l'environnement ? » suit le programme officiel de spécialité SES de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Comment une question environnementale devient un problème public, Une diversité d'acteurs, entre coopération et conflit, Une action publique qui articule plusieurs échelles, Externalités négatives et bien commun : pourquoi l'État intervient. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité SES.

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Tombés au bac sur cette question

Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.

  • 2023 · Métropole — Dans quelle mesure les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour faire face aux externalités négatives sur l'environnement sont-ils efficaces ? voir le sujet complet →
  • 2025 · Polynésie française — En quoi les questions environnementales impliquent-elles une diversité d'acteurs à différentes échelles ? voir le sujet complet →
  • 2026 · Amérique du Nord — L'action des pouvoirs publics pour lutter contre le changement climatique est- elle efficace ? voir le sujet complet →
  • 2025 · Asie — Quels sont les effets et limites des principaux instruments dont disposent les pouvoirs publics face aux externalités négatives sur l'environnement ? voir le sujet complet →
  • 2023 · Amérique du Nord — Les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour préserver l'environnement sont-ils efficaces ? voir le sujet complet →

Sujet 1 — Dans quelle mesure les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour faire face aux externalités négatives sur l'environnement sont-ils efficaces ?

Analyse des termes — Les instruments sont les quatre du programme (réglementation, taxation, marchés de quotas, subventions à l'innovation verte) ; l'efficacité s'entend au sens environnemental (atteindre l'objectif), économique (au moindre coût) et pratique (être appliqué). « Dans quelle mesure » impose de juger le degré d'efficacité et ses conditions, en s'appuyant sur le changement climatique.

Problématique — Les instruments de politique environnementale parviennent-ils à réduire réellement les dommages causés par les externalités négatives, et à quelles conditions leur efficacité peut-elle être renforcée ?

Introduction rédigée

En septembre 2015, Volkswagen reconnaissait avoir équipé environ 11 millions de véhicules d'un logiciel capable de tromper les tests d'émissions : la norme existait, elle était contournée. Trois ans plus tard, la hausse de la taxe carbone française était gelée sous la pression des « gilets jaunes ». Ces deux épisodes posent la question de l'efficacité des outils de la politique environnementale. Une externalité négative désigne l'effet dommageable qu'une activité exerce sur des tiers sans compensation par le marché : l'émission de gaz à effet de serre en est l'exemple type, puisque le réchauffement est supporté par tous, et non par l'émetteur seul. Pour y faire face, les pouvoirs publics disposent de quatre instruments : la réglementation, la taxation, les marchés de quotas d'émission et les subventions à l'innovation verte. Un instrument est efficace s'il atteint l'objectif environnemental fixé, au moindre coût, et s'il est effectivement appliqué. Dès lors, les instruments de politique environnementale parviennent-ils à réduire réellement les dommages causés par les externalités négatives, et à quelles conditions leur efficacité peut-elle être renforcée ? Nous verrons d'abord qu'ils corrigent chacun à leur manière l'externalité et ont obtenu des résultats (I), puis que leur efficacité est limitée par leurs défauts propres et par des dysfonctionnements de l'action publique (II), avant de montrer qu'elle dépend de leur combinaison et de l'échelle à laquelle ils sont mis en œuvre (III).

I. Des instruments qui corrigent les externalités et ont obtenu des résultats

  • La réglementation garantit un résultat quand un seuil doit être respecté.Protocole de Montréal (1987) : interdiction des CFC, environ 99 % des substances qui détruisent l'ozone éliminées.
  • La taxation internalise l'externalité et envoie un signal-prix permanent (Pigou, 1920).Suède : taxe carbone depuis 1991, à plus de 100 € la tonne au début des années 2020 ; France : composante carbone de 7 € (2014) à 44,6 € (2018).
  • Le marché de quotas garantit la quantité d'émissions au moindre coût (Coase, 1960 ; Dales, 1968).SEQE-UE (2005) : émissions des installations couvertes environ 47 % sous leur niveau de 2005 en 2023 (Commission européenne, 2024).

