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Spécialité SES Terminale

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Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ?

Bulles, paniques bancaires, faillites, crise de 1929 et de 2008, régulation et supervision bancaire (spécialité SES de Tle)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en terminale sur « Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ? » suit le programme officiel de spécialité SES de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Deux crises de référence : 1929 et 2008, La formation et l'éclatement d'une bulle spéculative, Pourquoi le système bancaire est fragile, La propagation : paniques bancaires et faillites en chaîne. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité SES.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Le krach de Wall Street (1929-1932)

Facile

Tableau statistique : cours de clôture d'un indice boursier · D'après S&P Dow Jones Indices, séries historiques de clôture du Dow Jones Industrial Average, 1929-1932.

L'indice avait clôturé l'année 1928 à 300 points, après une hausse continue depuis le milieu des années 1920. Il ne retrouvera son niveau du 3 septembre 1929 que le 23 novembre 1954.

DateDow Jones Industrial Average (points, clôture)
3 septembre 1929381,17
28 octobre 1929260,64
29 octobre 1929230,07
13 novembre 1929198,69
17 avril 1930294,07
8 juillet 193241,22

Note : le Dow Jones est un indice calculé à partir du cours des actions de grandes entreprises américaines ; il s'exprime en points.

À l'aide des données du document, vous répondrez aux questions suivantes.

  1. Rédigez une phrase donnant la signification de la donnée du 3 septembre 1929.
  2. Calculez la variation en pourcentage de l'indice entre le 28 et le 29 octobre 1929, puis entre le 3 septembre et le 13 novembre 1929.
  3. Calculez le coefficient multiplicateur entre le 3 septembre 1929 et le 8 juillet 1932, puis traduisez-le en pourcentage de variation.
  4. Montrez que ce document illustre la formation puis l'éclatement d'une bulle spéculative.
Voir la réponse rédigée

1. D'après S&P Dow Jones Indices, le 3 septembre 1929, l'indice Dow Jones Industrial Average a clôturé à 381,17 points : c'est son plus haut niveau avant le krach, et il ne sera retrouvé qu'en novembre 1954. Attention : l'indice s'exprime en points, pas en dollars.

2. Entre le 28 et le 29 octobre 1929 : (230,07 − 260,64) / 260,64 × 100 ≈ −11,7 %. En une seule séance, l'indice perd plus d'un dixième de sa valeur. Entre le 3 septembre et le 13 novembre 1929 : (198,69 − 381,17) / 381,17 × 100 ≈ −47,9 %. En un peu plus de deux mois, l'indice a presque perdu la moitié de sa valeur.

3. Coefficient multiplicateur : 41,22 / 381,17 ≈ 0,108. Taux de variation : (0,108 − 1) × 100 ≈ −89,2 %. Entre son sommet de septembre 1929 et son creux de juillet 1932, l'indice a été divisé par environ 9,2 (381,17 / 41,22) : les actions ont perdu près des neuf dixièmes de leur valeur.

4. La formation de la bulle se lit dans le contexte : l'indice passe de 300 points fin 1928 à 381,17 le 3 septembre 1929, soit +27 % en huit mois, une hausse sans rapport avec celle des profits, nourrie par les achats d'actions à crédit (« sur marge ») et par l'anticipation de nouvelles hausses : chacun achète parce que les autres achètent, et la hausse valide l'anticipation (prophétie autoréalisatrice). L'éclatement se lit dans les chiffres d'octobre-novembre 1929 : dès que les anticipations se retournent, le mimétisme joue à la baisse et chacun vend parce que les autres vendent (−47,9 % en deux mois). Le rebond d'avril 1930 (294,07, soit +48 % par rapport au 13 novembre 1929) montre que les investisseurs croient alors la crise passée ; mais la chute reprend jusqu'en 1932 (41,22), car la crise boursière s'est transformée en crise bancaire et en dépression.

Ce que cette analyse apprend — Lire un indice (en points), calculer un taux de variation et un coefficient multiplicateur, et relier les chiffres aux mécanismes de la bulle.

Document 2 — La Grande Dépression aux États-Unis (1929-1933)

Moyen

Tableau statistique : production, emploi et prix · D'après BEA, comptes nationaux (NIPA, tableau 1.1.1, données révisées) pour le PIB ; U.S. Census Bureau, Historical Statistics of the United States, Colonial Times to 1970, 1975 (série de Lebergott) pour le chômage ; BLS, indice des prix à la consommation CPI-U (moyennes annuelles, base 100 en 1982-1984), pour les prix.

