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Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ?

Bulles, paniques bancaires, faillites, crise de 1929 et de 2008, régulation et supervision bancaire (spécialité SES de Tle)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ? » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Deux crises de référence : 1929 et 2008, La formation et l'éclatement d'une bulle spéculative, Pourquoi le système bancaire est fragile, La propagation : paniques bancaires et faillites en chaîne. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Bulle spéculative

Hausse cumulative et durable du prix d'un actif au-delà de sa valeur fondamentale, entretenue par l'anticipation de nouvelles hausses, et qui finit par éclater.

À ne pas confondre

  • Inflation — L'inflation est la hausse générale des prix des biens et services ; la bulle porte sur le prix d'actifs (actions, logements).

Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient de la « bulle des mers du Sud » (Londres, 1720) ; Kindleberger (1978) en fait une grille d'analyse des crises.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour expliquer 1929 et 2008. Faute à éviter : parler de bulle sans dire par rapport à quoi le prix est excessif.

Valeur fondamentale

Valeur d'un actif égale à la somme actualisée des revenus futurs qu'il rapportera (dividendes pour une action, loyers pour un logement).

À ne pas confondre

  • Prix de marché — Le prix résulte de l'offre et de la demande ; il peut s'écarter durablement de la valeur fondamentale.

Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale de la théorie financière du XXe siècle ; la théorie des marchés efficients (Fama, 1970) suppose que le prix la reflète.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à définir une bulle. Faute : croire qu'elle est observable directement ; elle dépend d'anticipations.

Comportement mimétique

Comportement d'un agent qui imite les décisions des autres, parce qu'il les suppose mieux informés ou parce que s'écarter de la foule est risqué.

À ne pas confondre

  • Comportement irrationnel — Le mimétisme peut être rationnel pour l'individu ; c'est son effet agrégé qui déstabilise le marché.

Selon l'époque et le point de vue — Keynes (1936) et le « concours de beauté » ; André Orléan le théorise (Le Pouvoir de la finance, 1999).

Ce que le mot permet d'écrire — Explique la formation puis l'éclatement des bulles. Faute : en faire une simple « folie des foules ».

Prophétie autoréalisatrice

Croyance qui, parce que les agents agissent en fonction d'elle, provoque sa propre réalisation.

À ne pas confondre

  • Anticipation rationnelle — Une anticipation rationnelle prévoit correctement un résultat indépendant d'elle ; la prophétie autoréalisatrice crée le résultat qu'elle annonce.

Selon l'époque et le point de vue — Concept forgé par le sociologue Robert K. Merton (1948), illustré par une panique bancaire.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour les bulles (anticipation de hausse) et les paniques bancaires (anticipation de faillite). Faute : la confondre avec une prévision juste.

Krach boursier

Effondrement brutal et généralisé des cours sur un marché financier, en quelques jours.

À ne pas confondre

  • Crise financière — Le krach est un épisode boursier ; la crise financière inclut aussi les faillites bancaires et la paralysie du crédit.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot allemand Krach désigne d'abord le krach de Vienne (mai 1873) ; il s'impose avec octobre 1929.

Ce que le mot permet d'écrire — Marque l'éclatement de la bulle. Faute : dater la Grande Dépression du seul krach de 1929.

Panique bancaire

Retraits massifs et simultanés des dépôts d'une ou plusieurs banques, provoqués par la crainte qu'elles ne puissent plus rembourser.

À ne pas confondre

  • Faillite bancaire — La panique est un comportement des déposants ; la faillite est l'incapacité juridique de la banque à honorer ses engagements, dont la panique peut être la cause.

Selon l'époque et le point de vue — Fréquente au XIXe siècle et de 1930 à 1933 ; modélisée par Diamond et Dybvig (1983) ; Northern Rock (2007) et SVB (2023) en sont des exemples récents.

Ce que le mot permet d'écrire — Premier mécanisme de propagation. Faute : oublier qu'une banque solvable peut en être victime.

Risque systémique

Risque que la défaillance d'un acteur financier entraîne, par contagion, celle d'une grande partie du système (faillites en chaîne).