II. Une efficacité limitée par les défauts des instruments et les dysfonctionnements de l'action publique

  • La norme est coûteuse, rigide, et suppose un contrôle qui peut être déjoué.Scandale Volkswagen (septembre 2015) : environ 11 millions de véhicules équipés d'un logiciel truquant les tests.
  • La taxe se heurte à l'acceptabilité à cause de son caractère régressif.Gel de la composante carbone à 44,6 € après les « gilets jaunes » (novembre-décembre 2018), au lieu des 55 € prévus en 2019.
  • Information imparfaite et lobbying affaiblissent le marché de quotas ; les fuites de carbone menacent taxe et quotas.Surallocation de quotas gratuits : prix inférieur à 5 € la tonne en 2013 ; fraude à la TVA sur les quotas (2008-2009), environ 5 milliards d'euros selon Europol.

III. Une efficacité qui dépend de la combinaison des instruments et de l'échelle d'action

  • Combiner signal-prix et subventions pour réorienter l'innovation.Acemoglu, Aghion, Bursztyn et Hémous (2012) ; Inflation Reduction Act américain (2022, environ 370 milliards de dollars sur dix ans selon les estimations de 2022).
  • Corriger les défauts par des réformes et un accompagnement social.Réserve de stabilité du marché (2019) : quota au-dessus de 80 € en 2022-2023 ; chèque énergie généralisé en 2018.
  • Agir à la bonne échelle pour éviter fuites de carbone et passager clandestin.Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (règlement de 2023, phase transitoire depuis octobre 2023) ; accord de Paris (2015).
Conclusion rédigée

Les instruments dont disposent les pouvoirs publics sont efficaces dans leur principe : la norme garantit un seuil, la taxe et les quotas font payer l'externalité et réduisent les émissions au moindre coût, comme le montrent le protocole de Montréal ou la baisse des émissions couvertes par le marché européen. Mais leur efficacité réelle est partielle : chaque instrument a ses limites (coût de la norme, régressivité de la taxe, volatilité du prix du quota), et leur mise en œuvre se heurte à des dysfonctionnements de l'action publique, de l'information imparfaite au lobbying. Elle n'est donc pas donnée une fois pour toutes : elle se construit par la combinaison des instruments, par l'accompagnement social des plus exposés et par l'action à l'échelle pertinente. Reste que ces instruments nationaux et européens ne suffiront pas si le climat, bien commun mondial, reste soumis aux stratégies de passager clandestin : l'efficacité de l'action publique pour l'environnement se joue aussi dans les négociations internationales.

Le piège — Faire un plan « un instrument par partie » ou « avantages / inconvénients » : le sujet porte sur le degré d'efficacité, il faut un raisonnement (ce qui marche, ce qui l'entrave, à quelles conditions) et oublier ni les subventions ni les dysfonctionnements de l'action publique.

Sujet 2 — En quoi les questions environnementales impliquent-elles une diversité d'acteurs à différentes échelles ?

Analyse des termes — Les questions environnementales (climat, biodiversité, pollution) sont des problèmes publics construits ; les acteurs sont les pouvoirs publics, les ONG, les entreprises, les experts, les partis et les mouvements citoyens ; les échelles vont du local au mondial. « En quoi » demande d'expliquer pourquoi et comment cette diversité est nécessaire, pas de la décrire.

Problématique — Pourquoi la construction et le traitement des questions environnementales mobilisent-ils des acteurs multiples, qui coopèrent et s'affrontent, à des échelles qui doivent s'articuler ?