Après le krach d'octobre 1929, les États-Unis connaissent plusieurs vagues de paniques bancaires (fin 1930, 1931, début 1933). Franklin D. Roosevelt entre en fonction le 4 mars 1933 et ferme toutes les banques du pays le 6 mars.

AnnéeTaux de croissance du PIB réel (en %)Taux de chômage (en % de la population active)Indice des prix à la consommation (base 100 en 1982-1984)
1929—3,217,1
1930−8,58,716,7
1931−6,415,915,2
1932−12,923,613,7
1933−1,224,913,0

À l'aide des données du document et de vos connaissances, vous répondrez aux questions suivantes.

  1. Rédigez une phrase donnant la signification des données de 1932 pour le chômage et de 1933 pour l'indice des prix.
  2. Calculez la variation cumulée du PIB réel entre 1929 et 1933.
  3. Calculez la variation des prix entre 1929 et 1933. Qu'arrive-t-il au poids réel d'une dette de 1 000 dollars contractée en 1929 et non encore remboursée en 1933 ?
  4. Montrez que ces données illustrent la transmission d'une crise financière à l'économie réelle.
Voir la réponse rédigée

1. D'après le Census Bureau (série de Lebergott), en 1932, 23,6 % de la population active américaine était au chômage, soit près d'un actif sur quatre. D'après le BLS, en 1933, l'indice des prix à la consommation valait 13,0 : les prix étaient alors inférieurs de 87 % à leur niveau moyen de 1982-1984 (il ne faut pas lire « les prix ont baissé de 87 % en 1933 », car la base est 1982-1984).

2. On multiplie les coefficients multiplicateurs annuels : 0,915 × 0,936 × 0,871 × 0,988 ≈ 0,737. Le PIB réel a donc baissé d'environ 26,3 % entre 1929 et 1933 : les États-Unis produisent en 1933 environ un quart de richesses de moins qu'en 1929. On ne doit pas additionner les taux (ce qui donnerait −29 %, un résultat faux).

3. (13,0 − 17,1) / 17,1 × 100 ≈ −24,0 % : les prix baissent d'environ un quart, c'est une déflation. Une dette nominale de 1 000 dollars reste de 1 000 dollars, mais comme les prix ont baissé, elle représente en 1933 l'équivalent de 1 000 / 0,760 ≈ 1 315 dollars de 1929 : son poids réel augmente d'environ 31,5 %. Les revenus des emprunteurs (prix agricoles, profits) baissant avec les prix, rembourser devient beaucoup plus difficile.

4. Le document montre que la crise ne reste pas financière. Le PIB recule chaque année de 1930 à 1933 et le chômage passe de 3,2 % à 24,9 % (+21,7 points, soit un taux multiplié par 7,8). Plusieurs canaux l'expliquent. L'effet de richesse négatif : la chute des cours (−89 % pour le Dow Jones de 1929 à 1932) appauvrit les ménages détenteurs d'actions, qui consomment moins. La contraction du crédit : de 1930 à 1933, environ 9 000 banques suspendent leurs paiements ; les entreprises et les agriculteurs perdent leur accès au crédit, ce qui réduit l'investissement (Bernanke, 1983). Enfin, la déflation par la dette (Fisher, 1933) : la baisse des prix de 24 % alourdit le poids réel des dettes, pousse les débiteurs à vendre et à faire défaut, ce qui fragilise à nouveau les banques. La forte chute de 1932 (−12,9 %) coïncide avec l'aggravation des faillites bancaires de 1931, ce qui confirme le lien entre sphère financière et économie réelle.

Ce que cette analyse apprend — Calculer une variation cumulée en multipliant des coefficients, jamais en additionnant des taux, et relier chaque indicateur à un canal de transmission.

Document 3 — Les faillites bancaires américaines : 1930-1933 et 2008-2012

Moyen

Tableau statistique : nombre de banques en défaillance · D'après Board of Governors of the Federal Reserve System, Banking and Monetary Statistics, 1943 (suspensions de 1930 à 1933) ; FDIC, liste des banques défaillantes (Failed Bank List), données 2008-2012.