À ne pas confondre

  • Risque individuel — Le risque individuel ne concerne qu'une banque ; le systémique naît des liens entre banques (prêts interbancaires, titres communs, ventes forcées).

Selon l'époque et le point de vue — Notion diffusée après la faillite de Herstatt (1974) et surtout après Lehman Brothers (2008).

Ce que le mot permet d'écrire — Justifie la régulation et les sauvetages. Faute : décrire les faillites sans expliquer le canal de contagion.

Solvabilité

Capacité d'un agent à rembourser l'ensemble de ses dettes : la valeur de ses actifs dépasse celle de ses dettes (fonds propres positifs).

À ne pas confondre

  • Liquidité — La liquidité est la capacité à payer immédiatement ; une banque solvable peut être illiquide face à une panique.

Selon l'époque et le point de vue — Distinction centrale chez Bagehot (1873) : le prêteur en dernier ressort secourt les banques solvables mais illiquides.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tous les sujets de régulation. Faute : employer les deux mots comme synonymes.

Effet de levier

Utilisation de l'endettement pour accroître la rentabilité des fonds propres ; il multiplie les gains, mais aussi les pertes.

À ne pas confondre

  • Ratio de levier — Le ratio de levier (Bâle III) est la règle qui limite l'effet de levier : fonds propres de base d'au moins 3 % de l'exposition totale.

Selon l'époque et le point de vue — Achats d'actions « sur marge » en 1929 ; levier de l'ordre de 30 chez Lehman Brothers en 2007.

Ce que le mot permet d'écrire — Explique la fragilité des banques et l'ampleur des pertes. Faute : ne pas dire que le levier joue dans les deux sens.

Effet de richesse négatif

Baisse de la consommation provoquée par la baisse de la valeur du patrimoine des ménages (actions, logements).

À ne pas confondre

  • Baisse du revenu — L'effet de richesse porte sur le patrimoine (stock), pas sur le revenu (flux).

Selon l'époque et le point de vue — Mis en avant dans l'analyse de la consommation après la Seconde Guerre mondiale (théories du cycle de vie de Modigliani) ; illustré en 2008-2009.

Ce que le mot permet d'écrire — Canal de transmission à l'économie réelle. Faute : l'appliquer à des ménages qui ne détiennent aucun actif.

Contraction du crédit (credit crunch)

Forte réduction de l'offre de crédit des banques, qui restreignent leurs prêts pour reconstituer leurs fonds propres ou par méfiance.

À ne pas confondre

  • Baisse de la demande de crédit — Le credit crunch vient de l'offre (les banques refusent de prêter), pas des emprunteurs qui renoncent.

Selon l'époque et le point de vue — Le canal du crédit est analysé par Bernanke (1983) pour les années 1930 ; l'expression se diffuse en 2007-2008.

Ce que le mot permet d'écrire — Canal de transmission majeur : investissement et consommation durable reculent. Faute : le confondre avec une hausse des taux directeurs.

Déflation par la dette

Spirale où le surendettement oblige à vendre, ce qui fait baisser les prix, alourdit le poids réel des dettes et entraîne de nouvelles ventes.

À ne pas confondre

  • Désinflation — La désinflation est un ralentissement de la hausse des prix ; la déflation est une baisse du niveau des prix.

Selon l'époque et le point de vue — Irving Fisher, « The Debt-Deflation Theory of Great Depressions », Econometrica, 1933.

Ce que le mot permet d'écrire — Explique la profondeur de 1929-1933 (prix −24 %). Faute : présenter la baisse des prix comme favorable parce qu'elle accroît le pouvoir d'achat.

Aléa moral

Situation où un agent, protégé contre les conséquences d'un risque, est incité à prendre davantage de risques.

À ne pas confondre

  • Sélection adverse — La sélection adverse joue avant le contrat (on attire les mauvais risques) ; l'aléa moral joue après (le comportement change).

Selon l'époque et le point de vue — Notion issue de l'assurance, formalisée par l'économie de l'information dans les années 1960-1970 ; appliquée aux banques « too big to fail ».

Ce que le mot permet d'écrire — Cœur des sujets de régulation. Faute : l'utiliser comme simple synonyme de « risque ».