Introduction rédigée

Le 3 février 2021, le tribunal administratif de Paris reconnaît une « carence fautive » de l'État dans la lutte contre le changement climatique. L'affaire avait été lancée fin 2018 par quatre ONG, soutenue par plus de deux millions de citoyens, appuyée sur les rapports du GIEC et sur les engagements pris par la France dans le cadre européen et de l'accord de Paris. Une seule décision de justice mobilise ainsi des acteurs très divers et plusieurs échelles. Les questions environnementales désignent les atteintes au climat, à la biodiversité ou à la qualité de l'air et de l'eau, lorsqu'elles deviennent des problèmes publics, c'est-à-dire des situations dont on attend qu'elles soient traitées par les pouvoirs publics. Les acteurs en sont les pouvoirs publics, les experts, les ONG, les entreprises, les partis et les mouvements citoyens ; les échelles vont de la commune au monde. Pourquoi la construction et le traitement des questions environnementales mobilisent-ils des acteurs multiples, qui coopèrent et s'affrontent, à des échelles qui doivent s'articuler ? Nous montrerons d'abord que des acteurs multiples construisent ces questions comme problèmes publics (I), puis que leurs intérêts divergents les conduisent au conflit comme à la coopération (II), enfin que leur traitement exige d'articuler plusieurs échelles d'action publique (III).

I. Des acteurs multiples construisent les questions environnementales comme problèmes publics

  • Les experts objectivent le problème et lui donnent une légitimité.GIEC créé en 1988 ; réchauffement d'environ 1,1 °C sur 2011-2020 par rapport à 1850-1900 (6e rapport, 2021-2023).
  • ONG et mouvements citoyens mettent le problème à l'agenda (Kingdon, 1984).« Affaire du siècle » : plus de deux millions de signatures (fin 2018), jugement du tribunal administratif de Paris du 3 février 2021.
  • Partis et entreprises portent ou freinent la mise à l'agenda.Candidature de René Dumont (1974, 1,32 %) ; Global Climate Coalition (fondée en 1989) contestant l'origine humaine du réchauffement.

II. Des acteurs aux intérêts divergents, entre conflit et coopération

  • Des conflits d'intérêts entre objectif climatique et pouvoir d'achat ou activité économique.« Gilets jaunes » à partir du 17 novembre 2018 : gel de la composante carbone à 44,6 € par tonne.
  • Des coopérations pour élaborer les politiques.Convention citoyenne pour le climat (2019-2020) : 150 citoyens, 149 propositions, loi Climat et résilience du 22 août 2021.
  • Le juge devient une arène où les acteurs s'affrontent et font appliquer les engagements.Urgenda (Pays-Bas, 20 décembre 2019) ; Grande-Synthe (Conseil d'État, 1er juillet 2021).

III. Une action publique qui articule plusieurs échelles

  • L'échelle mondiale est indispensable car le climat est un bien commun mondial.CCNUCC (1992) ; accord de Paris (2015) et ses contributions nationales révisées tous les cinq ans.
  • L'échelle européenne crée des instruments communs.SEQE-UE depuis 2005 ; loi européenne sur le climat (2021) : −55 % d'émissions nettes en 2030 par rapport à 1990.
  • Les échelles nationale et locale mettent en œuvre, mais peuvent se contrarier.Loi énergie-climat (8 novembre 2019) ; PCAET obligatoires depuis 2015 pour les intercommunalités de plus de 20 000 habitants ; risque de fuites de carbone.
Conclusion rédigée

Les questions environnementales impliquent une diversité d'acteurs parce qu'elles ne s'imposent pas d'elles-mêmes : experts, ONG, mouvements citoyens, partis et entreprises contribuent, ou s'opposent, à leur construction comme problèmes publics. Ces acteurs aux intérêts divergents s'affrontent et coopèrent, dans la rue, dans des assemblées citoyennes ou devant le juge. Enfin, parce que le climat est un bien commun mondial dont les leviers sont locaux, l'action publique doit articuler les échelles mondiale, européenne, nationale et locale, qui s'emboîtent mais peuvent aussi se contrarier. Cette diversité est une richesse mais aussi une source de lenteur : la multiplication des acteurs et des échelles rend plus difficile l'attribution des responsabilités. On peut alors se demander si la judiciarisation croissante du climat, qui charge le juge de faire respecter les engagements, ne révèle pas les limites de la coopération entre États.

Le piège — Dresser un catalogue d'acteurs puis un catalogue d'échelles : le sujet demande de montrer les relations entre acteurs (conflit, coopération) et l'articulation entre échelles (emboîtement, contrôle, contradiction).