La garantie fédérale des dépôts (FDIC) n'existe qu'à partir du 1er janvier 1934 ; en 2008, elle couvre 100 000 dollars par déposant, puis 250 000 dollars à partir d'octobre 2008. En 2008, la Réserve fédérale joue massivement son rôle de prêteur en dernier ressort.

Années 1930 : banques suspenduesAprès 2008 : banques assurées par la FDIC en faillite
19301 350200825
19312 2932009140
19321 4532010157
19334 000201192
201251
Nombre de banques en 1929 : près de 25 000 (ordre de grandeur)Nombre de banques assurées fin 2007 : environ 8 500

Note : le chiffre de 1933 comprend les banques qui n'ont pas rouvert après les « vacances bancaires » de mars 1933. Une suspension n'est pas toujours une faillite définitive.

À l'aide des données du document et de vos connaissances, vous répondrez aux questions suivantes.

  1. Rédigez une phrase donnant la signification des données de 1931 et de 2009.
  2. Calculez le nombre total de défaillances sur chacune des deux périodes, puis comparez-les à l'aide d'un rapport.
  3. Calculez, pour chaque période, la part approximative des banques touchées.
  4. Comment expliquer que la crise de 2008 ait provoqué beaucoup moins de faillites bancaires que celle des années 1930 ?
Voir la réponse rédigée

1. D'après la Réserve fédérale, en 1931, 2 293 banques américaines ont suspendu leurs paiements. D'après la FDIC, en 2009, 140 banques assurées par la FDIC ont fait faillite aux États-Unis.

2. De 1930 à 1933 : 1 350 + 2 293 + 1 453 + 4 000 = 9 096 suspensions. De 2008 à 2012 : 25 + 140 + 157 + 92 + 51 = 465 faillites. Rapport : 9 096 / 465 ≈ 19,6. Il y a eu environ vingt fois plus de défaillances bancaires en quatre ans au début des années 1930 qu'en cinq ans après 2008.

3. Années 1930 : 9 096 / 25 000 × 100 ≈ 36 % ; environ une banque sur trois a suspendu ses paiements. Après 2008 : 465 / 8 500 × 100 ≈ 5,5 % ; environ une banque sur dix-huit. Ces résultats sont des ordres de grandeur, puisque les effectifs de départ sont arrondis et que les deux sources ne mesurent pas exactement la même chose (suspension ou faillite).

4. Trois différences expliquent l'écart. D'abord la garantie des dépôts : en 1930-1933, aucun déposant n'est protégé, si bien que la moindre rumeur provoque une panique, qui devient une prophétie autoréalisatrice (Merton, 1948) ; en 2008, les dépôts sont garantis (100 000 puis 250 000 dollars), et les déposants des petites banques n'ont aucune raison de se ruer aux guichets. Ensuite le prêteur en dernier ressort : de 1929 à 1933, la Réserve fédérale laisse la masse monétaire baisser d'environ un tiers (Friedman et Schwartz, 1963), alors qu'en 2008-2009 elle fournit massivement des liquidités aux banques, ce qui empêche les ventes forcées d'actifs et les faillites en chaîne. Enfin les sauvetages publics : le plan TARP (700 milliards de dollars, 3 octobre 2008) recapitalise les banques. Le document montre ainsi l'efficacité de la régulation ex post, mais il faut rappeler sa limite : ces protections encouragent la prise de risque (aléa moral), d'où la nécessité de ratios de solvabilité et d'une supervision.

Ce que cette analyse apprend — Comparer deux périodes par un rapport et une proportion, en signalant les limites de la comparaison (définitions, ordres de grandeur).

Document 4 — Les exigences de fonds propres de Bâle I à Bâle III

Difficile

Tableau de règles prudentielles et bilan simplifié d'une banque fictive · D'après Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, Convergence internationale de la mesure et des normes de fonds propres (juillet 1988) et Bâle III : dispositif réglementaire mondial visant à renforcer la résilience des établissements et systèmes bancaires (décembre 2010, révisé en juin 2011). Le bilan de la banque est fictif, construit pour l'exercice (2026).

Le Comité de Bâle, créé fin 1974 par les gouverneurs des banques centrales du G10 après la faillite de la banque allemande Herstatt, fixe des normes que les États transposent. Bâle III répond à la crise de 2008, où de nombreuses banques respectaient Bâle II mais disposaient de fonds propres de mauvaise qualité et d'un levier très élevé.