Prêteur en dernier ressort

Rôle de la banque centrale qui fournit des liquidités aux banques quand plus personne ne veut leur prêter, pour éviter une panique.

À ne pas confondre

  • Sauvetage public — Le prêteur en dernier ressort prête contre garanties à des banques solvables ; le sauvetage (recapitalisation par l'État) absorbe des pertes.

Selon l'époque et le point de vue — Henry Thornton (1802) puis Walter Bagehot (Lombard Street, 1873) ; rôle massivement joué par la Fed et la BCE en 2008.

Ce que le mot permet d'écrire — Instrument pour arrêter la contagion. Faute : oublier qu'il crée de l'aléa moral.

Supervision bancaire

Contrôle permanent des banques par une autorité publique (comptes, risques, fonds propres, gouvernance), avec un pouvoir de sanction.

À ne pas confondre

  • Réglementation — La réglementation fixe les règles (ratios) ; la supervision vérifie qu'elles sont respectées, banque par banque.

Selon l'époque et le point de vue — En France, l'ACPR (adossée à la Banque de France) ; dans la zone euro, le mécanisme de surveillance unique confie à la BCE les grandes banques depuis le 4 novembre 2014.

Ce que le mot permet d'écrire — Objectif explicite du programme. Faute : la confondre avec la politique monétaire.

Ratio de solvabilité

Rapport minimal entre les fonds propres d'une banque et ses actifs pondérés selon leur risque.

À ne pas confondre

  • Réserves obligatoires — Les réserves obligatoires sont une part des dépôts placée à la banque centrale ; le ratio de solvabilité porte sur les fonds propres.

Selon l'époque et le point de vue — Bâle I (1988, ratio Cooke : 8 %), Bâle II (2004), Bâle III (2010 : 4,5 % de fonds propres de base plus coussins).

Ce que le mot permet d'écrire — Principal outil contre l'aléa moral. Faute : écrire que la banque doit « garder 8 % des dépôts ».

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Rationalité individuelle / instabilité collective

Un comportement sensé pour chacun (imiter, retirer ses dépôts) peut produire un résultat désastreux pour tous.

Ce qu'il débloque — Structure l'explication des bulles et des paniques.

Exemple — Sur le sujet « Comment se forme une bulle spéculative ? », il permet de montrer que le mimétisme n'est pas une folie mais un calcul qui déstabilise le marché.

Sphère financière / économie réelle

Les marchés et les banques d'un côté, la production et l'emploi de l'autre, reliés par des canaux précis.

Ce qu'il débloque — Oblige à nommer les canaux de transmission.

Exemple — Sur le sujet « Comment une crise financière affecte-t-elle l'économie réelle ? », il permet d'organiser le devoir autour de l'effet de richesse, du credit crunch et de la déflation par la dette.

Liquidité / solvabilité

Pouvoir payer tout de suite, ou pouvoir payer tout ce qu'on doit.

Ce qu'il débloque — Distingue les remèdes : prêter (liquidité) ou recapitaliser (solvabilité).

Exemple — Sur le sujet « Quel rôle joue la banque centrale face aux crises financières ? », il permet de délimiter le rôle du prêteur en dernier ressort.

Ex post / ex ante

Intervenir après le déclenchement de la crise (sauver) ou avant (prévenir).

Ce qu'il débloque — Construit un plan en deux temps sur la régulation.

Exemple — Sur le sujet « Comment réguler le système financier ? », il permet d'opposer le prêteur en dernier ressort et la garantie des dépôts aux ratios et à la supervision.

Protection / aléa moral

Chaque filet de sécurité réduit le risque de panique mais encourage la prise de risque.

Ce qu'il débloque — Donne la tension centrale d'un sujet de régulation.

Exemple — Sur le sujet « Faut-il sauver les banques en difficulté ? », il permet de dépasser le simple pour ou contre.

1929 / 2008

Deux crises aux mécanismes voisins mais aux réponses publiques opposées.

Ce qu'il débloque — Fournit une comparaison historique qui nourrit toutes les parties.

Exemple — Sur le sujet « Les crises financières sont-elles inévitables ? », il permet de montrer qu'on ne supprime pas les crises mais qu'on peut en limiter la gravité.

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