Épreuve composée — traitée en entier

Partie 1 — Mobilisation des connaissances (4 points)

À l'aide d'un exemple, vous montrerez que les stratégies de passager clandestin compliquent la préservation d'un bien commun comme le climat.

Corrigé rédigé

Un bien commun est rival et non excluable : la capacité de l'atmosphère à absorber les gaz à effet de serre en est un, car chacun peut y rejeter librement ses émissions, et ce que l'un rejette réduit la marge disponible pour les autres. Réduire ses émissions a un coût pour celui qui agit, alors que le bénéfice (un réchauffement moindre) profite à tous, qu'ils aient contribué ou non. Chaque acteur a donc intérêt à laisser les autres faire l'effort : c'est la stratégie du passager clandestin analysée par Mancur Olson (1965). Individuellement rationnelle, elle conduit collectivement à un effort insuffisant. Le protocole de Kyoto (1997) l'illustre : il n'imposait d'objectifs qu'aux pays industrialisés, et les États-Unis ne l'ont jamais ratifié, le Sénat ayant voté à 95 voix contre 0, en juillet 1997, une résolution refusant tout traité qui n'engagerait pas les pays en développement. Le Canada s'en est retiré en décembre 2011. Faute d'autorité mondiale capable de sanctionner, l'accord de Paris (2015) a préféré des contributions fixées par chaque pays, universelles mais non contraignantes.

Partie 2 — Étude d’un document (6 points)

Conseil européen, conclusions d'octobre 2014 ; règlement (UE) 2021/1119 (loi européenne sur le climat) ; directives 2018/410 et (UE) 2023/959 ; Commission européenne, rapport sur les progrès de l'action pour le climat, 2024 (niveaux atteints arrondis).

Émissions de gaz à effet de serreObjectif pour 2030 fixé en 2014-2018Objectif pour 2030 relevé en 2021-2023Niveau atteint en 2023
Émissions nettes totales de l'UE (par rapport à 1990)−40 %−55 %environ −37 %
Émissions des installations couvertes par le SEQE-UE (par rapport à 2005)−43 %−62 %environ −47 %

1. À l'aide des données, vous comparerez le niveau atteint en 2023 par les secteurs couverts par le SEQE-UE avec les deux objectifs successifs fixés pour 2030.

2. À l'aide des données, vous montrerez que l'Union européenne a renforcé son ambition climatique mais que l'effort restant à accomplir est considérable.

Corrigé rédigé

1. D'après la Commission européenne, en 2023, les émissions des installations couvertes par le marché européen de quotas étaient inférieures d'environ 47 % à leur niveau de 2005. Elles ont donc déjà dépassé l'objectif initial de −43 % fixé pour 2030 (de 4 points environ), mais restent loin du nouvel objectif de −62 % adopté en 2023 : il manque encore 15 points de pourcentage.

2. L'ambition a été relevée : l'objectif global passe de −40 % à −55 % par rapport à 1990, et celui des secteurs couverts par le SEQE-UE de −43 % à −62 % par rapport à 2005. L'effort restant reste considérable. En base 100 en 1990, les émissions nettes totales sont à 63 en 2023 et doivent descendre à 45 en 2030 : (45 − 63) / 63 × 100 ≈ −28,6 %, soit une baisse de près de 29 % en sept ans. Cela correspond à environ −4,7 % par an, alors que de 1990 à 2023 la baisse n'a été que d'environ 1,4 % par an en moyenne (car 0,63 sur 33 ans). Pour le SEQE-UE, en base 100 en 2005, il faut passer de 53 à 38, soit (38 − 53) / 53 × 100 ≈ −28,3 %. L'Union doit donc environ tripler son rythme annuel de réduction.

Partie 3 — Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire (10 points)

À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l'action publique pour l'environnement articule différentes échelles.

Accord de Paris, articles 2 et 4, 12 décembre 2015

Article 2 : le présent accord vise notamment à contenir « l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et à poursuivre l'action menée pour la limiter à 1,5 °C.