Exigence minimaleBâle I (1988)Bâle III (2010, applicable par étapes de 2013 à 2019)
Fonds propres totaux / actifs pondérés par les risques8 %8 %
dont fonds propres de base de meilleure qualité (CET1) / actifs pondérésnon défini4,5 %
Coussin de conservation (en CET1)aucun2,5 %
Coussin contracyclique (fixé par les autorités nationales)aucunde 0 à 2,5 %
Ratio de levier : fonds propres de base / exposition totaleaucun3 %
Ratio de liquidité à court terme (LCR)aucun100 %

Banque fictive B : total du bilan 800 milliards d'euros ; actifs pondérés par les risques 400 milliards d'euros ; fonds propres de base (CET1) 24 milliards d'euros. On suppose, pour simplifier, que l'exposition totale est égale au total du bilan et que les fonds propres de base se limitent au CET1.

À l'aide des données du document et de vos connaissances, vous répondrez aux questions suivantes.

  1. Rédigez une phrase donnant la signification de la donnée « 4,5 % » (Bâle III).
  2. Calculez le ratio CET1 de la banque B. Respecte-t-elle l'exigence minimale augmentée du coussin de conservation ?
  3. Calculez les deux façons de se mettre en conformité : le montant de fonds propres à lever, ou la baisse des actifs pondérés nécessaire.
  4. Calculez le ratio de levier de la banque B, puis l'effet sur ses fonds propres d'une baisse de 2 % de la valeur de ses actifs.
  5. En quoi ces règles réduisent-elles l'aléa moral des banques ? Quelles en sont les limites ?
Voir la réponse rédigée

1. D'après le Comité de Bâle (Bâle III, 2010), une banque doit détenir des fonds propres de base de la meilleure qualité (actions et bénéfices mis en réserve) au moins égaux à 4,5 % de ses actifs pondérés par les risques : pour 100 euros d'actifs pondérés, au moins 4,50 euros de CET1.

2. Ratio CET1 = 24 / 400 × 100 = 6 %. L'exigence minimale augmentée du coussin de conservation est de 4,5 + 2,5 = 7 %. La banque B respecte le minimum de 4,5 % mais pas le coussin : elle devra limiter la distribution de dividendes tant qu'elle n'aura pas atteint 7 %.

3. Première solution, lever des fonds propres : il faut 0,07 × 400 = 28 milliards d'euros de CET1, soit 28 − 24 = 4 milliards d'euros de plus (émission d'actions, mise en réserve des bénéfices). Seconde solution, réduire les risques : il faut des actifs pondérés d'au plus 24 / 0,07 ≈ 342,9 milliards d'euros, soit une baisse de 57,1 milliards d'euros (−14,3 %). La seconde solution, si toutes les banques la choisissent en même temps, signifie moins de crédits accordés : c'est un risque de credit crunch.

4. Ratio de levier = 24 / 800 × 100 = 3 % : la banque est exactement au minimum. Autrement dit, elle détient 800 / 24 ≈ 33,3 euros d'actifs pour 1 euro de fonds propres. Une baisse de 2 % de la valeur des actifs représente une perte de 0,02 × 800 = 16 milliards d'euros ; les fonds propres tombent à 24 − 16 = 8 milliards d'euros, soit une baisse de 66,7 %. Une baisse de 3 % effacerait totalement les fonds propres : c'est l'effet de levier qui joue à la baisse, comme chez Lehman Brothers en 2008.

5. Ces règles réduisent l'aléa moral parce qu'elles obligent la banque à financer une part de ses actifs avec l'argent de ses actionnaires : en cas de pertes, ce sont eux qui paient en premier, et non les déposants ou l'État. Plus un actif est risqué, plus sa pondération est forte et plus il « consomme » de fonds propres : la prise de risque devient coûteuse. La supervision par la banque centrale (la BCE pour les grandes banques de la zone euro depuis 2014) vérifie leur application. Les limites sont réelles : les pondérations peuvent sous-estimer certains risques (en 2008, des titres adossés aux subprimes étaient notés AAA et faiblement pondérés), les activités peuvent migrer vers une finance non bancaire moins réglementée, et un ratio respecté ne protège pas d'une panique de liquidité, comme l'a montré la faillite de Silicon Valley Bank en mars 2023.

Ce que cette analyse apprend — Appliquer une règle prudentielle chiffrée, raisonner sur les deux termes d'un ratio (numérateur et dénominateur) et en discuter la portée économique.

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