Article 4, paragraphe 2 : « Chaque Partie établit, communique et actualise les contributions déterminées au niveau national successives qu'elle prévoit de réaliser. Les Parties prennent des mesures internes pour l'atténuation en vue de réaliser les objectifs desdites contributions. »

Code de l'énergie, article L100-4, dans sa rédaction issue de la loi n° 2019-1147 du 8 novembre 2019 relative à l'énergie et au climat ; loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte

La politique énergétique nationale a pour objectif d'« atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 en divisant les émissions de gaz à effet de serre par un facteur supérieur à six entre 1990 et 2050 ».

Depuis la loi de 2015, la stratégie nationale bas-carbone fixe des budgets carbone par période de cinq ans, et chaque intercommunalité de plus de 20 000 habitants doit adopter un plan climat-air-énergie territorial (PCAET) : mobilités, rénovation des logements, production d'énergie renouvelable.

Tribunal administratif de Paris, jugements du 3 février 2021 et du 14 octobre 2021 dits « Affaire du siècle » (présentation)

Saisi par quatre associations, le tribunal reconnaît le 3 février 2021 que l'État a commis une « carence fautive » en dépassant le premier budget carbone qu'il s'était fixé (2015-2018), et que ce manquement a contribué à un préjudice écologique. Le 14 octobre 2021, il ordonne à l'État de réparer ce dépassement, évalué à 15 millions de tonnes d'équivalent CO2, au plus tard le 31 décembre 2022.

Corrigé rédigé

Le climat est un bien commun mondial : une tonne de gaz à effet de serre a le même effet où qu'elle soit émise. Mais les décisions qui réduisent les émissions (transports, logement, énergie) relèvent souvent des États et des collectivités. L'action publique pour l'environnement doit donc articuler plusieurs échelles, qui s'emboîtent et se contrôlent mutuellement.

L'échelle mondiale fixe le cadre et l'objectif commun. Comme aucun État ne peut préserver seul un bien commun mondial, la convention-cadre des Nations unies (1992) organise des négociations annuelles. L'accord de Paris (document 1) fixe un objectif de température, contenir le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C », mais laisse à chaque pays le soin de définir sa contribution et ses « mesures internes ». L'échelle mondiale ne fait donc que fixer le cap : elle renvoie la mise en œuvre aux échelons inférieurs, ce qui a permis d'inclure tous les pays en 2015 alors que Kyoto (1997) n'engageait que les pays industrialisés.

Les échelles européenne et nationale traduisent l'objectif en règles et en instruments. L'Union européenne présente une contribution commune pour ses membres et s'est dotée d'une loi sur le climat (2021) visant −55 % d'émissions nettes en 2030 par rapport à 1990, ainsi que d'un marché de quotas (depuis 2005). La France fixe à son tour, dans la loi du 8 novembre 2019 (document 2), l'objectif de neutralité carbone en 2050, avec une division des émissions « par un facteur supérieur à six » ; la stratégie nationale bas-carbone la découpe en budgets carbone de cinq ans. L'objectif mondial devient ainsi une contrainte juridique nationale.

L'échelle locale met en œuvre, et le juge veille à la cohérence de l'ensemble. Les intercommunalités de plus de 20 000 habitants adoptent un PCAET (document 2) qui porte sur les leviers concrets : transports, rénovation, énergies renouvelables. Les échelles se contrôlent aussi : saisi par des ONG, le tribunal administratif de Paris juge le 3 février 2021 que l'État a dépassé son premier budget carbone (document 3), puis lui ordonne de réparer ce dépassement de 15 millions de tonnes avant fin 2022. Des acteurs de la société civile s'appuient ainsi sur les engagements pris à l'échelle internationale et nationale pour obliger l'État à les tenir.

L'action publique pour l'environnement est donc une gouvernance multiniveau : le cadre mondial fixe l'objectif, l'Union européenne et l'État le traduisent en règles, les collectivités le mettent en œuvre, et le juge vérifie la cohérence entre promesses et résultats.

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